vignette|Carte réalisée au XIXe à partir des informations contenues dans la cosmographie de Ravenne. Les monts Riphées y apparaissent à gauche, ceinturant le pays des Amazones. Les Monts Riphées (ou Rhipées, Ripées) sont une chaîne de montagnes, à caractère plus ou moins mythiqueD'un côté, les monts Riphées sont clairement associés aux mythes grecs du nord (Borée, Hyperboréens, Arimaspes, etc.) et ., que les Grecs plaçaient vaguement dans des parages septentrionaux, et qu’ils éloignaient de plus en plus à mesure qu’ils acquéraient des connaissances plus étendues.
Mentionnés pour la première fois par AlcmanLire en ligne (en anglais) le fragment 64, au , ils sont cités aussi par Apollonios de RhodesIl situe la source de l'Istros, en principe le Danube, dans les monts Riphées :
"Il est un fleuve large et profond, source féconde pour la mer qu'il enrichit du tribut de ses eaux. Les Égyptiens, ayant reconnu une grande partie de son cours, lui ont donné le nom d'Ister. Les rochers d'où il sort, situés au-delà du souffle des aquilons, font partie des monts Riphées. Après avoir traversé des plaines immenses, il arrive aux confins de la Scythie et de la Thrace, où il se divise en deux branches. L'une se jette dans le Pont-Euxin et l'autre dans un golfe profond qui, s'étendant au-dessus de la mer de Sicile baigne les côtes de la Grèce et reçoit dans son sein le fleuve Achéloüs."
Argonautiques, IV, 286-287 (lire en ligne)., AristoteLes monts Riphées sont au-delà du pays des Scythes, sous la constellation de l'Ourse, c'est-à-dire au nord :
"Sous la constellation même de l'Ourse, au-delà de l'externe Scythie, sont les monts appelés Rhipées, dont nous ne connaissons la grandeur que par des récits trop évidemment fabuleux. Et c'est aussi de ces monts que sortent la majeure partie et les plus grands de tous les fleuves après l'lster, à ce qu'on assure."
( Livre I, Chapitre XIII., 20)., EschyleL'Istros descend des monts Riphées (Prométhée délivré, fr. 197)., Hécatée de Milet, Hippocrate"En effet, [la Scythie] est située précisément sous l’Ourse et aux pieds des monts Riphées, d’où souffle le vent du nord."
Des airs, des eaux et des lieux, 19 (lire en ligne)., Pline l'AncienPline, en accord avec Pomponius Mela, place dans les monts Riphées la source du Tanaïs (l'actuel Don) ; il les situe au-delà des Cimmériens et des Sauromates et semble les confondre avec l'Oural :
"Le Palus-Méotide lui-même, recevant le Tanaïs qui descend des monts Riphées, et qui est la dernière limite connue entre l'Europe et l'Asie, passe pour avoir 1.406.000 pas de tour, suivant d'autres 1.225.000. Du Bosphore Cimmérien à l'embouchure du Tanaïs, il est certain que la distance est, en droite ligne, de 385.000 pas. La habitants des rives du quatrième golfe de l'Europe ont été énumérés, à propos de la Thrace, jusqu'à Istropolis ; là sont les bouches de l'Ister."
Histoire naturelle, Livre IV, XXIV., 6, (lire en ligne), Pomponius MelaDe chorographia (ou De situ orbis), Livre I (109, 115 et 117), Livre II (1) & Livre II (36) (lire en ligne, en latin), PtoléméeIl place les monts Riphées en Russie ((III, 5, 5)., Sénèque, le Liber monstrorum et d'autres encore. Ces monts, qui paraissent quelquefois se confondre avec les monts Hyperboréens, étaient représentés comme très froids et couverts de neige. Pour plusieurs auteurs, c'est de là que souffle Borée.
Ils ont pu correspondre au Tchardagh, au Balkan, aux Carpates ou à l’Oural, mais aussi aux Alpes du Nord.
Notes et références
Bibliographie J. Ramin, Mythologie et géographie, Paris, Les Belles Lettres, 1979, et suiv.
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