Mina Loy née Mina Gertrude Lowy le à Hampstead un quartier de Londres, et morte le à Aspen dans l'État du Colorado est une peintre, critique d'art, poète, dramaturge, essayiste et romancière britannique, naturalisée américaine en 1946.
Biographie
Jeunesse et formation Mina Gertrude Lowy est l'aînée des trois filles de Sigmund Lowy, un tailleur de Londres d'origine hongroise et de confession juive, qui avait fui les discriminations antisémites qui régnaient à Budapest, et de Julia Bryan Lowy, une protestante. Les sources diffèrent sur le rite du baptême de Mina : a-t-elle été baptisée dans une église baptiste ou méthodiste, les choses ne sont pas clairement attestées. Il semblerait que le mariage fut forcé car Julia était enceinte de sept mois lors de leur mariage. Par la suite, cela peut expliquer l'aversion qu'elle aura envers Mina. Les circonstances du mariage de ses parents restent un secret de famille. Ce qui est sûr, c'est qu'à l'époque, les mariages interreligieux entre Juifs et Chrétiens étaient mal vus, et si les parents de Julia respectent Sigmund pour son intelligence, en revanche ils n'ont rien fait pour faciliter le mariage entre Sigmund et leur fille. Mina dans son autobiographie (l'anglais bâtard et la rose) semble avoir eu une conscience précoce de l'union bancale de ses parents. Elle perçoit son père comme un autrement dit un Juif en exode qui se plie devant les volontés de son épouse britannique, la rose. Julia se montre tyrannique envers sa fille, persuadée qu'il faut extirper le péché des enfants et elle est particulièrement sourcilleuse sur tout ce qui touche au qu'en-dira-t-on... gauche|vignette|upright|Angelo Jank. gauche|vignette|upright|Augustus John. Dès l'âge de dix ans, alors que sa sœur Dora s'oriente vers le piano et le chant, Mina développe son goût pour le dessin, la peinture et la littérature, ce qui déplaît à sa mère empreinte des idées puritaines de l’ère victorienne. Lorsque la jeune Mina écrit un poème sur le mariage d'une marguerite avec un cousin, sa mère lui déclare qu'elle a la tournure d’esprit d'une « putain », que les jeunes filles convenables n'écrivent pas sur le mariage avant d'être elles-mêmes mariées ! Contrairement à sa mère, son père la soutient et tient à ce que ses filles puissent avoir la meilleure éducation possible. Il les inscrit à l'une des meilleures écoles, connue pour sa pédagogie : la de Londres. Sa mère s'opposera de plus en plus à Mina durant son adolescence, elle n'admet pas que Mina devienne une femme et s'habille de façon élégante, elle la traite de « mauvaise fille » et va jusqu'à la maudire elle et son père. Les injures et malédictions réitérées de sa mère plongent Mina dans un état d'anxiété où elle se demande ce qu'elle a pu faire pour déclencher de telles colères et s'évade dans l'art et la littérature, mais cela laissera des traces sur sa confiance en elle-même. Sigmund Lowy fait ce qu'il peut pour valoriser et encourager ses filles en les emmenant dans des musées, des galeries d'art, des soirées musicales, voulant ainsi compenser les exécrations de sa femme. Après avoir achevé ses études secondaires, à la St John's Wood Art School en 1899, encouragée par son père à suivre sa vocation d'artiste, mais désavouée par sa mère, Mina plutôt que de continuer ses études à la Royal Academy, préfère s'éloigner de son foyer pour se rendre à l'étranger, s'épargnant les humeurs de sa mère ; c'est ainsi qu'elle part à Munich pour y suivre des études de beaux arts au Kunstlerrinen Verein (association des artistes féminines) qui est liée à l'Académie des beaux-arts de Munich, où elle bénéficie notamment des cours du peintre Angelo Jank. Une fois diplômée en 1901, elle retourne au Royaume-Uni où elle suit des cours de peinture auprès d'Augustus John jusqu'en 1903. C'est pendant cette période qu'elle raccourcit son nom en Mina Loy. En 1902, elle part à Paris pour suivre des cours de peinture et de dessin à l'Académie Colarossi, Mina y étudie plus particulièrement des artistes de différentes écoles (symbolistes, orientalistes, art nouveau) comme Raphael Collin, Jean-Léon Gérôme, Louis-Auguste Girardot, Gustave Courtois, Alphonse Mucha, Christian Krohg, elle suit également des cours de dessin anatomique aux Beaux-Arts. Mina se lie avec d'autres personnes de « l'intelligentsia britannique de Montparnasse » telle que ou Wyndham Lewis et fréquente les cafés, restaurants et autres lieu de distractions de cette intelligentsia. C'est dans ce cadre que Mina fait la connaissance d'un condisciple de l'Académie Colarossi, Hugh Oscar William Haweis, dit (1878-1969).., membre d'une illustre famille de prêtres anglicans. Mina part à Londres en pour annoncer ses intentions d'épouser Stephen, elle découvre que sa sœur Dora est dépressive, qu'elle a perdu sa voix, et qu'elle est victime de la tyrannie de leur mère Julia qui refuse qu'une autre de ses filles quitte le carcan familial. Les parents de Mina acceptent de se rendre à Paris pour rencontrer son fiancé, et enfin Stephen et elle se marient le à la mairie du XIV° arrondissement de Paris. D'un commun accord ils décident de s'installer à Paris, plutôt que de vivre sous le regard de Julia à Londres......
Carrière
Paris 1904-1907 vignette|upright|Aubrey Beardsley. vignette|upright|Carl Van Vechten. Mina et Stephen louent un studio rue Campagne-Première, Mina y peint et y dessine mais est déçue par le travail de son époux qui peint des imitations de maîtres classiques comme Watteau ou Chardin à la manière éthérée d'Aubrey Beardsley et des Pré-Raphaélites, alors que de son côté, Stephen admire l'originalité de Mina et la considère comme une génie. Tant et si bien qu'en 1904, il pense pouvoir faire exposer les dessins de Mina au Salon du Champ-de-Mars où exposeront des artistes comme Auguste Rodin, Eugène Carrière, John Singer Sargent, Maurice Denis, Aristide Maillol et Jacques-Émile Blanche. Stephen Haweis veut profiter du succès de ses photographies de Rodin. pour influer sur la commission de sélection du salon, et Rodin lui écrit une lettre de recommandation pour que Eugène Carrière reçoive Mina. Pendant ce temps là, Mina peint divers tableaux ayant pour thèmes les femmes. Le , Mina donne naissance à sa première enfant, mais Stephen absorbé par les expositions de ses photographies n'a pas la présence souhaitée par Mina. Lors du choix du prénom, Stephen choisit celui de Oda Janet probablement en hommage à la peintre norvégienne Oda Krogh l'épouse du peintre Christian Krohg. Pendant l'été 1904, Mina se soucie à nouveau de se faire exposer et finalement deux de ses tableaux sont présentés au Salon des Beaux-Arts du printemps 1905 et elle est retenue pour le Salon d'Automne de 1905, qui sélectionne six de ses tableaux. Mina Loy est présentée dans un article de la Gazette des Beaux Arts comme une peintre dans la lignée de James Abbott McNeill Whistler, mêlant les styles de Beardsley et de Rops, le critique et photographe américain Carl Van Vechten fait une recension de son tableau L'amour dorloté par les belles dames. La thématique érotique et lascive de ses toiles la place dans le mouvement du Décadentisme plutôt que dans celui du Postimpressionnisme. Après le décès de sa fille Oda Mina entre dans un épisode dépressif, époque de chagrin qui est illuminé par la proposition du Salon d'Automne de l'admettre comme sociétaire au sein de la section des dessinateurs, proposition qu'elle accepte, qu'elle vit comme une reconnaissance de ses capacités... Peu après, en 1906, Stephen et Mina se séparent d'un commun accord, Stephen part vivre chez sa nouvelle maîtresse et Mina, durant l'automne 1906, commence une liaison amoureuse avec le docteur Henri Joël Le Savoureux, qui la soigne pour sa dépression. Malgré les insistances de Mina, Stephen refuse le divorce, vivant l'un comme l'autre des relations extra-maritales sans avenir, ils décident de partir ensemble à Florence pour prendre du recul et se donner une seconde chance..
Florence l'anglaise (1907-1910)
Depuis le , une communauté britannique avait élu domicile à Florence y appréciant l'architecture et les paysages de la Toscane. L’écrivain Harold Acton, qui y a longtemps résidé, écrit au sujet de Florence . Bien des voyageurs la citent comme ; de nombreux guides touristiques font la liste des artistes, médecins, banquiers britanniques qui y résident ainsi que des églises et salons de thé fréquentés par les sujets de sa majesté. À leur arrivée à Florence, Mina et Stephen sont accueillis par Ethel Ames Lyde, une ferronnière d'art, qui les prend sous son aile pour les introduire auprès des artistes de la communauté britannique. Grâce à son aide, Mina et Stephen peuvent emménager dans un appartement à proximité du Ponte Vecchio. Mina se lie d'amitié avec les écrivaines Ouida et Vernon Lee (Violet Paget). Stephen de son côté se lie d'amitié avec le metteur en scène Edward Gordon Craig qui vient de quitter la danseuse Isadora Duncan et qui fait découvrir aux Haweis la bibliothèque Gabinetto Vieusseux qui regorge de livres étrangers traduits en anglais et les présente auprès du mécène et collectionneur d'art américain Charles Loeser qui était en rivalité avec un autre collectionneur américain vivant à Florence Bernard Berenson. Dans les cercles anglo-américains on discute beaucoup sur les nouveautés spirituelles comme la Théosophie la Science chrétienne, l'occultisme, les philosophies religieuses d'Henri Bergson et de William James..
Durant l'été 1907, Mina et Stephen quittent leur premier appartement pour emménager dans la rue Costa San Giorgio dans le quartier de l'Oltrarno de Florence. Le , Mina accouche d'une fille, Joella Synara, le prénom de Joella est choisi par Mina en souvenir du docteur Henri Joël Le Savoureux et le second prénom en hommage à Cynara, la muse de l'écrivain Ernest Dowson. Le couple engage une nourrice pour s'occuper de leur fille, Giulia et sa sœur Estere pour faire la cuisine. Peu de temps après Mina est à nouveau enceinte et le , elle donne naissance à un garçon John Stephen Giles Musgrove Haweis, plus connu sous le prénom de Giles. La famille va pouvoir se stabiliser lorsque Sigmund Lowy leur offre un appartement qu'il a acheté sur la Costa San Giorgio, appartement assez grand pour loger la famille et établir un atelier de peinture. Malgré des conditions matérielles confortables, les tensions au sein du couple réapparaissent, Mina fait chambre à part, possède sa salle de bain individuelle et partage ses repas avec ses enfants et Giulia sans la présence de Stephen. Ces première années florentines ont été pour Mina un moment de réflexion nécessaire à sa production poétique à venir.. vignette|upright|Portrait de Mabel Dodge Luhan
Florence 1910-1913 gauche|vignette|upright|Gertrude Stein. Mina Loy se lie avec la mécène américaine Mabel Dodge Luhan qui deviendra son amie intime. Mabel et son époux, l'architecte Edwin Dodge se sont installés dans la Villa Curonia à Arcetri. Grâce à Mabel, elle fait la connaissance de Gertrude Stein., du collectionneur d'art Sir Arthur Acton, de Paul et ., du socialiste . et de son épouse Carrie Rand.. Comme c'était dans l'air du temps marqué par la Théosophie et l'orientalisme, on se livre dans la Villa Curonia à des séances de spiritisme, de tables tournantes, ainsi qu'à des lectures des Védanta, expériences qui étaient considérées comme des validations des écrits de Sigmund Freud..
Sur les recommandations de Mabel, Mina se met à étudier la philosophie d'Henri Bergson, délaissant tout production artistique, alors que son mari continue à peindre, ses tableaux obtiennent du succès et Mina vit mal son statut de femme qui ne lui apporte guère de satisfactions. Par défaut, elle devient la témoin discrète des extravagances de la société anglo-florentine, tandis que les relations entre elle et Stephen se détériorent au point qu'elle en vient à le détester..