Le Rila (en ) est un massif montagneux du Sud-Ouest de la Bulgarie qui constitue une partie de l’ensemble Rila-Rhodope. Le point culminant du Rila est le Moussala (Мусала, ), qui est également le point culminant de la péninsule balkanique. Les rivières Iskăr (Искър), Marica (Марица) et Mesta (Места) prennent leur source dans le massif du Rila.

Le nom du Rila est probablement d’origine thrace. Les premiers noms connus du massif sont Donuca Tite-Live, Histoire Romaine, XL, 58, 1 (site consulté le 23 octobre 2008). en latin et Dunax Strabon, Géographie, livre IV, chapitre 12 (site consulté le 23 octobre 2008). en grec, ainsi que Dinace dans une inscription thraceCf. Ivan Duridanov, (site consulté le 23 octobre 2008).. À une époque plus récente, on trouve la forme Roula désignant une grande quantité d’eau, qui a dû originellement désigner une rivière (l’actuelle Rilska reka, Рилска река, qui prend sa source au cœur du massif et va se jeter dans la Struma), et a dû être transformée en Rila après l’arrivée des Slaves dans la région, vers la fin du . Cette dénomination n’est pas fortuite : il y a dans le Rila environ 200 lacs et une grande quantité de sources minérales situées dans les zones de faille (villes de Sapareva banja (Сапарева баня), Dolna banja (Долна баня) et Kostenec (Костенец), village de Banja (Баня) dans l’oblast de Blagoevgrad, etc.). La principale ligne de partage des eaux de Bulgarie, qui est en même temps la plus importante des Balkans, passe par la crête du Rila, séparant les bassins versants de la mer Noire et de la mer Égée.

Géographie et géologie L’altitude moyenne du Rila est de , et sa surface totale est de . Le Rila est le massif le plus élevé de la péninsule balkanique, avec son point culminant, le mont Musala (). La majeure partie de ses sommets élevés (altitude comprise entre et ) présente un aspect alpin, comme le sommet de la Maljovica (Мальовица), qui est un exemple typique. Le reste du massif, surtout dans la partie orientale, est constitué d’alpages.

Le Rila est surtout constitué de granite et de gneiss mêlés à des schistes cristallins anciens, qui sont caractéristiques de l’ensemble montagneux Rila-Rhodopes, la plus ancienne composante géologique de la région. Sa formation a commencé au Paléozoïque et au cours des nombreux soulèvements orographiques de l’ère tertiaire. Les formes alpines actuelles et leurs sommets dentelés, leurs cirques, leurs vallées profondes et leurs étendues de moraines sont le résultat des glaciations du pléistocène. Les lacs du Rila sont le témoignage le plus remarquable de la période glaciaire : au nombre de 190 environ, ils sont disséminés dans l’ensemble du massif, et le Ledeno ezero (Ледено езеро, « lac glacial », altitude ), au nord du sommet du Musala, est l’un des lacs glaciaires les plus élevés de la péninsule balkanique (le deuxième par son altitude après le Lac supérieur du Poležan (Горно Полежанско езеро) dans le massif du Pirin.

Caractéristiques morphologiques

Le Rila est un bloc soulevé bordé de failles (horst), en forme de coupole, inclus dans l’une des plus anciennes parties de la masse terrestre des Balkans, le massif de Macédoine et de Thrace. Constitué de granites et de gneiss, ainsi que d’autres roches métamorphiques à cristaux qui se sont formées pendant le Paléozoïque, il y a au moins 250 millions d’années. Le massif a été plusieurs fois soumis à des glaciations au cours du Pliocène, et son relief alpin s’est formé au cours de la dernière glaciation (glaciation de Würm), il y a 10 à , quand la limite des neiges éternelles se situait à d'altitude.

Au-dessus de cette limite, les glaciers ont radicalement transformé le relief préexistant, en formant de profonds cirques, des pics pyramidaux aigus, des dents rocheuses (crêtes dentelées), des auges et vallées suspendues, des moraines et d’autres formes typiquement glaciaires.

Limites et subdivisions L’immense coupole du Rila s’élève au-dessus des vallées qui l’entourent. Le col de Borovec () relie le massif du Musala, qui constitue la partie principale du Rila, avec les montagnes de Šipočan (рид Шипочан, de Šipočane, village à l’est de la ville de Samokov) et de Šumnatica (рид Шумнатица), qui font partie du massif de la Sredna gora dans sa partie dite « d’Ihtiman » (Ihtimanska Sredna gora, Ихтиманска Средна гора). Le col de Jundola (Юндола, , du nom d’un village situé à l’ouest de la ville de Velingrad) et le col d’Avramovo (Avramova sedlovina, Аврамова седловина, , au sud-ouest de Jundola) relie le Rila et les Rhodopes, cependant que le col de Predel () le relie au Pirin et le col de Klisura (Klisurska sedlovina, Клисурска седловина, , du nom d’un village à l’ouest de Samokov, à la Verila. Le Rila occupe une surface d’environ .

Le Rila se divise en quatre parties distinctes : Rila oriental : la partie orientale du massif, dite aussi « du Musala » (Musalenski djal, Мусаленски дял) est la plus étendue et la plus élevée. Le plus haut sommet du massif, ainsi que 12 de ses 18 sommets supérieurs à , sont situés dans cette partie : Musala, Jastrebec (Ястребец), mont Jireček (Ireček, Иречек : porte le nom du savant tchèque Konstantin Jireček), Deno (Дено), Mančo (Манчо) et d’autres encore. On y trouve également les lacs de la Marica (Maričini ezera, Маричини езера, car ce fleuve y prend sa source) et les lacs de la Ropalica (Ropališki ezera, Ропалишки езера, du nom de la rivière qui prend sa source à cet endroit). C’est également dans cette partie de la montagne que se trouve la station de ski de Borovec. Rila central : également appelé « massif du Skakavec » (du nom d’un de ses sommets, le Goljam (Grand) Skakavec – Голям Скакавец, , il constitue la plus petite partie du Rila (10 % de la surface totale) et est surtout connu pour les lacs glaciaires qui s’y trouvent : Ribni ezera (Рибни езера, « lacs poissonneux »), lacs de la Džendema (Džendžemski ezera, Джендемски езера), également appelés Diavolski ezera (Дяволски езера, « lacs du diable »), Manastirski ezera (Манастирски езера, « lacs du monastère », car situés près du monastère de Rila). Le plus grand lac glaciaire de la péninsule balkanique se trouve dans cette partie du massif : le Smradlivo ezero (Смрадливо езеро, « lac puant »), ainsi que les sommets suivants : Kanarata (Канарата, ), Černa poljana ou Karaalanica (Черна поляна, Карааланица, ), Goljam Skakavec (Голям Скакавец, ) et Malǎk Skakavec (Малък Скакавец, ), Rilec ou Džendema (Рилец, Джендема, ). Entre les rivières Levi Iskǎr (Леви Искър) et Beli Iskǎr (Бели Искър) s’élève la crête des monts Skakavec : Goljam Skakavec et Malǎk Skakavec, puis, plus au nord, celle du massif de la Pčelina (Пчелина), qui culmine à avant de se prolonger vers le sommet de Sveti Duh (Свети Дух, ). Une autre crête bien connue des randonneurs est celle qui relie le sommet de la Marinkovica (Маринковица, ) à celui du Vodnija čal (Водния чал, ) et continue en direction de l’ouest, puis vers le nord, jusqu’à la réserve dite Kobilino branište (Кобилино бранище), située sur un col par lequel passe la ligne de partage des eaux entre les massifs du Skakavec et de Maljovica. L’un des lacs les plus connus du Rila, le lac de Jozola (Йозола) est situé à l’ouest des deux sommets du Skakavec. Rila du nord-ouest : cette partie occupe près de 25 % du territoire du massif. Le sommet le plus élevé dans cette région est le Goljam Kupen (Голям Купен, ). C’est également dans cette partie du massif que se trouvent les Sept lacs du Rila. La partie nord-ouest du Rila est connue pour ses nombreux sommets d’accès difficile et pour ses lacs. Rila du sud-ouest : le sommet le plus élevé dans ce secteur, également appelé « massif du Kapatnik » (Kapatniškijat djal, Капатнишкият дял, d’après le Kapatnik, ), est l’Angelov vrǎh (). La surface de cette partie représente 30 % de la surface totale du massif. Exception faite de sa partie située la plus au nord, qui est la moins étendue, le Rila du sud-ouest ne présente pas l’aspect alpin du reste du massif.

Patrimoine culturel et curiosités naturelles

Le Rila fait partie de la liste 100 objets touristiques nationaux, (initiative touristique nationale). Les endroits importants pour les amateurs de randonnée, d’histoire et de nature sont : le Musala, le chalet de la Skakavica, les sept lacs du Rila, le monastère de Rila, le monastère de femmes de Samokov (monastère de la protection de la Mère de Dieu, Devičeski manastir « Pokrov Bogorodičen », Девически манастир “Покров Богородичен”), ainsi que le Musée historique dans la même ville.

Climat Le Rila présente un climat montagnard typique. Sur le Musala, les précipitations annuelles sont de , dont 80 % de neige. On y mesure également les températures les plus basses du massif, avec des minimales de , pour une température moyenne mensuelle de en février. La température maximale absolue est de . Les températures négatives sont observables pendant 9 mois, et il n’est pas rares qu’elles durent jusqu’à la fin du mois de juin. Une augmentation constante de la température est perceptible à partir de la deuxième moitié du mois de juillet. Cependant, même pendant les mois d’été, la température ne dépasse pas durablement . En juin, juillet et août, la température moyenne dépasse pendant 5 à 10 jours, qui détermine une courte période de croissance végétale dans les zones de haute montagne. Elle dure de 3 à 6 mois. À des altitudes supérieures à , elle dure environ 3 mois.

Dans les parties les plus élevées du Rila, l’humidité relative de l’air est le plus souvent comprise entre 80 et 85 %. Les périodes les plus sèches sont les mois d’hiver les plus froids. L’hygrométrie est différente selon l’orientation des versants. Sur les versants sud du massif, les précipitations atteignent pendant l’hiver jusqu’à 22-25 % de la moyenne annuelle, alors qu’elles sont inférieures sur les versants nord. Sur les versants ouest et nord, les maximales de précipitation sont observables pendant le printemps et l’été, et pendant l’hiver sur les versants est.

La formation d’une couche neigeuse durable dans les zones situées au-dessus de s’observe à partir du 10- sur les versants nord, à partir du 20- sur les versants sud. Elle tient pendant 200 à 220 jours par an en moyenne. Dans les zones de moindre altitude, c’est en février qu’elle est la plus épaisse, atteignant alors à en moyenne. Dans les zones plus élevées (plus de d’altitude), c’est en mars que la couverture neigeuse est la plus épaisse (70-). Dans les parties les plus élevées, l’épaisseur maximale de la couverture neigeuse atteint 200 à . La période au cours de laquelle la couverture neigeuse est permanente dure en moyenne 70 à 80 jours par an pour les altitudes situées entre et , et pour les altitudes supérieures à , de 180 à 200 jours. Les vents atteignant une vitesse de 30 à (plus de ) ne sont pas rares. Ils soufflent surtout du sud-ouest et de l’ouest. Les vents de nord-ouest et nord-est sont plus modérés. La vitesse moyenne mensuelle du vent sur les sommets les plus élevés atteint 11 à . Dans les parties moins élevées, la vitesse mensuelle mesurée se situe entre 1,2 et , et dans la zone d’altitude moyenne, entre 2,5 et Journey.bg, site touristique bulgare (consulté le 26 octobre 2008)..

Hydrographie vignette|Le réservoir du Belmeken dans le Rila. Les sources de l’Iskǎr, de la Marica et de la Mesta se trouvent sur le territoire du Rila. De nombreux affluents de ces cours d’eau, ainsi que de la Struma prennent également leur source dans le massif : Beli Iskǎr, Levi Iskǎr, Prav Iskǎr, Černi Iskǎr (« Iskǎr noir »), Bjala Mesta (« Mesta blanche »), Černa Mesta (« Mesta noire »), ainsi que les rivières Beliška reka et Blagoevgradska Bistrica (« rivière limpide de Blagoevgrad »), Gradevska reka, Iztok et Rilska reka (« rivière du Rila »).