Salah Stétié, né le ou le État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970 à Beyrouth et mort le au Chesnay-Rocquencourt, est un écrivain, poète et critique d’art franco-libanais de langue française de réputation internationale, exerçant la profession de diplomate.

Biographie

Jeunesse Salah Stétié naît à Beyrouth à l’époque du mandat français sur le Liban dans une vieille famille de la bourgeoisie sunnite. Son père, Mahmoud Stétié, enseignant, veille à ce qu’il apprenne le français dès son enfance. Il va au Collège protestant français, puis auprès des Jésuites au collège Saint-Joseph de l’université de Beyrouth, où il a pour condisciples Robert Abirached et André Tubeuf. Parallèlement, ce père, poète en langue arabe, lui transmet une solide culture arabo-musulmane.

À partir de 1947, il effectue des études de lettres et de droit et suit également l’enseignement de Gabriel Bounoure, le premier de ses maîtres spirituels, à l’École supérieure des lettres de Beyrouth, où il rencontre notamment Georges Schéhadé, son aîné d’un quart de siècle à qui il se lie d’amitié jusqu’à la mort du poète en 1989.

En 1949, il devient professeur au collège des pères mékhitaristes d’Alep.

Années parisiennes En 1951, une bourse française lui permet de s’inscrire à la Sorbonne. Il suit également les cours de l’orientaliste Louis Massignon, le second de ses maîtres spirituels, à l’École pratique des hautes études et au Collège de France.

Il fait partie de la première équipe des Lettres nouvelles, revue créée en 1953 par Maurice Nadeau et Maurice Saillet, et publie une première version de son ouvrage Le Voyage d’Alep au Mercure de France. Paris devient alors le principal de ses pôles mentaux. Il y fait la connaissance de poètes et d’écrivains, comme Pierre Jean Jouve, André Pieyre de Mandiargues, Yves Bonnefoy, André du Bouchet, Michel Deguy, de peintres comme Ferdinand Desnos, et s’intéresse à la nouvelle peinture française de l’époque. Cette passion ne cessera de s’intensifier au fil des années et donner lieu à de nombreuses collaborations avec des peintres : son ami peintre libanais Joseph Terdjan, mais aussi Zao Wou-Ki, Raoul Ubac, Pierre Alechinsky, Antoni Tàpies, Roger-Edgar Gillet

Charges diplomatiques Profondément attaché au Liban de son enfance qui demeure le foyer central de son imaginaire poétique, il retourne à Beyrouth en 1955 et enseigne à l’Académie libanaise des beaux-arts, puis à l’École supérieure des lettres de Beyrouth, enfin à l’Université libanaise. Il fonde alors L’Orient littéraire et culturel, supplément hebdomadaire du quotidien politique de langue française L’Orient, qu’il dirige jusqu’en 1961.

Dans les années 1960, il entre dans la carrière diplomatique et occupe successivement divers postes : conseiller culturel du Liban à Paris et en Europe occidentale, puis délégué permanent du Liban à l’UNESCO. À ce dernier titre, il joue un grand rôle dans la mise au point et la réalisation du plan mondial de sauvegarde des monuments de Nubie lors de la construction du barrage d’Assouan, puis est élu président du Comité intergouvernemental de l’UNESCO pour le retour des biens culturels à leur pays d’origine en cas d’appropriation illégale ou de trafic illicite, poste qu’il occupera pendant sept ans.

En 1982, il devient ambassadeur du Liban aux Pays-Bas jusqu’en 1984, puis ambassadeur au Maroc, de 1984 à 1987. En 1987, il est nommé secrétaire général du ministère des Affaires étrangères du Liban, en pleine guerre civile, puis devient à nouveau ambassadeur du Liban aux Pays-Bas, de 1991 à 1992.

Approches de l'œuvre poétique Célébrant à la fois une langue française très pure et les traditions de la poésie arabe, il est l’auteur d’une œuvre poétique abondante et très dense, où la « réduction » de l’expression et des thèmes visent à l’évocation de l’essentiel humain par des moyens verbaux épurés, la référence à Mallarmé (à qui Stétié a consacré un essai : Mallarmé sauf azur, 1999) s’imposant, du côté occidental.

Parmi ses recueils poétiques : L’Eau froide gardée, 1973 ; Inversion de l’arbre et du silence, 1981 ; L’Être poupée, 1983 (traduit en arabe par Adonis, 1983) ; Archer aveugle, 1986 ; Lecture d’une femme, 1988 ; L’Autre côté brûlé du très pur, 1992.

Il est l’auteur de nombreux essais, de recueils d’aphorismes (Signes et singes, 1996), de traductions et présentations de poètes arabes, de textes sur la poésie, la langue, l’art et la calligraphie. Son œuvre manifeste selon les mots d'Yves Bonnefoy et se découvre (Giovanni Dotoli, Salah Stétié, le poète, la poésie, Klincksieck, 1999).

En 2002, sollicité par Maurice Druon, il est candidat à l'Académie françaiseVoir sur academie-francaise.fr..

Il décède le à Paris, à l'âge de 90 ans.

Distinctions Prix

Doctorats honoris causa

Décorations

Œuvre vignette|Sète, festival Voix Vives, juillet 2014 Auteur d'une centaine de livres, son œuvre consiste surtout en recueils poétiques, des aphorismes, auxquels s'ajoutent des essais, des traductions, des critiques d'art et des mémoiresGuillaume Lecaplain, "SALAH STÉTIÉ, POÈTE QUI CROYAIT AU POUVOIR RASSEMBLEUR DE LA LITTÉRATURE", Libération, 12 juin 2020. Consulté le 28 août 2020.. Éditions courantes

Éditions de tête et livres d'artistes Exemplaires de tête

Livres d'artiste

Ouvrages collectifs

Préfaces

Traductions de l'arabe vers le français Badr Chaker Es-Sayyâb, poèmes de Djaykoûr, en collaboration avec Kadhem Jihad, avec des calligraphies de Mohammed Saïd Saggar, éditions Philippe Piquier/Le Calligraphe, 1983 Les Poèmes de Djaykoûr de Badr Chaker es-Sayyâb, avec des calligraphies de Nja Mahdaoui, nouvelle traduction de Salah Stétié, éditions Fata Morgana, 2000

Traductions de l'anglais vers le français Le Prophète, de Gibran Khalil Gibran, éditions Naufal-Europe, 50 exemplaires de tête tirés pour la Galerie Marwan Hoss sur les presses de l'Imprimerie Nationale, comportant une gravure originale de Zao Wou-Ki, 1992 Le Prophète, de Gébrane Khalil Gibran, nouvelle traduction, précédée de l'essai Le mystère Gibran, exemplaires de tête reproduisant la totalité des dessins de Gibran, éditions de La Renaissance du Livre, 1999

Œuvres en langue arabe La nuit du sens, positions et propositions sur la poésie et sur l'être, propos recueillis par Jawad Sidaoui, Dar el-Farabi, Beyrouth, 1990 Cet homme là... aspect d'une autobiographie, souvenirs recueillis par Toufic Chéhab, Dar al-Liwa, Beyrouth, 1990

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Ouvrages critiques Mohammed Serghini, Salah Stétié et les quatre éléments, Beyrouth, Dar Khodr, 1989 (en arabe) Marwan Farès, Les dialectiques triangulaires de Salah Stétié, Beyrouth, SID, 1990 (en arabe) Nathalie Brillant, Salah Stétié, une poétique de l'arabesque, Paris, éditions L'Harmattan, 1992 André du Bouchet, Pour Salah Stétié, dans « Retours sur le vent », Tours, éditions Fourbis, 1994 Mohammed Boughali, Salah Stétié, un poète vêtu de terre, Publisud, 1996 Paule Plouvier et Renée Ventresque, Itinéraires de Salah Stétié, Paris, éditions L'Harmattan, 1996 « Collectif Salah Stétié », recueil des communications des deux colloques internationaux consacrés au poète (Université de Pau 22-, Cerisy-la Salle, 11-), textes réunis par Daniel Leuwers et Christine Van Rogger-Andreucci, Presses de l'Université de Pau (PUP), 1997 Giovanni Dotoli, Salah Stétié, le poète, la poésie, Paris, Klincksieck, 1999 Béatrice Bonhomme, Salah Stétié en miroir, Rodopi (Collection monographique Rodopi en littérature française contemporaine), 2000 Usage de Salah Stétié, ouvrage collectif sous la direction de Bruno Geneste et Yann Le Bihan - Études, hommages, poèmes. Textes inédits du poète - , éditions Blanc Silex, 2001 Daniel Aranjo, Salah Stétié, poète arabe, Marseille, Autre Temps, 2001 Jad Hatem, Soleil de nuit. Rilke, Fondane, Stétié, Tuéni, Paris, IDlivre, 2002. Poésie, terre d'exil. Autour de Salah Stétié, Actes du colloque de Montréal () sous la direction d'Alexis Nouss, Montréal, Trait d'union, 2003 Marc-Henri Arfeux, Salah Stétié, Paris, Seghers, coll. « Poètes d’aujourd’hui », 2004 Maxime Del Fiol, Salah Stétié, Figures et infigurable, Alain Baudry et Cie, coll. « Les voix du Livre », 2010 Sylvie Gazagne, Salah Stétié, Lecteur de Rimbaud et de Mallarmé, Paris, L'Harmattan, coll. « Approches Littéraires », 2010 Claude Fintz, Salah Stétié, ou l'avant-pays des mots, Les éditions du Littéraire, coll. « La Bibliothèque d'Alexandrie », 2012 Ghada El-Samrout, L'itinéraire mystique dans l'œuvre de Salah Stétié, Paris, L'Harmattan, 2014 François Turner, Sur un poème de Salah Stétié - L’Uræus, Éditions de La Nerthe, 2015 Stéphanie Nassif, Salah Stétié, d'ombres et de lumière, Paris, Hermann, 2019 (réalisé à partir d'entretiens avec Salah Stétié entre 2017 et 2018)

Numéros spéciaux de revues Les Cahiers obsidiane, « Autour de Salah Stétié », 1, 1979 Les Cahiers du désert, « Pour Salah Stétié », préface d'André Pieyre de Mandiargues, dessins d'Élisabeth Delesalle, hors-série 1, printemps 1984 Aporie, « Salah Stétié et la Méditerranée noire », 13, 1990 La Rivière échappée, « Dossier Salah Stétié », 4, L'Arbre à paroles, 77, novembre- Sud, « Salah Stétié et la Maison du souffle », numéro double 106-107, Rémanences, « Dossier Salah Stétié », 3, Nu(e), 3, printemps 1996 Al-Adâb, 5-6, quarantième année, mai- (en arabe) Encres vives, « Salah Stétié et le Liban », 212, OX, « Salah Stétié », 85, Débats I, « Autour de Salah Stétié », Collège de littérature comparée, Salah Stétié et ses amis artistes, catalogue raisonné et commenté, Médiathèque d'Issy-les-Moulineaux, 2001 Nunc, revue passagère 15, Europe, Le Magazine littéraire, Souffles, Europe, , , dossier Salah Stétié, avec des textes de Michèle Finck, Béatrice Bonhomme, Fadi Khodr, Stéphane Barsacq, Salah Stétié.

Expositions Salah Stétié, Livres d'artistes, Médiathèque d'Issy-les-Moulineaux, Salah Stétié et ses amis artistes, Maison Elsa Triolet-Aragon, Saint-Arnoult-en-Yvelines, 2003 Salah Stétié et ses peintres, Espace 1789, Saint-Ouen, - Salah Stétié et les peintres, Musée Paul Valéry, Sète, - Salah Stétié, manuscrits et livres d'artistes, galerie des donateurs, BNF, -

Musique Yves-Marie Pasquet : Larme, pour 9 voix de femmes, sur un poème de Salah Stétié, créée par l'ensemble Héliade (2011). Paul Dirmeikis : Je vous parle d'un buisson très éloigné, trio Paul Dirmeikis (chant, guitare et composition), Jean-Baptiste Henry (bandonéon) et Julien Blondel (violoncel), disque et rpoduction L'éveilleur, (2016)

Filmographie Salah Stétié : signes et traces, par David Raynal et Frank Smith, film produit par la LBC (Liban) et Outside (France, 45 min), 1999 Salah Stétié, la rose et le jasmin, par Mona Makki et sur une idée de François Xavier, produit par l'Institut pour la coopération audiovisuelle francophone, France 3, Espace francophone (26 min), 2000 Salah Stétié : Versants, film-documentaire de Stéphane Sinde, (France, 52 min), 2015

Discographie Dix-neuf poèmes (extraits de L'Eau froide gardée, Fièvre et guérison de l'icône, L'été du grand nuage, L'Être, D'une langue, Fiançailles de la fraîcheur, Fluidité de la mort, L'autre côté brûlé du très pur, Le Mendiant aux mains de neige) ont été mis en chansons par le poète; compositeur et chanteur Paul Dirmeikis. Six d'entre eux figurent sur le CD (EVE 005) "Je vous parle d'un buisson très éloigné", paru en 2016 (L'Éveilleur).

Fonds Salah Stétié Bibliothèque nationale de France (Paris) Bibliothèque littéraire Jacques Doucet (Paris) Fonds littéraire Fata Morgana - Région Languedoc-Roussillon (Montpellier)

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