L’université Jean-Moulin-Lyon-, de nom d’usage « université Jean-Moulin », également couramment appelée « Lyon », est une université française située à Lyon et à Bourg-en-Bresse.
C'est l'une des quatre universités de l'académie de LyonAvec les universités de Lyon I, de Lyon II, et l'université de Saint-Étienne..
Elle est issue d’une scission de l'université Lumière-Lyon-II en 1973, à l'initiative d'un groupe d'enseignants de Lyon II.
Depuis 2007, elle est membre fondateur de la ComUE Lyon Saint-Étienne.
Histoire Historique de l'université
Les débuts En 1969, à la suite des événements de , l'ancienne université de Lyon est scindée entre une université de sciences naturelles, Lyon-I, et une université regroupant les sciences humaines, la gestion et le droit, Lyon-II. Une scission de la nouvelle université Lyon-II est envisagée par le ministère de tutelle dès sa création, mais elle est finalement organisée localement par un groupe d'enseignants. L'université Lyon- est officiellement créée en 1973. Henri Roland est alors élu président de l'université (fonction créée par la loi Faure de 1968), tandis que l'université elle-même est organisée selon un modèle inspiré des facultés de l'« avant 1968 ». Les UER sont ainsi communément qualifiées de « facultés ».
La création de la nouvelle université se fait sous l'impulsion d'un groupe d'enseignants hétérogènes, où dominent les éléments de la droite parlementaire, mais qui inclut aussi des éléments de droite radicale, gaulliste et anti-gaulliste.. Parmi les gaullistes de droite radicale, André Decocq est « doyen » de l'UER de droit, et Jacques Goudet est à la tête de l'institut des langues et est élu vice-président enseignant. Tous deux sont membres de l'UNI et du SAC.. Le deuxième vice-président est Gérard David, membre des Républicains indépendants. À l'extrême-droite anti-gaulliste, Jean Haudry est doyen de l'UER de lettres. Au centre et au centre-gauche, l'UER de philosophie est dirigée jusqu'en 1987 par François Dagognet, et l'IAE par André Varinard (futur recteur). L'université est ainsi politiquement hétérogène, malgré ses origines.
Toutefois, l'université s'oppose aussi à ce qu'elle appelle la « politisation » ; en 1975, le président Henri Roland refuse ainsi de proposer au conseil universitaire des étudiants appartenant aux listes pourtant majoritaires, plutôt à gauche, leur préférant des organisations classées à droite. Le rapport Rousso souligne ainsi :
Placée au centre-ville, Lyon-III attire un certain nombre d'étudiants, notamment en raison de son enseignement de filières spécifiques (gestion) ou de diverses langues rares : en 1974, elle compte ; en 1979, ; en 1984, ; en 1989, ; en 1990, ; en 1993, . En , elle accueille le Centre d'analyse et de traitement automatique de la Bible et des traditions écrites (CATAB), dirigé par Gérard Weil, qui se brouille ensuite avec Jacques Goudet, élu président de l'université en 1979.
Les réseaux d'extrême-droite dans l'histoire de Lyon-III
1981-2003 : implantation de l'extrême-droite dans le corps enseignant
Jacques Goudet crée en l'Institut d'études indo-européennes, qui vise à favoriser l'émergence dans l'enseignement des langues rares, mais s'inscrit aussi dans une conjoncture liée au mouvement de la Nouvelle Droite, qui y trouve un accueil (Pierre Vial, Jean Varenne, qui y enseigne le sanskrit, ou Jacques Marlaud, qui y devient par exemple maître de conférences en 1987). La gestion de Goudet (1979-1987, au-delà des 5 ans réglementaires) a été controversée ; le rapport Rousso (2004) la qualifie de .
Lors de la loi Savary, promulguée en 1983 par le gouvernement socialiste, les étudiants de Lyon-III entrent en grève, partiellement soutenus par la direction. La situation demeure toutefois plutôt calme, malgré les pressions du GUD ; le président décide la fermeture administrative de l'université. En 1987, des étudiants venus parler de l'objection de conscience sont agressés.
Si ses effectifs triplent en 20 ans, la proportion de ses enseignants demeure la même, passant de 175 à 314 entre 1973 et 1989. Selon le rapport Rousso (2004), ce . Bien intégrée dans le paysage universitaire dans les années 1990, elle compte alors
En raison de l'orientation politique d'extrême droite de certains de ses enseignantsMichel Wieviorka, La tentation antisémite : Haine des juifs dans la France d'aujourd'hui, Laffont, 2005, 405 p. emplacement 6661 et suiv. sur 9315., l'université a été accusée des années 1980 à 2000 de se montrer complaisante à l'égard de thèses négationnistes, antisémites et racistes. C'est l'institut d'études indo-européennes, qui regroupe moins d'une demi-douzaine de chercheurs, qui a concentré une grande partie des critiques, le reste étant porté par les pratiques peu démocratiques et opaques des gouvernances ; le professeur Bruno Gollnisch fut suspendu de toute activité pour des propos tenus lors d'une conférence de presse du .. Finalement relaxé par la Cour de cassation., il réintègre l'université en 2011. et prend sa retraite l'année suivante..
Le Rapport sur le racisme et le négationnisme à l'université Jean-Moulin-Lyon-III, établi sous la direction d'Henry Rousso à la suite d'une demande du ministre de l'Éducation nationale Jack Lang en 2001, a été rendu public en . Ce rapport a montré que le nombre d'enseignants concernés était limité, environ une douzaine, mais avait porté atteinte à la crédibilité de l'institution car elle n'a pas réagi face aux comportements de certains de ses enseignants.
Tentatives de réimplantation étudiante depuis 2010 Les années 2010 et 2020 voient les associations étudiantes d'extrême-droite essayer de s'implanter à l'université. En 2011 puis en 2016, le GUD tente de s'implanter dans l'établissement via la création de deux associations étudiantes, l'Union Défense de la Jeunesse puis Lyon 3 Patriote, essuyant à deux reprises une opposition de la présidence de Lyon-III. En 2020, le syndicat étudiant la Cocarde étudiante essaye de se faire élire dans les instances locales du CROUS et de l'université ; interpellé en 2022 par les associations étudiantes dont l'UNEF, le président de l'université demande en 2024 la dissolution des groupes étudiants d'extrême-droite.
Politique interne de Lyon-III après 2003 En 2006, l'université est une des rares de France à ne pas être bloquée lors du mouvement lié au CPE. Un référendum est mis en place par l'administration sur la question du blocage. Ce dernier a été refusé par 82,42 % des votants, 17,58 % () s'étant prononcés favorablement., tous les cours ont eu lieu.
Fin , le conseil d'administration de l'université élit un nouveau président, Hugues Fulchiron. La majorité dont il est issu consiste en une « union sacrée » (composée de la majorité des enseignants de la faculté de droit, des enseignants de la liste Concertation et soutenue par la Voix des IATOSS et les étudiants de l'UNEF) sous la bannière Jean Moulin Renouveau afin de rompre avec les pratiques des précédentes présidences et d'instaurer un esprit d'ouverture et de dialogue. Il est confirmé en . Malgré tout, la gouvernance « Fulchiron » est très contestée au sein de l'établissement (soupçons de favoritisme, de harcèlement, critique de l'attribution des subventions du FSDIE, etc.), rapporte Lyon Capitale en 2011... Depuis 2012 et l'élection du professeur Jacques Comby à la tête de Lyon-III, l'université semble se normaliser et les querelles s’apaiser.
En , l'annonce de la démission d'Eric Carpano président de l'université pour se fait dans un contexte tendu. Un recours au tribunal administratif concernant des accusations d'usage illégal de la CVEC est annoncé par l'organisation étudiante majoritaire la Force, le jour même de sa démission. Cette démission aurait été probablement motivée par une affaire de violences conjugales qui entraînera quelques mois après la démission d'Éric Carpano sa condamnation à 4 mois de prison avec sursis pour violences conjugales.
Projets de fusion sur le site lyonnais En , le conseil d'administration de l'université rejette le projet de fusion entre les trois universités lyonnaises ainsi qu'avec l'université de Saint-Étienne [16 pour, 18 contre]. Cette fusion ayant pour principal objectif de présenter sa candidature à une Initiative d'excellence (IDEX), qui avaient déjà écarté les universités lyonnaises à cause de leur absence de gouvernances communes. Les trois autres universités lyonnaises et stéphanoise souhaitent continuer la candidature aux Initiatives d'excellence (IDEX), sans l'université Lyon-III, même si celle-ci pourrait rejoindre le projet après coupL’université Lyon-III tourne le dos au projet de fusion, Le Monde, 23 novembre 2016.
Le , le président Comby demande un nouveau vote du Conseil d'administration concernant l'IDEX et un vote de confiance à la suite du refus de novembre. le projet IDEX est largement accepté sous réserve qu'il n'engage en rien l'établissement dans la fusion [23 pour, 8 contre]. La confiance est renouvelée à 19 voix pour. Cet épisode a profondément scindé l'université entre les partisans de la fusion et les autres.
En 2020, c'est l'université de Saint-Étienne qui renonce aux projets de fusion. En 2024, les universités Lyon-I et Lyon-II renoncent également à fusionner.
Présidents successifs Depuis la création de l’université, huit présidents se sont succédé à la tête de l’établissement. Liste chronologique des présidents de Lyon-III :
Composantes L'université est composée de quatre facultés (droit, langues, philosophie, humanités) et de deux instituts (IAE, IUT).
Facultés La faculté de droit, fondée en 1875, propose des formations juridiques et en sciences politiques. Dirigée, depuis 2022, par le doyen Olivier Gout, c'est la plus grande composante de l'université avec environ (en 2022). La faculté de droit comprend huit instituts spécialisés.. En 2006, l'université Lyon-III a passé une convention avec l'université Ain Shams du Caire pour créer un département de droit délocalisé en Égypte ; actuellement, ce département compte 150 à 200 étudiants. La faculté de philosophie de Lyon-III est dirigée depuis 2020 par Thierry Gontier., et compte 827 étudiants en 2019. La faculté des Humanités, Lettres et Sociétés propose aux étudiants des études de lettres modernes ou classiques, ainsi qu'en histoire, géographie et aménagement et l'IUP information et communication. Elle est dirigée par Sylvène Édouard et compte environ . La faculté des langues comprend des études en langues, lettres, civilisations étrangères et régionales (dites LLCER) et en langues étrangères appliquées, avec apprentissage des littératures étrangères, de la civilisation, de l'histoire de la langue, de son système, en langues étrangères : allemand, anglais, arabe, chinois, coréen, espagnol, grec moderne, hébreu, hindi, italien, japonais, polonais, portugais, russe, sanskrit, turc. Elle est dirigée par Alessandro Martini et compte environ .
Instituts L'université comprend deux instituts autonomes au sens du Code de l'éducation : un institut d'administration des entreprises (IAE) et un institut universitaire de technologie (IUT). vignette|L'Institut d'administration des entreprises (IAE) de Lyon-III (2006). L'institut d'administration des entreprises de Lyon-III, également appelé iaelyon School of Management est un pôle universitaire d'enseignement et de recherche à la gestion et au management. Il accueille chaque année et participants de formation continue et compte près de 150 enseignants permanents. L'IAE de Lyon propose aux étudiants un cursus professionnalisant de bac +3 à bac +8 (licence, master et doctorat). Il est dirigé par Marie-Christine Chalus depuis le mois de (précédemment Christian Varinard). L'institut universitaire de technologie de Lyon-III est dirigé par Jérôme Travard et compte environ . Les autres instituts de Lyon III dépendent de services ou composantes de l'université.