Une langue macaronique (de l'italien , , ou, plus fréquemment, .) est une langue inventée au en Italie, pour écrire des poèmes burlesques. Cette langue est composée de mots de la langue maternelle de l’auteur auxquels on ajoute une syntaxe et des terminaisons latines volontairement erronées dans le but de créer un effet comique. Sachant qu'au , le terme de macaroni a pris une connotation raciste en désignant les immigrés italiens, l'expression latin de cuisine lui est préféré.
Origine du terme Le terme « macaronique » est emprunté à l'italien maccheronico, renvoyant aux macaronis.
Littérature macaronique En italien Teofilo Folengo (alias Merlin Coccaïe) avec son Baldus est l’un des premiers auteurs à écrire dans cette langue.
On peut citer au Bassano (né à Mantoue, mort en 1448) ou encore Tifi Odasi (né à Padoue vers 1450 et mort à la fin du ), avec son poème satirique La Macharonea qui attaque les Padouans soupçonnés de pratiquer la magie.
Au , en dehors de Folengo et d’Alione, il y a de nombreux écrivains : Guarinus Capella, Barthelemy Bola, Baiano, Zancalaio, Graseri et Affarosi.
Au , on peut citer Cesare Orsini et Bernardino Stefonio.
En français
En français l'expression vers macaronique est employée pour la première fois par Rabelais dans Le Quart livre :
. Au , ce Provençal écrit des ouvrages comiques macaroniques où l’auteur veut enseigner l’art de bien danser (basse danse) pour séduire les filles, et des livres d’histoire macaroniques plus sérieux sur différentes guerres, comme celle de Charles Quint en Provence. Ensuite d’autres écrivains comme Rémy Belleau ont essayé ce genre pour décrire les troubles et pillages en France. Théodore de Bèze a aussi utilisé ce style pour défendre la Réforme contre ses ennemis grâce à des pamphlets. Plus tard Molière écrira une macaronée de cent cinquante vers avec la cérémonie finale du Malade imaginaire. Une macaronée anonyme célèbre, Funestissimus Micheli Morini trepassus, est à l’origine de l'expression de Michel Morin pour désigner un homme à tout faire. Raymond Queneau utilise cette langue dans un de ses Exercices de style.
Exemples Le macaronique est graissé pour l’occasion.
Proust rappelle l’emploi qu’on en fit sur le Grand Condé :
Je me souviens maintenant d’une chanson de l’époque qu’on fit en latin macaronique sur certain orage qui surprit le Grand Condé comme il descendait le Rhône en compagnie de son ami le marquis de La Moussaye. Condé dit :
Et La Moussaye le rassure en lui disant :
Exemple de Raymond Queneau :
Autres langues
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Notes et références
Références
Traductions
Voir aussi Source .
Bibliographie
Articles connexes Latin de cuisine
Liens externes
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