Le récolement des collections d'un musée est une opération de contrôle de la présence des œuvres d'art répertoriées dans leur inventaire. Le but d'un récolement est de vérifier l'intégrité des collections du musée en contrôlant la présence effective des artéfacts avec la présence du fonds théorique. Celui-ci est indiqué dans les derniers registres d'inventaire ou dans les catalogues topographiques, qu'ils soient en version matérielle ou numérique..

Réaliser un récolement permet de mieux connaître et de mettre à jour les données relatives aux œuvres : vérification du numéro d’inventaire, des mesures, prise de photographies documentaires de toutes les faces, les inscriptions et marques. Il contribue également à faire un bilan de l’état de conservation des collections et de programmer, si nécessaire, des campagnes de restauration.

Procédure d'un récolement Le récolement se fait étape par étape pour que l'institution muséale ne ferme pas totalement ses portes au public durant ce laps de temps. Le nombre de personnes et le temps à consacrer au récolement dépend du volume des collections à récoler. Cela demande dans tous les cas une forte mobilisation du personnel, une grande rigueur et occupe souvent une grande place. Chaque œuvre est vérifiée : sa localisation (lieu général, la salle, l'endroit spécifique dans cette salle, le numéro d'étagère, et enfin son rayon), sa conformité entre le numéro d’inventaire et les sources documentaires conservées, son état de conservation, le marquage de son numéro d’inventaire mais aussi ses mesures et ses marques et inscriptions.. Cela facilite ensuite la gestion des œuvres lors des expositions futures, des dépôts ou des prêts.

Récolement manuel et récolement numérique Il existe deux façons de procéder à un récolement : de façon manuelle ou de façon numérique, cette dernière étant la plus souvent utilisée de nos jours..

En version manuelle, le récolement nécessite la liste exhaustive des documents avec leur localisation et leur cote. Cela peut être le registre d'inventaire ou l'impression globale du catalogue par exemple. On vérifie ensuite physiquement dans les rayons la présence des documents listés que l'on peut cocher au fur et à mesure de l'avancée du récolement. Les documents qui n'ont pas été trouvés/cochés doivent être supprimés du catalogue et mentionnés dans le registre d'inventaire s'il existe pour ne pas qu'ils soient répertoriés à nouveau malgré leur absence effective.

En version numérique, donc grâce à l'informatique, on enregistre tous les identifiants (avec les codes-barres, avec les puces RFID, avec les numéros d'inventaire ou avec les numéros d'accession) des documents présents à un moment donné dans le musée, que ce soit dans les salles d'exposition, de restauration ou dans les réserves. On intègre ensuite ces identifiants dans le système informatique de gestion de l'institution. Les traitements automatisés associés au récolement procèdent à la comparaison du catalogue avec les identifiants enregistrés et génèrent le plus souvent la liste des œuvres manquantes.

En France Tous les musées labellisés « Musée de France » sont soumis au récolement décennal s'ils souhaitent garder leur label. L’établissement rédige un plan de récolement pour les dix années à venir, il s'agit d'un document unique permettant d’anticiper les difficultés relatives aux moyens humains, techniques et documentaires. Il organise le travail de façon rationnelle par campagne topographique. À la fin de chaque campagne, est produit un procès-verbal qui atteste officiellement du récolement d’une partie de la collection. 

Selon l’article 11 de l’arrêté du Voir sur legifrance.gouv.fr. fixant les normes techniques relatives à la tenue de l’inventaire, du registre des biens déposés dans un musée de France et au récolement, il est disposé que :

Depuis le , l’État français a « déposé », autrement dit prêté à des musées, ambassades, mairies et autres administrations, plus de de ses collections.. Ces pièces (tableaux, meubles, tapisseries, objets archéologiques) sont historiquement gérées par de grandes institutions dites « dépositaires » (ces œuvres lui sont confiées en « dépôt ») et « déposantes » (mettant à disposition ces œuvres). Ces institutions sont notamment le Centre national des arts plastiques, le Mobilier national, la Cité de la céramique - Sèvres et Limoges, le Centre des monuments nationaux, le musée national d'Art moderne.

À la suite d'un rapport de la Cour des comptes traitant de la mauvaise gestion des dépôts d'œuvres d'art des collections de l'État, une Commission de récolement des dépôts d’œuvres d'art (CRDOA) est créée par un décret du et placée auprès du ministre de la Culture« À la recherche des œuvres déposées et disparues issues des collections nationales » , 3 juin 2014, fiche du site culturecommunication.gouv.fr..

De nombreuses œuvres d'art déposées ayant disparu (par égarement, vol ou destruction)Rapports d'activité de la commission de récolement des dépôts d'œuvres d'art , 5 novembre 2015, fiche du site culturecommunication.gouv.fr., une base de données qui dresse un catalogue de ces œuvres recherchées est mise en ligne publiquement en 2014. La consultation de cette base en 2016 révèle que sont recherchées et que d’entre elles ont donné lieu à un dépôt de plainte pour vol ou disparition.

Premier récolement décennal achevé en 2014 Pour les musées, une obligation de récolement décennal est instaurée par la loi du relative aux musées de France et encadrée par le Ministère de la Culture et de la Communication. Le premier récolement décennal des collections des musées de France s'est théoriquement achevé le Journée nationale sur le premier récolement décennal dans les musées de France, bilan 2004-2014, Paris, 10 octobre 2014, base Joconde, site culture.gouv.fr.. La fin du premier récolement a été reportée au ..

Selon le bilan établi le par la direction des musées de FranceBilan du premier récolement décennal des musées de France, 10 octobre 2014, base Joconde, site culture.gouv.fr, les collections des de France à cette date comprenaient objets, dont au Muséum national d'histoire naturelle, dans les 64 musées nationaux et assimilésSynthèse statistique du bilan national : volume des collections, 4 octobre 2014, base Joconde, site culture.gouv.fr. et dans les 1158 musées territoriauxSynthèse statistique du bilan des régions, 12 juin 2014, base Joconde, site culture.gouv.fr.. Le taux de ce premier récolement décennal a été respectivement de 25 % pour la totalité des collections, 20 % pour les musées nationaux, dont 63 % pour ceux relevant du ministère de la culture et 13 % pour le muséum national d'histoire naturelle. Sans ce dernier, il est de 40 % au total et de 54 % pour les musées nationaux.

Néanmoins, au rythme actuel, les trois quarts des musées étaient en mesure d'achever leur récolement en 2015, ceux dont les collections sont les moins volumineuses. À titre d'exemple, le musée national de Préhistoire des Eyzies-de-Tayac possédait environ 6 millions d'objets à la date de ce bilan et le musée d'archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye environ 3 millions, le musée du Louvre , le MUCEM , le musée national d'art moderne , le musée d'Orsay , le musée du Château de Versailles environ ou le musée Guimet environ .

En 2014, les musées nationaux avaient effectué dépôts, dont dans des musées territoriaux, entre musées nationaux, dans des administrations et à l'étranger. Leur taux de récolement a été de 82 %, soit objets. Sur ce nombre, 11 % n'ont pas été vus soit objets, dont déposés avant 1945 et après, à savoir non localisés, dont 361 ont fait l'objet d'un dépôt de plainte, présumés détruits et 124 volés.

Numérisation et mise en ligne des collections L'obligation décennale de récolement des collections des musées de France a accéléré l'informatisation de leurs inventaires. Le bilan de l’informatisation et de la numérisation des collections des musées de France, réalisé par le bureau de la diffusion numérique en 2015, à partir des réponses de 458 des de France, a évalué à 13 millions les objets qui disposent d'au moins une image numérique et à 15 millions ceux qui bénéficient d'une notice. Mais seul un million d'objets des musées de France était alors accessible via une centaine de bases de données en ligneCatalogues en ligne de collections de musées, base Joconde, site culture.gouv.fr., nationales telles que la base Joconde, les bases de la Réunion des musées nationauxImages d'art et Agence photo., des différentes collectivités territoriales (AlienorVoir sur alienor.org. en Nouvelle-Aquitaine, musées du VaucluseVoir sur collectionsmusees.vaucluse.fr., musées d'AngersVoir sur musees.angers.fr., etc.) ou les sites internet des musées eux-mêmesLa publication scientifique numérique des musées, bilan de la diffusion, base Joconde, site culture.gouv.fr..

Dans le Monde

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Chantier des collections

Liens externes Chantier des collections du musée d'art moderne de Saint-Étienne Définition du récolement, site de l'ENSSIB « Le récolement à mi-parcours », par Anne Pasquignon (ENSSIB, 1993)

Catégorie:Musée en France