thumb|Inscription sur la patte droite. thumb|Gravure représentant la Chimère dans l'état supposé de sa découverte (non restaurée).

La Chimère d'Arezzo est une statue étrusque en bronze, découverte en 1553 à Arezzo, en Toscane, près de la porte San Lorentino lors de la construction de la forteresse médicéenne. Elle est conservée au musée archéologique national de Florence dans la salle des grands bronzes étrusques avec l'Arringatore.

Description La sculpture serait un objet votif étrusque, un ex-voto aristocratique dédié à Tinia, par son inscription TINSCVIL de sa patte avant droiteJean-Paul Thuillier, Les Étrusques, la fin d'un mystère ?, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard/Archéologie » (), 17. Elle mesure de haut pour une longueur maximale de . Elle est en bronze et a été réalisée selon la technique de la fonte à la cire perdueLes Étrusques et l'Europe, Réunion des Musées nationaux, 1992, notice 366, ..

C'est la représentation d'un être mythique, une chimère, un monstre à trois têtes avec une gueule de lion, une tête de chèvre qui jaillit sur son dos, une tête de serpent au bout de sa queue.

La Chimère adopte une position défensive, après avoir reçu une blessure que Bellérophon, chevauchant Pégase, lui a infligée.

Elle date probablement du et est probablement issue d'un atelier du nord de l'Étrurie (Orvieto, Chiusi ou Arezzo).

Elle a été restaurée par Benvenuto Cellini au , puis de nouveau au . La queue serpentine mordant la tête de chèvre du dos est une reconstitution erronée« Elle devait menacer l'adversaire » in Les Étrusques, la fin d'un mystère ? de Jean-Paul Thuillier, 17. D'après une notice du musée archéologique national de Florence, la restauration par Cellini est une légende. Rien ne confirme cette intervention du maître orfèvre et sculpteurSa biographie n'en fait pas état : Vita, II, 82.

Elle devait faire partie d'un groupe avec une autre statue, celle de Bellérophon.

Le Musée archéologique national de Florence conserve une autre chimère (n d'inventaire 23) semblable à celle d'Arezzo mais beaucoup plus petite, en bronze fondu, haute de et datant du . Sa provenance est inconnue. Elle a fait partie de la collection de Christine de LorraineLes Étrusques et l'Europe, Réunion des Musées nationaux, 1992, notice 379, ..

Intérêt historique Découverte au lors de la construction des remparts d'Arezzo, elle donne mesure de l'existence préalable des civilisations originales en Toscane.

Elle fut immédiatement récupérée par le duc (futur grand-duc de Toscane Cosme ) pour ses collections et qui l'exposa publiquement dans la salle Léon X du Palazzo Vecchio. Elle fut ensuite transférée près de son studiolo du Palais Pitti, dans lequel, comme le rapporte Benvenuto Cellini dans son autobiographie : « l duca ricavava grande piacere nel pulirla personalmente con attrezzi da orafo » (« le duc tirait grand plaisir en la nettoyant personnellement avec ses outils d'orfèvre »).

En 1718, elle fut transférée à la Galerie des Offices, et ensuite en 1871, au Musée archéologique national de Florence, où elle se trouve maintenant, dans la salle des grands bronzes qui lui est réservée avec l'Arringatore, autre pièce étrusque majeure.

Les Médicis usèrent de cette découverte pour affirmer leur descendance des anciens rois.

Références de l'expression dans l'art Raymond Hains, La Chimère d'Arezzo, 1926 François-Jean Authier, La Chimère d'Arezzo, roman, Éd. Le Cherche-Midi, 2007

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Jean-Paul Thuillier, Les Étrusques : la fin d'un mystère ?, coll. « Découvertes Gallimard / Archéologie » (), Paris, 1990.

Articles connexes Art étrusque Liste des bronzes antiques Vestiges étrusques majeurs du même musée : L'Arringatore, Le Sarcophage des Amazones.

Liens externes

The Chimaera of Arezzo, sur le site du J. Paul Getty Museum

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