Varèse ( ; en lombard : Vares) est une ville italienne d'environ habitants, chef-lieu de la province du même nom en Lombardie.
Géographie Toponymie Le document le plus ancien qui rapporte le nom de Varèse est un parchemin daté du , conservé aux Archives d'État de Milan.
Le toponyme Varese semble dériver du préceltique Vara (eau), lié à la proximité du ruisseau Vellone ou du lac homonymeTraduction de l'article italien concernant la ville de Varèse. Varese#Storia.
Hameaux et communes limitrophes Les frazione (hameaux) de la commune sont : Avigno, Bizzozero, Biumo Inferiore, Biumo Superiore, Bobbiate, Bregazzana, Bustecche, Calcinate del Pesce, Calcinate degli Orrigoni, Campo dei Fiori, Capolago, Cartabbia, Casbeno, Lissago, Masnago, Prima Cappella, Rasa di Varese, San Fermo, Sangallo, Santa Maria del Monte, Sant'Ambrogio Olona, Schiranna et Velate.
Relief La ville de Varèse occupe une position caractéristique, au pied du Sacro Monte di Varese, dans les pré-alpes varésines, qui fait partie du massif du Campo dei Fiori et qui abrite un observatoire astronomique ainsi que le Centro Geofisico Prealpino, station météorologique dirigée par feu le professeur Salvatore Furia.
Le village qui occupe la partie moyenne de la montagne est appelé Santa Maria del Monte en raison du sanctuaire d'origine médiévale, auquel on accède par l'avenue des chapelles du Sacro Monte. Le lac de Varèse qui borde la ville au niveau de plusieurs frazioni dessine les limites de la partie basse de la commune.
Varèse est située sur sept collines : colline de San Pedrino (402 m) ; colline de Giubano (407 m) ; colline de Campigli (453 m) ; colline de Sant'Albino (406 m) ; colline de Biumo Superiore (439 m) ; colline de Montalbano (411 m) ; colline des Miogni (492 m). Le territoire de la commune se situe entre 238 et d'altitude. L'amplitude altimétrique totale est de 912 mètres. La mairie est située à 382 mètres d'altitude. Question sismicité, la ville appartient à la zone 4, classée par la protection civile comme insignifiante.
Hydrographie Le territoire de Varèse est baigné par de nombreux cours d'eau ; il est en partie couvert par le lac de Varèse. Dans le hameau Rasa di Varese, la rivière Olona prend trois de ses sources. Toujours dans ce hameau, l'Olona reçoit les eaux des ruisseaux Legnone, Des et Sesnivi. En aval, dans la région de Bregazzana, les ruisseaux Braschè, Pissabò, Boscaccia et Grassi s'écoulent également dans l'Olona. Au nord-est de Varèse, la branche torrentielle orientale de l'Olona se jette dans la Valganna. À la frontière entre Varèse et Induno Olona, coule la rivière Pedana della Madonna .
Au nord-est, la branche est-orientale de l'Olona qui coule dans Valganna, rejoint le ruisseau Pedana della Madonna, à la frontière entre Varèse et Induno Olona. En dessous de Santa Maria del Monte coule ce qui peut être considéré comme le cours d'eau de Varèse, le ruisseau Vellone. Après avoir baigné le quartier de Velate, il traverse la ville, puis s'écoule dans l'Olona dans le hameau de Belforte.
Au nord de la frazione Rasa di Varese, naît le ruisseau Buragona, alimenté par le Valgalinna et affluent du lac de Brinzio. À l'extrême nord du territoire varésin, sous la crête du Campo dei Fiori, naissent l'Intrino et le Riazzo qui baignent l'agglomération de Brinzio. Dans la partie montagneuse de Varèse, naissent des ruisseaux qui se jettent dans le lac de Varèse, tels le Val Luna et le Rio di Casciago.
Au sud de Varèse, se déverse le Roggia Nuova qui se jette dans le lac de Capolago. À Bizzozero se trouve le ruisseau Selvagna qui se jette dans l'Olona près de Castiglione Olona. À Torre San Quirico, à la frontière avec Gazzada-Schianno, naît le ruisseau Arno ou Arnetta, l'un des principaux cours d'eau du Basso Varesotto et de l'Alto Milanese.
Il convient également de souligner que Varèse est nommée la « terre des lacs » pour les sept bassins qui la baignent. Le lac de Varèse Le lac Majeur Le lac de Comabbio Le lac de Monate Le lac de Lugano Le lac de Ghirla Le lac de Ganna
Dans le voisinage de la province, se trouve également le lac de Côme. Cet ensemble de lacs, a fait dire à Stendhal, dans son recueil Rome, Naples et Florence
Histoire vignette|Varèse, l'agglomération vue depuis le Mont sacré.
Antiquité Les premières traces de site habité retrouvées sur le territoire de la commune remontent à la préhistoire, en effet les nombreux objets exposés au musée de la Villa Mirabello et les découvertes d'habitations palafittes sur l'île Virginia démontrent que le territoire était déjà habité en 3000 av. J.C. C'est en 1863 que l'abbé Stoppani accompagné de deux archéologues suisses retrouva des restes palafittes sur cet îlot au large de Biandronno. Des recherches successives ont conduit à la découverte sur le lac d'une autre dizaine d'habitations dispersées entre les communes actuelles de Bardello, Cazzago Brabbia et Bodio Lomnago, et datées entre le néolithique inférieur et l'âge du fer.
Cependant, il n'y a pas d'indications précises sur ce village avant le développement de la culture de Golasecca étendue à toute la région lombarde-piémontaise, et son évolution se serait poursuivie bien après la fondation de l'Empire romain. Les importantes voies de communication utilisées en particulier par des marchands et des troupes militaires qui reliaient Milan et la Suisse actuelle en passant par Valganna, Ponte Tresa et le canton du Tessin, ont vite accentué l'importance de Varèse comme lieu de transit.
Moyen Âge La présence d'édifices comme la Torre degli Ariani près du Sacro Monte ou bien l'église des Santi Ippolito e Cassiano près de la frazione de Velate témoignent de la vitalité socio-économique de la ville déjà à l'époque romaine tardive. Des recherches archéologiques menées à la charnière entre le et le dans la crypte du sanctuaire du Sacro Monte ont confirmé la présence d'une première installation paléochrétienne à cet endroit.
Durant le haut Moyen Âge, Varèse participe aux luttes intestines entre Côme et Milan. Les relations avec cette dernière remontent à 1045 avec l'élection comme archevêque de Milan du varésin Guido da Velate et à l'alliance de la Ligue lombarde qui allait causer la défaite des troupes impériales de Frédéric Barberousse en 1176 à Legnano. Avec la chute de Castelseprio en 1287 et l’ascension des Visconti, la relation de Varèse avec Milan devint encore plus proche et durable.
Investie au de la construction de plusieurs forts défensifs (encore existants en partie aujourd'hui) destinés à contrôler l'accès au nord de la plaine du Pô, au cours du Trecento Varèse se dota des premiers statuts réglementant la vie citadine, fondées sur une autonomie gouvernementale substantielle et privilégiée qui dura, à quelques rares exceptions, jusqu'à la seconde moitié du . Après les troubles qui ont éclaté avec la mort de Jean Galéas Visconti, en 1407 le condottiere Facino Cane, comte de Biandrate, se proclame seigneur de Varèse, usurpant des privilèges qui seront restitués au bourg trois ans plus tard par Jean Marie Visconti.
La période subséquente du règne des Sforza assure à Varèse, choisie comme siège d'une importante foire pour la vente de chevaux étrangers, un certain développement économique avec le renforcement du commerce local. À la suite des invasions de mercenaires suisses, du début de la domination espagnole et de plusieurs épidémies, la localité glissa dans une époque de décadence, de laquelle Varèse ne se remettra seulement qu'au début du .
Temps modernes L’avènement de Charles Borromée comme archevêque de Milan marqua pour Varèse une importante période de renouveau politique et culturel. Sa visite en 1567 contribua effectivement à en modifier l'institution ecclésiastique, donnant une nouvelle énergie au monastère de Santa Maria del Monte, qui dès lors allait voir s'ouvrir une des plus importantes entreprises artistiques de Lombardie. Le projet, qui prévoyait la réalisation d'une Via Sacra pour relier le sanctuaire, a commencé lorsque le père Giovanni Battista Aguggiari réussit à récolter la somme d'un million de livres impériales, avec la participation de certaines familles nobles milanaises. Auparavant, le seul accès au sanctuaire suivait le sentier non pavé qui aujourd'hui encore relie le quartier de Velate au Sacro Monte et au Campo dei Fiori, passant par le Monte San Francesco in Pertica qui pendant des siècles avait abrité une tour d'observation romaine et une des plus anciennes communautés franciscaines de l'époque.
C'est probablement Borromée qui a décrété le déclin définitif du lieu et le changement drastique en faveur d'une communauté monastique féminine liée aux plus importantes familles nobles de l'époque. La réalisation de l'opéra, commencée en 1604 et achevée sous sa forme actuelle en 1698, vit la participation de célèbres artistes comme Il Morazzone et Il Cerano sous la direction initiale de Giuseppe Bernasconi. L'entreprise, qui transforma Varèse en un authentique rempart du catholicisme contre la menace protestante, a été menée à travers les crises épidémiques du début du , la plus grave d'entre elles (enregistrée en 1628) a causé de grandes famines et de nombreux décès dus à la peste.
Durant la seconde moitié du siècle, la situation politique se stabilisa et, au , les frontières avec la Suisse furent confirmées au congrès de Varèse de 1752, anticipant la réforme de l'administration communale seulement cinq ans plus tard. Cette réforme abolit toutes les localités et le gouvernement fut confié à l'assemblée générale oligarchique de tous les riches possédant au moins 3000 lires de patrimoine, qui élisait ses propres députés permanents et un conseil de régence, en plus de divers magistratures telles que le chancelier, le maire et le concierge, tous soumis à l'autorité suprême du podestat.
En 1765, Marie-Thérèse d'Autriche concéda Varèse comme fief personnel à François III d'Este, duc de Modène et seigneur de Varèse. Ce fut une période particulièrement heureuse et prospère, également d'un point de vue culturel.
De nouveaux monastères furent construits, comme les Capucins, les Carmélites de Barmen, les moines de Saint-Antoine et d'autres nouvelles confréries et leurs orateurs. Début de l'âge d'or de la villégiature varésine, qui se développe tout au long du jusqu'à la Première Guerre mondiale.
À la montée sur le trône du Saint-Empire de Joseph II, Varèse devint la résidence d'un Intendant et fut désigné comme chef-lieu d'une des six provinces qui subdivisèrent la Lombardie en 1786. Avec l'élévation du bourg en chef-lieu de la province homonyme le territoire de la commune comprenait également la circonscription de Gallarate.
Époque contemporaine En 1797, à la suite de l'invasion napoléonienne, la ville devint le chef-lieu de l'éphémère département du Verbano, avant qu'il ne soit supprimé et intégré au département d'Olona. En 1801, Varèse fut rétrogradée au rang de vice-préfecture au sein du département du Lario dont le chef-lieu était Côme. Le gouvernement de Napoléon Ier décréta la première expansion du territoire communal, statuant en 1801 l'annexion de Bobbiate et de Capolago, et en 1812 celle de Lissago, Masnago et Induno.
Après la chute de Napoléon , la fin des bouleversements liés à l'occupation française et la restauration de l'Ancien Régime, en 1816, le bourg redimensionné fut élevé au rang de ville (avec ses prérogatives politiques et administratives et l'élection du premier conseil municipal) par l'empereur François d'Autriche, qui confirma toutefois l'appartenance de Varèse à la province de Côme, nouveau nom du département du Lario.