Les sont des fantassins d'élite de l'Armée de terre des États-Unis. Ce terme est utilisé pour désigner d'une part les soldats membres d'une unité portant le nom de Ranger, et d'autre part ceux qui sortent qualifiés de la , une école d'aguerrissement.

Cette arme est riche de son héritage et de ses traditions. Le 75th Ranger Regiment est la seule unité de rangers existant actuellement dans les Forces armées des États-Unis. Ce régiment constitue une unité d'infanterie légère dédiée aux opérations spéciales, flexible, très entrainée et rapidement déployable.

Historique Période coloniale vignette|droite|upright=1|Officier Benjamin Church.

Le terme ranger apparut au en Angleterre. Dans les Treize Colonies, il fut d'abord utilisé au pour désigner des soldats employés à plein temps par le gouvernement colonial britannique pendant les guerres opposants colons et Amérindiens pour patrouiller (, d'où le nom ranger) entre les points fortifiés afin de repérer d'éventuels raids des Indiens. Dans des opérations offensives, ils agissaient comme guides et éclaireurs pour les unités de milice ou de troupes coloniales.

La guerre de sept ans En 1675-1676, un nouvel élément s'ajouta au concept des rangers. Benjamin Church (1639-1718), du Massachusetts, créa une unité spéciale à plein temps combinant Blancs et Indiens de tribus amies pour effectuer des attaques dans des zones où les unités classiques étaient inefficaces. Les « rangers de Church » étaient si efficaces que les mémoires de Benjamin Church devinrent le premier manuel militaire américain quand ils furent publiés par un de ses fils en 1716.

L'utilisation d'unités de rangers atteint son point culminant pendant la guerre de la Conquête.

En 1756, Robert Rogers, du New Hampshire, organisa un corps de forestiers de Nouvelle-Angleterre comme milices provinciales à plein temps placées directement sous le commandement militaire britannique et soldés avec des fonds britanniques. Les compagnies de rangers, connues sous le nom de « Rangers de Rogers », soutinrent les opérations britanniques contre le Canada français sur les fronts de New York et du Saint-Laurent. Elles opéraient occasionnellement avec des tribus indiennes amies mais aussi, plus généralement, aux côtés des autres troupes britanniques. Des commandants britanniques astucieux assignèrent des officiers réguliers aux rangers de Rogers pour qu'ils s'entraînent et acquièrent l'expérience de la guerre dans la nature, et les enseignent à leur tour aux régiments réguliers. Une partie de cet enseignement fut codifiée dans les Rangers Standing Orders de Rogers, dont une version est toujours enseignée aux rangers modernes. Le du d'artillerie de campagne du Michigan et The Queen's York Rangers des Forces canadiennes se réclament tous deux d'une filiation avec les rangers de Rogers.

La guerre d'indépendance américaine Des vétérans des rangers de Rogers, dont le général d'armée et les généraux de brigade John Stark et Moses Hazen, eurent un rôle majeur dans l'armée continentale pendant la guerre d'indépendance américaine. L'utilisation traditionnelle du terme militaire « ranger » eut une application limitée pendant cette guerre. Divers États employèrent des unités de rangers pour la sécurité de leurs frontières. Néanmoins l'armée continentale, formation militaire au niveau national, en forma très peu. En effet, George Washington considérait que la sécurité des frontières, essentiellement menacées par les tribus indiennes, était une responsabilité des États, autorités locales. Il concentra donc ses efforts de recrutement et de formation au profit de l'armée continentale, engagée contre les troupes britanniques et allemandes de l'armée régulière anglaise.

À part les régiments et compagnies de fusiliers séparés de Pennsylvanie et des États du Sud (appelés officiellement ou communément rangers mais qui combattirent plus comme infanterie légère que comme infanterie ranger), l'Armée Continentale ne forma que deux unités rangers : les « rangers de Knowlton » et les « rangers de Whitcomb ».

Les « rangers de Knowlton » étaient une unité provisoire de trois compagnies de volontaires venant des régiments d'infanterie de ligne du Connecticut et du Massachusetts, commandée par le Thomas Knowlton et créée à la fin de l'été 1776 à New York City. Ils combattirent avec excellence comme infanterie légère à la bataille de Harlem Heights le , au cours de laquelle Knowlton fut mortellement blessé. Deux mois plus tard, les restes de l'unité tombèrent aux mains des Britanniques lors de la reddition de Fort Washington. Parmi les « rangers de Knowlton », Nathan Hale devint célèbre comme espion.

Les « rangers de Whitcomb » furent à l'origine similaires aux précédents, constituant une unité ranger provisoire sur le front du lac Champlain en 1776. Elle devint une unité permanente composée de deux compagnies le de la même année, et fut chargée de la reconnaissance pour le Département du Nord jusqu'à sa dissolution le à Coos (New Hampshire) lors de la réorganisation générale de l'Armée Continentale. La plupart des « rangers de Whitcomb » venaient du New Hampshire et du Hampshire Grants (devenu le Vermont depuis).

La guerre de Sécession Les plus célèbres rangers de la guerre de Sécession combattirent dans l'armée des États confédérés.

En , le commandement du fut attribué à John Singleton Mosby. Les « rangers de Mosby » devinrent tristement célèbres parmi les soldats de l'Union pour leurs fréquents raids sur les trains de ravitaillement et les courriers. Leur réputation augmenta considérablement lorsqu'ils effectuèrent un raid loin à l'intérieur du territoire de l'Union et capturèrent trois officiers de haut rang, dont le général de brigade Edwin H. Stoughton. Dans les semaines suivant la reddition de l'armée confédérée, Mosby dissout son unité plutôt que d'en apporter la reddition.

Les attaques les plus réussies contre les rangers de Mosby furent menées par les « rangers de Mean ». Ceux-ci étaient devenus célèbres pour avoir capturé le train de munitions du général James Longstreet. Par la suite, ils combattirent et capturèrent une partie de la force de Mosby.

Un autre officier confédéré célèbre, Turner Ashby, commanda une compagnie de cavalerie surnommée les « Mountain Rangers », qui devint célèbre pour son harcèlement des unités de l'Union.

La Seconde Guerre mondiale En , le fut fondé et ses recrues (dont 80 % venaient de la d'infanterie américaine) commencèrent à être entraînées en Écosse par les commandos britanniques. Lors de l'opération Jubilee, en , du débarquèrent aux côtés des Canadiens sur la plage de Berneval-le-Grand. Sous le commandement William O. Darby, ce bataillon combattit aux côtés des et Ranger Battalions en Afrique du Nord puis en Italie, jusqu'à la bataille de Cisterna () où la plupart des rangers des et furent tués ou capturés. Les survivants de cette bataille furent versés dans le 1st Special Service Force.

Un formé à partir d'éléments de la division d'infanterie sert en Europe en 1943..

Lors du débarquement de Normandie, le Ranger Battalion s'illustre lors de l'assaut de la pointe du Hoc., et le Ranger Battalion débarque à Omaha Beach, dans le secteur Dog White, où il gagne la devise « Rangers lead the way! »

Dans le Pacifique, le d'artillerie de campagne, formé le à Fort Lewis, fut transformé en unité d'infanterie légère et devint le Ranger Battalion le . Le participa à l'invasion des Philippines et effectua le raid sur le camp de prisonniers de Cabanatuan. Le fut désactivé au Japon le .

Après la première conférence de Québec (1943), la fut créée sous le commandement de Frank Merrill, d'où son surnom Merrill's Marauders (« les Maraudeurs de Merrill »). Composée de six équipes de combat célèbres pour se reconnaître par un code de couleurs, l'unité commença l'entraînement en Inde le avant de prendre part à la campagne de Birmanie. En , les « Maraudeurs » entamèrent une marche de km à travers l'Himalaya et la jungle birmane pour attaquer l'arrière des lignes japonaises. En mars, ils isolèrent les forces nippones à Maingkwan et coupèrent leurs lignes de ravitaillement dans la vallée de Hukawng. Le , la 5307 et des forces chinoises capturèrent l'aéroport de Myitkyina, le seul aéroport birman fonctionnel toute l'année. Les « Maraudeurs » se distinguèrent comme une unité exceptionnelle et furent l'une des très rares unités dont tous les membres aient été médaillés de la Bronze Star. Bien que cette unité n'ait pas été appelée ranger à l'époque, elle a été par la suite considérée comme l'ancêtre d'unités rangers ultérieures.

À la fin de la guerre, les unités de rangers furent dissoutes, mais le programme d'entraînement ranger fut établi, bien que réservé aux sous-officiers supérieurs et aux officiers.

La guerre de Corée Au commencement de la guerre de Corée, une unité ranger unique fut créée. Commandée par le Ralph Puckett, la (« compagnie ranger de la armée ») fut créée en et servit de modèle pour les unités rangers à venir. Au lieu d'être organisée en bataillons, les compagnies ranger des guerres de Corée puis du Viêt Nam étaient des unités spéciales attachées à des unités classiques plus grandes (armées et divisions).

Au total, seize compagnies rangers supplémentaires furent formées dans les sept mois qui suivirent : la et 15 compagnies rangers. Le chef d'état-major de l'US Army assigna le programme d'entraînement ranger à Fort Benning au colonel John Gibson Van Houten. Ce programme fut par la suite divisé en deux pour comprendre un entraînement en Corée.

Ainsi, le suivant, les , , et Ranger Companies (compagnies rangers) furent formées. Des soldats du aéroporté et du d'artillerie antiaérienne de la aéroportée composèrent la Ranger Company, la seule unité ranger composée uniquement de Noirs ayant jamais existé. Le , après que les quatre premières compagnies rangers eurent commencé leur entraînement, les , , et les rejoignirent. Les et rangers furent assignées à l'entraînement des autres rangers.

Pendant la guerre, les rangers agirent comme unité de reconnaissance, d'éclairage et d'opérations surprises sur les arrières de forces chinoises et nord-coréennes. Au cours d'un audacieux raid nocturne, la Rangers détruisit les quartiers-généraux de la nord-coréenne. Les et Rangers effectuèrent un assaut aéroporté près de Munsan, au nord du . La Rangers comblèrent le vide laissé par les forces alliées en retraite, la Rangers aida à arrêter la de l'offensive chinoise. À la fin du conflit, comme pour la Seconde Guerre mondiale, les unités de rangers furent dissoutes.

+ Compagnies rangers de la guerre de Corée Compagnie Unité d'attache Compagnie Unité d'attache Eight Army Ranger Company 25th Infantry Division / IX Corps Ranger Company 24th Infantry Division/IX Corps General Headquarters (GHQ) Raider Companies Special Activities Group / X Corps Ranger Company Army Ranger Company Infantry Division Ranger Company 45th Infantry Division Ranger Company Infantry Division/187 ARCT Ranger Company 40th Infantry Division Ranger Company Ranger Training Command/ Infantry Division/I Corps Ranger Company Army Ranger Company Cavalry Division/187 ARCT/ Marine Division Ranger Company Army Ranger Company 25th Infantry Division/I Corps Ranger Company Infantry Division Ranger Company Army Ranger Company Army Ranger Company Ranger Training Command

La guerre du Viêt Nam

vignette|gauche|Des Rangers de l’US Army équipés de M16 entrainant des membres du Front unifié de lutte des races opprimées armés de carabines M1 en 1966.