Santiago (ou Santiágu en créole du Cap-Vert) est la plus grande des îles () du Cap-Vert. Elle est située dans le groupe des îles de Sotavento entre les îles Maio et Fogo.

C'est le centre économique du pays. Avec habitants en 2010 Relatório de apresentação dos dados Preliminares do Censo 2010 (Setembro de 2010), , Santiago accueille plus de la moitié (55,7 %) de la population du pays dont la capitale Praia qui compte à elle seule près de habitants. On y trouve l'un des quatre aéroports internationaux du Cap-Vert. Sa principale ressource économique est l'agriculture avec notamment la culture du maïs, de la canne à sucre, de la banane, de la mangue et du café.

Histoire thumb|left|Praia et l'île de Santiago (1772) Historiquement, l'île fut découverte par le navigateur António da Noli en 1460 qui fonda en 1462 l'ancienne capitale, Ribeira Grande, connue aujourd'hui sous le nom de Cidade Velha.

Avant l'essor de la traite esclavagiste transatlantique, les Portugais importent de plus en plus d'esclaves africains, issus majoritairement des littoraux mauritaniens et sénégambiens, alors que les formes médiévales de l'esclavage européen perdent de l'importance. Entre 1440 et 1640, de 350 000 à 400 000 Africains sont ainsi introduits sur le territoire de la péninsule ibérique. Dès 1466, Santiago devient un comptoir de traite, c'est-à-dire un lieu où sont concentrés des esclaves avant d'être acheminés sur les marchés de Séville et de Valence. Cette traite à destination du continent européen se poursuit jusqu'au milieu du .

Parallèlement à cela, un premier trafic triangulaire entre l'Afrique, l'Europe et les Amériques voit le jour entre 1505 et 1525 ; là encore, Santiago est un des comptoirs utilisés par les négriers pour regrouper les esclaves vendus dans les Caraïbes et au Brésil.

L'île est attaquée à de nombreuses reprises entre 1578 et 1585. Ainsi, Francis Drake pille sa capitale. Jacques Cassard fait de même en 1712Petit-futé Cap-Vert, 2015, .

Au , elle connait d’importantes sécheresses qui détruisent son cheptel et provoquent de grandes famines. En 1841, ont lieu des révoltes paysannes contre le coût des loyers et les autorités portugaises de Lisbonne envoient des troupes pour les réprimer.

Géographie Santiago est la plus grande île du Cap-Vert, avec une superficie de 991 kilomètres carrés. Elle mesure 54,9 km de long et 28,8 km de large. L'île est montagneuse, bien que légèrement plus plate au sud-est. L'intérieur et la côte est ont un climat tropical chaud et boisé de façon saisonnière et quelque peu sporadique, tandis que le sud et le sud-ouest occupent l'ombre pluvieuse aride des hautes terres centrales.

Le plus haut sommet de Santiago est le Pico da Antónia, d'une altitude de 1 392 m  juste à l'ouest de Picos, au centre de l'île. Le deuxième sommet est le Serra Malagueta entre Assomada et Tarrafal au nord. D'autres chaînes de montagnes sont Órgãos dans la municipalité de São Lourenço dos Órgãos et Monte das Vacas près de Praia.

La côte ouest de Santiago est accidentée, notamment à Baía do Inferno, et moins peuplée que les côtes est et sud. Les rivières les plus importantes sont la Ribeira Seca, la Ribeira Grande de Santiago, la Ribeira Principal et la Ribeira da Trindade. Le point le plus méridional est Ponta Temerosa et le point le septentrional est Ponta Moreia.

Santiago a la flore et la faune les plus diversifiées de tout le Cap-Vert : elle compte 1 915 espèces terrestres identifiées, dont 289 sont endémiquesEstatísticas do Ambiente - 2016, Instituto Nacional de Estatística, p. 23-25. C'est aussi l'île la plus boisée du Cap-Vert : 38 % de sa superficie est constituée de forêts. Les seules zones protégées de l'île sont les parcs naturels de la Serra do Pico de Antónia et de la Serra Malagueta, couvrant 3,68 % de l'îleResolução nº 36/2016, Estratégia e Plano Nacional de Negócios das Áreas Protegidas. Les espèces endémiques de flore et de faune menacées d'extinction à Santiago sont, entre-autres, les plantes Campanula bravensis, Campylanthus glaber, Conyza feae, Conyza pannosa, Diplotaxis varia, Echium hypertropicum, Limonium lobinii, Micromeria forbesii, Sonchus daltonii er Umbilicus schmidtii, ainsi que les animaux Chioninia vaillantii et Tarentola rudisIUCN Red List Search.

Transport Transport aérien Santiago est desservie par l'aéroport international de Praia. C'est le deuxième aéroport le plus fréquenté du Cap-Vert, après l'aéroport international Amílcar Cabral de Sal, avec en 2017.

Transport routier

Santiago est traversé par un réseau dense de routes nationales de classe 1 () et 3 ():

Routes nationales de SantiagoNuméroParcours EN1-ST01 Praia - São Domingos - João Teves - Assomada - Tarrafal EN1-ST02 Ribeirão Chiqueiro - Pedra Badejo - Calheta de São Miguel - Achada Monte - Tarrafal EN1-ST03 João Teves - Achada Fazenda EN1-ST04 Boa Entrada - Calheta de São Miguel EN1-ST05 Ouest Praia - São Martinho Grande - Cidade Velha EN1-ST06 Praia Ouest - Nord Praia - Aéroport international de Praia - Port de Praia EN3-ST01 Praia Nord - Vale da Custa EN3-ST02 Praia Nord-Ouest - Hospital Trindade EN3-ST03 Praia Nord-Ouest - João Varela - EN3-ST07 EN3-ST04 São Martinho Pequeno - São Martinho Grande EN3-ST05 Cidade Velha - Porto Gouveia - Porto Mosquito EN3-ST06 Cidade Velha - Santa Ana EN3-ST07 EN3-ST06 - Rui Vaz EN3-ST08 Porto Gouveia - Belém - Pico Leão EN3-ST09 São Domingos - Rui Vaz - Monte Tchota EN3-ST10 São Domingos - Água de Gato EN3-ST11 EN1-ST01 - Achada Banana - Barrage de Poilão EN3-ST12 João Teves - Longueira EN3-ST13 João Teves - Montanha - EN1-ST03 EN3-ST14 Milho Branco - Praia Baixo EN3-ST15 EN1-ST02 - Porto Madeira EN3-ST16 Milho Branco - Moia Moia EN3-ST17 Picos - Jalalo Ramos EN3-ST18 Fundura - Ribeira da Barca EN3-ST19 Assomada - Boa Entradinha EN3-ST20 Cruz Grande - Saltos Acima - Achada Lage EN3-ST21 Assomada - João Bernardo (- Porto Mosquito) EN3-ST22 Assomada - Porto Rincão EN3-ST23 Cruz Grande - Tomba Touro EN3-ST24 EN1-ST02 - Pilão Cão EN3-ST25 EN1-ST02 - Hortelão EN3-ST26 Chão Bom - Ribeira da Prata - Fundura EN3-ST27 Trás os Montes - Chão de Junco EN3-ST28 Trás os Montes - Ponta Furna EN3-ST29 EN1-ST02 - Chão de JuncoSources : Classification of National Roads (Maio, Santiago, Fogo, Brava), Instituto de EstradasIlha de Santiago, Rede rodoviária, Instituto de Estradas et Routes au Cap-Vert

Transport maritime

Le port principal de Santiago est le port de Praia, à Praia. C'est le deuxième port le plus fréquenté du Cap-Vert, après la baie de Porto Grande à São Vicente, avec 817 845 tonnes de marchandises et 85 518 passagers traités en 2017Statistics Port Praia, ENAPOR, Décembre 2017.

Il existe des liaisons par traversier depuis le port de Praia vers les îles de Brava, Fogo, São Nicolau, São Vicente, Maio, Boa Vista et Sal. Il existe plusieurs petits ports de pêche le long de la côte, notamment Tarrafal, Cidade Velha, Pedra Badejo et Calheta de São Miguel.

Population Depuis 1940, l'évolution démographique de Santiago a été :

Histogramme de l'évolution démographique de Santiago

Administration L'île est divisée en neuf municipalités (concelhos) :

Municipalité Siège Freguesia Praia Praia Nossa Senhora da Graça São Domingos São Domingos Nossa Senhora da LuzSão Nicolau Tolentino Santa Catarina Assomada Santa Catarina São Salvador do Mundo Picos São Salvador do Mundo Santa Cruz Pedra Badejo Santiago Maior São Lourenço dos Órgãos João Teves São Lourenço dos Órgãos Ribeira Grande de Santiago Cidade Velha Santíssimo Nome de Jesus São João Baptista São Miguel Calheta de São Miguel São Miguel Arcanjo Tarrafal Tarrafal Santo Amaro Abade

Autres villages et lieux

Achada Baleia Achada Banana Achada Fazenda Achada Monte Achada Tenda Água do Gato Boa Entrada Calheta de São Miguel Cancelo Chão Bom Cidade Velha Figueira das Naus João Varela Mangue de Setes Ribeiras Principal Pedra Badejo Picos Porto Gouveia Porto Mosquito Porto Rincão Praia Baixo Principal Ribeira da Barca Ribeira da Prata Rui Vaz Santa Ana São Domingos São Francisco São Jorge dos Órgãos Trás os Montes

Religion

Santiago est le siège d'un évêché catholique créé le .

Notes

Bibliographie Richard A. Lobban Jr et Paul Khalil Saucier, « Santiago », Historical dictionary of the Republic of Cape Verde, Scarecrow Press, Lanham, Maryland ; Toronto ; Plymouth, 2007, Michel Lesourd (dir.), « Santiago », in Le Cap-Vert, les Éd. du Jaguar, Paris, 2006, Arlindo Mendes, Les rituels funéraires à Santiago aux îles du Cap-Vert, Université de Pau et des Pays de l'Adour, Pau, 2008, 439 p. (thèse d'Anthropologie) Jacques de Pina Tavares, Érosion des sols du Cap Vert : processus et quantification à l'échelle de trois bassins versants de l'île de Santiago, Université de Bourgogne, Dijon, 2010, 226 p. (thèse de Sciences de la terre) Sabrina Requedaz et Laurent Delucchi, « Santiago, l'île des contrastes », in Cap-Vert, Éditions Olizane, Genève, 2011 ( éd.), Idílio de Amaral, Santiago de Cabo Verde: a terra e os homens (introduction de João Guerreiro), Associação das Universidade de Língua Portuguesa, Centro de Estudos Geográficos da Universidade de Lisboa et al., 2007, 444 p. (fac simile de l'édition de 1964) Maria Elizabeth Lucas et Sergio Baptista da Silva (dir.), Ensaios etnográficos na ilha de Santiago de Cabo Verde : processos identitários na contemporaneidade, Edições Uni-CV, Praia ; Editora da UFRGS, Porto Alegre, 2009, 277 p.

Voir aussi

Articles connexes Camp de Tarrafal Serra Malagueta

Liens externes « Sao-Thiago » (Armand d'Avezac et al., L'Univers. Îles de l'Afrique, Firmin Didot frères, Paris, 1848, ) Pierre Gourou, « Santiago de Cabo Verde. La terre et les hommes, de Idílio de Amaral », in Annales de Géographie, 1968, vol. 77, 419, (notes de lecture de Santiago de Cabo Verde, a terra e os homems, Lisbonne, 1964, 444 p.)

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