vignette|Un campement à Mar Lodj dans le Sine-Saloum Le tourisme au Sénégal est la seconde source de revenus du pays après la pêche. En 2018, il représente du P.I.B. du Sénégal et génère près de ..

Le Sénégal dispose d'importants atouts sur le marché régional et international, mais son industrie touristique connaît des difficultés. Le pays doit faire face à la concurrence de nouvelles destinations telles que la Mauritanie ou les îles du Cap-Vert.

Histoire

Suite à Faidherbe, Pinet-Laprade ou Gallieni, et avec la création de l'Afrique-Occidentale française (AOF) en 1895, les infrastructures locales et les moyens de transport s'améliorent. Les premiers colons se concentrent sur les îles (Gorée) et les côtes ; il est désormais possible de pénétrer à l'intérieur du pays. Alors que la ligne Dakar-Saint-Louis – la première voie ferrée – relie déjà la capitale au nord du pays, la mise en service du chemin de fer du Dakar-Niger ouvre de nouvelles perspectives. Des navires relient presque chaque semaine Marseille et Bordeaux au port de Dakar, à Conakry ou à Cotonou. Au début du , les transports aériens se banalisent, et des .

Le Touring-Club de France organise des caravanes, et dans les années 1930 un syndicat d'initiative est créé à Dakar. L'AOF devient une destination envisageable, voire une destination à la mode. Les brochures vantent ces paysages neufs, la diversité des peuples « véritable damier ethnographique », la saveur des tams-tams, ainsi qu'une faune abondante à portée de fusil. Un numéro spécial de L'Illustration, consacré à « L'œuvre de la France en Afrique occidentale », décrit en 1936 « l'inexprimable et inépuisable attrait » de cette « nature ardente », inquiétante hier, mais accueillante aujourd'hui. Tout semble devenu facile : « En fait, l'AOF est la banlieue tropicale de l'Europe. »« Le tourisme en AOF », L'Illustration, 29 février 1936, supplément, p. XIII.

La Seconde Guerre mondiale freine cet engouement, mais, au moment des indépendances, le Sénégal reste le seul pays à vocation touristique de la sous-région. Sa stabilité politique consolide cette position privilégiée. Au début des années 1970, l'État met en place une politique de développement du secteur, matérialisée notamment par la construction de plusieurs établissements hôteliers de grand standing. En ⁣⁣1973⁣⁣, ⁣le Club Méditerranée ouvre un premier village de vacances à Cap Skirring. La Casamance innove aussi avec les premiers campements villageois. Séduits par ces nouvelles possibilités en bord de mer, Européens et Américains affluent. Dans les années 1980, le tourisme est porteur d'immenses espoirs et l'on escompte alors le million de visiteurs annuels.

Le constat est mitigé, car d'autres destinations apparaissent. De même que le Sénégal a parfois profité des troubles au Maroc ou en Égypte, il a à son tour été privé de l'une de ses meilleures cartes pendant les quelques années du conflit en Casamance. Cette éclipse a profité indirectement à Saint-Louis qui a connu un véritable boum touristiqueLe boum touristique de Saint-Louis du Sénégal (2003) dans les années 1990, profitant d'un engouement croissant pour la découverte de la nature et le tourisme culturel. Pendant que la Casamance perdait d'arrivées de 1999 à 2000, Saint-Louis accueillait de touristes supplémentaires. Depuis le cessez-le-feu de 2004, la région a retrouvé son dynamisme touristique.

Après l'envolée spectaculaire des années 1980, la croissance du tourisme a ralenti. La durée des séjours est courte (à peine en moyenne), le taux d'occupation des infrastructures d'hébergement – plus nombreuses – a diminuéTaux d'occupation de en 1980, de en 1990 et de en 2001, selon des chiffres cités par Christian Saglio, op. cit., et le taux de retour est particulièrement faible pour le Sénégal. Les visites sont très inégalement réparties dans l'année et concentrées pour l'essentiel sur la façade atlantique. Il est vrai que, faute d'un véritable réseau ferroviaire et de routes en bon état, il est malaisé d'atteindre l'est du pays. Une étudeMamadou Daff, Analyse des déterminants de la demande touristique au Sénégal, 2005 couvrant la période 1972-2003 a montré que le Sénégal était considéré comme une destination intermédiaire ou de seconds choix par les touristes, que les variables relatives aux prix affectaient négativement la demande et que les capacités d'hébergement la favorisaient. En revanche, le niveau de revenu des vacanciers ne constituerait pas un facteur déterminant. De fait, en 2006-2007, on a observé une baisse de l'ordre de 15 à des arrivées pendant la basse saison.

Les professionnels du secteur ont analysé cette situation et identifié plusieurs causes« Promotion du tourisme : les professionnels exigent plus de moyens » (article de Mamadou Sy dans Le Soleil du 7 août 2007), notamment, le coût des facteurs de production (eau, électricité), le vieillissement du parc hôtelier et une promotion insuffisante de cette destination pourtant dotée de nombreux atouts.

Des efforts ont été faits pour améliorer le réseau routier et désengorger la capitale, notamment grâce à la création du site de Diamniadio. Pour rassurer les visiteurs, il était également nécessaire d'assurer leur sécurité et leur tranquillité dans quelques hauts lieux tels que le marché Sandaga de Dakar-Plateau ou le Lac Rose. Le gouvernement a cependant annoncé la création d'une police touristique. L'Agence sénégalaise de promotion du tourisme dotée de de Francs CFA ( d'euros) a été lancée pour aider au développement du secteur. Un nouvel aéroport, l'aéroport international Blaise Diagne, a été inauguré en 2017.

En 2012, le plan Sénégal émergent a intégré des mesures ambitieuses pour le développement du tourisme. Une ligne maritime « Dakar - Ziguinchor » contribue notamment à renforcer l'attractivité touristique de la Casamance. Cette région a également été classée zone touristique d'intérêt national.

L'État espère désormais accueillir de touristes à l'horizon 2023 contre en 2018.. Après la disparition de la crainte d'Ebola et l'absence d'attaques terroristes, la situation s'est améliorée grâce à la suppression du visa d'entrée, la baisse de des taxes aéroportuaires et la baisse du taux de TVA ramené de à grâce au Plan Sénégal émergent. La création de nouveaux sites tels que Pointe-Sarène devrait également contribuer au développement touristique.

Un tourisme aux multiples facettes

Plages et sports nautiques

Le séjour type consiste en une semaine de séjour dans un club de vacances ou un hôtel le plus souvent situé sur la Petite-Côte. Saly figure en tête du palmarès, mais d'autres localités sont également très prisées, telles que Toubab Dialo, M'bour, Somone, Nianing ou Mbodiène.

Non loin du centre de Dakar, la pointe des Almadies, Ouakam et ses vagues, ou l'île de Ngor comblent les amateurs de sports nautiques, notamment les plongeurs et les surfeurs.

Sur la Grande-Côte, au nord de la capitale, entre le lac Rose et Saint-Louis s'étend une immense plage de sable fin sur près de , ignorée du tourisme de masse, mais bien connue des concurrents du Rallye Dakar qui la longent en descendant de Mauritanie.

Dans les îles du Sine-Saloum, par exemple, à Mar Lodj ou à Niodior, les campements, rudimentaires ou plus luxueux, offrent la quiétude espérée, à peine troublée par les cris d'oiseaux.

L'aéroport de Ziguinchor et celui de Cap Skirring permettent d'arriver directement en Casamance où d'autres lieux de villégiature attendent les amateurs de farniente et de dépaysement, par exemple, à Abéné, à l'île de Karabane ou sur la longue plage bordée de filaos de Kafountine.

Tourisme d'affaires Dakar – et notamment le quartier de Dakar-Plateau – joue le rôle de capitale et de grande métropole moderne de l'Afrique de l'Ouest. Elle accueille chaque année de nombreux congrès, salons professionnels, colloques universitaires et rencontres panafricaines ou internationales, dont la Biennale de Dakar consacrée à l'art contemporain, et le Rallye Dakar. Ce tourisme d'affaires bénéficie d'infrastructures significatives, telles que le Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES), situé à proximité de l'aéroport international Léopold Sédar Senghor, ou l'hôtel Le Méridien, sur la pointe des Almadies, qui est doté de son propre Palais des Congrès, la foire de l'élevage.

Découverte du patrimoine Le tourisme culturel constitue l'une des autres motivations du voyageur, même si le Sénégal dispose de peu de vestiges monumentaux.

Le tourisme intéressé par la préhistoire tient à visiter les cercles mégalithiques de Wassu, situés à la frontière sénégalo-gambienne.

En revanche, la période coloniale a laissé son empreinte en de multiples endroits. Les hauts lieux en la matière sont l'île de Gorée et Saint-Louis. On trouve également quelques maisons de style colonial à Rufisque, près de Dakar, et à Ziguinchor, ville de la Casamance.

Au bord du fleuve Sénégal, se trouve le château du baron Jacques Roger à Richard-Toll, le fort de Podor et celui de Bakel, voulus par Faidherbe, ou les mosquées omariennes en banco de style soudanais, sur l'île à Morphil.

Parmi les constructions plus récentes, les cases à impluvium d'Affiniam, d'Enampore ou de Séléki en Casamance, de même que les maisons à étages en banco de Mlomp, classées par les Monuments historiques. L'île de Karabane associe plages et vestiges coloniaux.

La plupart des musées se trouvent à Dakar, dont le Musée Théodore Monod d'Art africain, tandis que le Musée historique du Sénégal se situe à Gorée. Les amateurs de tapisseries se rendent aux Manufactures sénégalaises des arts décoratifs de Thiès. L'art contemporain trouve sa place à la Biennale, au Village des Arts et dans les galeries de la capitale, tandis que plusieurs villages casamançais, tels que Mlomp, Boucotte Diola ou Diembéring, ont aménagé en plein air des musées présentant les traditions diolas. Dans la région des ÎÏes du Saloum, Djilor Djidiack, le village natal du président Léopold Sédar Senghor, abrite le Musée d'Art et d'Histoires des Cultures d'Afrique de l'Ouest (MAHICAO).

Le festival de djembé d'Abéné ou au Festival international de Jazz de Saint-Louis attirent le tourisme musical, tandis que la musique et la danse sont omniprésents dans le pays.

Tourisme mémoriel Au Sénégal, ce type de démarche est presque exclusivement concentrée sur la commémoration de l'esclavage et l'île de Gorée.

Même si dans l'intervalle les travaux des historiens ont montré que la Maison des Esclaves, qui a bénéficié de la reconnaissance de l'UNESCO, n'a pas joué dans la traite négrière le rôle de premier plan qui lui est attribué, la bâtisse rose reçoit près de par jourSelon Christian Saglio, op. cit., p. 53. L'excursion à Gorée est également populaire. De nombreuses personnalités ont aussi fait le voyage, tels que le président du Sénégal Abdoulaye Wade, son prédécesseur Abdou Diouf, les présidents Bongo, Houphouët-Boigny, Lula, François Mitterrand, Jimmy Carter, Bill Clinton et George W. BushLors de la visite du président américain à Gorée en 2003, tous les habitants de l'île durent évacuer leurs maisons., l'empereur Bokassa , l'impératrice Farah Diba et sa mère, le roi Baudouin et la reine Fabiola, Michel Rocard, Jean Lecanuet, Lionel Jospin, Régis Debray, Roger Garaudy, Harlem Désir, Bettino Craxi, Nelson Mandela, Jesse Jackson, Hillary Clinton et sa fille, Breyten Breytenbach, les chanteurs James Brown et Jimmy Cliff ou encore le pape Jean-Paul II en 1992.

Aux ⁣⁣États-Unis⁣⁣, ⁣des agences proposent aux touristes noirs américains des « Black-History Tours »Voir par exemple ce circuit au Sénégal intitulé "Return to Your Roots" qui leur permettront d'aller se recueillir sur la terre de leurs ancêtres et de méditer sur leur destin tragique. Les touristes américains sont peu nombreux hors de l'île.