La Serre est une rivière française, affluent de la rive gauche de l'Oise, donc sous-affluent de la Seine. Elle coule dans les départements des Ardennes et de l'Aisne, dans les anciennes régions Picardie et Champagne-Ardenne, donc dans les nouvelles régions Hauts-de-France et Grand Est.

Géographie La Serre naît dans le département des Ardennes, à La Férée (localité située à deux kilomètres à l'ouest de Liart), à , près du croisement des routes départementales D 236 et D 36.

Elle prend d'emblée la direction du sud-ouest, direction qu'elle maintient grosso modo tout au long de son parcours de . Elle coule ensuite dans le département de l'Aisne.

Elle a son confluent avec l'Oise sur la commune de Danizy, près de La Fère, à .

La Serre est le principal affluent du cours supérieur de l'Oise (c'est-à-dire avant le confluent de cette dernière avec l'Aisne). Née en Thiérache, elle traverse des zones peu peuplées, et baigne notamment Rozoy-sur-Serre, Montcornet et Marle-sur-Serre.

Villes traversées

Rozoy-sur-Serre, Montcornet, Marle, Crécy-sur-Serre

Communes et cantons traversés

Dans les deux départements de l'Aisne et des Ardennes, la Serre traverse les trente-neuf communes suivantes, de l'amont vers l'aval, de La Férée (source), Blanchefosse-et-Bay, Le Fréty, Résigny, Rocquigny, Grandrieux, Rouvroy-sur-Serre, Raillimont, Rozoy-sur-Serre, Chéry-lès-Rozoy, Dolignon, Sainte-Geneviève, Vincy-Reuil-et-Magny, Montcornet, Chaourse, Agnicourt-et-Séchelles, Tavaux-et-Pontséricourt, Saint-Pierremont, Bosmont-sur-Serre, La Neuville-Bosmont, Cilly, Montigny-sous-Marle, Marle, Marcy-sous-Marle, Voyenne, Erlon, Dercy, Mortiers, Crécy-sur-Serre, Montigny-sur-Crécy, Pouilly-sur-Serre, Assis-sur-Serre, Mesbrecourt-Richecourt, Remies, Nouvion-et-Catillon, Nouvion-le-Comte, Anguilcourt-le-Sart, Achery, Danizy (confluence).

Soit en termes de cantons, la Serre prend source dans le canton de Signy-l'Abbaye, traverse les canton de Vervins, canton de Marle, conflue dans le canton de Tergnier, le tout dans les arrondissements de Charleville-Mézières, de Vervins et de Laon

Toponymes composés La Serre associe son nom aux neuf communes suivantes : Assis-sur-Serre, Barenton-sur-Serre (bien que non traversée par la rivière), Bosmont-sur-Serre, Crécy-sur-Serre, Marle-sur-Serre (aujourd'hui Marle), Pouilly-sur-Serre, Rouvroy-sur-Serre, Rozoy-sur-Serre, Verneuil-sur-Serre (bien que non traversée par la rivière). Elle a aussi donné son hydronyme à la communauté de communes du Pays de la Serre.

Bassin versant vignette|gauche|upright=2|alt=Positionnement de la Serre en rive gauche dans le bassin de l'Oise|Positionnement de la Serre en rive gauche dans le bassin de l'Oise. La Serre traverse cinq zones hydrographiques pour une superficie totale de . Ce bassin versant est constitué à de , à de , à de , à de , à de .

Organisme gestionnaire

Les organismes gestionnaire sont le Syndicat de la Serre amont et de ses affluents, créé en et sis à Rozoy-sur-Serre, et syndicat intercommunal Serre aval, sis à Crécy-sur-Serre.

Affluents

La Serre a vingt tronçons affluents référencés : le cours d'eau 01 du Fau Baton (rd), sur les deux communes de Blanchefosse-et-Bay, et La Férée avec un affluent : le cours d'eau 01 des Bruyères (rd), sur les deux communes de Blanchefosse-et-Bay, et La Férée le ruisseau du Moulin Bataille (rd), sur les quatre communes de Rocquigny, Résigny, Les Autels, Blanchefosse-et-Bay, avec un affluent : le ruisseau de la Grande Vallée (rd), sur la seule commune de Blanchefosse-et-Bay trois bras de la Serre donc affluent et défluent le Hurtaut (rg), sur dix-sept communes et avec huit affluents le Jeune Vat (rd), sur la seule commune de Chaourse la rivière de Vigneux (rd), sur les trois communes d'Agnicourt-et-Sechelles, Chaourse, Vigneux-Hocquet un bras de la Serre le Vilpion (rd), et son principal affluent la Brune : le Vilpion sur dix-sept communes et avec quatre affluents et de rang de Strahler quatre un bras de la Souche la Souche (rg), sur treize communes avec treize tronçons affluents de rang de Strahler trois le Rucher ou le ruisseau la Buzelle (rg), sur les cinq communes d'Assis-sur-Serre, Pouilly-sur-Serre, Crépy, Vivaise, Chéry-lès-Pouilly sans affluent référencé un bras de la Serre, sur la seule commune d'Assis-sur-Serre le Peron (rd), sur cinq communes et avec un affluent deux bras de la Serre le Broyon (rg), sur les trois communes de Nouvion-et-Catillon (confluence), Remies, Couvron-et-Aumencourt (source) un bras de la Serre, sur la seule commune d'Anguilcourt-le-Sart le ruisseau de Saint-Lambert ou canal de Saint-Lambert (rg), sur les six communes d'Anguilcourt-le-Sart, Fourdrain, Danizy, Rogécourt, Versigny, Fressancourt avec quatre affluents et de rang de Strahler trois.

Le rang de Strahler est donc de cinq.

Hydronymie Les formes anciennes de la Serre sont Sara au , Sera en 867 dans un acte de , Serra en 1162 dans un cartulaire de l'abbaye Saint-Martin de Laon, rivière de Sere en 1368 dans une charte de l'abbaye Saint-Vincent de Laon, et Cere en 1389 dans le Trésor des Chartes..

Il provient d'un mot non celtique pour plusieurs toponymistes comme Albert Dauzat, Ernest Nègre, Charles Rostaing. Le nom vient d'une variante féminin d'un radical préceltique ser signifiant « couler, mouvoir rapidement et violemment »... Une racine indo-européenne *ser- de même signification a été conjecturée... On retrouve une origine étymologique similaire avec la Sarre et la Sère.

Hydrologie La Serre à Pont à Bucy, Nouvion-et-Catillon Le débit de la rivière mesuré à Pont à Bucy, désormais regroupé avec Nouvion-et-Catillon, peu avant son confluent avec l'Oise, et observé au long d'une période de 67 ans (1949 - 2015), est de pour un bassin versant de et à , c'est-à-dire pour du bassin versant total de .

La Serre présente des fluctuations saisonnières de débit modérées et assez typiques de la région du nord-est de la Picardie, la Thiérache. Les hautes eaux se situent en hiver et au début du printemps, et portent le débit mensuel moyen à un niveau de 17 à , de janvier à avril inclus (avec un maximum en février), et des basses eaux d'été, de juillet à octobre, avec une baisse du débit mensuel moyen jusqu'à au mois de septembre, ce qui reste fort consistant. Ces moyennes mensuelles cachent bien sûr des écarts plus importants.

Étiage En période d'étiage, le VCN3 peut chuter jusque , en cas de période quinquennale sèche, ce qui reste très substantiel.

Crues D'autre part les crues sont rarement importantes. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 39 et . Le QIX 10 est de , le QIX 20 de . Quant au QIX 50, il est de .

Le débit instantané maximal enregistré à Nouvion-et-Catillon a été de le à 4h48, tandis que la valeur journalière maximale était de à la même date. Le premier de ces chiffres étant largement supérieur au QIX 50 calculé de la Serre, on peut dire qu'il s'agissait d'un épisode qui ne se produit théoriquement qu'une fois par siècle, ou plus rarement encore… La hauteur maximale instantanée était le même jour et à la même heure de ou .

Peu après son confluent avec la Serre, l'Oise roule à Sempigny dans le département de l'Oise, face à Noyon, ce qui implique que la Serre lui a fourni 40 % de son débit (sur ce tronçon)Valorisation de brèves durées d'observations de débits (Jean-Marie Masson - 1981).

Lame d'eau et débit spécifique La lame d'eau valant de ce fait , et le QspLe Qsp est une mesure d'écoulement moyen des précipitations au sein d'un bassin versant de cours d'eau. Il se définit comme étant le nombre de litres d'eau qui s'écoulent en moyenne chaque seconde par kilomètre carré du bassin. étant de .

Histoire La rivière de Serre s'appelait autrefois la rivière de Marle. Cette rivière prend sa source près de Liart aux confins des Ardennes et de la Thiérache. Avait-elle la réputation d'une rivière lente et paresseuse ? Ce n'est pas le cas bien que la vallée entre les croupes du Vermandois finissant et les monts ou éboulis du Laonnois soit à peu près sans pente, à l'instar de celle de l'Oise.

Citons un extrait de la spectaculaire présentation rédigée par un historien local, bon connaisseur de l'Ancien RégimeC. Thelliez, Aux confins du Vermandois et du Laonnois, édition du Syndicat d'initiative de la Fère, 1964, 346 pages. :

La vallée ample d'Anguilcourt à Crécy, en partie mise hors d'inondation, a été empruntée par le chemin de fer, la fameuse ligne de la Serre. Au-delà, les services d'autobus remontaient la vallée étroite.

Le canotage est resté longtemps pittoresque, surtout par les effets des crues et la végétation insolite. Mais la rivière de Marle est dès l'époque romaine une allée de moulins à farine, à huiles, de tordoirs. On en recense à Crécy, Nouvion L'Abbesse, Pont à Bucy, Sart d'Anguicourt et enfin à La Fère, qui compte aussi un moulin à poudre à l'époque moderne.

Mais la rivière de Serre est aussi une frontière politique et économique, attesté par ses pontenages, ses gués et ses péages. Ainsi le Pont à Bucy est un ancien péage. Mais le mieux connu des archives est le Pont à Nouvion dont le vieux péage appartient au comte de Marle (d'où le nom de la rivière), puis au sire de Coucy, au duc d'Orléans, au comte de Saint-Pol et enfin au Roy de France. Le chemin des Romains, probablement une ancienne voie gallo-romaine, a laissé le toponyme Romeret. De Nouvion et Catillon du Temple, elle se dirige vers Saint-Quentin. Au , la voie commerciale austrasienne, venant de Reims, y relie Laon à Arras, avant de gagner les contrées du Nord. Sur cette artère marchande se retrouvent d'anciens monastères. Les négociants du Cambrésis venaient y porter des vins et du fromage de Maroilles.

Il fut des temps guerriers où la Thiérache est une région frontalière située près de régions hostiles et troublées. Elle fait partie des Pays-Bas méridionaux ou Belgique actuelle dominés par la famille bourguignonne dont hérite Charles Quint, puis appartient à l'Espagne, puis l'Autriche. Dépourvue de protection militaire efficace, elle vit sous la menace de bandes armées et de pillards, lansquenets et gueux venus de Hollande ou d'Allemagne ou de France et de Lorraine voisines à l'époque. Ceci remonte aux , tout particulièrement pendant les Guerres de religion (1550-1650 surtout) et pendant les guerres incessantes entre l'Espagne et la France des Louis XIII et Louis XIV. Mais la région était déjà devenue française.

Menacés dans leur vie et dans leurs biens, les anciens habitants ont choisi dès les temps médiévaux de fortifier leurs églises, les encadrant de véritables donjons, de tourelles de conception militaire avec meurtrières et bretèches, et en les dotant de réserves de vivres, de munitions et d'armes diverses. Ils transforment ainsi leurs églises en petites forteresses et arrivent ainsi à résister à des sièges de quelques jours, voire dissuader les bandes qui rôdent dans les parages.

Curiosités - Tourisme Le bassin de la Serre est en grande partie situé en Thiérache, et particulièrement la région de son sous-affluent la Brune (affluent du Vilpion). Éloigné des grands centres touristiques de France, son bassin n'en est pas moins riche d'un important patrimoine architectural surtout religieux. La région du bassin de la Serre possède plusieurs superbes églises fortifiées.