Emor (אמור — Hébreu pour « dis », le mot, et premier distinctif de la parasha) est la section hebdomadaire du cycle annuel de lecture de la Torah et la huitième du Livre du Lévitique. Elle correspond dans la capitation chrétienne à Les Juifs de la Diaspora la lisent généralement en avril ou au début de mai.
Résumé sur la paracha Emor Dieu demande à Moïse de dire aux cohanim les prérogatives liées à leur statut sacerdotal, afin de maintenir leur pureté : s'éloigner des cadavres, même celui d'un proche pour le Cohen Gadol, épouser une femme vierge, ne pas officier en état d'impureté, se purifier avant de consommer des offrandes destinées aux cohanim en cas d'impureté. Dieu énonce ensuite les tares empêchant une bête d'être agréée, donc utilisée, lors d'une offrande. Il décrit ensuite le calendrier liturgique annuel, ainsi que les rites, offrandes et fêtes y associés, puis Il décrit le calendrier rituel quotidien, avec l'allumage du candélabre, la préparation des pains de présentation. La parasha se clôt sur l'épisode d'un blasphémateur et son châtiment. Les paramètres et modalités d'un jugement civil et pénal sont alors exposésD'après Léon Askénazi, Leçons sur la Torah, éd. Albin Michel, 2007, Coll Spiritualités vivantes, .
Divisions de la parasha lors de la lecture complète La lecture de la parasha à la synagogue le sabbath est traditionnellement divisée en sept sections, pour lesquelles un membre différent de la congrégation est appelé à lire. La première lecture, le rishon, échoit traditionnellement à un cohen, la seconde, appelée sheni, à un levi, les suivantes à un israël (ni cohen ni levi). La septième section comporte une sous-section, le maftir, qui est lu par la personne qui lira ensuite la haftara.
Les sections de la parashat Emor sont: rishon (Lévitique 21:1-15): restrictions sur les mariages, les relations sexuelles et le deuil spécifiques aux cohanim et au Cohen Gadol. sheni (Lévitique 21:16-22:16): lois concernant l'impureté des cohanim; qui peut et ne peut pas manger des dons offerts aux cohanim. shlishi (Lévitique 22:17-33): lois concernant les impuretés touchant les animaux; leur propreté ou impropreté à être offerts. revi'i (Lévitique 23:1-22): Shabbat, Pessa'h, le décompte du 'Omer et Chavouot. hamishi (Lévitique 23:23-32): Rosh Hashana et Yom Kippour. shishi (Lévitique 23:33-44): Souccot. shevi'i (Lévitique 24:1-23): l'éclairage perpétuel (Ner Tamid) du Temple; le pain de présentation; incident avec un blasphémateur, mis à mort par lapidation. maftir: Divisions de la parasha lors de la lecture abrégée Une lecture publique de la parasha fut instaurée par Ezra le Scribe le lundi et le jeudiT.B. Baba Kama 82a à la synagogue. Cette lecture, sensiblement plus courte, ne comprend que trois sections, la première réservée au cohen, la seconde au levi, la troisième à un israël
Section du cohen: VayiqraSiddour Rinat Israël, p.448-9, éd. Moreshet, Jérusalem, 1983 Section du levi: Vayiqra Section de l'israël: Vayiqra
Maqam Un maqam est un système de modes musicaux utilisé dans la musique arabe mélodique classique. Les juifs originaires des pays orientaux (Afrique du Nord, Syrie) s'en sont inspirés, et adaptent la mélodie de la liturgie du Shabbat en fonction du contenu de la parasha de cette semaine. Ils emploient 10 maqam différents, possédant chacun son usage propre.
Le maqam utilisé lors du sabbath au cours duquel on lit la parashat Emor est le Maqam Sigah, du fait des lois pour les cohanimSephardic Pizmonim Project.
Rishon 1 Dieu dit à Moïse de parler aux cohanim fils d'Aaron et de leur dire que nul ne devrait se souiller par le cadavre d'un de son peuple, à l'exception de celui de sa mère, son père, son fils, sa fille, son frère, sa sœur vierge habitant près de lui et n'ayant pas appartenu à un autre homme; celui qui serait maître parmi les siens ne devrait pas s'avilir () Ils ne feraient pas tonsure à leur tête, ne raseraient pas l'extrémité de leur barbe, n'inciseraient pas leurs chairs () Ils devraient demeurer saints pour Dieu et ne pas profaner Son Nom, étant responsables de l'offrande des sacrifices à YHWH, pain à leur Dieu () Une femme prostituéeHéb. זֹנָה Zona; Rachi, se basant sur Torat Cohanim 21:14 et T.B. Yebamot 61b, définit par ce terme une femme ayant cohabité avec un enfant d'Israël qui lui est interdit, par exemple une proche parente (voir Lévitique 18), une descendante de Gabbaonites, ou une mamzeret (fruit d'une union illégitime, voir Mishna Kiddoushin 3:12 ou désécréeSe basant sur T.B Kiddoushin 77a, Rachi définit comme désécrée (héb. חֲלָלָה 'hallala), une femme née d'une personne impopre à l'union avec un prêtre : la fille d'une divorcée pour un Cohen Gadol, la fille d'une divorcée pour un cohen simple, ou une femme ayant eu des relations charnelles avec l'une des personnes disqualifiées pour la prêtrise., ils ne l'épouseraient pasIsha Zona Vehallala Lo Yik'hou; les initiales de ce mot forment le nom Azoulaï (ou Azoulay), nom de substitution porté par de nombreux Cohen. Toutefois, tout Azoulay n'est pas Cohen : le 'Hida (Rav Hayim David Azoulay) ne l'était pas., pas plus qu'une femme répudiée par son mari, étant consacrés à Dieu; les cohanim devraient être tenus pour saintsC'est-à-dire, selon Rachi ad loc., d'après T.B. Yeb. 88b et Torat Cohanim 21:19, contre son gré s'il s'unissait avec une femme zona ou 'hallala et persistait dans cette union car c'est lui qui offre le pain de Dieu; qu'ils soient saints pour les enfants d'IsraëlEt traités en tant que tels, en ayant des privilèges comme de réciter les premières bénédictions lors d'un repas (Rachi ad loc., en se basant sur T.B. Guittin 59b. car YHWH, Qui avait sanctifié les enfants d'Israël, est Saint () La fille d'un cohen qui se déshonorerait en se prostituant, déshonorerait par là son père et devrait périr par le feu ()
Le Cohen Gadol, oint et investi du droit de revêtir les insignes, ne pourrait quant à lui découvrir sa têteEn signe de deuil (Torat Cohanim 21:27); Le T.B. Sanhédrin 22b précise que ce geste de deuil signifie de se découvrir la tête pour plus de 30 jours (Rachi ad loc.) ni déchirer ses vêtements () Il ne pourrait toucher aucun corps, fût-ce celui de son père ou de sa mère, et ne quitterait pas le sanctuaire afin de ne pas le ravaler car porteur de l'huile d'onction de son Dieu, YHWH() Il ne pourrait prendre pour une épouse qu'une vierge, ni une veuve, ni une femme répudiée ou déshonorée, ni une prostituée, seulement une vierge d'entre son peuple, et il ne devrait pas dégrader son engeance au milieu de son peuple, car c'était YHWH Qui l'avait consacré ()
Sheni 2 Dieu instruisit Moïse de parler à Aaron, que nul parmi sa postérité, au cours des âges, ne pourrait présenter le painLe'hem (לחם), traduit ici par pain, possède un sens originel plus proche de 'nourriture' (cf. cheela responsum 35746). Ce sont donc des offrandes dans leur ensemble dont il est question. de son Dieu s'il était porteur d'une infirmité physique, bien que cela ne l'empêche pas d'en consommer; l'accès au voile et à l'autel lui serait toutefois interdit, car il ne devrait pas profaner ces choses que Dieu avait sanctifiées; et Moïse parla à Aaron et à ses fils, ainsi qu'à tous les enfants d'Israël () Dieu instruisit également Moïse de dire à Aaron et ses fils d'être circonspectsYinazrou, même racine que nazir. à l'égard des saintetés des enfants d'Israël afin de ne pas profaner Son Nom en profanant ce que ceux-ci Lui consacreraient; c'est pourquoi tout cohen officiant en état d'impureté rituelle serait retranché de devant Dieu; nul cohen atteint de tzara'at, de flux séminal ou de flux pénien (zav), ayant touché un cadavre, un "animal rampant"sheretz; voir Bereshit 1:24 et Rachi ad loc. ou une personne impure ne pourrait consommer des choses saintes () Le cohen resterait impur jusqu'au soir, et ne pourrait rien consommer des choses saintes avant de s'être immergé dans l'eau; après le coucher le soleil, il deviendrait pur et pourrait alors jouir des choses saintes, qui sont sa subsistance () Il ne pourrait consommer d'une charogne ou déchirée (trefa), elle le rendrait impur () Un cohen ne respectant pas cette observance mourrait pour l'avoir violée ()
Nul profane ne pourrait manger des choses saintes, réservées aux cohanim, même s'il habitait chez un cohen ou était salarié par lui; toutefois, une personne acquise par un cohen à prix d'argent ou un esclave né chez lui pourraient en manger () La fille d'un cohen mariée à un profane ne pourrait en consommer, mais devenue veuve ou divorcée sans postérité, elle pourrait, si elle retournait vivre à la maison de son père comme en sa jeunesse, en consommer; cependant, aucun profane n'en mangerait () Un profane ayant consommé par inadvertance une chose sainte devrait en ajouter un cinquième en sus qu'il donnerait au cohen avec la chose sainte; ils ne devraient pas laisser profaner les saintetés des enfants d'Israël dont ceux-ci font hommage à Dieu, car ils feraient peser sur eux un délit punissable en mangeant leurs saintetés, car c'est Dieu qui les sanctifie ()
Shlishi 3 Dieu instruisit à Moïse de parler à Aaron, à ses fils et aux enfants d'Israël et de leur dire que les offrandes en holocauste (olah) devaient, qu'elles soient offertes par une personne de la maison d'Israël ou un prosélyte en Israël, être sans défaut, sans quoi elles ne seraient pas agréées () De même, une offrande rémunératoire (shelamim) devrait être irréprochable : une bête brûlée, estropiée, mutilée, affectée de verrues, de gale sèche ou humide ne pourrait être offerte à Dieu ni brûlée sur l'autel; une bête, grosse ou menue, possédant un membre trop long ou trop court pourrait être employée comme offrande volontaire (nedava) mais non comme offrande votive (neder) () Une bête dont les testicules seraient froissés, écrasés, rompus ou coupés ne pourrait être offerte, pas plus que dans le paysCf. (), pas même de la part d'un étranger ()Un veau, un agneau ou un chevreau ne pourraient pas être offerts à Dieu avant leur huitième jour de vie()Un sacrifice de reconnaissance (toda) devrait être fait de manière à être agréé, et consommé le jour même sans rien en laisser pour le lendemain()
Il fut demandé d'observer les prescriptions de Dieu, de les pratiquer, et de ne pas désécrer le Nom de Dieu, afin qu'Il soit sanctifié au milieu des enfants d'Israël qu'Il avait fait sortir d'Égypte afin de devenir leur Dieu ()
Revi'i 4 Dieu instruisit Moïse de parler aux enfants d'Israël, et de leur dire les périodes de Dieu, qu'ils devraient célébrer comme convocations saintes : pendant six jours, on travaillerait, mais le septième, abstention (shabbat shabbaton) pour une sainte convocation, on ne ferait aucun travail, ce serait le Sabbath de Dieu, dans toutes les demeures ()
Convocations saintes à célébrer en leur saison () : le soir du quatorzième jour du premier mois, l'on offrirait l'agneau pascal, et au quinzième jour, ce serait la fête des Azymes ('Hag HaMatzot), on mangerait des matzot pendant sept jours; le premier jour, il y aurait convocation sainte; l'on sacrifierait à Dieu sept jours de suite, puis le septième jour, il y aurait convocation sainte, et l'on ne ferait aucun travail ()