Le secteur de l'énergie en Iran est extrêmement important dans l'économie nationale et très important au niveau mondial.

L'Iran dispose des troisièmes réserves pétrolières au monde (11,2 % des réserves mondiales), derrière le Vénézuela (18,7 %) et l'Arabie saoudite (15,3 %), et est un des principaux pays exportateurs de pétrole ; il a été le premier pays du Moyen-Orient à exploiter cette ressource, depuis 1913. Sa production de pétrole le plaçait au mondial en 2011, mais au en 2015 du fait de l'embargo décidé par les pays occidentaux, puis au en 2018 avec 4,9 % de la production mondiale, après la fin de l'embargo ; en 2022, il est retombé au niveau de 2013 et au mondial avec 4,0 % de la production mondiale, mais en 2025 il est revenu au mondial (5,2 %) ; ses exportations se situaient au mondial en 2011, puis ont disparu du classement des dix principaux pays exportateurs, avant d'y réapparaître au en 2015, puis au en 2018 avec 5,1 % du total mondial, et de tomber au en 2023, mais au des exportateurs de produits pétroliers (3,1 % du total mondial).

Le pays possède également les deuxièmes réserves mondiales de gaz naturel (16,1 % des réserves mondiales, derrière la Russie), dont il était en 2025 le mondial avec 6,3 % de la production mondiale, derrière les États-Unis (25,6 %) et la Russie (14,5 %) ; il consomme 97 % de sa production et exporte le solde vers la Turquie et l'Irak.

La consommation d'énergie primaire par habitant du pays était en 2025 supérieure de 97 % à la moyenne mondiale et de 6 % à celle de la France, mais inférieure de 47 % à celle des États-Unis et de 59 % à celle de l'Arabie saoudite.

La consommation d'énergie finale en Iran dépend pour l'essentiel des combustibles fossiles : 87,5 % en 2023 ; l'électricité n'en couvre que 12,3 %, elle-même produite en 2025 à 94,8 % par des combustibles fossiles (surtout gaz : 73,3 % et pétrole : 21,3 %). L'Iran cherche à développer ses capacités nucléaires civiles ; le nucléaire assurait 1,4 % de la production d'électricité iranienne en 2025 et un deuxième réacteur est en construction. Les énergies renouvelables en produisaient 3,9 % (hydroélectricité 3,0 %, solaire 0,6 %, éolien 0,3 %).

Les émissions de dioxyde de carbone par habitant dues à la combustion en Iran en 2024 étaient supérieures de 86 % à la moyenne mondiale, de 63 % à celle de l'Union européenne et de 117 % à celle de la France. Les émissions de dioxyde de carbone dues au torchage du gaz naturel sont estimées à 17,9 % du total mondial en 2025, au mondial derrière la Russie (18,1 %).

Vue d'ensemble Principaux indicateurs de l'énergie en Iran Population Consom.énergieprimaire Production Export.nettes Energy Statistics Data Browser - Islamic Republic of Iran, 1990-2023, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025. Consom.élect.* Energy Statistics Data Browser - Electricity consumption, Islamic Republic of Iran, 1990-2023, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025. Émissionsde GES**tab.GHG Energy Année Million PJ PJ PJ TWh Mt éq 1990 58,4 53,0 278 2000 66,4 101,5 432 2010 77,4 196,2 645 2011 78,4 200,1 654 2012 79,4 210,4 660 2013 80,4 216,5 679 2014 81,5 234,1 708 2015 82,6 236,4 706 2016 83,8 253,1 753 2017 85,0 270,3 789 2018 86,1 273,1 776 2019 87,1 287,3 798 2020 87,7 302,3 800 2021 88,5 317,5 863 2022 89,5 330,9 891 2023 90,6 345,6 934 variation1990-2023 +55 % +344 % +108 % -26 % +552 % +236 % * consommation brute d'électricité = production+importations-exportations-pertes en ligne** émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie. La baisse de 51 % des exportations d'énergie entre 2011 et 2014 témoigne de l'efficacité des sanctions internationales dans le cadre de la crise du nucléaire iranien ; le même phénomène se produit à nouveau en 2018-20 : les exportations baissent de 55 % entre 2017 et 2020. Cependant, elles remontent de 39 % entre 2020 et 2023.

Ressources énergétiques de l'Iran

Production d'énergie primaire + Production d'énergie primaire en Iran par source (PJ) Source 1990 % 2000 % 2010 % 2020 % 2023 % 2023 var.2023/1990 Charbon 23 0,3 32 0,3 30 0,2 44 0,3 60 0,4 % +159 % Pétrole 89,1 79,9 63,8 35,3 39,0 % -9 % Gaz naturel 801 10,2 19,7 35,6 63,2 59,7 % x12,2 Total fossiles 99,6 99,8 99,6 98,8 99,0 % +107 % Nucléaire 0 0 0 60 0,4 66 0,4 % ns Hydraulique 22 0,3 13 0,1 34 0,2 79 0,6 61 0,4 % +179 % Biomasse 10 0,1 7 0,1 27 0,2 23 0,1 24 0,1 % +145 % Solaire, éolien 0 0,1 0,001 0,6 0,004 5 0,03 6 0,04 % ns Total EnR 31 0,4 20 0,2 61 0,4 108 0,7 91 0,6 % +187 % Total 100 100 100 100 100 % +108 %Source des données : Agence internationale de l'énergie Entre 2011 et 2014, la production de pétrole a chuté de 30 % sous l'effet des sanctions internationales. Entre 2017 et 2020, une nouvelle baisse de 40 % résulte des nouvelles sanctions américaines appliquées à partir de la fin de 2018. De 2020 à 2023, elle a regagné 26 %.

Pétrole alt=|vignette|Carte des gisements pétroliers et gaziers iraniens en 2004. L'Iran détient 9 % des réserves pétrolières prouvées mondiales et 18 % des réserves de gaz.

Réserves de pétrole Les réserves pétrolières prouvées de l'Iran étaient estimées par l'Agence fédérale allemande pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR) à (milliards de tonnes) fin 2022, soit 11,2 % du total mondial, au mondial derrière le Vénézuela (18,7 %) et l'Arabie saoudite (15,3 %) et devant le Canada (10,2 %) et l'Irak (7,8 %)80. Elles représentaient 117 années de production au rythme de 2025 : 32. Elles ont été réévaluées en hausse de 39 % depuis 2010 Kurzstudie Reserven, Ressourcen und Verfügbarkeit von Energierohstoffen 2011 (pages 43, 53, 61, 69), Agence fédérale pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR), 8 décembre 2011.. Les ressources supplémentaires, non encore prouvées, sont estimées à , entièrement en pétrole conventionnel79.

La première découverte de pétrole commercialisable en Iran date de 1908, à Masjid-i-Sulaiman ; de nombreux gisements majeurs ont été découverts au cours des deux décennies suivantes, dont ceux d'Aghadjari et de Gach Saran. Environ 14 % des réserves de brut et 55 % de celles de liquides de gaz naturel sont situées en mer dans le golfe Persique ; plus de 50 % des réserves terrestres sont concentrées sur cinq gisements géants, dont les plus grands sont Marun (22 Mds bl), Ahwaz (18 Mds bl) et Aghadjari (17 Mds bl) ; plus de 80 % des réserves terrestres sont situées dans le bassin du Khouzistan au sud-ouest, près de la frontière irakienne ; l'Iran aurait aussi, selon FACTS Global Energy, des réserves de en mer Caspienne World Energy Resources: 2013 Survey - chap.2 : Oil (voir p.8, 10, 24), site du Conseil mondial de l'énergie consulté le 3 avril 2014..

Production de pétrole

En 2025, selon l'Energy Institute, l'Iran a produit (millions de barils par jour)31, soit (millions de tonnes) de pétrole, en hausse de 2,5 % par rapport à 2024, 3,2 % au-dessus de son précédent pic de 2017, malgré les sanctions américaines sur l'export du pétrole iranien. La production de pétrole du pays était en 2025 supérieure de 34 % à celle de 2015, année où l'effet des sanctions précédant l'accord sur le nucléaire iranien était très fort. Le pays se classe au mondial avec 5,2 % de la production mondiale, derrière États-Unis (18,9 %), l'Arabie saoudite (11,4 %), la Russie (11,1 %) et le Canada (6,4 %)32.

La production a été de en 2023, en hausse de 2,4 % par rapport à 2022 et de 26 % par rapport à 2020, mais en baisse de 9 % par rapport à 1990.

En 2012, l'Iran produisait environ /j d'hydrocarbures liquides, dont /j de pétrole brut ; la production était en baisse de 17 % par rapport aux /j de 2011, du fait des sanctions économiques imposées par les pays occidentaux à cause du programme nucléaire iranien. La production maximale a été de 6 millions de barils par jour en 1974. Après la révolution iranienne de 1979, le gouvernement a réduit la production de pétrole quotidienne dans l'optique d'une politique de conservation des réserves de pétrole. D'autres baisses de la production de pétrole se sont produites lors des dommages aux installations pétrolières survenues pendant la guerre avec l'Irak. Au début des années 2000, l'infrastructure industrielle était de plus en plus inefficace en raison des retards technologiques.

Grâce à la levée des sanctions internationales début 2016, l'Iran se dit prêt à signer en 2016 une cinquantaine de projets énergétiques pour faire passer sa production pétrolière de à . La Banque mondiale estimait récemment que cela déprimerait d’encore le prix du baril en 2016, ce qui n’empêcherait pas la croissance iranienne de remonter à 5 %Iran : la levée des sanctions occidentales se prépare, Les Échos, 19 octobre 2015..

Consommation de pétrole En 2025, l'Iran a consommé (millions de barils par jour)36, soit (exajoules) de pétrole, en hausse de 0,8 % en 2025 et de 24 % par rapport à 2015. Il se classe au mondial avec 1,9 % de la consommation mondiale37. Sa consommation absorbe 38,7 % de sa production.

Exportations de pétrole Selon l'Agence internationale de l'énergie, les exportations de pétrole brut s'élevaient en 2023 à , en hausse de 83 % par rapport à 2020, mais en baisse de 69 % par rapport à 2017 sous l'effet des sanctions américaines, après un creux à en 2020 du fait de la crise du Covid-19. Les exportations de produits pétroliers atteignaient en 2023, en hausse de 233 % par rapport à 2014 Energy Statistics Data Browser - Oil products imports vs. exports, Islamic Republic of Iran, 1990-2023, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025..

L'Iran ne figurait plus qu'au mondial des exportateurs de brut en 2023 (1,5 % des exportations mondiales), alors qu'en 2017 il était au mondial avec 4,8 % du total mondial Energy Statistics Data Browser : Crude oil imports vs. exports, World, 1990-2023, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025.. Son solde exportateur net de produits pétroliers de en 2023 (3,1 % du total mondial) se classait au mondial derrière les États-Unis, la Russie et le Koweït Energy Statistics Data Browser : Oil products imports vs. exports, World, 1990-2023, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025..

Les exportations iraniennes de pétrole, qui dépassaient par jour en 2011, étaient tombées à en 2014. L’Union européenne n’achetait pratiquement plus de brut iranien, alors qu’elle en absorbait en 2011. La Chine et l’Inde avaient aussi réduit leurs achats d’un tiersIran : les investisseurs misent sur une levée des sanctions, Les Échos, 3 avril 2015..

Malgré ses réserves de pétrole importantes, l'Iran a dépensé en 2005 quatre milliards de dollars pour des importations de carburant. Ces importations sont dues à une sous-capacité de raffinage dans le pays et à une consommation nationale en constante augmentation. Des subventions sur le prix du carburant sont accordées par l'État aux particuliers. De plus, la contrebande de carburant iranien bon marché vers les pays voisins est assez répandue.

Organisation du secteur La National Iranian Oil Company, entreprise publique fondée en 1948, produit et distribue le gaz naturel et le pétrole iranien et appartient au Ministère du pétrole iranien.

Gaz naturel Réserves de gaz naturel Les réserves prouvées de gaz naturel de l'Iran étaient estimées par l'Agence fédérale allemande pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR) à (milliards de m³) fin 2022. Ces réserves classaient l'Iran au mondial avec 16,1 % du total mondial, derrière la Russie (22,7 %) et devant le Qatar (11,3 %) et les États-Unis (7,8 %)90. Elles ont été réévaluées en hausse de 13 % depuis 2010. Elles représentent 128 années de production au rythme de 2025 : 47. Les ressources supplémentaires, non encore prouvées, sont estimées à , uniquement des réserves conventionnelles89.