La Vanne est une rivière française située dans les deux départements de l'Aube (Grand-Est) et de l'Yonne (Bourgogne-Franche-Comté). C'est un affluent de rive droite de l'Yonne, donc un sous-affluent de la Seine.
Géographie Le bassin versant de la Vanne est situé dans les départements de l'Aube et de l'Yonne. La rivière naît dans la commune de Fontvannes (plus précisément sous l'église), petite localité de l'Aube située à à l'ouest de la ville de Troyes. La Vanne se dirige d'emblée vers l'ouest-sud-ouest, direction qu'elle maintient grosso modo tout au long de son parcours de .
La rivière matérialise la frontière naturelle nord du Pays d'Othe, région fortement boisée (45 % de forêts) qui constitue par ailleurs la plus grande partie de son bassin versant et lui fournit la majeure quantité de son débit.
Elle conflue avec l'Yonne en rive droite au niveau de la ville de Sens.
Une ZNIEFF ou Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique importante a été décrite dans les marais longeant le cours de la Vanne. Elle est dénommée Marais de la Vanne à Villemaur-sur-Vanne et s'étend sur 99 hectares, à l'ouest de Troyes dans le département de l'Aube..
Hydronymie Albert Dauzat analyse le nom de la Vanne comme un dérivé d'une obscure racine hydronymique prélatine du genre ven, suffixée en eda , sans explication de sens.
Vanne serait issue de Venn, avec le sens d'eau étalée, de marécage. Le mot « Vanne » vient du mot gaulois Veen ou Vehen qui signifie « tourbière »Th. Boutiot, t. I, .. Autre hypothèse : Vanne pourrait dériver de vindo signifiant « blanc, brillant ». Enfin, à travers ven, vin, van et vanno, Roger Brunet évoque la notion de relief et de pente. À ce sujet on observera qu'à Fontvannes, la rivière sort de la partie basse d'une colline.Vanne est un nom désignant un « retranchement construit dans une rivière pour fermer le passage aux poissons »Ernest Nègre - Toponymie générale de la France - Volume 2 - Page 1109 - ..
Toponymes La Vanne a donné son nom aux six communes suivantes : Fontvannes, Neuville-sur-Vanne, Villemaur-sur-Vanne, Foissy-sur-Vanne, Pont-sur-Vanne et Theil-sur-Vanne.
Communes et cantons traversés Département de l'Aube : Fontvannes, Bucey-en-Othe, Estissac, Neuville-sur-Vanne, Villemaur-sur-Vanne, Paisy-Cosdon, Saint-Benoist-sur-Vanne, Rigny-le-Ferron et Vulaines.
Département de l'Yonne : Flacy, Bagneaux, Villeneuve-l'Archevêque, Molinons, Foissy-sur-Vanne, Chigy, Pont-sur-Vanne, Theil-sur-Vanne, Villiers-Louis, Malay-le-Petit, Malay-le-Grand, Maillot et Sens.
Bassin versant La Vanne traverse cinq zones hydrographiques F354, F355, F356, F357, F358, pour une superficie de . Ce bassin versant est constitué à 66,20 % de , à 31,16 % de , à 2,52 % de , à 0,03 % de , à 0,02 % de .
Organisme gestionnaire Le bassin versant de la Vanne est géré par le Syndicat Mixte de la Vanne et de ses affluents (SMVA). Le président est Cédric Royer également 3ème adjoint de la commune de Chennegy.
Affluents La Vanne a vingt-trois tronçons affluents référencés. La Vanne reçoit de nombreux petits affluents, dont les principaux lui arrivent du sud, en rive gauche, depuis le pays d'Othe et sa forêt.
L'Ancre (rgrd pour rive droite et rg pour rive gauche), longue de , naît entre Bercenay-en-Othe et Maraye-en-Othe et conflue en rive gauche à Estissac et est de rang de Strahler deux. le Betrot (rd), sur les trois communes d'Estissac, Dierrey-Saint-Julien et Dierrey-Saint-Pierre. La Nosle (rg), naît à Saint-Mards-en-Othe et baigne notamment Aix-en-Othe. Elle se jette dans la Vanne en rive gauche à Villemaur-sur-Vanne et est de rang de Strahler deux. le ruisseau des Abimes (rg), sur les deux communes de Saint-Benoist-sur-Vanne et Paisy-Cosdon. le Fossé de Tiremont (rg), sur les trois communes de Flacy, Rigny-le-Ferron, Vulaines. Le Cérilly ou ruisseau de Sevy (rg), venu du bois de Sévy à Bœurs-en-Othe, conflue en rive gauche à Flacy et est de rang de Strahler deux. Cet affluent est doté d'une branche de l'aqueduc de la Vanne, qui longeant son flanc gauche recueille l'eau de diverses sources pour l'acheminer vers Paris. la Vieille Vanne (rg), l'Allain (rd), sur les quatre communes de Lailly, Courgenay, Molinons, Pouy-sur-Vannes avec deux affluents : le ru du Gre sur la seule commune de Courgenay. la Bacule (rg), sur les deux communes de Theil-sur-Vanne et Vaumort. la Lingue (rg), sur les deux communes de Sens et Maillot.
Rang de Strahler Donc son rang de Strahler est de trois.
Hydrologie La Vanne à Pont-sur-Vanne Son débit a été observé depuis le , à Pont-sur-Vanne, à , localité du département de l'Yonne, située à peu de distance de son confluent avec l'Yonne à Sens.
Le module de la Vanne est de à cet endroit, pour un bassin versant de pour un bassin total de .
Les valeurs de débit actuelles sont éloignées des valeurs naturelles du cours d'eau, telles qu'elles étaient avant les travaux de captage des eaux au et qui représentent annuellement . La rivière présente des fluctuations saisonnières de débit fort peu marquées, avec des hautes eaux d'hiver et de printemps portant le débit mensuel moyen entre 6,4 et de décembre à mai inclus (maximum en mars-avril), et des basses eaux d'été-automne -période de juillet à début novembre- avec une baisse du débit moyen mensuel jusqu'au niveau de au mois d'août.
Étiage ou basses eaux Le VCN3 peut cependant baisser jusque , en cas de période quinquennale sèche, ce qui reste cependant fort confortable.
Crues Les crues ne sont guère importantes, compte tenu de la taille du bassin et du débit moyen. Les QIX 2 et QIX 5 valent en effet respectivement 9,7 et . Le QIX 10 est de , le QIX 20 de . Quant au QIX 50, il se monte à .
Le débit maximal enregistré a été de le . Si l'on compare cette valeur à l'échelle des QIX exposée plus haut, on constate que cette crue était d'ordre cinquantennal, et donc très exceptionnelle.
Lame d'eau et débit spécifique La lame d'eau écoulée dans le bassin de la Vanne est de annuellement, ce qui est médiocre par rapport à la moyenne d'ensemble de la France et du bassin de l'Yonne. Il faut cependant garder à l'esprit que les prélèvements pour la ville de Paris se montent à et que s'ils n'avaient pas lieu, la lame d'eau serait de , chiffre équivalent à la moyenne du bassin de la Seine. Le débit spécifique (Qsp) se monte à et par kilomètre carré de bassin.
Bilan hydrologique de la Vanne vignette|Lac de Paisy-Cosdon. Le bassin de la Vanne a une superficie de . Les précipitations annuelles moyennes tombant sur le bassin sont de ou , correspondant à un volume annuel de Bilan hydrologique de la Vanne (page 17).
L'évapotranspiration réelle (ou ETR) consomme 61,7 % de ces précipitations. Il reste donc 38,3 % du volume initial. C'est la pluie efficace (ou PEF). Le volume annuel de cette PEF est donc de annuellement ou . La PEF peut soit s'infiltrer, ce qu'elle fait à raison de 63,5 % (soit annuellement, c'est-à-dire un volume annuel de ) soit s'écouler. Le volume annuel de cet écoulement dit "rapide" est donc de .
La quantité infiltrée s'écoule aussi, mais de manière beaucoup plus lente, et va refaire surface plus bas dans la vallée de la rivière ou de ses affluents. On parle d'écoulement souterrain lent. Cependant quatre pour cent de la quantité PEF (pluie efficace) ne rejoindra pas la Vanne, mais reste stockée dans le sous-sol. Cela correspond à ou à une hauteur de précipitations de , ce qui équivaut à annuellement.
Le reste de l'eau infiltrée (soit 53,9 % de la PEF) rejoint le cours de la Vanne (constitué de la quantité d'écoulement rapide qui ne s'est jamais infiltrée) grâce aux sources. Une partie de cette eau de source est alors prélevée pour l'alimentation en eau potable de Paris et acheminée vers la capitale par l'aqueduc de la Vanne.
Le débit final de la rivière à Pont-sur-Vanne est de correspondant à une hauteur d'eau annuelle de (lame d'eau) ou encore à un volume annuel de , tandis que l'aqueduc de la Vanne emmène () vers Paris, soit un volume annuel de .
Le prélèvement d'eau annuel au profit de la capitale se monte donc annuellement à , c'est-à-dire plus de trente milliards de litres d'eau de source potable. C'est une quantité correspondant à la livraison annuelle de trois mille litres d'eau potable par habitant, ceci calculé sur une population de l'agglomération d'un peu plus de .
Du bois pour Paris
Par arrêt du Conseil Privé, Louis XIII accorde le 30 juillet 1637 à Louis Berthault, bourgeois de Troyes, le chantier de construction permettant "de rendre la Riviere de Vannes navigable''". En échange, le Troyen se voit attribuer la coupe de 2.000 arpents de bois de haute futaie de la forêt de Villers-le-Duc (auj. Côte d'Or). Il s'agit en réalité de réaliser un canal de flottage pour le bois nécessaire à la provision de Paris. Le chantier est achevé à Vulaines dès 1639 et en cours à Pont-sur-Vanne en 1645. Alors que le chantier est en cours de réception, une dénonciation anonyme parvient à la Table de Marbre de Dijon. En 1648, le Conseil du Roi ordonne le paiement de ce grand chantier désormais oublié, et déclare le délateur forclos en 1649Archives nationales, V 6-255 et V 6-236. .
De l'eau potable pour Paris vignette|Aqueduc de la Vanne vers Villiers-Louis.
En 1867, la ville de Paris a engagé une série de travaux et construit un long aqueduc destiné à capter les sources de la vallée pour alimenter la capitale, et cela depuis l'amont de la rivière dans l'Aube jusqu'à la ville de Sens. Les travaux ont été réalisés par l'architecte Eugène Belgrand. Le débit du cours d'eau en fut fort modifié. Un aqueduc longe la rivière sur presque toute sa longueur, parfois souterrain et parfois à l'air libre. On peut y voir d'importants ouvrages d'art. Durant l'Antiquité les Romains avaient déjà effectué des travaux analogues pour alimenter la ville de Sens.
Aujourd'hui l'aqueduc de la Vanne court jusqu'à Paris, traversant notamment l'Yonne et la forêt de Fontainebleau, et transportant à pas moins de d'eau de source (et non pas d'eau de la rivière) par seconde dans le réservoir de Montsouris pour la consommation d'environ 20 % de l'eau potable dans la capitale. Le débit de la rivière en est diminué d'autant.
L’aqueduc de Cochepies (), alimenté par des sources situées à Villeneuve-sur-Yonne, rejoint celui de la Vanne à Malay-le-Grand en passant sous la Vanne entre les communes de Maillot et Malay-le-Grand.
Voie de communication La vallée de la Vanne est une voie de communication importante pour la région car elle permet la liaison entre les villes de Sens et Troyes. Une voie romaine reliait déjà ces deux villes par la vallée. , on y retrouve la route nationale 60, la ligne de chemin de fer Sens-Troyes et depuis peu l'autoroute A5.
Les marais de la Vanne et la ZNIEFF de Villemaur-sur-Vanne La ZNIEFF ou zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique s'étend sur 99 hectares. Elle s'étire d'est en ouest le long de la rivière et comprend des roselières, des prairies humides et des bois marécageux à aulne, saule et piment royal. Elle recouvre une partie des communes de Neuville-sur-Vanne et de Villemaur-sur-Vanne.
La flore De nombreuses espèces rares ou protégées peuvent s'y rencontrer. plusieurs espèces sont protégées au niveau régional : la laîche paradoxale, le saule rampant (assez bien représenté), la gesse des marais (rare), le thélyptéris des marais, une orchidée, l'orchis négligé, de même que l'œnanthe de Lachenal et l'orchis incarnat. Ils sont inscrits sur la liste rouge des végétaux menacés de Champagne-Ardenne,
La renoncule grande douve bénéficiant d'une protection nationale n'a pas été revue depuis 1985, le ményanthe trèfle d'eau est considéré comme disparu depuis 1975.
L'ichtyofaune vignette|Le bouvreuil pivoine vit dans les milieux buissonnants. vignette|Le chevalier guignette ou actitis hypoleucos est inscrit sur la liste rouge nationale des espèces en danger. Hôte de passage, il n'a jamais niché sur la vallée.