La psychopathie (du grec , , et , ). est un trouble de la personnalité, caractérisé par un comportement antisocial, un manque de remords. et un manque de « comportements humains ». Elle est généralement associée dans la culture populaire à un mode de vie criminel et instable, voire à des sens totalement erronés allant de la perversion des tueurs en série à la psychorigidité hygiénique — bien que cette notion recouvre et parfois distingue des types de personnalités intellectuellement primaires comme des personnes manipulatrices et dominantes bien intégrées dans la société voire considérées comme des modèles, dont la pratique dissimulatrice peut plus ou moins escamoter la nature. Il n'existe aucun consensus concernant le critère symptomatique et de nombreuses hypothèses ont été élaborées concernant les causes et les éventuelles possibilités de traitement ..

Il n'y a jamais eu de définition diagnostique officielle portant la dénomination , que ce soit dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) ou dans la Classification statistique internationale des maladies et problèmes de santé connexes. La première édition du DSM en 1952 comportait une section sur les « troubles de la personnalité sociopathe », un terme général regroupant des troubles tels que l'alcoolisme, et il y était fait mention d'une et d'une , notions qui dans la troisième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-III) seront redéfinies en trouble de la personnalité dyssociale (ou antisociale)., avec la mise en place d'un critère diagnostique clinique à un critère diagnostique comportemental. Le groupe travaillant sur le DSM-V a recommandé une révision de la partie concernant la personnalité antisociale avec une nouvelle nomenclature désignant de manière générale le « trouble de la personnalité antisocial-dyssocial », qui devait inclure un sous-type « antisocial-psychopathique » ; cependant, cette suggestion n'a pas été retenue dans cette cinquième édition.

Malgré les termes similaires, les psychopathes sont rarement psychotiques .. Les psychopathes sont, en moyenne, plus violents ou malveillants, et ont recours à la manipulation pour obtenir ce qu'ils désirent.. Il y a 66 % de chances qu'une personne psychopathe ait un score de dangerosité plus élevé qu'une personne choisie au hasard dans la population.. En général, ce sont des individus qui ne ressentent pas d'empathie, ils se soucient peu de ce que les autres ressentent et les utilisent pour atteindre leur but. Le mensonge pathologique, les violations répétées des normes sociales, la victimisation, la tendance à blâmer autrui ou l’intolérance à la frustration peuvent être des comportements révélateurs de ce trouble.

L'évaluation des caractéristiques de la psychopathie est largement utilisée dans le cadre de la justice pénale de certains pays et peut avoir des conséquences importantes pour les personnes concernées. Le terme est également utilisé par le grand public, dans la presse populaire, et dans la représentation fictive des psychopathes..

Caractéristiques et instruments de mesure La psychopathie est le plus souvent évaluée par une créée par le chercheur canadien Robert D. Hare, basée sur les critères établis dans les années 1940 par Hervey Cleckley, pionnier des descriptions des traits de la psychopathie et de la recherche sur les criminels et délinquants incarcérés au Canada. La PCL-R est appelée par certains le dans l'évaluation de la psychopathie. Des scores élevés PCL-R sont corrélés positivement au niveau d'impulsivité, d'agressivité, de machiavélisme, de comportement criminel persistant, et négativement avec des mesures de l'empathie et de l'affiliation. Un score de 30 sur un maximum de 40 est le seuil recommandé pour que la personne soit désignée psychopathe, bien qu'il y ait peu de bases scientifiques permettant d'étayer ce seuil. Les critères du PCL-R ont été conçus pour être divisés en deux facteurs. Le premier facteur correspond aux traits de personnalité interpersonnels ou affectifs (émotion) ; des valeurs élevées sont associés à un fort narcissisme, à un faible degré d'empathie, à une tendance à la dominance sociale et une moindre propension à la peur ou à la dépression. Le deuxième facteur correspond soit à des comportements impulsifs irresponsables, soit à des comportements antisociaux, et est associé à un mode de vie inadapté, y compris la criminalité. La et le ont parfois été laissés de côté dans ces divisions (Hare, 2003).

Deux psychologues, Cooke et Michie, ont fait valoir qu'une structure à trois facteurs fournit un meilleur modèle que la structure à deux facteurs. Dans leur dispositif, les critères strictement relatifs au deuxième facteur, c'est-à-dire au comportement antisocial (la polyvalence criminelle, la délinquance juvénile, la révocation de la libération conditionnelle, les problèmes comportementaux précoces, et les contrôles comportementaux pauvres) ont été supprimés. Les éléments restants ont été divisés en trois facteurs : l'arrogance et la tromperie ; une expérience affective insuffisante ; et un style de vie impulsif et irresponsable.. Hare et ses collègues ont publié des critiques détaillées de ce modèle, arguant qu'il présente des biais statistiques et problèmes conceptuels..

Par ailleurs, Cooke et collaborateurs ont suggéré que la variabilité interculturelle pouvait conduire à des diagnostics erronés, où à la sur-représentation de catégories de sujets. Par ailleurs, une étude de 2024, portée par Letourneur et collaborateurs, a relevé des taux particulièrement élevés de diagnostics de psychopathie dans un contexte interculturel historiquement marqué par l'héritage colonial, suggérant des biais d'évaluation complexes.

Parce que les scores d'un individu peuvent avoir des conséquences importantes pour son avenir, avec une nuisance potentielle si le test est utilisé ou employé de façon incorrecte, celui-ci ne peut être considéré comme valide que s'il est effectué par un médecin ou psychologue dûment qualifié et expérimenté, et réalisé dans des conditions contrôléesHare, R. D., & Neumann, C. N. (2006). The PCL-R Assessment of Psychopathy: Development, Structural Properties, and New Directions. In C. Patrick (Ed.), Handbook of Psychopathy (). New York: Guilford.. La liste et le concept de Hare ont également été critiqués : en 2010, il a été menacé de poursuites judiciaires, ce qui a empêché la publication d'un de ses articles traitant de la PCL-R, ce qui a suscité une vive controverse. Hare a allégué que l'article était mal cité ou mal paraphrasé par les autres chercheurs. L'article parut finalement trois ans plus tard. Il a allégué que la liste de contrôle est mal considérée par beaucoup comme la définition de base de la psychopathie, mais il laisse de côté les facteurs clés, tout en remettant la criminalité au cœur du concept. Les auteurs ont fait valoir que cela conduit à des problèmes de sur-diagnostic et à une utilisation abusive de la liste de contrôle pour obtenir des condamnations. Hare a depuis déclaré qu'il reçoit moins de par an en redevances associées à la liste de contrôle et ses dérivés Minkel, JR. Fear Review: Critique of Forensic Psychopathy Scale Delayed 3 Years by Threat of Lawsuit June 17, 2010..

En outre, le concept de la psychopathie de Hare a été critiqué comme n'étant que faiblement applicable à des contextes réels, et tendant vers la tautologie. Ce modèle est également accusé d'être vulnérable aux ; d'être trop simpliste, réducteur ; d'être un exemple d'erreur fondamentale d'attribution ; et de ne pas donner assez d'attention au contexte et à la nature dynamique du comportement humain.. Certaines recherches suggèrent que les notations effectuées à l'aide de ce système dépendent de la personnalité du praticien qui l'applique, y compris de sa propre empathie. Un chercheur légiste a suggéré que les futures études doivent examiner la classe sociale, la race et les croyances philosophiques des évaluateurs, car ils peuvent ne pas être informés et promulguer des jugements partiaux de personnes dont le mode de vie individuel ou en société suscite le manque de compréhension ou d'empathie de la part de ces derniers Psychopathy: A Rorschach test for psychologists? 2011 by Karen Franklin, Ph.D. in Witness...

Contrairement à la PCL, l'Inventaire de personnalité psychopathique ( PPI) a été élaboré sur des traits de personnalité globale indexés sans se référer explicitement à des comportements antisociaux ou criminels. Il s'agit d'une échelle d'auto-évaluation qui a été développée dans des expériences non cliniques (par exemple, avec des étudiants universitaires pour sujets, plutôt que des prisonniers), bien que pouvant être utilisé dans un contexte clinique. Il a été révisé en 2005 pour devenir le PPI-R et comprend aujourd'hui 154 critères répartis en huit sous-échelles. Les scores des critères sont répertoriés en groupes de deux facteurs primordiaux et largement séparés (contrairement aux facteurs PCL-R), plus un troisième facteur qui est largement plus indépendant que les deux autres : Domination sans peur. À partir des sous-échelles d'influence sociale, d'intrépidité, et d'immunité au stress. Associée à une moindre propension à l'anxiété, à la dépression mais aussi à l'empathie, ainsi qu'à un haut niveau de bien-être, d'affirmation de soi, de narcissisme, et de recherche de sensations fortes. Impulsion antisociale. À partir des sous-échelles du , de l'égocentrisme, du non-conformisme, de la rébellion, de l'externalisation du blâme, et d'un comportement insouciant associé à un manque de planification. Associée à l'impulsivité, à l'agressivité, à la consommation de drogues, aux comportements antisociaux, aux affects négatifs, et aux idées suicidaires. Sang-froid. À partir d'une sous-échelle portant le même nom.

Dans son livre , Hervey M. Cleckley décrit 16 qu'il juge caractéristiques des personnes définies comme psychopathesCleckley, ~ klockstone/sanity_1.pdf The Mask of Sanity: Une tentative de clarifier certaines questions au sujet de la soi-disant personnalité psychopathique ( éd.). ; la liste de Cleckley est constituée sur la base de la liste PCL-R de Hare. Cleckley indique dans la première édition de The Mask of Sanity () que ceux qu'il appelle psychopathes sont , contrairement aux classifications ultérieures de cet état en tant que trouble de la personnalité. Il ne les a pas particulièrement décrits comme hostiles ou agressifs, contrairement à des représentations plus sinistres que d'autres ont développées plus tard. En outre, il a évoqué l'existence d'une forme bénigne et extrêmement commune de cette affection : « Si l'on considère, en plus de ces patients (dont la quasi-totalité présentent un historique de profonds déséquilibres, de misère et d'apathie prolongée sur des années, les conduisant à être internés en hôpital psychiatrique), le très grand nombre d'individus présents dans toutes les communautés qui présentent des profils comportementaux similaires mais sous des formes atténuées et étant suffisamment protégés par leurs proches pour rester en liberté, alors on s'aperçoit que la prévalence de ce trouble est effrayante. » Il existe quelques tests traditionnels de personnalité contenant des sous-échelles liées à la psychopathie, mais ceux-ci évaluent les tendances non spécifiques à un comportement antisocial ou criminel. Il s'agit notamment du Minnesota Multiphasic Personality Inventory (échelle de déviation psychotique), du California Psychological Inventory (échelle de socialisation), et du Millon Clinical Multiaxial Inventory (échelle de trouble de la personnalité antisociale). Citons encore le Levenson Self-Report Psychopathy Scale (LSRP) et le Hare Self-Report Psychopathy Scale (HSRP). Cependant, en termes de tests d'auto-évaluation, le PPI/PPI-R est devenu le plus utilisé dans la recherche sur la psychopathie moderne sur les adultes.

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