Les éclaireuses et éclaireurs israélites de France (« EEIF »), appelés éclaireurs israélites de France (EIF) de 1923 à 1969, sont une association scoute française d'éducation juive, reconnue d'utilité publique. La devise du mouvement est : « pour le Bien, toujours prêts ! », son slogan : « Bâtisseurs d'identités depuis 1923, une aventure à vivre et à transmettre... ».

Les Eclaireuses et Eclaireurs Israélites de France (EEIF) font vivre à des jeunes de 7 à 25 ans une expérience éducative fondée sur la méthode scoute qui vise à construire leur identité, développer dans leur vie un engagement de scout et de citoyen, transmettre à leur tour et ainsi vivre une expérience enrichissante et inoubliable.

Les EEIF sont membres fondateurs de la Fédération du scoutisme français, membres de l'Organisation mondiale du mouvement scout (OMMS), de l'Association mondiale des guides et éclaireuses (AMGE), du Forum International des Scouts Juifs (IFJS) du Fonds social juif unifié (FSJU) et adhérents au Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).

En 2009, l'association compte plus de , dont bénévoles âgés de . Le mouvement compte locaux sur l’ensemble du territoire national, qui organisent d'hiver et d'été chaque année en France et à l'étranger.

Histoire Les éclaireurs israélites de France (EIF) ont été fondés en 1922-1923 par Robert Gamzon, comme mouvement s'affirmant « scout, juif et français ». Edmond Fleg, puis Léo Cohn apportèrent chacun une contribution décisive à ce qui allait devenir le premier mouvement de jeunesse juive en France. Répondant aux aspirations de la jeunesse juive, ils connaissent une rapide extension dans l’Est de la France, puis dans le Sud et en Afrique du Nord (Algérie française ou pays sous protectorat français à l'époque), accueillant filles et garçons de toutes origines et de tous milieux.

Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, les chefs d'Alsace et de Lorraine ont été rapatriés en 1939 vers la zone libre où ils ont participé à la création et au maintien de nombreux centres d'accueils pour enfants juifs comme dans le Rouergue, ceux qui furent animés par Raymond Winther, Marcel et Roger Gradwohl à Villefranche-de-Rouergue, Moissac, Saint-Affrique, Beaulieu-sur-Dordogne où les activités de scoutisme continuaient semi-clandestinement. Ainsi, grâce aussi « à l'aide bienveillante du préfet », pendant les hivers 1943 et 1944, les éclaireurs israélites qui avaient pris l'apparence d'éclaireurs unionistes protestants, purent organiser leur camp à Florac avec leur rabbin. Les problèmes que posaient le ravitaillement et la clandestinité rendue nécessaire par les exigences allemandes furent facilités par la solidarité des mouvements scouts catholiques et protestants locaux. Eux-mêmes participèrent au sauvetage des enfants par d'autres mouvements comme l'Œuvre de secours aux enfants (OSE) et s'impliquèrent dans les passages clandestins vers l'Espagne et la SuisseEugène Martres, Les archives parlent: Auvergne, Bourbonnais 1949-1945, éditions De Borée.. Une éclaireuse Marianne Cohn, se montre particulièrement héroïque en faisant passer des enfants vers la Suisse.

Cet engagement a servi, sert et servira encore d’exemple à tous les membres des EEIF, « Bâtisseurs d’identités depuis 1923 ».

Les premières années : première sortie du « groupe scout », recruté dans un patronage ; : les sept premiers éclaireurs israélites de France, formés par Robert Gamzon (Castor soucieux) alors âgé de , font leur Promesse dans la synagogue de Versailles ; : naissance de la troupe "« Paris-David » ; 1930 - 1940 : aide à l'insertion des immigrants juifs d'Allemagne et d'Europe de l'Est en leur apprenant un métier dans des ateliers professionnels (reliure, menuiserie, cuir, …) ; 1932 : national à Moosch (Haut-Rhin) ; 1933 : ouverture du centre de formation de La Chapelle-en-Serval (Oise) et des promotions de cadres inter-branches « Montserval » ; 1937 : pour la première fois, une délégation EIF participe à un Jamboree mondial, celui de Vogelenzang ou plus communément appelé Jamboree de Bloemendaal (Pays-Bas) ; : admission officielle des EIF au sein du Bureau inter-fédéral du scoutisme (BIF). Cette adhésion avait été refusée par deux fois auparavant : en 1928 et 1937, à la différence des éclaireuses israélites accueillies dès 1928 au sein de la Fédération française des éclaireuses (FFE). La FFE formait avec les GDF le Comité de liaison avec l’AMGE.

Pendant la guerre : ouverture de la Maison des enfants de Moissac (Tarn-et-Garonne) par Shatta et Bouli Simon ; : malgré l'occupation du pays par les nazis, les EIF se rassemblent à Viarose et proclament le maintien des activités du mouvement. En zone nord occupée par les Allemands, sous la direction de Fernand Musnik (qui sera arrêté à son poste et déporté en 1943), la province de la Seine est active malgré les interdictions de la Gestapo et les déportations ; 24 au : au château de l'Oradou à Clermont-Ferrand, un camp regroupe les responsables nationaux des Éclaireurs de France, des Éclaireurs israélites de France, des Éclaireurs unionistes de France, des Scouts de France, de la Fédération française des éclaireuses et des guides de France. De cette réunion est née une charte (appelée Charte de l'Oradou) à la base du « Scoutisme Français » ; : le dépôt des statuts de la fédération « Le Scoutisme Français » est effectué à la sous-préfecture de Lapalisse (Allier) ; : par une loi du gouvernement de Vichy, le mouvement des Éclaireurs israélites de France est dissous comme toutes les organisations juives non cultuelles. Le président du « Scoutisme Français », le général Joseph Lafont, obtient des autorités vichyssoises que les EIF, bien que ne faisant plus officiellement partie du Scoutisme Français, puissent continuer leurs activités scoutes sous le contrôle du « Scoutisme Français ». Bravant la dissolution, dix chantiers ruraux EIF réunissent 300 « défricheurs » ; : organisation de la « Sixième ». Bien que les EIF soient désormais interdits, Robert Gamzon obtient leur intégration au sein de la Section de la Direction « Jeunesse » de l'UGIF. La disparition officielle des EIF ne signifie pas qu'ils cessent d'œuvrer. ; : les premières bases du mouvement clandestin sont posées à Moissac ; organisation clandestine de sécurité, d'auto-défense, de planquage et de fabrication de faux papiers, elle sauve des jeunes juifs par milliers. : par un simple courrier adressé au directeur de l'UGIF, Darquier de Pellepoix, commissaire général aux questions juives, « ordonne d'assurer une dissolution effective et immédiate des EIF et d'interdire leur regroupement sous une forme quelconque » (souligné dans le document original). Cette dissolution ne fait qu’accélérer le passage de ce mouvement à la clandestinitéDavid Donoff éclaireur et résistant. Samy Klein, aumônier de la jeunesse, est fusillé parmi d'autres. et commissaires ne reviendront pas de déportation ou tomberont dans les combats de la LibérationÉclaireurs et Maquisards : les E.I.F. dans la Résistance ; : le de Die interrompt ses travaux pour fuir dans la montagne, pourchassé par les Allemands ; Le 6 juin 1944, une centaine d'EIF, jusqu'alors regroupés dans la Montagne Noire rejoignent le maquis de VabreLes EI au maquis (par Hubert Beuve-Mery) dans les Monts de Lacaune (Tarn). Castor prend le commandement de la compagnie du maquis, aussi dénommée compagnie Marc HaguenauMarc Haguenau sur le site AJPN (secrétaire général du mouvement, tué par les AllemandsYad Vashem Documents ArchiveAnnie Pennetier et Jean-Luc Marquer « Haguenau Marc, écrit aussi Hagueneau (pseudonyme : Colombe) », Le Maitron, màj le 26 novembre 2022, consulté le 20 juillet 2023.). Gilbert Bloch et huit autres de ses camarades sont tués lors de l'attaque du maquis le . La compagnie participe à la libération de Mazamet et de Castres, est intégrée à la et prend part, jusqu'au lac de Constance, aux combats de la Libération.

Après la Guerre 1946 : création de l'école Gilbert Bloch d'Orsay pour former les futurs cadres d'une communauté décimée. Cette école fut dirigée par Robert Gamzon, puis par Jacob Gordin, enfin par Léon Ashkénazi (Manitou) ; Création du Service Social des Jeunes (SSJ) pour l'aide à la recherche d'emplois ; 1948 : montée en Israël de cadres du mouvement qui partent pour aider à la construction de l'état et d'un kibboutz EIF ; 1950-1960 : Participation à l'accueil des jeunes et aide à l'intégration des Juifs d'Afrique du Nord. - Actions en faveur du Tiers-monde (voyages humanitaires, collectes d'argent, envois de vêtements et de médicaments au Sénégal, Cameroun …) ; 1951 : création de l'Association des Maisons d'Enfants (AME) à Saint-Maximin (Oise), dirigée par Shatta et Bouli Simon ; 1969 : les Éclaireurs israélites de France deviennent les Éclaireuses & éclaireurs israélites de France ; 1960-1970 : actions en faveur de handicapés (intégration d'un groupe d'aveugles au sein des EEIF). Actions sociales, culturelles et éducatives en Israël et travail dans des villes de développement ; 1980-1990 : actions pour les communautés juives en péril (URSS, Syrie, Éthiopie et Yougoslavie) ; 1982 : lancement de l'opération 'Hag Sameah le Pessa'h (confection et distribution de colis de nourriture pour aider les familles juives en difficulté à passer dignement la Pâque juive). Création du groupe Arc-en-ciel (Keshet) pour l'intégration de handicapés physiques et mentaux aux EEIF ; 2000 : partenariat avec l'association “Little Dream” pour l'accueil d'enfants de familles nécessiteuses pendant les activités et les camps ; 2002 : mise en place de visites régulières aux personnes âgées au moment des fêtes juives (Chabbat, Sédèr de Pessa'h et de Roch Hachana, 'Hanouka,...) ; 2003 : pour les du mouvement EEIF sont organisés : un colloque sur l'engagement, un gala avec Élie Semoun et le Grand Klezmer, ainsi qu'un grand rassemblement national à Périgueux qui a réuni plus de de toutes les générations ;

2006 : création du forum international des scouts juifs (IFJS)Forum international des scouts juifs (IFJS). le à Jérusalem, en présence de représentants d'associations ou comités de scouts juifs israéliens, américains, britanniques et français ; 2013 : des EEIF ; 2018 : Conseil National au nom de « Des racines et des ailes » à Jérusalem en Israël. Plus de 450 animateurs et cadres se sont divisés en 24 commissions qui ont travaillé pour présenter des motions. Le mouvement s'est penché sur cinq principaux sujets : pratiquer le scoutisme, vivre le judaïsme, agir avec Israël et le monde, développer la mixité sociale, innovation et développement au service du mouvement. 21 motions sur les 24 proposées ont été votées ; 2020 : les camps d'étés sont maintenus malgré l'épidémie du Covid-19, 13 camps chez les bâtisseurs, 16 chez les éclaireurs et 11 chez les pifs qui pour la première fois depuis plus de 20 ans ont dû voyager en France. La vision de ces camps "pifs" qui sont normalement censé être humanitaire ne l'était pas en cette année spéciale pour le mouvement ; 2023 : les Éclaireuses éclaireurs israélites de France ont fêté leur anniversaire à Cussac-Fort-Médoc. Plus de 2000 anciens se sont retrouvés les vendredi 28 et samedi . Et environ 8000 personnes se sont retrouvées le dimanche , pour fêter ensembleLoukas Brillaud. Pour fêter le centième anniversaire des Éclaireuses et Éclaireurs israélites de France, 8 000 personnes sont rassemblées à Cussac-Fort-Médoc ces 30 et 31 juillet. sudouest.fr. 31 juillet 2023.. 2024 : nouveau commissaire général : Jeremy Houri (Massaî). Localisations dans le monde Le mouvement compte 42 Groupes Locaux (GL) dans le monde, dont celui en Israel, à Montréal (Canada), à Londres (Royaume-Uni), au Luxembourg. Les 38 autres se trouvent en France métropolitaine.

Un Groupe Local a aussi fait son apparition à New-York avec une première activité le . Cependant il ne figure pas officiellement sur le site des EEIF.

Projet éducatif