Le siège de Gérone, souvent appelé le troisième siège de GéroneAprès deux batailles en 1808., commencé le , impliqua la Grande Armée dans une lutte de sept mois contre la garnison espagnole de Gérone. La ville tint avec obstination sous la direction du général Mariano Álvarez de Castro jusqu'à ce que la famine et la maladie ne conduisent ce dernier à capituler le .

Prélude Lorsque Joseph Bonaparte monta sur le trône d'Espagne en 1808, le général Álvarez de Castro commandait le château de Montjuich à Barcelone. Lorsque le , les troupes françaises arrivèrent pour prendre possession de la forteresse, Álvarez se préparait à la défendre, quand il reçut l'ordre de son commandant en chef de la livrer aux Français. Álvarez fuit Barcelone et rejoignit les rebelles espagnols soulevés contre le gouvernement français. Le gouvernement de Cadix le nomma commandant de l'armée de Catalogne et gouverneur de Gérone. Cette dernière ville était un passage obligé pour acheminer des vivres, renforts et courriers depuis la France.

Le siège Álvarez avait seulement sous les armes. Le , l'armée française du général Gouvion-Saint-Cyr avait pris place autour de la ville en venant de Vich. Il avait sous ses ordres la brigade Bessières formée du d'infanterie légère, le de dragons et le d'infanterie de ligne ainsi que deux brigades italiennes des généraux Mazzuchelli et Fontane. Ils repoussèrent une première colonne de commandée par le colonel anglais Morkhall qui, le , tentait de ravitailler la place ; puis une autre du général Blake, lui prenant le convoi et le forçant à rembarquer.

vignette|La place de Gérone.

En août, les Français prirent le château de Mont JouiDénomination assez courante dérivant des temples dédiés à Jupiter (Jovis) qui étaient nombreux et sur des hauteurs., l'élément principal de la défense. La place fut investie dès le avec, pour l'infanterie, le général Verdier à la tête des fantassins de la confédération du Rhin, le général Pino et les Italiens, le général Sanson pour le génie et le général Taviel pour l'artillerie. Une première tranchée fut creusée le et le bombardement commença le 14 après avoir pris de nuit le moulin neuf et le faubourg de Pedreto ; une sortie venant tant de la ville que du fort se fit le 17, mais fut repoussée par le colonel Legras à la tête de son westphalien. Le à , après de longs bombardements et le sacrifice des vélites italiens, les Espagnols se retirèrent vers la ville en ne laissant que ruines. Le , le général Blake revint et réussit à faire entrer , 500 cavaliers et du général García Conde par la rive droite du Ter en faisant diversion devant Hostalric.

En août, le maréchal Augereau était nommé à la tête de l'armée de Catalogne, mais son état de santé ne lui permit pas d'être présent avant fin septembre ; son armée, alors forte de , assiégea la ville. Au cours des sept mois suivants, 40 canons installés en batteries envoyèrent et sur la ville. En octobre, le général Blake, toujours actif, résista devant Santa Coloma avec des gardes suisses et wallonnes, mais le général Souham repoussa les troupes espagnoles et le colonel Expert de Latour s'y distingua. Hostalric, sous le commandement du brigadier don Quadrado et de , servit alors de magasin de vivres pour l'armée de Blake. Domenico Pino prit la ville et y fit un grand carnage. Une sortie de nuit fut tentée, menée par O'Donnell, qui réussit à fuir par Santa Coloma et faillit prendre le général Souham. Inébranlable, Castro fit construire des barricades et creuser des tranchées à l'intérieur même de la ville. La bataille fit rage pendant quatre mois encore, repoussant deux assauts français sur les murs de la ville qui coûtèrent trois colonels aux Français.

Le , le général Pino prenait le Faubourg de la marine. Le 7, une sortie venant des forts Le Connétable et Le Capucin ainsi que de la ville voulait reprendre le terrain perdu la veille. Avec le de ligne aidé du léger italien, le général Amey, profitant de la faiblesse des deux forts, et une colonne italienne déclenchèrent une attaque, ce qui permit de prendre les redoutes du Cabildo et du Calvaire. Álvarez, épuisé et malade, transmit le commandement à un subordonné le 10. Deux jours plus tard, le , Gérone capitulait. Cette reddition livrait aux Français , et 8 drapeaux.

Conséquences vignette|La reddition de Gérone (mosaïque sur la Plaza de España à Séville).

On estime que et militaires sont morts dans la ville. Les Français perdirent environ , dont plus de la moitié de maladie.

La résistance de la ville, comparable à celle de Saragosse, par les retards et les pertes imposés aux Français, servit la cause de l'Espagne. La bataille devint une sorte de légende pendant le reste de la guerre d'indépendance espagnole.

En dépit de son triste état de santé, les Français emprisonnèrent Álvarez à Perpignan, puis le transfèrent au château de San Fernando à Figueras, où il mourut le , emporté par la fièvre selon les Français, empoisonné selon les Espagnols.

Articles connexes Le Grand Jour de Gérone, tableau représentant une scène du siège.

Notes et références

Bibliographie Le Spectateur militaire, « Opérations des troupes allemandes en Espagne de 1808 à 1813 - Seconde partie : Armée de Catalogne », p. 5 sq.,

Sources

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