Arcadie est une revue gay militante, se disant alors « homophile », ayant existé de 1954 à 1982. Créée par André Baudry avec le soutien de Roger Peyrefitte et Jean Cocteau, elle publiait onze numéros par an (dont numéro double en juillet-août). Dans toute son existence, la revue a édité 314 numéros (et aussi quelques tirages hors série en plus).
Le nombre de ses abonnés oscillait entre et . Son abonnement permettait d'intégrer l'association Arcadie, et d’entrer dans le local du 61 de la rue du Château-d’Eau (Paris ), le seul de France où on pouvait, dans les années 1950 et 1960, danser entre personnes de même sexe.
Historique Le premier numéro d’Arcadie est daté de . Au début de sa deuxième année, en , ils choisirent de numéroter à nouveau en partant , mais reprirent en cours d'année (en avec le numéro marqué "17/5", puis en avec le numéro "18", etc.) une numérotation plus logique et plus simple, comptant à nouveau à partir du premier numéro de la revue début 1954. Chaque parution faisait de 56 à 70 pages, selon les années. La revue proposa assez vite ses parutions reliées, souvent regroupées par année civile.
Arcadie est interdite aux mineurs dès 1954, et censurée, malgré sa ligne très sage. Son directeur, André Baudry, fut poursuivi en 1955 pour outrage aux bonnes mœurs. Baudry sera condamné à une amende de mais afin de ne pas effrayer les membres d'Arcadie, il affirmera longtemps ne pas avoir été condamné. En 1960, à la promulgation de l'amendement Mirguet, comptant l'homosexualité parmi les , il supprima les petites annonces de rencontres et les photographies d'hommes dans la revue, de crainte qu'elle soit frappée d'interdiction.
Pendant la dictature franquiste, la revue aide le militant catalan Armand de Fluvià à éditer en Espagne le bulletin AGHOIS (Agrupación Homosexual para la Igualdad Sexual), périodique clandestin du Movimiento Español de Liberación Homosexual en faveur des droits.
L'arrivée de la gauche au pouvoir en avec l'élection de François Mitterrand (même si André Baudry refusa alors de donner des consignes de vote, des autres associations et médias pour gays et lesbiennes), deux revendications majeures allaient être réalisées rapidement : la fin du fichier d'homosexuels à la préfecture de police de Paris (et aussi en région Provence-Alpes-Côte d'Azur) et l'alignement de la majorité sexuelle pour les homosexuels, l'ensemble étant généralement décrit comme . La publication de la revue cessa en avec le (numéro estival triple) après de parution., faute notamment pour le fondateur d'avoir trouvé une équipe prenant sa suite pour la revue.
La collection complète de la revue est très difficile à trouver et consulter pour le grand public. Le Centre LGBT Paris-Île-de-France possède, fin 2021, près de 95% de tous les numéros édités. Elle est également consultable à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Arcadie, groupe militant homosexuel Futur (1952-1956), revue Masques, revue des homosexualités (revue, 1979-1986)
Lien externe
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