L’ordre de Notre-Dame du Chardon est l'un des trois ordres de chevalerieLaurent Hablot (Op. cit. infra) précise : du duché de Bourbon. Il fut institué en , à Moulins, par le duc Louis II « en l’honneur de Dieu et de la Vierge immaculée ». Son existence fut, au mieux, éphémère et on n'en trouve plus de trace directe après la mort de Louis II.

On l'appelait aussi ordre de Bourbon, du nom de son fondateur, ou ordre de l’Espérance, car ses chevaliers portaient une ceinture sur laquelle était brodé le mot ., devise adoptée par Louis II revenu de captivité, le jour de Noël 1366 :

Fondation L'Ordre fut fondé par Louis II à l'occasion de son mariage avec Anne Dauphine d'Auvergne (1358-1417), comtesse de Forez, fille de dauphin d'Auvergne, qui allait considérablement accroître ses domaines.

Il fut conféré le , jour de la Purification de la Vierge Marie, en l'église de Moulins..

Organisation Composé de vingt-six gentilshommes sans reproche qui devaient s’être distingués par leur bravoure aux armées, l'ordre avait le duc de Bourbon pour souverain.

Sa fête principale était le , fête de la Conception de la bienheureuse Vierge Marie.

Insignes et habits de cérémonie vignette|gauche|Habit des chevaliers. Son poids était

, et dont la boucle et l'ardillon étaient en or et losangés, avec l'émail vert comme la tête d'un chardon.

Aux jours de cérémonie, les chevaliers revêtaient un grand manteau de damas bleu ciel doublé de satin rouge surmonté d'un chaperon de velours vert aux orfrois de broderie d'or représentant le grand collier de l'ordre, sous lequel ils portaient une soutane de damas incarnat aux manches larges, ceinte de leur ceinture bleue.

Ils se couvraient d'une coiffure de velours vert, à la pointe de laquelle pendait une houppe de soie cramoisie et de fil d'or, le rebras à l'antique fourré de panne cramoisie portant dans un écu d'or le mot : « Allen est à dire : allons tous ensemble au service de Dieu, et soyons tous ung en la deffense de nos pays, et là ou nous porrons trover et conquester honneur par fait de chevalerie ».

Controverses historiques vignette|Planche héraldique dans l'ouvrage de Louvan Geliot. L'articulation de l'ordre de Notre-Dame du Chardon avec celui de l'Écu d'or, créé peu auparavant et dont les chevaliers portaient également la ceinture Espérance., n'est pas claire : il est difficile de déterminer s'il a remplacé l'Écu d'or, si ces deux ordres ont fusionné ou s'ils ont existé conccuremment..

L'ordre est parfois confondu avec un éphémère ordre du Chardon qui aurait existé au , sous le roi Jacques II d'Écosse : dans sa livraison de , le Mercure de France, recensant les ordres de chevalerie ayant existé en France, considère ainsi que l'ordre avait été réuni à l’ordre de la Jarretière, par un roi d’Écosse qu'il nomme Charles VIAucun roi d'Écosse ne porte ce nom et rien n'indique que l'ordre de Jacques II, s'il a existé, ait été réuni à celui de la Jarretière..

Les auteurs sont partagés quant à la réalité de la fondation de cet ordre, décrit avec assurance par les historiens Jean-Marie de La Mure., André Favyn., au , et par Henri Sauval au . Les principales objections sont émises, dans leur édition de La Mure, par Georges Richard de Soultrait, qui affirme que le chardon n'avait été pris comme attribut que par le duc Pierre II à l'occasion de son mariage avec Anne de France, en . et par André Steyert, qui se fondait sur le silence des chroniqueurs, le caractère éphémère de l'ordre et l'anachronisme du collier, puis, plus récemment, par Hervé Pinoteau.. L'argument du chardon a été réfuté par Jean-Bernard de Vaivre, qui démontre que l'adoption de cet attribut est le fait de Louis II, sa présence étant un motif souvent répété dans la décoration de l'hôtel de Bourbon à Paris. Les chardons qui figurent sur plusieurs monuments à côté de la ceinture d'espérance peuvent donc laissent à penser que cet ordre avait au moins fait l'objet d'un projet sérieux

vignette|gauche|Ceinture . Pour sa part, Joseph Clément cite plusieurs témoignages probants d'usage du collier au , dont un passage de l'inventaire de l'argenterie des rois de France en 1353.. Vaivre fait remarquer qu'il aurait pu davantage se référer au collier de la Toison d'Or, beaucoup plus ancien que ne le pensait Steyert, ses origines se trouvant dans le collier du distribué au jour de l'an 1404 par Philippe le Hardi, duc de Bourgogne.

Jean-Philippe de Vaivre estime que ce qu'il qualifie – sans être péremptoire – de « légende de l'Ordre de Notre-Dame-de-l'Espérance ou du Chardon » pourrait résulter d'une méprise, Bertrand Du Guesclin étant passé à Moulins pour rejoindre à Châteauneuf-de-Randon, Louis II « luy [avait] aussy [donné] une belle seincture d'or très riche de son ordre d'Esperance, laquelle il luy mit au col. » Il suggère que ce geste était seulement une marque d'estime donnée par le duc à un petit nombre de personnages qu'il voulait particulièrement honorer, ou, dans deux cas cités par Favyn, un adoubement de nobles non-chevaliers, desquels on ne peut déduire la certitude de l'existence de cet ordre, au contraire de celle de l'ordre de l'Écu d'or qui lui paraît fondée.

Toutefois, la présence de « chevaliers de l'Espérance » semble encore attestée à la veille de la Révolution française, car treize d'entre-eux célébrèrent la fête de Saint-Louis, en l'église des Carmes de Moulins en 1764..

Notes et références Notes

Références

Bibliographie . . . Trois tomes : tome 1, tome 2, tome 3.

. . Auguste Savagner, Les Bourbons : histoire de la maison de Bourbon, des princes et personnages illustres qui en sont issus, J. Delahaye et Dartout, Paris, 1845, , sur Gallica. .

Voir aussi

Articles connexes Ordre de l'Écu d'or Ordre du Fer d'or et du Fer d'argent Louis II de Bourbon Ordre de chevalerie Liste des ordres, décorations et médailles de la France

Liens externes Base Devise, Notice de Louis II de Bourbon.

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