Cet article décrit le travail des femmes dans les sociétés.

Les femmes représentent la moitié de la population active dans le monde. Elles occupent majoritairement des emplois dans les secteurs agricoles et tertiaire (services), notamment dans des postes relationnels ou touchant aux fonctions domestiques (cuisine, ménage, soins de santé, garde et éducation des enfants).

Elles sont plus sujettes à l'emploi précaire ou à temps partiel, et la maternité ou l'idée que s'en font les employeurs constituent souvent un frein à leur progression professionnelle. Les personnes au foyer sont toujours en immense majorité des femmes au foyer.

Dans de nombreux secteurs et pays, à travers le monde, les femmes sont exposées à des inégalités dans l'accès à l'emploi (activités rémunérées ou bénévoles).

Différentes définitions du travail Il existe différentes définitions du travail et de l'activité économique, qui sont susceptibles d'introduire de grandes variations dans les statistiques présentées. Selon l'Organisation internationale du travail, est une activité économique toute activité à destination du marché ou destinée à la consommation personnelle qui est susceptible de faire l'objet d'un échange marchand et qui est incluse dans la nomenclature du système de comptabilité nationale définie par l'ONU à des fins d'harmonisation. À titre d'exemple, l'auto-construction d'une habitation est considérée comme une activité économique, tandis que les activités domestiques, la prise en charge des soins aux enfants ou aux personnes âgées ou les activités bénévoles ne le sont pas, ce qui revient à souvent minorer le travail des femmes. La population active comprend, outre les personnes exerçant de telles activités, celles qui sont au chômage ou en recherche de telles activités.

Certains experts opèrent parfois la distinction entre « activité » et « activité rémunérée » afin d'étendre leur champ d'analyse aux prestations non rémunérées : administrer le foyer, s'occuper des enfants et des personnes âgées et pratiquer l'agriculture de subsistance. Selon Henry Wallon, travailler c’est « contribuer par des services particuliers à l’existence de tous, afin d’assurer la sienne propre » Il est évident que dans l'Antiquité, le travail ne rapporte pas de salaire propre avant le .

Les droits qu'ont les femmes par rapport au travail ont varié au cours du temps et géographiquement..

Préhistoire

Antiquité

Dans les rites funéraires de différentes civilisations Le rôle des femmes dans les rites funéraires comme pleureuse est attesté à partir de l'Égypte antique (en 1330 avant J.C.) et se pratiquera en Grèce ou à Rome avec les praeficae. Ces femmes avaient pour tâche d'exprimer la douleur de la famille mais aussi cherchent à émouvoir les divinités et montraient aux morts qu'ils étaient regrettés de par leur costume et leurs plaintes. Cette pratique était répandue dans le bassin méditerranéen et est aujourd'hui répandue dans l'Asie ou l'Afrique.

Proche-Orient ancien

Égypte antique

Grèce antique

vignette|Vase à figures rouges - Sappho lisant un poème à ses amies, vase de Vari, vers 440-430 av. J.‑C., musée national archéologique d'Athènes.Pour comprendre la place de la femme dans la société grecque antique, il faut comprendre comment elles sont perçues par les hommes du monde antique. Les discours portés par Homère ( av. notre ère) et Galien () sont cohérents entre eux, ils ont pour habitude de dire du mal des femmes. Pour résumer les obsessions du discours savant, les femmes sont passives et vues comme inférieures aux hommes dans le meilleur des cas.

Le travail ordinaire est rejeté par les citoyens, dont l'activité est avant tout politique, mais la qualité dergatis (travailleuse) est une qualité attribuée aux femmes.

La musique joue un rôle essentiel dans l'éducation et la culture grecques (voir Musique de la Grèce antique). . Cette représentation majoritaire de musiciennes se retrouve sur les poteries de l'Attique et de la Campanie.

Il existe cependant quelques poétesses reconnues dans la Grèce, comme Sappho, aux . Mise à part elle, exception dans le panorama de la Grèce antique, les femmes sont souvent cantonnées au travail domestique. Dans la littérature homérique, leur activité principale reste le tissage. L’exemple phare de cette occupation est Pénélope, femme d’Ulysse, qui reste plusieurs années à attendre son mari en tissant une immense tapisserie. Le tissage est l'activité emblématique des femmes, et le travail féminin (ergon gunaikon) par excellence, le plus noble et le plus célébré, est celui de l'activité textile, qui répond non seulement à des besoins domestiques, mais aussi à des besoins rituels et religieux, indispensables à la vie civique. . Il existe de nombreuses œuvres d’art illustrant des femmes en train de tisser, tandis que les taches dévolues aux esclaves ou celles du quotidien telle que la cuisine, sont très rarement représentées.

L’image de la femme antique cloîtrée dans sa maison est biaisée. En effet, si de riches aristocrates pouvaient se permettre de rester chez elles, la plupart des femmes allaient vendre les productions agricoles ou artisanales de leur mari au marché et allaient elles-mêmes faire les courses lorsqu’elles n’étaient pas assez aisées pour avoir des esclaves à qui elles déléguaient ce rôle.

Rome antique

Quelques décennies plus tard c’est un schéma similaire qui se répète dans la Rome antique. Les deux principales activités économiques sont l'agriculture et l'activité domestique. Qu'elles soient esclaves ou affranchies, les femmes participent à un large éventail d'activité. Dans les riches propriétés les femmes jouent un rôle majeur dans l’organisation des domaines. En effet, ces matrones devaient diriger des très nombreux esclaves, les faire instruire, les affecter à leur tâche, veiller à la bonne exécution de ces tâches… Lors des absences répétées et longues de son mari, pour des raisons politiques et militaires, la Matrona (matrone) gère la maintenance du domaine et des productions. Elle prend aussi les décisions importantes qui s’imposent. Il s’agit là d’une activité non rémunérée mais pouvant être considérée comme un travail au vu du temps qu'y consacraient ces femmes. Encore une fois, le filage de la laine est une occupation centrale. Les femmes fabriquaient les vêtements pour toute la famille, qui pouvait être nombreuse. Les femmes n’avaient aucun droit politique. Cependant, à Rome, elles pouvaient devenir vestales : des prêtresses de Vesta, chargées de garder le feu sacré de Rome. Cette charge était très respectée par les Romains et accaparait les vestales à part entière..

Antiquité tardive en Europe

À partir du Europe du Moyen Âge

En Europe, au Moyen Âge, le travail des femmes est la norme, comme d'ailleurs dans la plupart de l'histoire, leur exclusion massive n'apparaissant qu'au . Le modèle économique dominant qui apparait au avec l'essor démographique est celui du couple marié qui travaille ensemble, et qui recourt quelquefois de façon plus ou moins ponctuelle à des tiers salariés ; il vient remplacer le modèle d'économie seigneuriale, où une grande masse, comportant des familles mais aussi de nombreux hommes et femmes célibataires, travaille en priorité pour satisfaire les besoins de quelques seigneurs privilégiés. Avec l'essor des réseaux transrégionaux et internationaux, se profile aussi une plus grande spécialisation et division du travail. Ce début de division du travail s'étend aussi à une division entre hommes et femmes, avec des domaines de compétence plus spécifiques aux uns et aux autres, les soins étant plus facilement attribuées à ces secondes.

Au , différents métiers peuvent être exercés par les femmes, aussi bien médecin que meunière, par exemple. Toutefois, peu à peu, elles sont exclues des métiers les plus prestigieux et rémunérateurs.

Europe de la Renaissance Au cours de la Renaissance, les corporations féminines sont dirigées par des hommes. Au , le salaire d'une femme est la moitié de celui d'un homme.

Ailleurs dans le monde

Du à la fin du

Asie

Europe En milieu rural, dans les familles vivant de l'agriculture, les activités domestiques, familiales et économiques sont intriquées les unes avec les autres ; les activités des femmes et des hommes sont liées les unes aux autres, et les relations familiales sont empreintes d'une forme de « complémentarité » des rôles.. L'impératif est toutefois celui de la compétence. Dans certaines situations, des membres de la famille proche peuvent faire un travail complémentaire pour une ou un célibataire ou veuf, par exemple une sœur faisant le ménage pour son frère. Les attentes sociales font que le propriétaire agricole est censé se marier et avoir des enfants. Ces derniers vont également participer aux travaux de la maison et des champs en fonction de leur âge et leur sexe. Ceci se poursuivra durant le .

Selon les pays, il est mal vu de travailler pour des familles autres que la sienne, surtout pour les femmes, ou bien habituel. Ainsi, en Europe du Nord, les servantes et les ouvriers agricoles font souvent partie des personnes travaillant pour d'autres. Il existe une hiérarchisation des sexes pour les postes et pour les rémunérations.

Au cours du , l'idée que la femme reste travailler dans son domicile est une attente sociale. Cependant, la population urbaine de l'époque médiévale et moderne montre presque toujours un excédent féminin qui s'explique par la part de la domesticité, ressource courante des femmes célibataires ou veuves ; en outre, beaucoup de ménages urbains, particulièrement en France, placent leurs enfants à la campagne chez une nourrice. La servante de comédie est un personnage secondaire, familier ou rudoyé : elle peut être comique par son ignorance, soubrette séduisante et moqueuse, confidente ou auxiliaire dévouée des intrigues de ses maîtres.

et révolution industrielle

Amérique du Nord

Amérique latine

Asie

Chine vignette|Veste d'infirmière, Chine, .

Europe

En milieu rural, au , les femmes connaissent un travail qui est mêlé à leurs sphères domestique et familiale. Les conditions de vie et d'activité sont souvent liées à la famille et elles peuvent être très variées. En ce qui concerne les agricultrices et agriculteurs, plusieurs niveaux sociaux et activités coexistent : certaines régions européennes ont de grands propriétaires terriens, qui forment une sorte d'« élite » locale, d'autres ont des exploitations plus réduites et donc moins riches, d'autres personnes encore doivent travailler pour des exploitants (métayer, travailleur journalier, ouvrier agricole, travail à domicile, travail salarié, ou autre). Les exploitants les plus aisés vivent souvent de la pluriactivité : à l'agriculture s'ajoute par exemple une auberge ou un commerce. Les familles les plus pauvres, qui ont peu ou pas de terres, vivent des activités de ses membres : parents comme enfants. Certaines personnes ne vivent pas de l'agriculture mais ont des emplois liés à la domesticité, l'artisanat ou le commerce.