La Cage aux folles est une pièce de théâtre de Jean Poiret créée au théâtre du Palais-Royal le dans une mise en scène par Pierre Mondy avec Jean Poiret et Michel Serrault dans les rôles principaux.
Jouée près de , elle a été adaptée au cinéma en 1978, puis sous forme de comédie musicale à Broadway en 1983. Le film a donné lieu à une suite en 1980, une autre en 1985, puis un remake américain réalisé par Mike Nichols en 1996. La comédie musicale est adaptée en français en 1999 par Alain Marcel, puis reprise avec une mise en scène d'Olivier Py en 2025.
Historique
Inspirations vignette|Adaptation de La Cage aux folles en allemand (Ein Käfig voller Narren) au théâtre de Purkersdorf, Autriche, en 2019. Michel Serrault et Jean Poiret avaient déjà joué un couple d'homosexuels dans un de leurs sketchs, Les Deux Hortenses (repris pour l'émission télévisée La Clé des champs de Pierre Tchernia en 1959.), mais c'est la pièce L'Escalier (Staircase) du dramaturge britannique Charles Dyer, créée en 1966 et adaptée à Paris en 1967 avec Paul Meurisse et Daniel Ivernel (puis portée à l'écran en 1969 par Stanley Donen, avec Richard Burton et Rex Harrison) qui a inspiré à Jean Poiret l'idée de sa pièce.
Accueil Abordant un sujet délicat sur un ton tranchant avec les représentations caricaturales (Haute Société, La Joyeuse Divorcée…) ou tragiques (Thé et Sympathie, La Fureur de vivre, La Rumeur…) de l'époque, la pièce de Dyer met en scène un couple d'homosexuels vieillissants qui tiennent un salon de coiffure à Londres et passent leur temps à se déchirer, même s'il est clair qu'ils s'aiment.
Tout en reprenant l'idée du couple d'âge mûr, Jean Poiret adopte le ton de la comédie qui a fait le succès de son duo avec Serrault. Le salon de coiffure devient un cabaret de travestis appelé « La Cage aux folles », tenu par Georges et Albin, et dont ce dernier est la vedette. Jean-Michel Rouzière, directeur du théâtre du Palais-Royal, accepte de monter la pièce tout en étant réservé quant au choix de la dérision opéré par Poiret sur un sujet toujours tabou dans la société malgré la libération sexuelle de mai 68. Créée le Jacques Pessis mentionne quant à lui le 13 février., les avis sont sévères. Tout en louant le jeu des acteurs, une grande partie de la critique crie au scandale.
Débats sur l'homophobie de la pièce Des militants homosexuels et une partie de la presse appellent au boycott en raison de l'image caricaturale qu'elle donne des gays, bien que le terme « la folle » soit utilisé dans des spectacles de travesti comme les Gazolines du FAHR ou Copi.. D'autres remarquent au contraire que malgré l'outrance, le couple est sympathique, et qu'il élève avec amour un enfant rejeté par sa mère.
Le bouche-à-oreille fait cependant son office et un mois plus tard, le pièce devient un énorme succès, se jouant durant cinq ans (Jean-Jacques remplaçant Michel Serrault en 1977-1978), avant une reprise de deux ans à partir d' au théâtre des Variétés, Michel Roux remplaçant à son tour Jean Poiret face à Michel Serrault.
Succès et reprises En 1983, elle est adaptée en comédie musicale à Broadway par Harvey Fierstein et Jerry Herman. La version française est créée au théâtre Mogador en 1999 pour 100 représentations. En 2025 elle est réadaptée par Olivier Py au théâtre du Châtelet avec Laurent Lafitte.
Malgré son énorme succès, la pièce n'a jamais été filmée en intégralitéL'Institut national de l'audiovisuel ne possède qu'un enregistrement de 65 minutes. et aucun producteur français n'accepta de l'adapter au cinéma. C'est la raison du recours à une coproduction italienne, impliquant l'emploi de nombreux acteurs italiens en lieu et place de la distribution française, à commencer par Ugo Tognazzi à la place de Jean Poiret, sans que cela n'altère toutefois le succès, devenant avec le temps non seulement un classique du théâtre et du cinéma mais reconnaissant, avec le recul, « un côté progressiste » à l'œuvre dans une époque où la culture homosexuelle était proche du « néant ».
Principales productions Théâtre du Palais-Royal, 1973 (création) Distribution Michel Serrault : Albin (1973-1977) Jean-Jacques : Albin (1977-) Jean Poiret : Georges Philippe Lavot : Laurent, fils de Georges Jacqueline Mille : Simone, mère de Laurent Danièle Luger : Muriel, fiancée de Laurent Marcelle Ranson-Hervé : Madame Dieulafoi, mère de Muriel Marco Perrin : Monsieur Dieulafoi, père de Muriel Paul Demange : Tabaro, comptable Benny Luke : Jacob, valet de chambre Maurice Bray : Mercedes Jean-Claude Robbe : Francis Frédéric Norbert : Salomé Yves Llobregat : Zorba Pierre Decazes : M. Languedoc, boucher Mise en scène de Pierre Mondy Décors et costumes d'André Levasseur
Théâtre des Variétés, octobre 1978-février 1980 Distribution Michel Serrault : Albin Michel Roux : Georges Jean Aubaile : Laurent Jacqueline Mille : Simone Karen Deville : Muriel Marcelle Ranson-Hervé : Madame Dieulafoi Marco Perrin : Monsieur Dieulafoi Paul Demange : Tabaro Robert Étienne : Jacob Maurice Bray : Mercedes Jean-Claude Robbe : Francis Jean-Paul Doux : Salomé Jean-Marie Ory : Zorba Pierre Decazes : M. Languedoc Jean Reno : le flibustier Mise en scène de Pierre Mondy Décors et costumes d'André Levasseur
Théâtre des Célestins, 1984 La pièce est reprise au théâtre des Célestins du au dans le cadre des tournées Charles Barret. Distribution Jean-Jacques : Albin Jacques Sereys : Georges Jacqueline Jefford : Simone Benny Luke : Jacob Maurice Bray : Mercedes Jenny Astruc Léon Lesacq Jean-Pierre Delage Isabelle Meignant Pierre G. Molina Alain Deroud Xavier Dumont Alain Berguig Régis Ivanov Mise en scène de Pierre Mondy Décors et costumes d'André Levasseur
Théâtre de la Porte Saint-Martin, 2010 Une reprise de la pièce a lieu du au au théâtre de la Porte-Saint-Martin. Distribution Didier Bourdon : Albin Christian Clavier : Georges Thomas Sagols : Laurent Manoëlle Gaillard : Simone Héléna Grouchka : Muriel Marie-Hélène Lentini : Madame Dieulafoi Christian Pereira : Monsieur Dieulafoi Daniel-Jean Colloredo : Tabaro Thierry Laurion : Jacob Philippe Beglia : Mercedes Philippe Gruz: Francis Jean-Marc Coudert : Salomé Mise en scène de Didier Caron Costumes de Mimi Lempicka
Le texte est actualisé et intègre des clins d'œil à des personnalités ou des faits contemporains. Durant le spectacle, Christian Clavier fait aussi référence à l'un des personnages qu'il a joué avec ses compères du Splendid : Katia le travesti dans Le père Noël est une ordure.
Québec, 2011 Présentée au théâtre du Vieux-Terrebonne du au , puis au théâtre Capitole du au . Distribution Benoît Brière : Albin Alain Zouvi : Georges Frédéric Millaire Zouvi : Laurent Marie-France Lambert : Simone Stéphanie M. Germain : Muriel Louise Bombardier : Madame Dieulafoi Normand D'Amour : Monsieur Dieulafoi Marc Legault : Tabaro Éric Paulhus : Jacob Éric Bernier : Mercedes Claude Tremblay : Francis Benoît Rioux : Salomé Olivier Aubin : Zorba
Cette mise en scène de Normand Chouinard, assisté de Pascale d'Haese, dépoussière l'œuvre grâce aux deux textes retrouvés, celui de 1972 mais également celui de 1979, qui est le texte tel que Jean Poiret l'avait réécrit après l'avoir joué pendant plusieurs années, avec ses ajouts, ses corrections et ses notes. Il y a été cependant ajouté quelques chansons confiées à Yves Morin et chorégraphiées par Dominique Giraldeau.
Il existe également une version québécoise datant des années 1980 de Réal Giguère, Georges Carrère et Normand Brathwaite.
Adaptations Cinéma
La pièce est adaptée au cinéma sous le même titre par Édouard Molinaro en 1978. Du fait de la coproduction italo-française, Jean Poiret est remplacé par Ugo Tognazzi qui incarne Renato Baldi, Michel Serrault reprenant le rôle.
Le film connaît deux suites : La Cage aux folles 2 du même réalisateur en 1980, puis La Cage aux folles 3 de Georges Lautner en 1985.
Un remake américain sort en 1996 : Birdcage ou au Québec La Cage de ma tante (The Birdcage) de Mike Nichols, avec Robin Williams et Nathan Lane dans les rôles principaux.
Comédie musicale
vignette|upright=0.8|Harvey Fierstein, Jerry Herman et Arthur Laurents en 1983 lors de la création de la comédie musicale à Broadway. Créée en 1983 à Broadway sur un livret de Harvey Fierstein et une musique de Jerry Herman, avec Gene Barry et George Hearn dans les rôles principaux, la comédie musicale est adaptée en français en 1999 par Alain Marcel et donnée au théâtre Mogador pour 100 représentations.
Elle est reprise dans une nouvelle production en au théâtre du Châtelet avec Laurent Lafitte dans une mise en scène d'Olivier Py.
Hommages
Dans le film Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ (1982), Jean Yanne fait dire à un Jules César efféminé interprété par Michel Serrault (alors auréolé du succès de La Cage aux folles au théâtre comme au cinéma) :
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes La Cage aux folles (1978), le film La Cage aux folles 2 (1980) La Cage aux folles 3 (1985) La Cage aux folles, la comédie musicale Birdcage (1996), le remake américain
Liens externes
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