Les Sérères (ou « Serer », « Sereer », « Serere » et « Seereer ») sont un peuple d'Afrique de l'Ouest, surtout présent au centre-ouest du Sénégal, du sud de la région de Dakar jusqu'à la frontière gambienne.

Ils forment, en nombre, la troisième ethnie du Sénégal, après les Wolofs et les Peuls ; environ un Sénégalais sur six est d'origine sérère Ethnologue.com, « Languages of Senegal ». Quelques groupes sérères sont également présents en Gambie et en Mauritanie Population sérère au Sénégal dans World Factbook de la CIA Ethnologue.com, « Languages of Gambia » African Census Analysis Project (ACAP). University of Pennsylvania. Ethnic Diversity and Assimilation in Senegal: Evidence from the 1988 Census by Pierre Ngom, Aliou Gaye and Ibrahima Sarr. 2000) & People-in-Country Profile, "Serer of Mauritania" - Joshua project". Les Sérères constituent l'une des plus anciennes populations de la Sénégambie Henry Gravrand, La Civilisation Sérère - Pangool, Les Nouvelles éditions africaines du Sénégal, 1990, p. 77 David P. Gamble & Linda K. Salmon with Alhaji Hassan Njie, People of The Gambia, vol. I, The Wolof with notes on the Serer and Lebou, San Francisco State University, 1985.

Les Sérères sont un groupe ethnoreligieux"Charisma and Ethnicity in Political Context: A Case Study in the Establishment of a Senegalese Religious Clientele", Leonardo A. Villalón, Journal of the International African Institute, Vol. 63, No. 1 (1993), p. 95, Cambridge University Press on behalf of the International African InstituteVillalón, Leonardo A., Islamic Society and State Power in Senegal: Disciples and Citizens in Fatick, p. 62, Cambridge University Press (2006), et une nationBulletin de la Société de géographie, Volume 26. Société de Géographie (1855), pp. 35 - 36. (7 mars 2025). Citation:

« La nation sérère, aujourd'hui dispersée en plusieurs petits États sur la côte ou refoulée dans les bois de l'intérieur, doit être une des plus anciennes de la Sénégambie ».Maury, Alfred, Rapports à la Soc. de géogr, Volume 1. (1855). p. 25 (7 mars 2025)Marty, Paul, L'Islám en Mauritanie et au Sénégal. E. Leroux (1916), p. 49.

Ethnonymie Selon Cheikh Anta Diop et Paul Pierret, le mot serer vient de l'égyptien ancien qui signifie « celui qui trace les contours des temples ». Pour d'autres, l'ethnonyme vient du mot égyptien Sa-Re ou Sa-ra, qui signifie « le fils du démiurge », le Dieu Ra ou Re dans l'Égypte et la Nubie antique Cheikh Anta Diop, The African origin of civilization: myth or reality, L. Hill, 1974, p. 198-199 Cheikh Anta Diop, Nations nègres et culture : de l'antiquité nègre égyptienne aux problèmes culturels de l'Afrique noire d'aujourd'hui, 1954 Cheikh Anta Diop, Parenté génétique de l'égyptien pharaonique et des langues négro-africaines: processus de sémitisation, Nouvelles éditions africaines, Dakar, 1977 Robert O. Collins (dir), Problems in African history, Prentice-Hall, 1968, p. 14-15 Paul Pierret, Dictionnaire d'archéologie égyptienne, Imprimerie nationale, 1875, p. 198-199. R. G. Schuh a réfuté la thèse de Diop Russell G. Schuh, The Use and Misuse of language in the study of African history, Ufahamu, 1997, 25(1), p. 36-81. Cependant, des historiens, linguistes et archéologues, tels que Issa Laye Thiaw, Henry Gravrand, ou Charles Becker, s'accordent à penser que le mot « sérère » – qui s'applique aux personnes mais aussi à la langue, la culture, la tradition – « est ancien et sacré Issa Laye Thiaw, « La religiosité des Sereer, avant et pendant leur islamisation », Éthiopiques, , vol. 7, semestre 1991 ». Molefi Kete Asante comme Cheikh Anta Diop affirment que « c'est un peuple ancien dont l'histoire remonte loin dans le passé... » et que c'est cohérent avec son « lien fort avec son ancien passé religieuxAsante, Molefi Kete; Mazama, Ama; Encyclopedia of African Religion, SAGE Publications (2008). p. 606-7, ».

Histoire thumb|left|La civilisation sérère : cercles mégalithiques de SénégambieGravrand, Henry: La Civilisation Sereer - Pangool. Les Nouvelles Éditions Africaines du Senegal. 1990. pp, 9, 20 & 77. . De haut en bas: La première image de la Cercles mégalithiques de Sénégambie (mégalithes) qui se déroule du Sénégal toutes façon dont le vers Gambie et décrite par UNESCO :

"la plus grande concentration des cercles de pierre vu partout dans le monde."

Le site lui-même est considéré comme un lieu de sépulture antique. La deuxième image est en (aujourd'hui Mauritanie) voir Ouest subsaharienne montagnardes boisées xériques, Wiki en anglais : West Saharan montane xeric woodlands. La troisième image est art rupestre en Mauritanie moderne. Pour toutes les références d'image, y compris le Tasili, voir: Henry Gravrand. La Civilisation Sereer - Pangool. Les Nouvelles Éditions Africaines du Senegal. 1990. pp, 9, 20 & 77. . Pour Sénégambie mégalithes voir aussi :

Becker, Charles, Vestiges historiques, témoins matériels du passé dans les pays sereer, CNRS-ORSTOM, 1993 thumb|left|L'Ouest subsaharienne montagnardes boisées xériques. thumb|left|La civilisation Sérère: Le préhistorien Henri Lhote à côté de gravures rupestres en Mauritanie.

Histoire ancienne

Les sources historiques et archéologiques attestent que les Sérères occupaient toutes les régions du Sénégal (y compris la région de Sénégambie)Becker, Charles, Vestiges historiques, témoins matériels du passé dans les pays sereer, CNRS-ORSTOM, Dakar, 1993 et figuraient parmi les plus anciens habitants de la contrée Stride, G.T. et C. Ifeka. Peoples and Empires of West Africa: West Africa in History 1000-1800, Nelson, 1971, p. 6. Ainsi les Sérères ont laissé des toponymes comme Diamniadio, Diokoul.

La préhistoire et l'histoire ancienne des Sérères a été abondamment étudiée et documentée et la majeure partie des données provient de découvertes archéologiques, associées à la tradition religieuse serère. Ainsi, plusieurs vestiges, se rapportant à la préhistoire et à l'histoire ancienne, ont été découverts et donnent des informations sur les origines des familles, des villages et des royaumes. Certains comportent de l'or, de l'argent et des métaux Charles Becker et Victor Martin, « Rites de sépultures préislamiques au Sénégal et vestiges protohistoriques », Archives suisses d'anthropologie générale (Genève), 1982, tome 46, , p. 261-293. Des mégalithes de latérite sculptés et dressés en structures circulaires ont aussi été mis au jour.

Période médiévale

L'époque médiévale est en partie caractérisée par la résistance sérère à l'islamisation, puis, plus tard, à la wolofization à partir du pendant le mouvement Almoravide (résistance qui touche surtout les Sérères du Tekrour) Mwakikagile, Godfrey, Ethnic Diversity and Integration in the Gambia: The Land, the People and the Culture, Continental Press, 2010, p. 224-225 Dawda Faal, Peoples and empires of Senegambia: Senegambia in history, AD 1000-1900,Saul's Modern Printshop, 1991, p. 17, puis plus tard encore au mouvement marabout du de la Sénégambie Martin A. Klein, Islam and Imperialism in Senegal. Sine-Saloum, 1847-1914, Edinburgh University Press, 1968, p. 62-93. Alors que les anciennes dynasties sérères patrilinéaire continuent, la dynastie matrilinéaire du Wagadou est remplacée par la dynastie matrilinéaire Guelwar au Pour les anciennes dynasties sérères patrilinéaire comme les Diouf ou Joof, etc., et la dynastie matrilinéaire du Wagadou, voir Clark, Andrew F. et Philips, Lucie Colvin, Historical Dictionary of Senegal, 1994. Pour les Guelwars, voir Alioune Sarr,« Histoire du Sine-Saloum. Introduction, bibliographie et Notes par Charles Becker », Bulletin de l'IFAN, tome 46, série B, , 1986-1987.

Avant le changement de nom du royaume du Sine durant le Sarr, Alioune, « Histoire du Sine-Saloum. Introduction, bibliographie et Notes par Charles Becker », Bulletin de l'IFAN, tome 46, série B, 3-4, 1986-1987 Gravrand, Henry, La Civilisation Sereer. Cosaan : les origines, NEA, Dakar, 1983, la zone du Sine a été peuplée par les Sérères du royaume de Tekrour aujourd'hui appelé le Fouta-Toro ainsi que par le peuple Sérère autochtone qui y a résidé pendant des millénairesGambian Studies No. 17. People of The Gambia. I. The Wolof with notes on the Serer and Lebou. David P. Gamble & Linda K. Salmon with Alhaji Hassan Njie. San Francisco 1985. Étant parmi les plus anciens habitants de la région sénégambienne à laquelle appartenait Tekrour, ils ont construit une civilisation millénaire, mis en place des dynasties royales et politiques et des cadres juridiques ainsi qu'une caste sacerdotale qui régit l'organisation religieuse de la région Gravrand, La Civilisation Sereer-Pangool, op. cit., p. 9, 22 et 77.

Au , la population Sérères du Tekrour s'oppose à l'armée de la coalition musulmane (composé des Almoravides et des Toucouleurs convertis à l'Islam Willie F. Page, Encyclopedia of African history and culture: African kingdoms (500 to 1500), vol. 2, Facts on File, 2001, p. 676 Thomas Streissguth. Senegal in Pictures, Twenty-First Century Books, 2009, p. 23 Willi F. Page, Volume 2, p209) et préserve la religion sérère refusant d'adopter l'islam. Quoique religieuse d'abord, ces guerres ont néanmoins une dimension politico-économique, car l’aristocratie sérère lamanique cherche à préserver son pouvoir. Victorieux, lors de certaines batailles, les Sérères sont finalement vaincus par l'armée musulmane Godfrey Mwakikagile, Ethnic Diversity and Integration in the Gambia: The Land, the People and the Culture, p. 224 Katharina Kane, The Gambia and Senegal, Lonely Planet, 2009, p. 44 . Abu Bakr Ibn Omar, chef des Almoravides, lance un djihad dans la région, mais il est tué par le roi sérère Ama Gôdô Maat en , d'une flèche empoisonnée Gravrand, La Civilisation Sereer, Pangool, op. cit., p. 13 Roland Oliver, John Donnelly Fage, G. N. Sanderson, The Cambridge History of Africa, Cambridge University Press, 1985, p. 214 Marcel Mahawa Diouf, Lances mâles : Léopold Sédar Senghor et les traditions sérères, Centre d'études linguistiques et historiques par tradition orale, Niamey, 1996, p. 54.Ibn Abi Zar, p89.

En 1446, un navire affrété par le marchand d'esclaves portugais Nuno Tristão tente d'aborder en pays sérère pour s'en procurer. Il n'y a aucun survivant parmi les passagers adultes du navire ; en effet, tous sont tués par des flèches empoisonnées sérères et seuls cinq jeunes Portugais survivent P. E. H. Hair, « The Use of African Languages in Afro-European contacts in Guinea : 1440-1560 », in Sierra Leone Language Review, , 1966, p. 13 A. Teixera da Mota, « A descoberta da Guiné », Boletim cultural da Guiné Portuguesa, 1946, vol. 1 (1), p.11-68 ; (2), p. 273-326 ; (3), p. 457-509.

Royaumes sérères thumb|upright|Maad a Sinig Ama Diouf Gnilane Faye Diouf, roi du Sine de c. 1825 à 1853Roi du Sine, de la Maison Royale de Semou Ndiké Diouf. C'est l'un des rares rois de Sénégambie immortalisés dans un portrait. Aquarelle de l'abbé Boilat dans Esquisses sénégalaises, 1850.