Henri Schneider, né le au Creusot (Saône-et-Loire) et mort le à Paris, est un maître de forges et homme politique français.
Biographie Henri Adolphe Eugène Schneider naît le au CreusotActe de naissance d'Henri Adolphe Eugène Schneider, Registre des naissances de la commune du Creusot (1840), Archives départementales de Saône-et-Loire, vue 25/27. Il est le fils du maître de forges Eugène Ier Schneider, ministre de l'Agriculture et du Commerce en 1851, et de Félicie Constance Élisabeth Adélaïde Amicie Lemoine des Mares. Son grand-père maternel est le manufacturier et homme politique Gilles Lemoine des Mares.
Jules Huret, journaliste au Figaro, le décrit ainsi : .
Vie familiale Il est élevé dans l'hôtel particulier de son père rue Boudreau, à Paris. Il a pour compagnon de jeu les deux filles de la maitresse de son père, Asselin, qui vit dans cet hôtel.
Marié deux fois, il est le père de sept enfants.
Enfants avec Marie Julie Zélie Asselin (1847-1869), fille ainée de Asselin, qui meurt jeune à 22 ans de la diphtérie : Marie Eugénie Constance Marguerite Zélie Schneider (03/09/1865, Le Creusot - 1935), mariée au marquis François-Pierre de Chaponay (petit-fils de Fortuné Reynaud de Bologne de Lascours) 2 filles nées en 1867, Le Creusot, décédées en bas âge, Charles Prosper Eugène II Schneider (29/10/1868, Le Creusot - 17/11/1942, Paris)
vignette|Portrait de sa seconde épouse, née Eudoxie Asselin. Enfants avec Louise Pauline Eudoxie Asselin (1853-1942), sœur de Zélie, qu’il épouse deux ans après son veuvage : : Marie Constance Zélie Schneider (23/12/1872, Le Creusot - 26/01/1969), mariée au comte Gérard de Ganay (frère de Jean de Ganay) et mère de Solange de Ganay Marguerite Lucie Constance Schneider (30/12/1876, Le Creusot - 07/12/1969, Vence), mariée au marquis Paul Sauvages de Brantes, général Marie Madeleine Emma Eudoxie Schneider (26/04/1879, Le Creusot - 1969), militante féministe chrétienne, mariée au marquis Jacques Le Clerc de Juigné.
Il ne semble pas avoir partagé l'amour de son père pour la peinture classique flamande et hollandaise, puisqu'il vendra toute sa collection de tableaux ainsi que l’hôtel de la rue Boudreau quelques mois après la mort d'Eugène. Il confessait lui-même sa frustration de n'avoir aucune culture artistique.
Il meurt dans la nuit du en son hôtel particulier situé au 137, rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans le 8e arrondissement de ParisActe de décès d'Henri Adolphe Eugène Schneider, Registre des décès de la mairie du 8e arrondissement de Paris (10/05/1898-14/06/1898), cote V4E 8745, Archives de Paris, vue 6/29. Sa santé s'était fortement dégradée à la suite d'un accident de cheval dans sa propriété du château de La Boulaye.
Il est inhumé dans le caveau familial des Schneider dans l'église Saint-Charles au Creusot.
Sa mort induit un conflit successoral latent, qui éclatera lors du décès de son petit fils Charles en 1960. Les dispositions des contrats de mariage font que la grande majorité des actions sont dévolues à son épouse, puis à ses descendants et non pas à Eugène qui sera minoritaire en actions.
Carrière industrielle Après des études secondaires à Paris, il entre au sein de Schneider et Cie, l’entreprise familiale. Il y fait une rapide ascension : secrétaire général (1860), sous-directeur de l’usine du Creusot (1865), directeur après le départ d'Alfred Deseilligny à la suite de sa rupture avec Eugène, son père (1866), co-gérant avec son père (1867). Seul à la tête de l'entreprise durant l'exil d'Eugène Schneider en 1870-71 ; on dispose de beaucoup d'informations sur la Société Schneider pendant cette période de codirection avec son père, grâce à l'abondante correspondance qu'ils ont échangée. Il lui succède à son décès en 1875.
Il met en œuvre le développement de fabrications mécaniques de haute qualité dans l’artillerie, à la suite de la demande qu’en avait faite Thiers à son père, à la suite de la défaite de 1870. Cette activité prendra beaucoup d'importance au Creusot, grâce à l'autorisation d’exporter donnée par le gouvernement en 1884. Il rachète les Chantiers de la Méditerranée à Marseille qui possèdent également des usines en Normandie (Le Havre-Harfleur, Le Hoc).
Il met en œuvre une aciérie Martin permettant de couler des lingots de 50 t capables de donner les ébauches de canons de grandes dimensions. En 1878, il inaugure le marteau pilon de 100 t, le plus puissant du monde et maintenant symbole de la Ville du Creusot.
Il développe les aciers au nickel, inventés par Werth, son métallurgiste, qui font merveille dans les plaques d’acier de blindage dans tous les concours internationaux.
Il achète l’exclusivité par la France du brevet de Thomas et Gilchrist qui permet de déphosphorer l’acier.
Il s'associe aux Wendel pour fonder l'aciérie de Jœuf en 1890.
Il lance l’activité de construction électrique au Creusot, essentiellement pour remplacer la force motrice des machines par des moteurs électriques, en acquérant des technologies étrangères (Ganz).
Il est également administrateur de la Compagnie des chemins de fer d'Orléans et régent de la Banque de France de 1866 à 1898, à la suite de son père.
Engagement politique et patronal Il est maire du Creusot de 1871 à 1896, conseiller général du canton du Creusot de 1876 à 1898 et député boulangiste de Saône-et-Loire de 1889 à 1898. Sollicité par une lettre personnelle du général Georges Boulanger, Henri Schneider accepte de porter la livrée « révisionniste » ; mais il précise, dans sa proclamation électorale, qu'il veut avant tout « l'ordre, la paix, la liberté ».
Il se fait connaître par ses initiatives paternalistes inspirées par le catholicisme social et fonde notamment l'hôpital du Creusot appelé « Hôtel-Dieu ». Dès 1877, il avait institué un système de retraites pour son personnel et s'attachait particulièrement à développer les institutions sociales ouvrières.
Il est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1867, puis est nommé officier de la Légion d'honneur par décret du .
Hommages Au Creusot, une statue en bronze sur un socle en pierre (de Émile Peynot) le représente assis sur une chaise une carte dépliée sur ses genoux. Le devant du socle est décoré par deux futs de canons croisés reposant sur des lauriers, à l'arrière du socle se trouve un creuset crachant des flammes, desquelles émerge la silhouette du Creusot. Différents personnages en pierre complètent le socle, à droite, appuyé sur le soubassement du monument, un forgeron en tenue de travail (tenaille, sabots, tablier de cuir, masque relevé) symbolise le travail et la sécurité accordés par le patron. À gauche, un vieil ouvrier en uniforme de la maison de retraite Saint-Henri discute avec un jeune écolier. Ils représentent tous les deux la prise sociale. Cette statue fut inaugurée le sur la place devant l'hôpital du Creusot.
Notes et références
Annexes Bibliographie
Jean-Louis Beaucarnot, Les Schneider, une dynastie, Hachette Littérature, 1986 Elvire de Brissac, Ô dix-neuvième !, Grasset, prix Femina essai, 2001 Elvire de Brissac, Il était une fois les Schneider, Grasset, 2007 Dominique Schneidre, Les Schneider, Le Creusot, Fayard, 1995 Dominique Schneidre, Fortune de mère, Fayard, 2001
André Laffly, Le Creusot Les Schneider L'usine dans la ville 1850-1898, 2017, Académie François Bourdon . Agnès D'Angio, « La branche travaux publics de Schneider et Cie : Naissance et développement (1895-1949) », Histoire, économie et société, Paris, CDU SEDES, 1995, « Entreprises et entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics () », p. 331-343 (lire en ligne). Claude Beaud, « De l'expansion internationale à la multinationale Schneider en Russie (1896-1914) », Histoire, économie et société, Paris, CDU SEDES, 1985, p. 575-602, (lire en ligne). Claude Beaud, « Les Schneider marchands de canons (1870-1914) », Histoire, économie et société, Paris, CDU SEDES, 1995, p. 107-131, [www.persee.fr/doc/hes_0752-5702_1995_num_14_1_1763 lire en ligne]. Claude Beaud, « L'innovation des établissements Schneider (1837-1960) », Histoire, économie et société, Paris, CDU SEDES, 1995, p. 501-518 (lire en ligne). Daijiro Fujimura, « Schneider et Cie et son plan d'organisation administrative de 1913 : analyse et interprétation », Histoire, économie et société, Paris, CDU SEDES, 1991, p. 269-276 (lire en ligne(.
Articles connexes Château de la Verrerie Schneider et Cie Histoire industrielle des Schneider Liste des députés de Saône-et-Loire Politique en Saône-et-Loire
Liens externes
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Henri Catégorie:Naissance au Creusot Catégorie:Naissance en décembre 1840 Catégorie:Conseiller général de Saône-et-Loire Catégorie:Député de Saône-et-Loire (Troisième République) Catégorie:Député de la cinquième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la sixième législature de la Troisième République Catégorie:Industriel français du XIXe siècle Catégorie:Maire du Creusot Catégorie:Maître de forges Catégorie:Médaille d'or de Bessemer Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 1878 Catégorie:Régent de la Banque de France Catégorie:Décès en mai 1898 Catégorie:Décès dans le 8e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 57 ans