Togoontomor (, également retranscrit en Toghan Temour, Toghan Témür, Toghan Tèmur, Toghon Temur, ou Toghan Timour, également appelé de son titre d'empereur chinois de la dynastie Yuan, Shundi, ou Yuan Shundi (), né le et mort le à Yingchang, est le neuvième et dernier empereur de Chine de la dynastie Yuan et le khagan de l'Empire mongol. Décrit comme épris de débauche, il ne voit pas venir l'insurrection nationale chinoise venant du sud et qui entraîne sa chute.

Biographie

Accession au trône Le , à l'âge de 13 ans, il monte sur le trône de Pékin (alors appelée Dadu ou Khanbalik) en succèdant à son frère cadet, Richinbal ( ; ), mort le après deux mois de règne. Les seigneurs se battent pour l'autorité de la cour en raison de son jeune âge. Avant son accession, il est exilé à Goryeo comme manœuvre politique de l’impératrice douairière Budashiri et du commandant , qui exerce alors un pouvoir déterminant derrière le trône.

Le karmapa, Rangjung Dorje, se rend à Dadu et assiste à l'intronisation de Togoontomor Alexander Gardner, The Third Karmapa, Rangjung Dorje. Par la suite, le Karmapa, Rolpe Dorje (1340 — 1383), est également invité par Togoontomor à se rendre à Dadu. Après un long voyage, qu'il effectue à l'âge de 19 ans, il arrive au palais impérial. Durant son séjour dans la région, il enseigne pendant trois ans et fonde de nombreux temples et monastères.

Faible légitimité Son règne illustre les effets à long terme d’un mauvais gouvernement. L’empire devrait en principe être arrivé à maturité, mais les règnes brefs et les renversements constants de politique empêchent toute stabilisation durable. En conséquence, l’autorité yuan décline surtout dans le sud de la Chine, où la domination mongole est mal acceptée. Le banditisme et les révoltes augmentent, tandis que la Mongolie elle-même échappe progressivement au contrôle yuan à mesure que le fossé entre la cour de Chine et les populations des steppes s’élargit.

Son règne est aussi marqué par des doutes sur sa légitimité. Des rumeurs prétendent qu’il est un fils adoptif de Qutugku Khan. D’autres insinuent que son grand-père maternel est chinois et que sa mère est musulmane, ce qui expliquerait son exil à Goryeo. Dans ce contexte, il ne doit son accession au pouvoir qu’aux efforts du chancelier Bayan. Ce dernier exploite Togoontomor comme un souverain de façade afin d’affaiblir l’influence de son rival El Temur. Le jeune empereur comprend rapidement qu’il n’est pas maître de la situation et vit durant une grande partie de son début de règne dans la crainte d’être remplacé.

Coups d'État Bayan mène un coup d’État en 1335, mettant fin à l’influence d’El Temur. Bayan tente alors de restaurer le gouvernement et les politiques du temps de Kubilai Khan, même si la portée exacte de ce projet reste incertaine. Il cherche néanmoins à stabiliser l’empire et à en améliorer le fonctionnement. Il tente aussi de réaffirmer la hiérarchie ethnique en quatre groupes, distinguant les Mongols, les Semuren, les Chinois du Nord et ceux du Sud. Cette politique suscite des résistances, car les distinctions entre ces catégories se sont largement estompées. De nombreux Chinois ont adopté des noms mongols, appris la langue mongole et intégré la hiérarchie mongole, tandis que beaucoup de Semuren sont devenus culturellement chinois. Les mesures fiscales de Bayan, parfois raisonnables, ajoutent encore à l’opposition, d’autant qu’il s’enrichit lui-même en acquérant biens et propriétés. En 1340, un autre coup d’État le renverse, et il meurt ensuite en exil.

Le coup d’État de 1340 est mené principalement par une génération plus jeune de Mongols ayant grandi en Chine et percevant les distinctions ethniques autrement. Le chef de cette faction, Toqtogha, neveu de Bayan, devient chancelier. Il met fin aux purges et supprime les restrictions ethniques. Toghon Temur, désormais dans la vingtaine, commence alors à participer plus activement au gouvernement, et il a lui-même pris part au coup.

Succession de crises Des catastrophes naturelles aggravent la situation de l’empire. Le Grand Canal se dégrade, de même que de nombreuses digues et barrages, surtout le long du fleuve Jaune. Il en résulte des inondations, suivies de famines et d’un afflux massif de réfugiés. Les réparations exigent une main-d’œuvre considérable, obtenue par la corvée, ce qui provoque de nouveaux mécontentements. Une partie des travaux consiste à déplacer le cours du fleuve, opération menée à bien en 1351. Malgré cela, les crues et la défaillance du Grand Canal aggravent la famine, car les vivres du sud ne parviennent plus au nord. Toghon Temur finit par démettre Toqtogha de ses fonctions en 1354. Ce renvoi tient autant à l’échec de ses politiques qu’aux inquiétudes de l’empereur face à son influence. En même temps, Toghon Temur se retire davantage de l’exercice direct du pouvoir et autorise son fils de quinze ans, Ayushiridara, à assumer certaines responsabilités.

L'historien René Grousset dit de lui que . Le spectacle de cette débauche pousse les patriotes chinois à se liguer contre cette domination étrangère. La révolte commence dans la bas Yangtsé et dans la province du Guangdong, comme pour la révolution de 1912, dirigé par de nombreux chefs à moitié bandits, qui se querellent autant entre eux qu'ils font la guerre contre les Mongols. () prend aux Mongols Hanyang et Wuchang, deux villes du Hubei (aujourd'hui réunies au sein de Wuhan) en 1352, puis Siang-yang en 1356 et se rend maître du Huguang (regroupant alors Hubei et Hunan) et du Jiangxi.

Les décisions de Toghon Temur se révèlent désastreuses. Son fils est trop jeune et trop inexpérimenté pour gouverner efficacement, et la destitution de Toqtogha affaiblit encore l’autorité centrale. Les provinces entretiennent donc des liens plus faibles avec le pouvoir central. Cette situation réduit non seulement la capacité de gouvernement de l’empire, mais empêche aussi de coordonner la répression des rébellions des Turbans rouges, qui gagnent en intensité. Lorsque Toghon Temur reprend une activité politique plus soutenue, il est déjà trop tard pour inverser la tendance.

Fin du règne et expulsion Le , à l'arrivée à Pékin de Zhu Yuanzhang, fondateur de la dynastie Ming, à la tête de la révolte des Turbans rouges, Togoontomor s'enfuit à Shangdu, dans l'actuelle Mongolie-Intérieure. Cependant, la ville est à l'état de ruine à cause de plusieurs drames survenus dans les dix années passées. Les conditions ne permettent pas de s'y installer durablement et Togoontomor et son entourage finissent par gagner la ville fortifiée de Yingchang.

Ses tentatives de reprendre Dadu, pour restaurer la dynastie Yuan sont infructueuses et les Mongols retournent dans leur patrie, la Mongolie. Karakorum redevient le centre politique de la Mongolie et la capitale des Yuan du Nord, la nouvelle dynastie fondée par Togoontomor.

Le , il meurt d'une épidémie de dysenterie qui se répand dans la ville.

Famille

Épouses et descendance On lui connait 9 épouses et 3 fils :

Danashiri Khatun (答纳失里皇后) (1320 – 1335), fille de El Temür, aristocrate Kipchak (钦察部人); Prince Maha (摩訶王) (12/5/1334 – 23/11/1334) Bayan Khutugh Khatun (伯颜忽都皇后) (1324 – 8/9/1365), fille de Bolad Temür, prince Hongjila, de la maison princière des Onggirat;

Gi Khatun (奇皇后) (1315 – 1369), fille de Gi Ja-oh, prince de Goryeo (幸州 奇氏); Zhaozong Khagan (北元昭宗) (23/1/1340 – 28 Avril/26 Mai 1378), Khagan en 1370; Un enfant mort né en 1347; Épouse de second rang, de la maison princière des Long, (淑妃 龍氏), Ruijjao (瑞嬌) Épouse de second rang, de la maison princière des Cheng, (淑妃 程氏) (1333 – 1368), Yining (一寧) Épouse d'origine roturière, (妃交河盧氏) Épouse de la maison princière des Ge, (淑妃 戈氏), Xiaoge (小娥) Concubine Li (麗嬪), de la maison princière des Zhang, (張氏), Ayuan/Axuan (阿元/阿玄) Une femme (才人), de la maison princière des Ning, (凝氏), Xiang'er (香兒) inconnu Tianyuan Khagan, (兀思哈勒汗), (1342 - 1388), Khagan en 1378;

Ascendance

Notes et références

Bibliographie

Annexes Articles connexes Dynastie Yuan

Liens externes Great Mongol Empire

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