En France, un accompagnant d'élève en situation de handicap (AESH), anciennement nommé auxiliaire de vie scolaire (AVS), est une personne qui s'occupe de l'accompagnement, de la socialisation, de la sécurité et de l'aide à la scolarisation d'enfants en situation de handicap ou présentant un trouble de santé invalidant, dans des classes spécialisées ou dans des classes ordinaires.

vignette|Une AESH accompagne un élève en classe élémentaire.

Les élèves nécessitant un accompagnement dans certaines activités scolaires bénéficient d'un AESH individuel ou mutualisé (respectivement AESH-i et AESH-m).

Les élèves en Unité localisée pour l'inclusion scolaire (ULIS) bénéficient d'un accompagnant dit AESH collectif (AESH-co)L'accompagnant d'élève en situation de handicap à titre individuel, mutualisé ou collectif.

L'attribution d'un AESH à un élève peut être envisagée dès lors qu'un examen approfondi de sa situation fait apparaître le besoin, pour une durée déterminée, d'une aide humaine apportée dans le cadre de la vie scolaire quotidienne, en vue d'optimiser son autonomie dans les apprentissages, de faciliter sa participation aux activités collectives et aux relations interindividuelles et d'assurer son installation dans les conditions optimales de sécurité et de confort.

Les difficultés et conditions de recrutement de ces auxiliaires font l'objet de débats fréquents, les AESH étant souvent insuffisamment formés à ce type de fonction et recrutés avec un statut précaire. Ces personnes bénéficient d'une formation d'adaptation à l'emploi de , complétée par de formation complémentaire dans les deux premières années de prise de poste, conformément à la circulaire du . En pratique, cette formation complémentaire est inégalement mise en œuvre selon les académiesConditions d'emploi des auxiliaires de vie scolaire et qualité de l'accompagnement des élèves handicapés (Revue française de pédagogie).. Le manque d'AESH a atteint un niveau inédit à la rentrée 2025, avec près de 48 726 élèves notifiés sans accompagnement selon les statistiques du ministère de l’Éducation nationale.

Historique 1983 - 2002 : personnel d'« assistance particulière » La première mention de personnel d'« assistance particulière » pour des enfants et adolescents handicapés, dans les établissements scolaires ordinaires apparaît dans une circulaire, en 1983Circulaire n° 83-082, 83-4 et 3/83/S du 29 janvier 1983.Cette circulaire inventorie tous les moyens d'intégration, en commençant par les moyens en personnels. Elle fait référence, en premier lieu, aux enseignants, pour les apports pédagogiques et aux « personnels spécialisés non enseignants » pour les apports médicaux, paramédicaux et socio-éducatifs, et reconnait le « besoin d'une assistance particulière pour se déplacer, s'alimenter ou pour des soins courants » des élèves handicapés.Elle laisse toutefois la charge aux directeurs d'école, aux chefs d'établissement, aux collectivités locales et aux autorités académiques de répondre à ces besoins particuliers.Mais cette possibilité donnée, d'employer du personnel non qualifié (agents de service), pour assister les élèves dans leur journée de classe ouvre la voie aux premiers dispositifs employant des accompagnants scolaires.Ainsi, dès 1984, à Marseille, des personnels sont employés par la mairie sous Contrats emploi solidarité (CES), avant de se généraliser au département des Bouches-du-Rhône, en 1989Bordeau, M., Bourget, G. AVS UNAISSE (2009). Le personnel accompagnant scolaire, une approche socio-historique. La nouvelle revue de l'adaptation et de la scolarisation, N°45, 55 - 69. INSHEA. En 1985, dans la Sarthe, plusieurs associations créent une coopérative pour l'accompagnement scolaire et social Cochetel, G. (2017). AESH et enseignant Collaborer dans une école inclusive. Canopé éditions.Toutefois, le recrutement de ce personnel dépend des autorités académiques et des moyens financiers des collectivités territoriales. Les Auxiliaires d'Intégration Scolaires (AIS) sont, par exemple, des objecteurs de conscience, volontaires de service civil, embauchés en contrats aidés (Travaux d'utilité collective, contrat emploi solidarité, contrat emploi consolidé) ou, parfois même, rétribués par des parents.

En 1999, lors de la mise en place du Plan Handiscol, seulement une trentaine de service d'auxiliaires d'intégration scolaire existe, au niveau départemental.

2003 - 2014 : assistant de vie scolaire L'année 2003 donne un nouveau cadre et une possible pérennité aux postes d'accompagnement. Alors que le programme emplois-jeunes, ayant permis le recrutement des aide-éducateurs, avait été prévu pour une durée strictement limitée à 5 années, la loi permettant le recrutement des assistants d'éducation ne prévoit, quant à elle, aucune date de fin du dispositif. Mais, en ne prévoyant que des contrats de 3 ans maximum, la pérennité du personnel d'aide à l'accueil et à l'intégration scolaires des élèves handicapés n'est toujours pas assurée.

Toutefois, l'Éducation Nationale prend enfin en charge, par des contrats de droit public, les assistants d'éducation, faisant fonction d'AVS, par l'intermédiaire des collèges, lycées et de l'État, et la multiplicité des employeurs potentiels des aide-éducateurs (associations, mairies, départements) est supprimée.

Si les premiers contrat aidés (CES, CEC) prennent fin en 2005, faisant disparaître les AIS, ils sont immédiatement remplacés par les contrats d'avenir (CAV) et des contrats d'accompagnement dans l'emploi (CAE), d'une durée de 6 mois à 24 mois. Ces contrats donnent ainsi naissance aux Emplois de Vie Scolaire (EVS), dans un double but, de satisfaire la demande croissante des parents et de lutter contre le chômage, par un recrutement exclusif de demandeurs d'emploi inscrits à l'ANPE.

En 2009, une loi relative à la mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique place dans son article 44 comme seule direction de mouvement pour les AVS, la porte de sortie. La possibilité est en effet donné au ministère de l'éducation nationale de se défaire des AVS, en chargeant les associations du poids de l'accompagnement individuel des élèves handicapés.

Et cette possibilité n'est nullement faite pour accroitre, dans un partenariat public/privé, l'offre des AVS, sur des cas d'élèves où la MDPH ne jugerait plus l'accompagnement justifié. Les AVS, ainsi privatisées, ne pourrait qu'assurer « la continuité de l'accompagnement » lorsque celui-ci « est nécessaire à l'élève en fonction de la nature particulière de son handicap ».

Les AVS arrivant au terme de leurs 6 années de contrat doivent demander l'autorisation de continuer à travailler pour les élèves dont ils ont la charge. Il leur faut, pour cela, obtenir leur inscription sur une liste départementaleDécret n° 2009-993 du 20 août 2009.

Le ministre se justifie dans sa circulaire suivanteCirculaire n° 2009-135 du 5 octobre 2009 par « des limitations contractuelles introduites par la réglementation en vigueur » et un « cadre juridique actuel [qui] ne permet pas de prolonger indéfiniment les contrats des personnels affectés à l'accompagnement scolaire des élèves handicapés ».

Ainsi, pendant 5 ans, de 2009 à 2014, le personnel d'accompagnement scolaire se répartira sous 3 contrats différents, CDD de droit public (AVS), CDD de droit privé (AVS associatif), contrat aidé (EVS).

À partir de 2015 : accompagnant des élèves en situation de handicap C'est une loi de financesLoi du 29 décembre 2013. qui, en 2014, dissociera les assistants d'éducation et les AVS, et en profitera pour les renommer en accompagnant des élèves en situation de handicap.

Cette loi apporte deux évolutions majeures dans la lutte contre la précarité des AVS, AIS ou AESH.

D'une part, si les nouveaux contrats d'AESH sont encore et toujours « d'une durée maximale de trois ans, renouvelable dans la limite maximale de six ans », ils obtiennent la possibilité de conclure, au terme des six ans de CDD, un CDI. Il est bien rappelé que seules six années consécutives de CDD de droit public ouvrent droit au CDI, ni les contrats CUI-CAE, ni les CDD associatifs, tous deux de droit privé ne le permettent.

D'autre part, cette possibilité est ouverte aux AVS déjà en poste, grâce à une assimilation des services. Ainsi, au terme de leurs six années de contrat, les AVS peuvent obtenir un CDI d'AESH.

Les contrats d'AESH prennent d'abord la forme d'un CDD de 3 années, renouvelable 1 fois, puis d'un CDI, en fonction toutefois de « l'intérêt du service ».

À partir du décret du , les contrats des AESH ne sont plus renouvelables mais directement transformés en CDI à la fin des trois années de CDD. La mesure est effective au ..

Revalorisation salariale (2023-2024)

En parallèle de la CDIsation, la rentrée de marque la première refonte significative de la grille indiciaire des AESH depuis 2021. L'arrêté du établit une grille à , allant de l'indice majoré 366 à l'indice majoré 450, avec un avancement triennal. Chaque échelon est revalorisé de 1 à 9 points d'indice selon la position dans la grille.

Le décret du crée simultanément une indemnité de fonctions versée mensuellement à l'ensemble des AESH, d'un montant de € bruts annuels pour un temps complet, proratisée selon la quotité de travail. L'indemnité versée aux AESH référents, chargés d'appui aux AESH nouvellement nommés, est quant à elle portée de 600 à bruts annuels (+ 10 %).

Au , conformément aux annonces du gouvernement, d'indice majoré sont ajoutés à chaque échelon de la grille, portant ainsi l'indice de départ à 371. La revalorisation globale sur la période – représente entre 11 et 14 % selon l'ancienneté.

Ces mesures sont cependant jugées insuffisantes par les organisations syndicales : la FSU, le SNALC et SUD Éducation soulignent notamment que l'indemnité de fonctions, étant indemnitaire et non indiciaire, n'entre pas dans le calcul de la retraite ; qu'avec une quotité moyenne de 62 %, le salaire net d'un AESH en début de carrière reste inférieur au seuil de pauvreté ; et que le point d'indice, gelé depuis , n'a connu aucune revalorisation en 2025 ni dans les prévisions budgétaires 2026.

À compter du , les AESH exerçant dans des établissements relevant de l'éducation prioritaire perçoivent les indemnités REP et REP+, conformément au décret du . Les montants versés aux AESH restent toutefois inférieurs à ceux accordés aux enseignants et aux autres personnels de l'Éducation nationale.

+ Autorité chargée du recrutement, selon le type de missions de l'AESH CDD CDD CDD CDI CDI CDI AESH-i AESH-m AESH-co AESH-i AESH-m AESH-co Recteur d'académie Recteur d'académie Recteur d'académie Recteur d'académie Recteur d'académie Recteur d'académie DASEN (par délégation du recteur) DASEN (par délégation du recteur) DASEN (par délégation du recteur) DASEN (par délégation du recteur) DASEN (par délégation du recteur) DASEN (par délégation du recteur) chef d'établissement chef d'établissement Ainsi, en 2017, 79 % des AESH étaient en CDD..

La précarité des emplois des AESH va de pair avec sa féminisation écrasante, et les phénomènes s'accentuent sur la période 2008-2017 : Les femmes représentaient près de 90 % des effectifs en 2008 et leur part croît régulièrement pour atteindre 93 % en 2017 ; Les contrats à temps incomplet (imposé par l'employeur, à distinguer du temps partiel choisi) sont passés de 80 % en 2008 à 96 % en 2017, avec une quotité moyenne chutant de 69,4 % à 62,8 % ; L'âge moyen des AESH a crû d'un an chaque année, passant de 34 à 43 ans sur la même période.

Les effectifs ont connu une croissance rapide dans les années suivantes. Selon les Panoramas statistiques annuels de la DEPP :

+ Évolution des effectifs AESH (source : DEPP) Année scolaire Effectifs Part de femmes Part de CDI Quotité moyenne 2022-2023 121 400 93 % — — 2023-2024 128 500 93 % 61 % 63,2 % 2024-2025 134 800 94 % 64 % —