Le séisme du s'est produit en Irpinia à heure locale, suivi d'une seconde secousse au bout de . Le tremblement de terre a duré en totalité près d'une minute et demie. L'épicentre du séisme est situé à Conza della Campania dans la province d'Avellino, en Italie méridionale.

Il a été ressenti dans tout le pays et a touché majoritairement les régions de Campanie, Basilicate et les Pouilles. De graves dommages ont été enregistrés dans les provinces de Potenza, Naples et Salerne.

Le séisme de Campanie et de Basilicate fait partie des séismes les plus puissants et les plus meurtriers d'Italie pour la période comprise entre 1900 et 2017.. Un demi-siècle auparavant, le ., un séisme s'était produit dans cette région. Il s'agit du troisième et dernier séisme du touchant la région (1930, 1962, 1980).

Cette catastrophe naturelle témoigne des interactions complexes entre l'Homme et la nature. Des processus sociaux, notamment l'adaptation à l'environnement, se sont déroulés sur le court et long terme.

Déroulements des évènements géologiques Le territoire italien est présent sur plusieurs plaques tectoniques dont les limites sont le siège de séismes et d'éruptions volcaniques. Au cours des passées, l'Italie a connu plus de 400 séismes de magnitude supérieure ou égale à 5,5.

La partie sud de l'Italie est située près de la limite entre les plaques africaine et eurasienne, et l'Irpinia est une zone fortement sismique : depuis 1456, onze séismes de magnitudes supérieures à 5 ont été référencés dans la région.

Géologie Cette région conserve les traces de la rupture de la Pangée à l'ouverture de Téthys et à sa fermeture pendant la croissance des chaînes de montagnes. Il y a par exemple des sections de croûte continentale paléozoïque, plate-forme continentale et de croûte océanique (sédimentation de Flysch).

La région de l'Apennin méridional est constituée par d'importants massifs calcaires, les mont Terminio, Cervialto et Marzano, dont les eaux absorbées alimentent d'importantes sources karstiques, spécialement celles de Cassano et de Capo Sele.

Une faille longue de trente kilomètres s'étend désormais de Sant'Angelo à Balvano.

Caractéristiques du séisme d'Irpinia vignette|Carte macrosismique post-séisme. Magnitude La secousse principale est de magnitude 6,9 tandis que la seconde est de magnitude 5.

Intensité Le tremblement de terre a une intensité de X., sur l'échelle d'intensité MSK (anciennement connue sous le nom d'échelle de Mercalli, du nom du vulcanologue Giuseppe Mercalli). Ce degré d'intensité est considéré comme extrême ou très destructif, puisqu'il implique que de nombreuses constructions se soient effondrées..

Autres caractéristiques La déformation du sol a été causée par les secousses sismiques entre 30 et de hauteur, ce qui a entraîné par nivellement topographique effectué en 1981 près de la zone de Sella di Conza Des compléments sur le séisme sont disponibles en ligne..

Signes avant-coureurs Des analyses rétrospectives ont montré des variations des paramètres physiques quelques jours avant le séisme autour du séisme d'Irpinia. +Anomalie détectéeDate avant le séismeLocalisationRadonJuin à novembre 1980Rieti, RomeInfrarouge irradiancechaînes des AppeninsIonosphère par satelliteentre 1,8 à au-dessus de la zone du séismeIonosphère par ionosondeentre 1 à Rome, Athènes

La modification de l'ionosphère a été détectée à partir de la variation des masses d'ions, des très basses fréquences et du champ magnétique.

Rôle possible de la géologie dans l'amplification du séisme Les liens exacts entre la géologie du sol et l'amplification du séisme n'ont pas été établis Des compléments généraux sur l'origine, les dégâts plus globalement la géologie du site sont présentés sont disponibles en ligne. . Cependant, les différentes couches superficielles du sol ont influencé le mouvement du sol au début de la secousse. Le sol peut provoquer plusieurs amplifications sismiques sans bâtiments tandis qu'un bâtiment rigide de faible hauteur y est sensible. La présence de l'eau dans la roche avant le séisme a pu amplifier ses effets.

Impact sur l'hydrogéologie Il y a eu une vidange accentuée de l'aquifère karstique. À la source de Cassano, la décharge de l'aquifère était estimée à 9-10 x 106 m3 pour la période hivernale (novembre à mars) succédant à une cure d’automne. À la source Sanità de Capo Sele, l’hydrogramme a présenté des phénomènes précurseurs d’origine sismiques antérieures au séisme. Des perturbations de débit ont succédé à un tarissement. Il y avait une pointe de crue sismique avec une décharge évaluée à 28-30 x 106 m3. En , l'augmentation temporaire du débit passait de 4,35 à . Une comparaison est possible avec la crue analogue à la suite du séisme du .

Sur les sources hydrothermales, il y a eu augmentation brutale de la température (jusqu'à dans un cas) et des teneurs en anions divers.

Déroulement des évènements historiques Soumises à un fort risque en raison de la forte sismicité des régions du Sud de l'Italie, . Le secteur est rural et montagneux.Par exemple, la Basilicate, en dehors de la capitale régionale Potenza, était une région enclavée présentant une zone d'émigration persistante. une des zones les plus pauvres de tout le Mezzogiorno.

Évènements chronologiques notables Pour les témoins de l’évènement, c’était un jour anormalement beau.Je me souviens d’un jour merveilleux… avec un soleil chaud et une rue bondée… pleine de monde avec des enfants. Beaucoup de personnes ont décrit une situation « apocalyptique » ou une ambiance de « fin du monde » pour indiquer l’impact brutal et les effets du séisme.J’ai entendu un bruit… terrible… de métaux… une explosion… et instinctivement je me suis tourné vers la sortie… mais j’ai compris que l’escalier commençait à se tordre… l’immeuble s’écroula sur les autres étages, et la porte m’est tombée dessus… Je n’ai pas pu rentrer dans ma maison et j’étais subitement dans cet état.

Le en milieu d'après-midi, on recense huit cents morts. Le gouvernement déclare la Basilicate et la Campanie en état de catastrophe naturelle.

Le au soir, on annonce deux-cent-mille réfugiés.

Les journaux italiens s'en émeuvent et La Repubblica titre le : « Il y a plus de trois mille morts, pour les vivants, l'aide manque. » Le même jour, Il Mattino titre : « Faites vite ! Pour sauver ceux qui sont encore vivants et aider ceux qui n'ont plus rien. »

Six jours après la catastrophe (), les pertes humaines s'élèvent à deux-mille morts.

Au cours des six premières semaines, il semblait y avoir une envie généralisée de démolir, plutôt que de sauver, les structures gravement fissurées : c'était une « manie de démolition... presque comme si les pierres elles-mêmes étaient responsables de la catastrophe ».

Évènements politiques Le , Sandro Pertini venait de rentrer à Rome après une visite d'État officieuse en République hellénique. Le 24, après avoir accueilli le Premier ministre britannique Margaret Thatcher, il part pour la région sinistrée. Le 25, Pertini se rend dans les zones sinistrées en hélicoptère, malgré l'opposition du Premier ministre Arnaldo Forlani, des ministres et des conseillers. Le lendemain, dans un discours à la nation, le Président fait état de la situation désespérée et dénonce les responsabilités politiques et le fait que les centres de coordination, prévus en 1970, n'avaient jamais été réalisés. Ce jour-là, le journal historique du Sud de l'Italie – « Il Mattino » – a suggéré : la une a eu un écho international et est rapidement devenue un symbole.

Organisation de l'aide humanitaire La chaîne de commandement n'était pas claire avec aucune information, sans électricité, sans ligne téléphonique, ni de coordination. L'agenda politique et le comportement social avaient ignoré les expériences passées et les risques environnementaux. En moyenne, la première aide significative des communes est arrivée après plus ou moins cinq jours.vignette|Rescapés du tremblement de terre d'Irpinia de 1980.

Difficultés de l'organisation de l'aide humanitaire Les secours ont tardé à arriver et le ravitaillement a vite fait défaut : les réfugiés manquaient d'eau, de couvertures, de vivres et de médicaments.. Les véhicules de sauvetage, l'équipement et les compétences, les cercueils manquaient. La nourriture était rare et les équipes de secours donnaient leurs rations aux victimes. Le retard pris serait en partie dû à la méconnaissance de l'épicentre du séisme renseignant sur la zone la plus touchée. De plus, l'accès aux villages touchés était difficile, car la zone est isolée et située en altitude ().. Les routes étaient encombrées, tandis que les ponts et les tunnels avaient été endommagés par les secousses. Il n'y avait pas d'installations pour accueillir les gens, et les survivants ont passé les premiers jours de différentes façons comme dans leur voiture ou chez des parents dans d'autres villes. Enfin, les conditions météorologiques ont freiné l'aide des secours, notamment par hélicoptère, avec des vols parfois réalisés dans des conditions extrêmes. Le tremblement de terre ayant eu lieu en hiver, la pluie, la neige et le gel ont créé des coulées de boue. Les pompiers de Turin ont campé à Avellino, la ville principale de la région, dans des conditions difficiles et sans nourriture. Les 119 municipalités de district ont été touchées. Les pompiers s'occupaient le plus facilement des difficultés des localités de montagne, souvent inaccessibles, tandis que l'armée italienne – à l'époque, une force militaire de conscription – a pris plus de temps pour arriver. Des initiatives similaires ont commencé partout, parmi la confusion et l'incompétence de l'autorité territoriale. Dans les villages, les « carabiniers » locaux et les volontaires ont aidé à déblayer.

Implication de la nation Des bénévoles religieux catholiques ont participé aux opérations de sauvetage, notamment Caritas Italiana. Dans les jours et les mois qui ont suivi le séisme, la situation s'est améliorée, grâce à la province de Bologne, qui a fourni des centaines de bénévoles et des moyens pour faire face à l'urgence. Après celui de Rome, le service des pompiers de Turin a immédiatement envoyé ses équipes. Aussi, la situation a été maîtrisée grâce à l'intervention des volontaires de la Regione Toscana et des provinces de Brescia et Pesaro-Urbino, qui ont mis en place des camps pour les sans-abri.

À San Potito Ultra, l'administration locale a mis en place des thermo-igloos, en polystyrène expansé, fournis par la région de Sicile. Les igloos ont été occupés pendant plus de avant d'être démonté en 2015.

Autres soutiens

International Rapidement à la suite de l'évènement, les pays étrangers se mobilisaient pour les dons et les secours grâce à l'activité du président Sandro Pertini, et des titres de la presse italienne. D'après la protection civile, les États-Unis (où vivaient beaucoup d'immigrés de la région) donnent de dollars et l'Allemagne . Le gouvernement italien paie le voyage aux émigrés originaires de la région. On comptabilise près de de lires de dons venant de l'étranger. Les sinistrés appellent ceux qui les avaient secourus les « anges du tremblement de terre » (Gli angeli del terremoto).

Personnalités Le , le pape Jean-Paul II se déplace et survole la zone sinistrée.

Entre 1979 et 1981, Andy Warhol est l'invité du collectionneur et galeriste napolitain Lucio Amelio. Celui-ci lui fait rencontrer à Naples Joseph Beuys. Andy Warhol composa une suite de quatorze toiles autour du Vésuve et trois tableaux pour l'exposition « Terrae Motus » (1984), où furent invités à créer des œuvres en hommage aux victimes du tremblement de terre.

Reconstruction post-séisme