Bernard Schwartz, dit Tony Curtis, né le à New York (État de New York) et mort le à Henderson (Nevada), est un acteur et producteur américain...

Acteur incontournable des années 1950 et 1960, il est entré dans la légende du cinéma grâce à ses rôles dans Le Grand Chantage, Les Vikings, Spartacus et surtout Certains l'aiment chaud, qu'il a tourné aux côtés de Jack Lemmon et de Marilyn Monroe. Habitué des rôles de playboy dans des comédies légères, il a su toutefois montrer sa capacité à jouer dans un registre dramatique, notamment dans L'Étrangleur de Boston. Il est également connu pour sa participation à la série télévisée Amicalement Vôtre avec Roger Moore. Retraité du cinéma depuis les années 1980, il s'adonnait principalement à la peinture et à la photographie.

Biographie

Famille et jeunesse Né en 1925 à l'hôpital de la Cinquième Avenue à Manhattan, Bernard Schwartz (surnommé « Bernie ») est le fils aîné d'émigrés juifs hongrois, émigrés aux États-Unis dans les années 1920 : Emanuel (Mano) né à Ópályi et Helen Schwartz (née Klein) originaire de Michalovce ou de Vaľkovo, aujourd'hui en Slovaquie.

Il vit dans la misère, d'abord à Manhattan puis dans le Bronx, dans l'arrière-boutique de tailleur de son père en compagnie de son frère, Julius (1929-1938), puis Robert (1940-1992), auprès d'une mère schizophrène et dure : . Il ne parle que le hongrois et le yiddish jusqu'à l'âge de six ans, ce qui retarde sa scolarité« Private Screenings: Tony Curtis », Turner Classic Movies, January 19, 1999.James E. Wise, Anne Collier Rehill: Stars in Blue: Movie Actors in America’s Sea Services. Naval Institute Press, Annapolis, MD 2007..

En 1933, durant la Grande Dépression, les parents de Curtis ne pouvant plus s'occuper financièrement des garçons, Bernie et Julius sont placés temporairement dans une institution d'État, où ils sont fréquemment impliqués dans des conflits avec de jeunes antisémites qui leur jettent des pierres ou se battent avec eux.

À l'âge de 9 ans, son frère Julius est heurté et tué par un camion lorsque Bernie a treize ans. Il est profondément marqué par cet accident, son frère étant son meilleur ami.

Son deuxième frère, Robert, est placé en institution psychiatrique avec la même maladie que sa mère.

Il passe beaucoup de temps dans les rues du Bronx, où il a de mauvaises fréquentations, et finit par se faire arrêter et placer en centre de redressement.. C'est là qu'il découvre le théâtre et le cinéma, et son envie de vouloir y briller. À seize ans, il décroche son premier petit rôle dans une pièce de théâtre.

Débuts au cinéma Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s'engage dans l'armée après l'attaque de Pearl Harbor et sert dans l'U.S. Navy entre 1942 et 1945, à bord du ravitailleur de sous-marins . Vers la fin de la guerre, il est blessé dans un accident alors qu'il est en service. À l'âge de , il assiste à la capitulation du Japon dans la baie de Tokyo, le .

En tant qu'ancien combattant, il lui est octroyé une bourse qui lui permet de s'inscrire dans un cours d'art dramatique à New York, à partir de 1947, auprès d'Erwin Piscator. Le soir, il fait des figurations et tient des seconds rôles dans de petits théâtres new-yorkais. C'est au cours d'une représentation de la pièce de théâtre Golden Boy que le beau jeune homme qu'est Bernie Schwartz est repéré par un agent d'Universal Pictures, Bob Goldstein, qui lui offre un billet pour Los Angeles et lui fait signer un contrat de sept ans..

Il arrive à Hollywood en 1948, âgé de . De son propre aveu, à cette époque, il est surtout intéressé par les filles et l'argent. Universal souhaitant masquer les origines juives de son nom, Bernard Schwartz propose d'adopter comme pseudonyme le patronyme d'un de ses ancêtres hongrois, Kertész - ou Kurtz - mais le dénicheur de talent Bob Goldstein l'incite à l'angliciser en « Curtis ». L'acteur choisit le prénom « Anthony » en référence au roman d'Hervey Allen Anthony Adverse qu'il affectionne. Le pseudonyme « Anthony Curtis » se transforme rapidement en « Tony Curtis » qui apparaît pour la première fois dans le film Kansas en feu en 1950.. Sa coiffure séduit, impose peu à peu un style et est désormais imitée, dans les années 1950.

Star internationale vignette|gauche|240px|Tony Curtis, Janet Leigh, leurs enfants Kelly et Jamie Lee Curtis en 1960. Son premier film comme figurant est Pour toi j'ai tué de Robert Siodmak, en 1949, où on le voit danser avec Yvonne De Carlo.. Il tourne ensuite un certain nombre de séries B.

Tony Curtis obtient un petit rôle auprès de James Stewart dans Winchester '73 et la même année dans Le Voleur de Tanger de Rudolph Maté où son physique athlétique et son visage bronzé lui permettent de jouer les personnages « orientaux », comme dans Houdini le grand magicien ou Le Fils d'Ali Baba.

Il rencontre, et épouse l'actrice Janet Leigh le . Ils ont deux enfants : Kelly (1956) et Jamie (1958), toutes deux plus connues sous les noms de Kelly Curtis et de Jamie Lee Curtis.

Son premier grand film est Trapèze avec Burt Lancaster en 1956, qui reçoit plusieurs récompenses. Sa performance dramatique est remarquée. L'année suivante, il reforme avec Lancaster un duo pour un film charnière dans sa carrière, Le Grand Chantage (Sweet Smell of Success), qui le consacre véritablement à Hollywood.

vignette|Tony Curtis et Sidney Poitier dans La Chaîne (1958).

La superstar Kirk Douglas, producteur et acteur principal du film Les Vikings, l'engage avec Janet Leigh pour jouer Eric, l'esclave demi-frère et ennemi de Einar (interprété par Kirk Douglas). Cette fresque historique est un immense succès à travers le monde.

Toujours avec sa femme, il tourne sous la direction de Blake Edwards, Vacances à Paris, une comédie romantique légère, ainsi qu'Opération Jupons, dans lequel il interprète un officier de l'US Navy. Ces films le confortent dans les rôles de séducteur playboy.

La Chaîne de Stanley Kramer la même année est également un grand succès : il est nommé à l'Oscar du meilleur acteur sans toutefois le remporter.

Un autre maître de la comédie, Billy Wilder, fait appel à lui et à Jack Lemmon pour donner la réplique, en 1959, à Marilyn Monroe dans Certains l'aiment chaud, film aujourd'hui considéré par l'AFI comme la plus grande comédie de tous les temps.

Associé avec sa femme Janet Leigh dans une société de production, Tony Curtis produit et interprète Qui était donc cette dame ?.

Comme il insiste pour avoir un rôle dans la nouvelle superproduction de Kirk Douglas, celui-ci lui crée un rôle dans Spartacus, celui du poète Antoninus.

Curtis connaît le succès financier. Dès le début des années 1950, il est l'un des premiers acteurs à accepter un pourcentage des recettes de ses films en plus de son salaire.

Avec l'aide de son manager Lew Wasserman de MCA, Curtis réussit à éviter d'être lié à un genre cinématographique particulier, tout au long des années 1950. Il joue dans des comédies légères, des westerns et des thrillers policiers ; il interprète des rôles de caractère et est membre d'un ensemble musical. Lorsque Wasserman reprend la direction d'Universal Studios en 1962, il abandonne son rôle de manager et Swifty Lazar devient l'agent de Curtis. Lazar se concentre alors exclusivement sur les films d'aventure et les comédies légères dans son choix de rôles - à l'exception de The Outsider, en 1962, le biopic sur l'Amérindien Ira Hayes, dans lequel Curtis joue le rôle-titre.

Il apporte de la fraîcheur au film Deux Têtes folles avec Audrey Hepburn et William Holden et, retrouvant Douglas et Lancaster, il participe au naufrage commercial du film Le Dernier de la liste de John Huston.

Les films qui suivent ne marquent pas la mémoire des cinéphiles : Une vierge sur canapé ou La Grande Course autour du monde, tous les deux avec Natalie Wood comme partenaire, constituent toutefois des divertissements de qualité. Il donne la réplique à Jerry Lewis dans Boeing Boeing en 1965 et prête sa voix à Roman Polanski pour son Rosemary's baby.

Dans un registre encore subtilement comique, il joue le rôle d'un tueur en série de dames dans Arrivederci baby.

Début 1968, le magazine Variety le place en tête du classement des acteurs les mieux payés au monde, mais qui, d'après leurs films des dernières années, . De plus, l'industrie cinématographique traversait alors une crise et était en pleine mutation. Tony Curtis était décrit comme , même si, à l'époque, l'homme de 43 ans est encore admiré par la presse et le public pour son physique juvénile.

Voulant réellement prouver qu'il est un acteur dramatique capable et actuel, et pas seulement un comique bon pour les films commerciaux, il insiste pour jouer le rôle principal de L'Étrangleur de Boston. Appuyé par le réalisateur Richard Fleischer, et pour un cachet ridicule, il obtient le rôle en se grimant pour convaincre Richard D. Zanuck de la 20th Century Fox ; la réaction des critiques et du public est excellente et lui vaut une nomination aux Golden Globes.

Les années suivantes, Curtis ne parvient pas à capitaliser sur ce succès et, jusqu'en 1970, il revient au cinéma américain et européen de comédie et d'aventure, avec un succès mitigé.

Fin de carrière vignette|Tony Curtis au Festival de Cannes 1997. Dès lors, Tony Curtis se tourne vers la télévision. Son dernier grand rôle marquant au cinéma est celui de Chester Schofield dans Gonflés à bloc de Ken Annakin en 1969.

Une seconde carrière s'ouvre alors à lui, grâce à la série Amicalement vôtre en 1971 avec Roger Moore jouant le Britannique Lord Brett Sinclair, auprès duquel Curtis incarne le playboy américain Danny Wilde, pour résoudre avec humour des affaires criminelles. La plupart des épisodes sont tournés en Grande-Bretagne et en France. Jamais auparavant une superstar du grand écran comme Curtis n'avait endossé le rôle principal d'une série télévisée. Son cachet, auquel s'ajoute une part de 25 % des bénéfices, fait de lui l'acteur de télévision le mieux payé au monde. La série reçoit une attention médiatique considérable avant même le début du tournage mais elle ne dure qu'une seule saison, faute d'avoir plu au public américain, alors que le réseau américain ABC est son principal financier.. En France, on se souvient autant de son personnage Daniel Wilde que de sa voix française, celle de Michel Roux. Avec cette série, Curtis se gagne une génération de nouveaux fans, peu familiers de son passé cinématographique, qui apprécient son style et la tenue vestimentaire de Danny Wilde composée d'un pantalon à pattes d'éléphant, d'une veste en cuir moulante, d'un foulard en soie et de gants ; Tony Curtis est ainsi élu « Homme le mieux habillé de l'année » en 1970.

Il apparaît aussi dans les séries McCoy et Vega$, ainsi que dans le dernier épisode de la saison 5 (24-25) des Experts, réalisé par Quentin Tarantino, où il fait une brève apparition.

Retiré du cinéma et de la télévision, Tony Curtis tombe dans la dépression et la drogue. En 1984, il est hospitalisé d'urgence pour une cirrhose avancée, conséquence de son alcoolisme et de sa dépendance à la cocaïneTony Curtis". The Daily Telegraph. London. October 30, 2010. Retrieved October 1, 2010.. Il fait une cure de désintoxication et emménage dans le manoir Playboy..

Il mène une carrière de peintre à partir des années 1980. Ses toiles valent à présent près de et sont exposées à la galerie Tony Vanderploeg à Carmel-by-the-Sea en Californie.

Il subit un pontage aorto-coronarien en 1994, après une crise cardiaque..

En 1995, il édite son autobiographie, qu'il présente en France au festival international de Beauvais où il est invité. ; à cette occasion, il est fait chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres. Il possède son étoile sur le Hollywood Walk of Fame à Los Angeles.