Trégastel est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne. Station balnéaire de la côte de granit rose, Trégastel compte environ . La population est multipliée par cinq en saison estivale. Un logement sur deux est une résidence secondaire. Géographie Localisation Trégastel est située entre Perros-Guirec et Pleumeur-Bodou sur la Côte de granit rose à de la préfecture Saint-Brieuc et de Lannion la sous-préfecture.

La côte, où alternent rochers de granite rose, douze plages de sable fin aux orientations diverses et chapelets d’îlots pittoresques, s’allonge sur .

centre|vignette|redresse=3|Vue depuis une des plages de Trégastel, Toul-Bihan, et au fond, la petite « grève des curés ».

Cadre géologique vignette|Carte géologique. Sur la Côte de granit rose, des formations sédimentaires et volcano-sédimentaires plus ou moins métamorphiques du briovérienLe socle ancien icartien de la région est caractérisé par le gneiss de Port Beni et de Trébeurden constitué par des roches variées (leptynites, gneiss granitiques et granodioritiques, gneiss œillés, micaschistes, amphibolites) résultant du métamorphisme de séries d'origine essentiellement volcanique (calco-alcalines, depuis les basaltes jusqu'aux rhyolites) ou plutoniques (granites et granodiorites porphyroïdes). sont recoupées par l'immense batholite granitique intrusif cadomien de Bréhat-Perros-Guirec. À l'ouest, s'est mis en place le massif granitique de Ploumanac'h, de dimension modeste (ellipse de en prenant en compte le plongement progressif en mer d'une plate-forme à écueils).. Ce massif trégorrois montre une remarquable disposition des différents ensembles lithologiques en trois auréoles concentriquesCarte géologique du complexe granitique de Ploumanac'h d'après Michel Barrière (1976) – Dessin de Jean Pllaine.. Constituées de l’intrusion successive de trois corps magmatiques elles réalisent ce que l’on nomme un « complexe centré ».. Ce massif granitique est accessible dans toutes ses composantes grâce au découpage du rivage, à l'importance de l'estran et au nombre d'îlots granitiques proches de la côte. La variété pétrographique et structurale (foliation, enclaves) des roches magmatiques constitue ainsi un véritable musée à ciel ouvert pour les géologues amateurs et professionnels..

L'estran présente des chaos granitiques constitués de la « monzogranite des Traouiéros » et du granite rose à gros grain de type la Clarté. Sculptés par les agents météoriques selon des systèmes de diaclases subhorizontaux et subverticaux, ces chaos donnent des reliefs qui surprennent par leurs arrangements défiant les lois de l'équilibre et leurs formes, et qui ont fécondé l'imaginaire populaire, d'où leurs microtoponymes locaux : tire-bouchon, couronne du roi GradlonCette couronne apparaît ornée de cabochons de gabbros, ces enclaves ovoïdes issues de la dilacération de masses gabbroïques sous la forme de gouttelettes, étant mises en relief par l'érosion différentielle. La majorité de ces enclaves ont une orientation grossièrement N100°E (comme les mégacristaux d'orthose), ce qui traduit la fluidalité magmatique. Au niveau de la Grève Rose, on retrouve cette monzogranite et ces enclaves mais elles sont parfois accompagnées de larges enclaves sédimentaires (cornéennes constituées d'une alternance de niveaux sombres greywackeux et de niveaux plus clairs arkosiques). Le développement de cordiérite et de grenat dans ces enclaves implique un métamorphisme de contact lié à l'intrusion magmatique qui est montée très haut (). Cf P. Guennoc et al., Notice explicative de la feuille de Perros-Guirec à 1:50 000, éditions du BRGM, 2015, . au niveau de la Grève Blanche..

Au Nord de la grève Rose, et à l'Ouest de la grève Blanche, un cisaillement se traduit par un filon de granodiorite écrasée qui recoupe un filon plus ancien de diorite quartzique indemne de toute déformation..

Les rubans sombres sur les granites de la plage de Tourony évoquent des schlieren mais sont à rattacher à des cumulats magmatiques. Ils traduisent des écoulements plus ou moins visqueux de minéraux ferromagnésiens noirs (principalement de la biotite et accessoirement de l'amphibole) en fusion à l'intérieur du réservoir magmatique, juste avant que cette matière ne se fige définitivement au cours de son refroidissement..

Au niveau de l'anse de Sainte-Anne, affleurent des roches basiques, de composition gabbroïque à noritique à deux pyroxènesIl est possible d'observer une variété de pyroxène, la bronzite., qui présentent des textures d'altération profonde en boules (faisant penser à tort à des pillow lavas) et d'altération superficielle en pelure d’oignon. En se rapprochant de ce massif, on observe des gabbros ocellaires (ocelles de quartz) puis des roches hybrides (granodiorites, roches hybrides entre gabbros et granites) résultant de la mise en place de deux magmas, acide (donnant le granite porphyroïde) et basique (donnant le gabbro) caractérisés par leur immiscibilitéCette immiscibilité est confirmée par l'existence, au sein des enclaves basiques, de xénocristaux isolés de feldspath potassique « mantelé » (structure rapakivi), et des ocelles (gouttes de liquide magmatique acide injectées mécaniquement dans le magma basique et entourées par d'une auréole réactionnelle noire de pyroxène)., faisant ainsi une sorte d'émulsion.. Le plus beau contact est situé au N.-W. de l'anse : de grosses boules de gabbro et de roches sombres hybrides sont séparées par de minces cloisons claires à gros microclines mantelés d'oligoclase (texture « rapakiviCristaux entourés par une fine couronne d'oligoclase blanc laiteux. »)..

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau...

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de TrégastelLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement, l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves...

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Perros-Guirec à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Voies de communication et transports La commune est desservie par la RD 11 en venant de Lannion et par la RD 788 en venant de Pleumeur-Bodou ou de Perros-Guirec.

La ville est accessible grâce aux bus du réseau TILT. - par la ligne E, « Lannion - Perros-Guirec - Trégastel ».

L'aéroport de Lannion-Côte de granit est à , la gare de Lannion est elle, à .

Le GR 34 suit le littoral de la commune, empruntant en grande partie l'ancien chemin de douaniers.

Communes limitrophes

Urbanisme Typologie Au , Trégastel est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Lannion, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lannion, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (60,4 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (51,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (59,9 %), zones agricoles hétérogènes (24,3 %), forêts (9 %), terres arables (3,3 %), zones humides côtières (2,3 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,8 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Tregastel en 1225, ecclesia de Trecastell à la fin du , Tregastell en 1426, Tregastel en 1461.. Il signifie littéralement « la trève du château »..

Histoire Le territoire de la commune présente plusieurs vestiges archéologiques : deux allées couvertes (Kergüntuil et île Renote), un dolmen (Kergüntuil), deux menhirs (Sainte Anne et Trémarc'h) et une stèle gauloise (déplacée à l'Office de tourisme). À partir du ou du , les bretons christianisés guidés par des chefs religieux, chassés de Grande-Bretagne par les raids Irlandais ou les Anglo-Saxons débarquent en masse sur les côtes armoricaines et créent de nouvelles implantations témoins de leur organisation religieuse (plou-, lan(n)-, tre(f)-) : ainsi naît Trégastel (« lieu habité avec un château »). Trégastel a acquis le statut de paroisse au ou .

La première municipalité voit le jour le .

Avant la création de la commune 1225 : acquisition de terrains par les moines de l'abbaye de Bégard. : construction de l'église du Bourg. 1375 : Charles V accorde à Bryant de Lannion l'autorisation de construire un moulin à marée en récompense de son aide lors de la guerre de Succession de Bretagne. À l'emplacement de celui-ci un autre a été construit en 1764, qui existe toujours, à la limite Trégastel/Ploumanac'h. Fin d'activité en 1932. : construction de la chapelle Saint-Golgon (du breton « Gorgon »). : Trégastel est partagée entre deux seigneuries : les Kerougant-Lannion et les Launay-Névet. 1635 : construction de la chapelle Sainte-Anne des Rochers.