est un terme désignant le titre d'un sutra, et par extension la récitation de ce titre. Il s'utilise principalement pour le désigner le titre en japonais du Sūtra du Lotus — ou — prononciation japonaise de Miàofǎ Liánhuā Jīng, traduction en chinois par Kumarajiva du titre original en sanskrit — Sad-dharma-puṇḍarīka-sūtra.

Le mot « daimoku » est essentiellement utilisé par les écoles dites « traditionnelles » du bouddhisme de Nichiren, ainsi que par les mouvements néo-bouddhistes qui en sont issus.

Éléments d'histoire

Chine vignette|Stèle portant le Daimoku, érigé sur l'île de Sado à l'endroit où Nichiren vécut lors de son exil entre 1271 à 1274. C'est principalement par ZhiyiLes œuvres majeures de Zhiyi (538-597) sur le Sūtra du Lotus : 1) le Sens profond du Sūtra du Lotus = 法华玄義 (jap : Hōkke Genji, zh : Fahua xuanyi, abrégé de Miàofǎ liánhuā jīngxuán yì (妙法蓮華經玄義, jap. Myōhōrengekyō Gengi : Signification profonde du Sûtra du Lotus) ; 2) Commentaire textuel du Sūtra du Lotus = 法华文句 (jap : Hōkke Mongu, abrégé de Miàofǎliánhuājīng wénjù 妙法蓮華經文句, jap. Myōhōrengekyō Mongu : « Mots et phrases du Sûtra du Lotus ») ; 3) La Grande Concentration et Pénétration = 摩訶止觀 (jp : Maka Shikan, zh : Móhē Zhǐguān), traité de méditation écrit en 594., de l'école Tiantai, qui analyse chacun des mots du titre du Sutra du Lotus (devenu le texte fondateur de l'école, tant en Chine qu'au Japon.) et . du volumineux Sûtra de l'ornementation fleurie — Avataṃsaka sūtra.).

Japon Le daimoku était récité dans différents contextes liturgiques et dévotionnels à l'époque de Heian (794-1185). Par la suite, Nichiren (1222-1282) lui a donné un fondement doctrinal, et son école en a développé la pratique Jacqueline I. Stone, « Daimoku » in Robert E. Buswell Jr. (Chief-Ed.) Encyclopedia of Buddhism, New York, McMillan Reference, 2003, 1000 p. p. 191. En effet, chez ce dernier, la récitation du Daimoku — Nam(u) myōhō renge kyō — en tant que mantra est prônée pour son efficacité., en lieu et place des moyens opportuns et salvifiques (jap. Hoben ; sanskrit upāya)Sûtra du Lotus, chap. II. enseignés par le Bouddha Shakyamuni avant le Sūtra du Lotus, et cela « pour guider les êtres vers la vérité »Le Sûtra du Lotus, trad. Sylvie Servan-Schreiber et Marc Albert à partir du travail de Burton Watson, Les Indes savantes, 2007, 323 pages p. 43; 365 dans la période de la Fin de la Loi (Fin du Dharma, Mappō).

Par la suite, le daimoku sera utilisé par les huit branches historiques du bouddhisme de Nichiren au Japon., notamment les deux écoles principales que sont la Nichiren Shū et la Nichiren Shōshū., ainsi que par les mouvements néo-bouddhiques récents qui se rattachent plus ou moins à ces écoles, comme la Sōka Gakkai, le Reiyukai et le Risshō Kōsei Kai. Sa récitation. devant le Gohonzon constitue la pratique principale. des membres du mouvement Soka, tant la Soka Gakkai que la Soka Gakkai internationale.

Utilisation et signification vignette|Frontispice d'un manuscrit en coréen du Sûtra du Lotus, portant le titre Myobop yonhwa-kyong. Le terme « daimoku » peut se traduire par .Le Sûtra du Lotus (trad. du chinois par Jean-Noël Robert), Paris, Fayard, 1997, 480 p. p. 24 — et être décomposé de la façon suivante :

Nam (pour Namu) : Dévouement respectueux — consacrer sa propre vie ; Myōhō : La Loi (hō) sublime (myō) — ; 5 ; Renge (prononcer Ren-gué) : « Fleur de lotus » — laquelle symbolise, entre autres choses, la simultanéité de la cause et l'effet ; Kyō : la voix ou l'enseignement du Bouddha — ce qui permet l'action ou les vibrations qui résonnent dans l'univers.

Ce titre est supposé résumer l'essentiel de tout le Sûtra du Lotus, et sa récitation en prononciation japonaise est donc une des pratiques primordiales des écoles rattachées à Nichiren ainsi qu'à la Soka Gakkai. La récitation reçoit d'ailleurs le nom de honmon no daimoku, c'est-à-dire « daimoku de l'enseignement essentiel ». Pour Nichiren, le daimoku est une des « Trois grandes lois ésotériques » (sandai hihô), à côté du gohonzon (principal objet de vénération pour le bouddhisme Nichiren) et du honmon no kaidan, le sanctuaire dans lequel le grand Gohonzon est enchâsséIl s'agit du Taiseki-ji, le temple principal de l'école Nichiren. (ou d'une pièce de sa maison dans le cas de particuliers).Consistoire Soka du Bouddhisme de Nichiren, Constitution Soka pour le culte du bouddhisme de Nichiren, Sceaux, 2006, Art. 10, p. 3. .. À ce titre, le daimoku illustre la maîtrise de la sagesse (prajña) dans le « triple entraînement » ( Triśikṣa), tandis que les gohonzon et au kaidan correspondent respectivement à la méditation et aux préceptes On a donc là les trois grandes divisions du Noble octuple sentier: moralité (śīla), méditation (bhavana), sagesse (prajña)..

Le Daimoku est donc très important, car il permet de d'obtenir des mérites (punya), comme le montre encore : centré|vignette|500x500px|Manuscrit illustré du volume 2 du Sûtra du Lotus (Miaofa lianhua jing).produit en Corée vers 1340, Dynastie Goryeo. Metropolitan Museum of Art.

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

G. Jenner, « Daimoku - Titre du Sûtra du Lotus », in Hôbôgirin, Dictionnaire du bouddhisme d'après les sources chinoises et japonaises, fasc. VII, 1994 Gaston Renondeau, La doctrine de Nichiren, Paris, PUF, 1953

Liens externes Jacqueline I. Stone, « Le Daimoku en dehors du contexte Nichirenien » sur nichiren-etudes.net (Extraits, traduits en français, de l'article de J.I. Stone cité en bibliographie)

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