L’Azerbaïdjan (en ), en forme longue la république d'Azerbaïdjan (en ), est un pays du Caucase situé sur la ligne de division entre l'Europe et l'Asie. Sa capitale est Bakou, sa langue officielle est l'azéri et sa monnaie le manat.

L'Azerbaïdjan possède un riche patrimoine culturel. Il a la particularité d'être le premier pays à majorité musulmane à avoir accueilli des arts du spectacle tels que l'opéra et le théâtreE. Cornell, Svante (2006). The Politicization of Islam in Azerbaijan. Silk Road Paper. ss. 124, 222, 229, 269-270.. La République démocratique d'Azerbaïdjan a été fondée en 1918, mais deux ans plus tard, le 26 avril 1920, l'Armée rouge a franchi la frontière et est entrée en AzerbaïdjanSwietochowski, Tadeusz, Müslüman Cemaatten Ulusal Kimliğe Rus Azerbaycanı 1905-1920, İstanbul, Bağlam, 1988. s.239-240. Le 28 avril 1920, la République socialiste soviétique d'Azerbaïdjan a été établie et a ensuite rejoint l'Union soviétique. Le pays a recouvré son indépendance en 1991 avec la dissolution de l'Union soviétiquePipes, Richard (1997). The Formation of the Soviet Union: Communism and Nationalism 1917–1923 (2. bas.). Cambridge, Massachusetts: Harvard University Press. ss. 218-220, 229. ISBN 978-0-674-30951-7..

Cette ancienne république soviétique a des frontières terrestres avec la Russie au nord, l'Iran au sud, la Turquie à l'ouest-sud-ouest, l'Arménie à l'ouest et la Géorgie au nord-ouest. Bien que le pays n'ait pas accès à une mer ouverte (c'est-à-dire donnant sur l'océan mondial), il possède un littoral de sur la mer Caspienne (mer fermée), à l'est. L'exclave azerbaïdjanaise du Nakhitchevan dans le sud-ouest du pays est située au sud de l'Arménie et au nord de l'Iran et communique avec la Turquie à l'ouest.

L’Azerbaïdjan est membre de plus de quarante organisations internationales, dont l'ONU, l'Organisation des États turciques, la Communauté des États indépendants, l'Organisation de la coopération islamique et le Conseil de l'Europe. C'est un État laïc.

Origine du nom Le nom d'« Azerbaïdjan » vient du moyen perse Āturpātakān. Azer ou Azar signifiant « feu sacré » en persan, Azarbaïdjan est donc littéralement le Territoire des Zoroastriens. Effectivement, c'est dans cette région – sassanido-iranienne de l'Antiquité jusqu'à la guerre russo-persane de 1804-1813 ainsi que la guerre russo-persane de 1826-1828 – que se trouvait l'un des trois grands Temples mazdéensLes deux autres étant Adur Farnbag et Adur Burzen-mihr., l'Adur Gushnasp ou « Feu des rois et des généraux », de l'époque pré-islamique désormais en Azerbaïdjan iranien.

Certaines sources indiquent qu'avant 1918, le nom d'Azerbaïdjan désignait exclusivement la province iranienne d'Azerbaïdjan, située au sud du fleuve AraxeDekmejian & Simonian 2003, p. 60: "Until 1918, when the Musavat regime decided to name the newly independent state Azerbaijan, this designation had been used exclusively to identify the Iranian province of Azerbaijan."Rezvani 2014, p. 356: "The region to the north of the river Araxes was not called Azerbaijan prior to 1918, unlike the region in northwestern Iran that has been called since so long ago."Siavash Lornejad, Ali Doostzadeh. ON THE MODERN POLITICIZATION OF THE PERSIAN POET NEZAMI GANJAVI Archived 2021-08-28 at the Wayback Machine CCIS, 2012 ISBN 978-9993069744 p 10. Cependant, on trouve des exemples d'utilisation du terme Azerbaïdjan pour désigner les territoires situés au nord de l'Araxe à des époques antérieures. Dans ses références (parfois contradictoires) aux frontières de l'Azerbaïdjan, le géographe musulman du XIIIe siècle, Yaqut al-Hamawi, les étend jusqu'au fleuve Koura, englobant ainsi la région d'Arran. Selon Xavier de Planhol, cela indique qu'« à partir de cette période, la conception de l'Azerbaïdjan a eu tendance à s'étendre vers le nord et que sa signification évoluait rapidement »De Planhol, Xavier (1987). "Azarbaijan i. Geography". In Yarshater, Ehsan (ed.). Encyclopædia Iranica. Vol. III/2: Awāʾel al-maqālāt–Azerbaijan IV (Online ed.). Encyclopædia Iranica Foundation. pp. 205–215. Retrieved March 3, 2026.. À l'époque safavide, l'Azerbaïdjan désignait des territoires situés aussi bien au nord qu'au sud de l'AraxeAtkin, Muriel (1980), Russia and Iran, 1780–1828, Minneapolis: University of Minnesota Press, p. xi, ISBN 978-0-8166-0924-6: p. xi: "In Safavi times, Āzerbāijān was applied to all the Muslim-ruled khanates of the eastern Caucasus as well as to the area south of the Aras River as far as the Qezel Uzān River, the latter region being approximately the same as the modern Iranian ostāns of East and West Azerbaijan".. À la fin du XVIIIe siècle, des sources russes, arméniennes et persanes utilisaient le terme Azerbaïdjan pour désigner les territoires situés au nord de l'Araxe, sans toutefois lui attribuer de connotation ethnique particulière.  Par exemple, dans sa lettre datée du 5 juin 1798 au roi George XII de Géorgie, Fath-Ali Shah Qajar a qualifié la Géorgie de « meilleure terre d'Azerbaïdjan », tandis qu'en 1783, le général russe S. D. Burnashev a écrit sur la « rébellion caractéristique des peuples d'Azerbaïdjan » en lien avec le khanat d'ErevanChobanyan, Pavel (2006), Hay-ṛus-vratsʻakan haraberutʻyunnerě ZhĚ. dari erkrord kesin Հայ-ռուս-վրացական հարաբերությունները ԺԸ դարի երկրորդ կեսին [Armenian-Russian-Georgian Relations on the Second Half of the Eighteenth Century] (in Armenian), Mayr Atoṛ S. Ējmiatsni hratarakchʻutʻyun. p. 34–36..

Histoire

Préhistoire et Antiquité Les premières implantations humaines dans la région remontent à l'âge de la pierre, il y a plus de d'années. La plupart des sites préhistoriques sont situés dans les régions du Karabagh (grottes d'Azykh, de Taghlar et de Zar), de Gazakh (grottes de Dashsalahli et de Damdjili, sites préhistoriques de Shishguzey et de Kekilli où ont été découverts des outils de travail et autres), du Nakhitchevan et en région talyshe.

Moyen Âge

Du , la région connaît un essor politique, sous les Sajides, les Chirvanchahs, les Salarides, les Ravvadides et les Cheddadides.

Au , après l'effondrement de l'Empire seldjoukide, les Atabegs d'Azerbaïdjan règnent depuis leur capitale de Nakhitchevan, puis d'Ardabil, et enfin de Tabriz, sur l'Azerbaïdjan iranien actuel et sur l'Arran (l'Azerbaïdjan moderne).. Leur territoire est ensuite conquis par le Khwarezmchahs Jalal ad-Din au , dont l'État succombe ensuite aux Mongols. Au , l'Empire mongol des Khulaguides est fondé, avec sa capitale à Tabriz.

Après la mort de Timur, deux États turcs indépendants et rivaux ont émergé dans la région : Qara Qoyunlu et Aq Qoyunlu. Aq Qoyunlu et Qara Qoyunlu se composaient principalement de tribus turques de langue azérie et avaient une structure confédérée à deux ÉtatsM.Behrâmnejâd, « Karakoyunlular, Akkoyunlular : İran ve Anadolu'da Türkmen Hanedanları », (turc) sh.  14 : "En raison de la domination des Turkmènes Qaraqoyunlu et Aqqoyunlu dans la région, de nombreuses tribus turkmènes s'y sont installées, et les autres ont établi l'État safavide en Iran. Aujourd'hui, une partie de l'héritage important qu'ils nous ont donné est Gunchikhan Oghuz ou Turkman, qui est utilisé dans certaines régions de Gunchikhan Anatolie, principalement à Igdir et Kars, ainsi qu'en Iran et en Azerbaïdjan, qui sont maintenant appelés Azerbaïdjanais.M. Faruk Sümer, «Kara Koyunlular», (Turc) s. VIII: Les Karakoyunlus ne sont pas seulement responsables de ces mouvements migratoires politiques de l'Anatolie vers l'Iran, mais aussi le premier agent d'un nouveau mouvement de colonisation qui assurera la reprise de la domination turkmène en Iran et, en lien avec celle-ci, la turquification absolue de l'Azerbaïdjan .. ils l'ont été.  Comme on peut le comprendre à partir de ces mots, le turc qu'ils parlaient était, bien sûr, le dialecte oriental Oguz ou turkmène, qui s'appelle aujourd'hui le dialecte azéri.  Aujourd'hui, il est clairement entendu que Cihan Shah, l'un des dirigeants de Karakoyunlu, était l'un des représentants de la littérature azerbaïdjanaiseMiklukho-Maklay, N. D. Shiism and its social face in Iran at the turn of the XV-XVI centuries "These tribes, which later became known as the Qizilbash tribes... created the states of Kara Koyunlu and Ak Koyunlu, which in the century successively ruled Azerbaijan and most of Iran. Certains historiens sont d'avis qu'ils sont des Azerbaïdjanais modernesGerhard doerfer, Turks in Iran, p.  248 It is very strange that the word "Turkmen" still leads to confusion. I saw in Leningrad that Iraqi Oghuz literature included the name Oghuz "Turkmen"; the word "Turkmen" actually means "nomadic Oghuz." In any case, the "Turkmen" of Aq qoyunlu and Qaraqoyunlu are Azerbaijanis.Г.Д Мuклухо-Маклаū, Шuuзм u еso соцо Иране на рубеже ХV-XVI  ьь. : "As a result, these tribes, called Qizilbash, were related to the Azerbaijani tribes, who by their languages and origins established the Qaraqoyunlu and Aqqoyunlu states, and ruled Azerbaijan and much of Iran in the century." Les Shirvanshahs, en revanche, sont redevenus indépendants dans ce processus et ont renforcé leurs gouvernements locaux.

Époque moderne

vignette|Carte représentant l'État safavide entre 1512 et 1722. En 1501, l'État des Safavides a été créé en Azerbaïdjan et en Iran. La lignée de la dynastie était basée sur la ville d'Ardabil dans le sud de l'Azerbaïdjan.  La langue principale des Safavides était l'azériRoger Savory (2007). Iran Under the Safavids. Cambridge University Press. . . qizilbash normally spoke Azari brand of Turkish at court, as did the Safavid shahs themselves; lack of familiarity with the Persian language may have contributed to the decline from the pure classical standards of former times, mais ils parlaient aussi le persan.

La langue principale des dirigeants safavides était l'azéri, il était parlé dans le palais safavide jusqu'à l'effondrement de l'État«Mission to the Lord Sophy of Persia, (1539- 1542) / Michele Membré ; translated with introduction and notes by A.H. Morton», . Les seigneurs féodaux de l'État se composaient des tribus Qizilbash de langue azerbaïdjanaise et avaient le dessus dans l'administration de l'État. De même, ils constituaient l'armée de l'État des SafavidesDavid Blow. Shah Abbas: The Ruthless King Who Became an Iranian Legend. — С. 165. The primary court language remained Turkish. But it was not the Turkish of Istambul. It was a Turkish dialect, the dialect of the Qizilbash Turkomans, which is still spoken today in the province of Azerbaijan, in north-western Iran.Willem Floor, Hasan Javadi, The Role of Azerbaijani Turkish in Safavid Iran. Оригинальный текст (англ.) During the Safavid period Azerbaijani Turkish, or, as it was also referred to at that time, Qizilbash Turkish, occupied an important place in society, and it was spoken both at court and by the common people... Throughout the Safavid period there were two constants to Azerbaijani Turkish as a spoken language in Iran. First, it was and remained the official language of the royal court during the entire Safavid period. Second, the language remained the spoken language of the Turkic Qizilbash tribes and was also spoken in the army..

À la fin du , Shah Ismaïl Séfévi s'empare de la Perse et conquiert la Transcaucasie. Allié à l’Angleterre et au Portugal contre les Ottomans, il est néanmoins défait lors de la bataille de Tchaldiran en 1514.

À la fin du , l’empire séfévide s’affaiblit à la suite des guerres permanentes avec les Ottomans, qui conquièrent le territoire de l’Azerbaïdjan moderne. Leur domination dure vingt ans, jusqu'à ce que l’héritier et petit-fils d'Ismail , Shah Abbas , les rejette : il forme rapidement une armée régulière, vainc les Turcs et restaure presque entièrement l'ancien empire séfévide au début du .