On appelle sonneur le musicien jouant de certains instruments de musique, généralement utilisés dans l'ancienne société traditionnelle française, dont il est dit qu'on sonne plutôt qu'on joue. On parle ainsi de sonneurs de vielle à roue, de sonneurs de cornemuse, de sonneurs de trompe de chasse.
Les instruments dont on sonne ont généralement en commun leur caractère traditionnel, un jeu reposant sur la transmission orale, et un volume sonore élevé.
Rendu célèbre par le roman de George Sand, Les Maîtres Sonneurs, le terme se confond souvent avec celui de ménétrier, musicien des fêtes de villageYves Defrance, L'archipel des musiques bretonnes, .
Les sonneurs de trompe vignette|Des sonneurs de trompe Loin de n'être utilisée que pour la chasse à courre, la trompe de chasse fait l'objet d'une pratique musicale très répandue dans de nombreuses provinces de France, où existent des sociétés de sonneurs plus ou moins formelles. « L'art musical des sonneurs de trompe », sous ce nom entérinant l'emploi du terme de 'sonneurs', a été inscrit au Patrimoine Culturel Immatériel de l'Humanité en 2020https://www.culture.gouv.fr/Media/Thematiques/Patrimoine-culturel-immateriel/Files/Fiches-inventaire-du-PCI/L-art-des-sonneurs-de-trompe.
En Bretagne
En Bretagne, le sonneur ( en breton, en gallo) est un musicien jouant de la bombarde, du biniou kozh ou autre type de cornemuse, ainsi que parfois aussi de la clarinette bretonne, la (littéralement « tronc de choux »).
En breton, sauf précision du contexte, le mot (au pluriel et parfois ) désigne généralement un musicien sans distinction de l’instrument (souvent par opposition au chanteur, ). Il existe des mots spécifiques selon l’instrument utilisé : pour le biniou (et parfois la bombarde), ou pour la bombarde. On peut utiliser le préfixe pour désigner le chef de pupitre, c’est-à-dire la personne à la tête d’un groupe de musiciens (, , etc.)Entrée correspondante du Geriadur brezhoneg An Here.. Par extension, le terme (francisé en penn-sonneur) désigne aussi le chef d’un bagad.
Présentation thumb|Couple de sonneurs pendant le festival de Cornouaille à Quimper en 1927
Traditionnellement, les sonneurs vont par deux, l’un jouant de la bombarde et le second du biniou, on parle alors d’un « couple de sonneurs »Ils se donnent souvent la réplique avec des fins de phrases musicales à l'unison, sur le modèle même des voix humaines dans le kan ha diskan.. Avec le bagad, le couple de sonneur est un élément important de la musique bretonne.
Aujourd'hui, il est largement présent sur toute la Bretagne : enseigné dans les écoles de musique, présent dans les festoù-noz, sur de nombreux disques produits chaque année... Les conditions de jeu se sont modifiées : disparition progressive de la fonction d'animation de noces, naissance des représentations en concert et en concours.
Dans la culture
Bodadeg Ar Sonerion organise chaque année le championnat de Bretagne des sonneurs par couple. La finale a lieu dans le parc du château de Tronjoly à GourinSite officiel du championnat de Bretagne de Gourin, et est depuis 1956 le rendez-vous incontournable des sonneurs. Les sélections ont lieu lors de la Faites de la montagne à Spézet. L'autre évènement important est le Printemps de Châteauneuf, créé en 1977. Les Fêtes de Cornouaille et le festival Kann al Loar organisent aussi leurs concours, tout comme le festival interceltique de Lorient qui organise chaque année le trophée « Matilin an dall » sous forme de concert, suivi par le trophée « Paysan Breton » pour les jeunes sonneursSite officiel du Festival interceltique de Lorient, Trophée Paysan Breton, Matilin an Dall, 2012. Il existe également le concours Sonneurs kozh et bras à Carnac. Depuis 1997, la Kevrenn Brest Sant-Mark invite bagadoù et sonneurs à venir défiler dans les rues de Brest pour le Printemps des Sonneurs.
Le groupe de fest-noz Sonerien Du signifient « sonneurs noirs » en breton et tirent leur nom de l’histoire du Pays Bigouden.
Dans l'architecture et la société
Le sonneur est souvent représenté dans l'architecture bretonne. Il était une source d'inspiration populaire pour orner les demeures du . Dans l'architecture civile, le sonneur a souvent été représenté sous forme d'animal, imagerie populaire lui donnant les traits d'un lièvre sur la sculpture d'angle du de la maison « De la truie qui file » à Malestroit., mais aussi de boucs, d'ânes, de sangliers ou de cochons. La signification pourrait provenir de la réprobation de ce métier par bien des recteurs, qui condamnent en bloc l'instrument, le musicien et les danseursAnne-Marie Kervern-Quefféléant, Le monde des Bretons, Éd. Le Télégramme, 2000, . Il est parfois en duo comme sur le monument « Les sonneurs » à Plozévet, en trio comme la sculpture (hautbois, biniou et vielle) sur une lucarne du manoir du Liez à Kergrist.... Il est aussi présent dans l'architecture religieuse. S'il est qualifié d'« instrument funeste » par les recteurs, n'est-ce pas parce qu'il captive, au sens le plus fort du terme, une âme qui approche la connaissance de situations mythiques profondes et provoque une décharge d'émotions ? Dans la société occidentale où l'acte musical a perdu son caractère sacré, le rapport indéniable de la cornemuse à la sexualité (panse en cuir, embouchure, chalumeau, bourdon...) est peut-être une manière de le réintégrer.
La ville de Morlaix possède plusieurs sonneurs : sonneur de cor sur le pilier d'une maison à colombagesFrançois Le Divenah (photos), Thierry Jigourel, Bretagne, terre d'enchantement, coll. Tranches de France, Petit Futé, 2010, Éditions Déclics, 123 pages, , sculpture en chêne d'un « cornemuseux » sur un poteau cornier d'une maison du , issue de l'art paroissialTopic-Topos.com, Sonneur de biniou, Morlaix...
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie Ouvrages de référence . .
Anthologie des chants et musiques de Bretagne . . . .
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Autres ouvrages Édouard Decaudin-Labesse et Henry Pierret, Le roi du biniou, Éd. Ducrocq, Bretagne, 1893, 90 dessins, 272 p. Leila Le Cavorzin-Mille (photog. Bernard Galéron), Bombardes & biniou, du facteur au bagad, Libris, 2003, . Ifig Castel, Bombarde et biniou. Les secrets de la vie de couple, Dastum Bro Dreger, Lannion, 2008, coll. Mémoire d'aujourd'hui, 128 p. . Fañch Roudaut, « Le biniou, voix du démon ou Les sonneurs vont en enfer », dans Bretagne du cœur aux lèvres : Mélanges offerts à Donatien Laurent, Presses Universitaires de Rennes, 2009, 421 pages, . Thierry Jigourel, Cornemuses de Bretagne, éditions CPE, 2011 . . Jean-Pierre Van Hees, Cornemuses. Un infini sonore, Coop Breizh, 2014, 410 pages, 2 DVD .
Articles de presse Gildas Le Guen, « Les sonneurs dans le Trégor », Musique Bretonne, , , , lire en ligne. Hervé Villieu, « Musique et société en pays bigouden. L'exemple des sonneurs de bombarde et de biniou », Musique Bretonne, , , lire en ligne. Laurent Bigot, « Le couple biniou-bombarde I. Aux origines d’une grande tradition », ArMen, , , . Laurent Bigot, « Le couple biniou-bombarde II. Apogée, décadence et renouveau », ArMen, , , . « Quand les sonneurs menaient la noce… », ArMen, , , . Laurent Bigot et Michel Colleu, « Conscrits et binious militaires », ArMen, , , . « Le championnat de Bretagne des sonneurs », ArMen, , juillet-. Christian Morvan, « Sonneurs de biniou à Quintin. Des professionnels de l'animation », Musique Bretonne, , novembre-, . Christian Morvan, « Sonneur et tourneur à Callac en 1707 », Musique Bretonne, , , .
Articles connexes Bagad, Bodadeg ar Sonerion Pipe band, formation musicale écossaise qui a inspiré la création des bagadoù bombarde et cornemuse, instruments de bagad (biniou kozh pour le couple traditionnel) Championnat des sonneurs
Liens externes
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