Le LaM - Lille Métropole Musée d'art moderne, d'art contemporain et d'art brut, anciennement musée d'art moderne de Villeneuve d'Ascq puis musée d'art moderne Lille Métropole, est un musée français situé au cœur du parc urbain de Villeneuve d'Ascq dans la métropole lilloise, dans la région Hauts-de-France.
Seul musée en Europe à présenter simultanément les principales composantes de l’art des (art moderne, art contemporain et art brut), son histoire se confond avec celle des donations reçues par la Communauté urbaine de Lille. Conçu dans les années 1970, dans le cadre de la politique nationale d'aménagement des villes nouvelles, le musée a été inauguré en 1983 pour présenter les collections de Roger Dutilleul et de son neveu et héritier Jean Masurel, reçues en donation par la Communauté urbaine en 1979. Le musée reçoit ensuite plusieurs fonds, dont le legs de la bibliothèque de Dominique Bozo en 1994, avant d'accueillir la collection d'art brut de l'Aracine en 1999. De 2006 à 2010, le musée est agrandi et rénové afin de présenter ce nouveau fonds au public.
Forte de plus de , la collection comprend notamment et estampes, plus d'un millier de sculptures et objets, près de et une vingtaine d'installations d'art contemporain. Elle compte des œuvres d'artistes majeurs, parmi lesquels Pablo Picasso, Georges Braque, Fernand Léger, Amedeo Modigliani, Paul Klee, Joan Miró ou Alexander Calder, ainsi que le plus important fonds public d'art brut en France.
Ouvert sur un parc de sculptures de deux hectares, le LaM possède également un espace d'expositions temporaires, une bibliothèque riche de , des ateliers pédagogiques, un auditorium, un restaurant et une librairie-boutique.
Le bâtiment originel, conçu par l'architecte Roland Simounet, a été inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 2000.
Histoire du musée Création du musée thumb|upright=0.8|left|Roger Dutilleul (1919), par Modigliani. Le noyau initial de la collection du musée est constitué de la collection de Roger Dutilleul, rentier parisien qui commence sa collection en 1905 auprès de grands marchands, comme Ambroise Vollard ou Léonce Rosenberg, mais surtout de Daniel-Henry Kahnweiler, dont il est l'un des premiers clients à partir de 1907. Il acquiert d'abord des tableaux de Georges Braque et de Pablo Picasso, alors inconnus, puis soutient des artistes comme Amedeo Modigliani, Fernand Léger ou André Lanskoy, dont il est le principal acheteur pendant des années.. Roger Dutilleul transmet sa passion à son neveu, Jean Masurel, issu d'une riche famille roubaisienne de négociants en laine, qui commence sa propre collection avec des œuvres de Picasso, Paul Klee, Vassily Kandinsky, et devient le protecteur d'Eugène Leroy et d’Arthur van Hecke, auxquels il fournit un atelier à proximité de sa demeure, à Mouvaux. En 1956, peu avant sa mort, Roger Dutilleul répartit sa collection et en transmet une large part à Jean Masurel qu'il considère comme son successeur en la matière..
Dès la fin des , Jean Masurel se préoccupe de rendre sa collection accessible au public. Il envisage un temps de s'associer à Albert Prouvost, lui aussi collectionneur, pour créer une fondation. Mais il est vite convaincu qu'il faut un musée disposant de fonds publics pour assurer la pérennité de la présentation de la collection.. L’hypothèse d’une donation au palais des Beaux-Arts de Lille ayant été écartée par Jean Masurel qui rêve d’un musée consacré à sa collection, c’est finalement Jean-Eudes Roullier, secrétaire général du Groupe central des villes nouvelles, notamment chargé de l'aménagement de la ville nouvelle de Lille-Est, qui prend l'initiative de le contacter.. À la recherche d’équipements culturels pour ses villes nouvelles, Roullier confie à Michel Guy, secrétaire d’État à la Culture, le soin de négocier avec Jean Masurel les termes d’une donation et les conditions de sa présentation au public, étant entendu que cela ne doit pas être dans un musée de l'État.. En , la conception du mécanisme de donation étant suffisamment avancée, Dominique Ponnau, chef de l'inspection générale des musées classés et contrôlés, organise une rencontre avec Jean Masurel et Arthur Notebart, président de la communauté urbaine de Lille.. Il s'agit à présent de convaincre Arthur Notebart, patron de la ville nouvelle, de l'intérêt du projet de musée. Il n'hésite pas longtemps et, le , le choix du terrain où doit s’élever le futur musée est arrêté en concertation avec le donateur. Le , le directeur des musées de France annonce que la participation de l’État à sa construction sera de 40 % et, quelques mois plus tard, Arthur Notebart décide que la Communauté urbaine assurera elle-même la maîtrise d'ouvrage et la conduite du chantier..
Mais les formalités administratives de concrétisation de l'opération sont longues et ce n'est que le que Jean Masurel apporte une grande partie de sa collection et de celle qu'il a héritée de Roger Dutilleul à la Communauté urbaine de Lille.. La donation compte représentant divers courants de l'art moderne, allant du fauvisme à l'art naïf en passant par le cubisme et le surréalisme.. Elle est assortie de plusieurs conditions, parmi lesquelles figurent l'accès du grand public à la collection, la poursuite des acquisitions, l'ouverture à l'art contemporain, l'organisation d'expositions temporaires, la mise en place d'activités pédagogiques et l'installation au sein d'un environnement naturel permettant la création d'un parc de sculptures..
Construction du musée Dès avant la conclusion de la donation, le ministère de la Culture recrute un conservateur, Pierre Chaigneau, qui arrive à Lille le .. Il est notamment chargé d'organiser un concours national d'architecture pour la réalisation du musée. Sept équipes françaises répondent au concours ouvert en , parmi lesquelles trois sont nommées par le jury : celles de Roland Simounet, de Wladimir Mitrofanoff et de Jean-Pierre Watel. Le , à l'issue d'un vote du jury à bulletin secret, c'est le projet proposé par Roland Simounet qui est retenu à la quasi-unanimité.. Le , Arthur Notebart pose la première pierre du Musée d'art moderne de Villeneuve d'Ascq, destiné à accueillir les collections de Roger Dutilleul et de Geneviève et Jean Masurel. Mais au fil des travaux, les conflits entre le donateur, le conservateur et l'architecte, qui cherchent tous à faire prévaloir leur point de vue, se multiplient et atteignent une telle ampleur qu'en , Arthur Notebart décide d'exclure Roland Simounet du chantier. Il est toutefois réintégré quelques mois plus tard, après l'intervention de Jack Lang, alors ministre de la Culture.. Ces tensions entravent l'avancement des travaux, mais conduisent aussi à infléchir le projet - dont la surface passe de à . - et à en accroître le coût. Ce dernier atteint ainsi , au lieu de prévus, dont pris en charge par l'État..
Au terme de trois années de travaux, le musée est finalement inauguré le , puis ouvre ses portes au public le en présence de Jack Lang.. Conformément aux désirs du donateur, le musée est placé face à une peupleraie, au cœur d'un parc de sculptures. Constitué de volumes simples, modulaires, imbriqués les uns dans les autres sur un plan horizontal d’ouest en est, le bâtiment de Simounet est construit en béton revêtu d’un parement de briques. Surmonté de toits-terrasses, mêlant références méditerranéennes et tradition locale, il comporte deux ailes asymétriques reliées par une galerie vitrée, ouverte au sud sur le parc, au nord sur un patio. L’aile ouest, surmontée d’un belvédère, abrite les services administratifs, les réserves et les ateliers pédagogiques, l’aile est les espaces d’exposition.. C’est par le portique central donnant sur le parc que s’effectue l’entrée. L’espace accessible au public est organisé autour d’une salle de repos centrale ouverte sur le jardin. Les salles d’exposition sont toutes de dimensions différentes, agencées en un dédale labyrinthique qui ménage de nombreux coins et recoins tout en créant une atmosphère « domestique » propice à la présentation d’une collection privée. Toutes sont éclairées par la lumière naturelle, soit au moyen de baies vitrées, soit par un système d’éclairage zénithal..
En , le musée est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.
Rénovation et extension Le , la collection est enrichie d'une donation d'art brut faite par l'association L'Aracine. Abritée de 1984 à 1996 dans les sous-sols du Château Guérin à Neuilly-sur-Marne, la collection constituée par L'Aracine depuis 1982 est devenue la principale collection d’art brut en France. Dès 1986, la Direction des Musées de France lui confère la qualité de musée contrôlé. Mais, au milieu des années 1990, la ville de Neuilly-sur-Marne ne souhaite pas s'engager davantage et l'association décide de fermer le musée. En 1995, la Direction des Musées de France propose alors à L’Aracine de donner sa collection à la Communauté urbaine de Lille pour qu'elle l'accueille dans son Musée d’art moderne.. De nouveau, l'acte de donation signé entre Madeleine Lommel, présidente de L'Aracine, et Pierre Mauroy, président de la Communauté urbaine de Lille, stipule que la Communauté urbaine s'engage à construire des réserves et des salles permettant de présenter séparément. ce nouveau fonds au public. Cet engagement vient s'ajouter à l'accroissement de la collection du musée au fil des ans pour justifier une restructuration et un agrandissement de l'édifice..
En 2002, Manuelle Gautrand est lauréate d'un concours international pour la restructuration et l'extension du musée. Le projet prévoit un agrandissement du musée à l'est et au nord et la création de nouveaux espaces d'exposition et de réserves, ainsi que d'une bibliothèque. En , le musée, renommé Musée d'art moderne Lille Métropole, ferme en vue de la réalisation de travaux d'extensionDu MAM au LaM, dossier de presse du LaM, juin 2008.. La restructuration du bâtiment de Simounet est confiée à l'agence Étienne Sintive, architecte du patrimoine à Lille, quand l'agrandissement du musée, confié à Manuelle Gautrand, prévoit une extension de .
Le , le musée est inauguré en présence du maire de Villeneuve d'Ascq, Gérard Caudron, de la maire de Lille, Martine Aubry, du ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, du président du conseil général du Nord, Bernard Derosier, du préfet de région, Jean-Michel Bérard, et de Pierre MauroyInauguration officielle du LaM, 21/09/2010, site de la ville de Villeneuve d'Ascq, consulté le octobre 2010.. Le musée rouvre le , sous un nouveau nom, le Lille Métropole musée d'Art moderne, d'Art contemporain et d'Art brut (LaM). Le coût total des travaux s'est élevé à L'évolution des murs et des collections, Jean-Marie Guichard, A Villeneuve d'Ascq, LaM s'ouvre, supplément au journal La Voix du Nord/Nord Éclair/Le Soir du 22 septembre 2010.
À l'issue des travaux, le musée présente une surface totale de dont de surface d'exposition : consacrés à l'art brut, 950 à l'art moderne, 600 à l'art contemporain, pour les expositions temporaires, 350 aux zones de repos, à l'espace multimédia et aux couloirsL'essentiel en chiffres, A Villeneuve d'Ascq, LaM s'ouvre, supplément au journal La Voix du Nord/Nord Éclair/Le Soir du 22 septembre 2010. Il comprend également un auditorium de , un café-restaurant de , et un logement de fonction pour le conservateur du musée.
Collections du musée
Le musée conserve plus de , parmi lesquelles dessins et estampes, un millier de sculptures, près de 500 peintures et une vingtaine d'installations d'art contemporain..
Collection d'art moderne vignette|droite|Le Mécanicien, par Fernand Léger en 1918. Le fonds d’art moderne s’organise principalement autour de deux grandes dimensions issues de la collection de Roger Dutilleul, poursuivies par Jean Masurel.