Les Archives Arolsen, nommées jusqu’en 2019 Service International de Recherches (anglais - ITS) sont un centre de documentation, d’information et de recherche sur la persécution national-socialiste, le travail forcé et la Shoah, siégeant dans la ville hessoise de Bad Arolsen en Allemagne. Les tâches principales du service de recherches sont l’éclaircissement du destin d’anciens persécutés du régime nazi, la recherche de parents proches, la délivrance d’informations aux survivants et aux familles des victimes du nazisme, la recherche, le travail pédagogique et le souvenir ainsi que la conservation, la préservation et la description archivistique de documents.

L’ITS sauvegarde la mémoire des victimes des crimes nazis et contribue à la culture du souvenir. Depuis 2013, les documents originaux conservés dans ses archives font partie du patrimoine documentaire mondial de l’UNESCO « Mémoire du monde ».

Activités

Plus de après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’ITS reçoit encore plus de . par mois en provenance des quatre coins du monde. Aujourd’hui, elles émanent principalement de personnes appartenant aux  jeunes générations et en quête d’informations sur le sort de leurs proches. Dans ses réponses, l’ITS fournit non seulement des renseignements concrets sur le parcours de persécution des personnes concernées et des copies des documents pertinents, mais aussi des explications sur le contexte historique. Les demandes peuvent être soumises à l’ITS par le biais du formulaire en ligne se trouvant sur son site Internet. L’intérêt est particulièrement important en Allemagne, en Europe de l'Est et aux États-Unis. Dans près de des cas, l’ITS a été en mesure de fournir des renseignements sur la base de ses fonds d’archives.

Le service de recherches de l’ITS existe toujours. Aujourd’hui encore, il parvient à réunir des familles dans environ par an. Il s’agit de personnes qui, en raison de la déportation, du travail forcé durant la période national-socialiste, voire d’émigration, n’avaient jamais pu connaître leurs proches (des demi-frères ou demi-sœurs par exemple). Dans ce cadre, l’ITS travaille en étroite collaboration avec le réseau des services de recherche des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Parmi les destins individuels les plus spectaculaires, on citera l’exemple des retrouvailles, en 2008, de deux cousines qui avaient été séparées pendant en raison de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre froide. Durant la phase d’indemnisation d’anciens travailleurs forcés d’Europe de l’Est dans le cadre du fonds de la Fondation «Mémoire, Responsabilité et Avenir » entre 2000 et 2007, quelque parvinrent au service de recherches. Cette avalanche provoqua un retard gigantesque dans le traitement des demandes, et porta fortement préjudice à la réputation de l’ITS. En particulier les demandes n’ayant pas un rapport direct avec le fonds avaient été mises de côté. En 2008, il fut possible de résorber entièrement ce retard.

Le fonds global des archives s’étend sur près de linéaires de documents (feuilles alignées de chant), et comprend environ de documents. Ces documents donnent des indications sur l’ampleur des persécutions de la dictature nazie, sur l’exploitation éhontée des travailleurs forcés et sur les conséquences de la Seconde Guerre mondiale pour des millions de réfugiés. Les fonds d’archives se divisent essentiellement en trois grands domaines : détention, travail forcé et personnes déplacées. Parmi les documents se trouvent des dossiers de plusieurs camps de concentration, prisons et ghettos, des livrets de travail, dossiers médicaux, documents d’assurance, fiches d’enregistrement de services administratifs, de caisses de maladie et d’employeurs, etc. ainsi que des dossiers du Lebensborn, de l’Organisation Todt, de la Gestapo et de la SS. Mais les archives renferment également des documents individuels d’une valeur historique considérable, telles les listes des travailleurs forcés juifs qui, grâce à l’industriel Oskar Schindler, purent échapper à la mort. On y trouve aussi des documents concernant entre autres Anne Frank, Simon Wiesenthal et Konrad Adenauer.

Pour compléter les fonds documentaires, les collaborateurs du Service International de Recherches ont travaillé, durant des décennies, en collaboration avec des services d’archives en Allemagne et à l’étranger. Ils ont compulsé les fonds de ces services à la recherche d’informations pouvant présenter un intérêt pour l’ITS et, le cas échéant, ont copié ou acquis les documents sélectionnés.

Tâches

L’activité principale du Service International de Recherches au moment de sa création était la recherche de personnes non allemandes déportées ou ayant disparu pour d’autres raisons pendant la Seconde Guerre mondiale. L’aide à la réunification des familles faisait également partie de cette tâche. Actuellement, le travail de l’ITS consiste essentiellement à rassembler, classer, conserver et exploiter les documents relatifs au parcours et au destin des groupes de personnes suivants : les détenus des camps de concentration ainsi que d’autres lieux de détention sur le territoire du Reich et les territoires occupés par l’Allemagne entre 1933 et 1945 les Juifs déportés pendant la période national-socialiste les non-Allemands qui, de 1939 à 1945, se trouvaient sur le territoire du Reich les personnes déplacées (displaced persons, DP) ayant été prises en charge par des organisations internationales d’assistance, telles l’UNRRA et l’IRO, essentiellement sur le territoire de la République fédérale d'Allemagne, en Autriche, en Suisse, en Italie et en Grande-Bretagne les proches des groupes précités, ayant moins de à la fin de la guerre et déplacés, voire séparés de leurs parents.

Demandes et renseignements Les renseignements concernant la persécution de ces individus sont transmises aux personnes concernées mêmes, à leur famille ou à des tiers disposant d’une procuration. Lorsque l’ITS acquiert ultérieurement de nouvelles informations sur une personne, il les communique au requérant sans que celui-ci n’ait besoin d’en faire la demande. Lorsque les recherches effectuées révèlent la mort d’un individu, il est possible de faire dresser un acte de décès par le bureau d'état civil spécial de Bad Arolsen. Grâce aux attestations délivrées par le Service International de Recherches, confirmant le travail forcé, la persécution, les périodes de détention ainsi que des blessures ou des maladies, les victimes ou leurs proches peuvent faire valoir leurs droits dans leurs pays respectifs, notamment en vue de l’octroi de retraites ou d’indemnisations.

Recherche  L'archive est aussi ouvert pour la recherche scientifiqueDemande historiographie et formation. L’ITS promeut la recherche, organise des ateliers de travail et des conférences et met en évidence ses potentiels de recherche par le biais de projets, telles des expositions itinérantes et des publications. Une équipe de collaborateurs et de collaboratrices de l’ITS répond aux demandes d’ordre scientifique et encadre les chercheurs sur place. Les demandes de recherche peuvent être soumises à l’ITS par le biais du formulaire en ligne se trouvant sur son site Internet. L’une des nouvelles priorités dans le domaine de la recherche est l’exploitation de données issues des archives numérisées de l’ITS en coopération avec des institutions partenaires. Le but est de visualiser des événements historiques ou des structures au moyen de représentations numériques.

Fonds d'archives Documents Les fonds d’archives du Service International de Recherches constituent, avec environ de documents, l’une des plus grandes collections du monde de documents relatifs à des victimes civiles du régime national-socialiste. Le fichier central de noms renferme des informations pour près de d’individus. La numérisation de l’ensemble des documents historiques est pratiquement clôturée. Sur les environ trois millions de dossiers de correspondance échangée entre l’ITS et les victimes du nazisme, leurs familles et les administrations, quelque ont été numérisés jusqu’à présent.

Effets personnels Les effets personnels sont les objets confisqués aux détenus lors de leur arrivée en camp de concentration. L’ITS conserve dans ses archives les effets de quelque détenus. Il connaît le nom d’environ . Les objets n’ont en général pas de valeur matérielle, mais une valeur sentimentale inestimable pour les familles. Ils représentent souvent les derniers souvenirs qui leur restent d’un être cher. Parmi les effets se trouvent des portefeuilles, des papiers d’identité, des photos, des lettres, des documents ainsi que quelques bijoux fantaisie, des étuis à cigarettes, des alliances, des montres ou des porte-plume ayant appartenu à des anciens détenus concentrationnaires. La majeure partie de ces objets provient des camps de concentration de Neuengamme () et de Dachau (330). Quelques-uns ont également appartenu à des détenus de la Gestapo de Hambourg, des camps de concentration de Natzweiler et de Bergen-Belsen ainsi que des camps de transit d’Amersfoort et de Compiègne.

L’ITS s’est fixé pour objectif de restituer les effets personnels à leurs propriétaires ou aux familles des anciens persécutés. Il y parvient chaque année dans quelques cas. Le nombre des restitutions a augmenté depuis 2015, date à laquelle les effets ont été publiés avec leurs photos dans les archives en ligne de l’ITS. Les personnes intéressées dans le monde entier ont désormais la possibilité d’y effectuer des recherches. Sur son site Internet, l’ITS fournit des informations détaillées sur les effets personnels qui sont encore en sa possessionLaurent Guillet: Il s'appelait Joseph. Editions Laurent Guillet, Limerzel 2011. . P. 327. (Stations d'un prisonnier de guerre français jusqu'à sa mort. Comment rechercher.)..

Archives ouvertes Après les préparations techniques nécessaires, les archives furent ouvertes pour la recherche historique en . Cette ouverture, ainsi qu’un meilleur accès aux données grâce à des copies des fonds documentaires, étaient réclamés déjà depuis de nombreuses années, notamment par des associations de victimes ou de survivants de l’Holocauste, par des hommes politiques américains et israéliens ainsi que par des historiens tel Paul Shapiro, le directeur du United States Holocaust Memorial Museum. Les retards engendrés par les négociations concernant le protocole d’amendement et la procédure de ratification furent l’objet de nouvelles critiques de la part de ces mêmes personnes et institutions. Le Service International de Recherches, pour sa part, a attiré l’attention sur le fait que sa liberté d’action était limitée non seulement par les accords existants, mais aussi par la législation allemande en matière de protection des données personnelles. En raison toutefois du caractère international des organes responsables de l’ITS, la question de savoir en quelle mesure ses fonds documentaires étaient réellement soumis à la juridiction allemande restait controversée parmi les différents groupes d’intérêts.

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