est le cinquième album du groupe allemand de heavy metal Accept, sorti en 1983. Cet album est généralement considéré comme un des meilleurs du groupe aux côtés des albums Metal Heart, Restless and Wild et Breaker. Le titre phare Balls to the Wall est certainement la chanson la plus célèbre de toute la discographie du groupe. L'album est aussi considéré comme un des albums les plus incisifs du groupe aux côtés de Restless & Wild, aussi bien en terme musical qu'en termes de paroles.

Musique L'album fut qualifié par le critique Martin Popoff comme le plus grand album de metal des années 1980Popoff, Martin. The Collector's Guide To Heavy Metal Volume 2: The Eighties. Toronto: Collector's Guide Publishing, 2005. ..

Dès sa sortie, la chronique d'un des magazines de l'époque, Metal Attack, est unanime :

Hervé Picart dans le magazine Best rejoint cette analyseː selon lui il n'y a rien d'original ou de particulièrement nouveau dans cet album et pourtant, selon lui, le disque bénéficie "d'une caractère hors du commun et d'une véritable magie"

Comme le chanteur l'explique rétrospectivement, l'album et la tournée qui s'ensuivit eurent un impact très important sur leur carrière. C'est cet album qui permit au groupe de percer au niveau mondial, et notamment aux États-Unis et au Canada ː

Textes

Cet album marque aussi un tournant notable dans l'orientation des paroles du groupe. C'est à partir de cet album que l'écriture des textes sera désormais assurée par un mystérieux auteur signant sous le pseudonyme de Deaffy. Ce n'est qu'à la fin des années 1990 que l'identité du parolier sera révélée. Il s'agit de Gaby Hauke Hoffmann, la manager du groupe et femme du guitariste Wolf Hoffmann. La participation de Deaffy à l'écriture va sensiblement changer l'orientation thématique des chansons, avec un intérêt plus marqué pour des thématiques sociales et politiques. L'historique "Accept Remembered" retrace cet épisode :

Certaines chansons véhiculent des messages de rébellion aux connotations anarchistes notamment "Balls to the Wall", "Fight It Back" ou "Guardian of the Night". D'autres font écho à des modes de vie (sociaux ou sexuels) considérés comme marginaux par la société ("London Leather Boys", "Head Over Heels", "Lovechild"), d'autres abordent la question complexes des relations humaines, sentimentales ou sexuelles ("Losing more Than You Ever Had", "Losers and Winners", "Turn Me On").

"Balls to the Wall", la chanson éponyme, traite à plusieurs niveaux métaphoriques de l'asservissement des êtres humains dans le monde, en tant qu'esclaves des divers systèmes et institutions, ("Too many slaves in this world die by torture and pain", "Boundage is over Human race") et qu'un jour ils se réveilleront, briseront leur chaînes et renverseront leurs oppresseurs. ("One day the tortured stand up and revolt against the Evil." "Watch the Damned, they're gonna break their chains, You can't stop them. They're coming to get you"). À cet égard, Stefan Kaufmann, dans une interview, y évoque une des interprétations possibles :

"London Leather Boys", dans son sens le plus littéral, parle du mode de vie marginale de bikers londoniens. Certains auteurs et auditeurs ont vu des allusions homosexuelles, qui ont été à la fois confirmées et démenties par les membres du groupe. (voir la section controverses)

"Fight it Back", est une chanson aux accents anarchistes, se plaçant du point de vue d'un individu rejetant les modes de vie conformistes et normatifs de la société, ainsi que toute compromission avec ses normes admises, préconisant l'indépendance et refusant de cautionner les crimes de la société et de se conformer à ses attentes. ("You'll never find me, Like you hope that I am, You'll never treat me like you think you can, Be always independent, Surrendering no way, I won't deal with crimes of society").

"Head Over Heels" évoque le trouble et la curiosité d'une personne découvrant la vie nocturne d'un parc en ville et y observant des libertins faire l'amour dans l'obscurité.

"Losing More than You Ever had" se place du point d'une personne cherchant à raisonner et à tenir à distance un ex-petit ami de sa compagne, qui, haineux et brûlant de jalousie, est prêt à tuer pour pouvoir la ramener à ses côtés. Le (ou la) protagoniste rappelle à cet ex-petit ami combien il s'est mal comporté avec elle, au point de la conduire au bord du suicide. Il (elle) tente de lui faire prendre conscience que sa compagne s'est épanouie dans sa nouvelle relation et que ses tentatives pour regagner son cœur sont vaines.

"Love Child" aborde le thème de l'homosexualité masculine et de l'identité de genre. Elle évoque le trouble intense d'un homme qui se découvre des attirances sexuelles envers un autre homme ("Feeling the power of lust when the guy's passing by. Wrecking one's brain and I'm going insane don't know why"). La chanson évoque aussi son incertitude quant à son identité sexuelle ("Don't know what I am, a woman or a man"). Mais il revendique son droit à ce qu'on le laisse tranquille et qu'on ne le maltraite pas pour ce qu'il est ("I'm doing all I can. But I'm what I am. Leave me alone - don't mistreat me"). Cette chanson fut une des causes principales de controverses autour du groupe, qui fut attaqué, aux États-Unis pour leurs supposées orientations homosexuelles et qui valut à l'album d'être catalogué comme du "gay metal" (voir la section controverses).

Couverture

La couverture présente le gros plan d'une cuisse nue et du poing d'un individu en perfecto tenant une balle dans sa main. Cette photo est parfois considérée comme iconique par le fansInterview GuitarWorld avec le guitariste Wolf Hoffmann. Elle a aussi soulevé des interrogations quant à son sens au regard du contenu musical et donné lieu à des spéculations quant à l'identité de la personne photographiée. Le guitariste Wolf Hoffmann précise qu'il ne s'agit pas de membres du groupe, comme cela l'a parfois été hypothétisé:

Pour le bassiste Peter Baltes le choix de cette pochette a aussi été motivé par le fait qu'elle était provocatrice et que c'est qu'ils recherchaient pour le premier album concept (Metal Forces Magazine, 1986, page 5). Cette couverture sera l'une des causes des controverses autour de l'album (voir la section suivante). Avec le recul le guitariste Wolf Hoffmann reste malgré tout étonné de son impact: "Nous n'imaginions pas combien le fait d'avoir la photo de la cuisse poilue d'un gars pourrait être aussi controversée aux États-Unis".

Controverses

Le groupe a été attaqué pour la thématique de l'album Balls to the Wall que certains jugeaient centré sur l'homosexualitéhttp://www.martinpopoff.com/html/yeold_archives/accept.html. Ces attaques sont dues notamment à la chanson "Love Child" qui traite des problèmes d'identification d'un homosexuel dans la sociétéYe Old Metal, mais aussi à cause de l'imagerie provocatrice et ambiguë de la couverture et des photos de session. Ce qui a valu au groupe d'être vu comme un groupe de metal gay à l'époque. Cette image fut également renforcée selon Georges Lynch, par des médisances propagées par le groupe Mötley Crüe, à l'époque où ils tournaient ensemble. Un photographe aurait demandé aux deux groupes de poser nu sous la douche, le groupe américain aurait décliné, et à la suite de ce refus, le groupe Accept aurait alors donné son accord. C'est à partir de cela que les Mötley Crüe auraient lancé la rumeur"Y'know all this "ACCEPT ARE GAY" stuff came from the CRUE. Some photographer asked both bands to pose in the shower…NAKED! The CRUE said no way. So ACCEPT said O.K.!! So the CRUE yelled out OH NO! FLAKES!" (Metal Forces Magazine, 1986, page 5)..

Du fait du propos de la chanson "Love Child", certains auditeurs, par association d'idées, ont cru voir aussi le thème de l'homosexualité dans d'autres chansons comme "London Leather Boys" et "Turn me on" qui pourtant n'auraient rien à voir avec le sujet. Le texte de "London Leather Boys", dans son sens le plus littéral, parle du mode de vie des bikers, selon lui et "Turn me on" ferait référence à une anecdote coquine d'un de leurs Roadies. À cet égard, Hoffmann dément que les textes de "London Leather Boys" aient un rapport avec la thématique gayinterview. Toutefois Stefan Kaufmann, dans une interview à Enfer Magazine (1983), confirmait, au contraire, que la chanson traitait du thème de l'homosexualité- Bouquet : "Alors justement, parle nous de London Leather Boys" - Kauffmann : "C'est une chanson qui traite de l'homosexualité" Touchard Philippe, "Interview avec Stefan kaufmann", Enfer magazine, , 1983, . En revanche dans d'autres interviews, kaufmann décrit lui aussi le morceau comme une chanson sur les bikers. Il commente d'ailleurs la controverse à propos de cet album en ces termes :

Wolf Hoffmann a également commenté l'affaire, en rétorquant aux interviewers qui lui posaient la question :

Il a expliqué que le concept était une idée de sa femme Deaffy (alias Gaby Hoffmann) qui visait principalement à une légère provocation en tapant dans les tabous. La parolière a elle aussi démenti les allégations concernant les soi-disant orientations homosexuelles du groupe et de certaines autres chansons. En revanche, elle a toujours clamé se positionner contre toute discrimination des minorités, y compris l'homophobie.

Stefan Kaufmann va dans le même sens que Deaffy au niveau de son positionnement contre l'homophobie. Dans une interview à Enfer Magazine en 83, il remarquait à propos de cette thématique de l'homosexualité qu'ils avaient abordé :

Pour Martin Popoff, ce positionnement gay-friendly avait de quoi surprendre dans le contexte du metal de l'époque encore fortement dominé par une ambiance ultra-masculiniste"It was certainly an eyebrow-raiser within the he-man metal world of 1984" .

Liste des chansons Balls to the Wall – 5:50 London Leatherboys – 3:57 Fight It Back – 3:30 Head over Heels – 4:19 Losing More Than You've Ever Had – 5:04 Love Child – 3:35 Turn Me On – 5:12 Losers and Winners – 4:19 Guardian of the Night – 4:25 Winter Dreams – 4:45

Il existe deux remasters différents qui incluent deux titres bonus :

2001 Remaster Head over Heels (live) Love Child (live)

2002 Remaster' Up to the Limit (live) Head over Heels (live)

Ces chansons sont en fait tirés de Kaizoku-Ban.

Credits Udo Dirkschneider - Chant Herman Frank - Guitare Wolf Hoffmann - Guitare Peter Baltes - Basse Stefan Kaufmann - Batterie

Notes

Catégorie:Album d'Accept Catégorie:Album musical sorti en 1983 Catégorie:Album publié par Sony Music Entertainment Catégorie:Album certifié disque d'or au Canada Catégorie:Album certifié disque d'or aux États-Unis