right|thumb|150px|Blason des Picquigny: Fascé d'argent et d'azur, à la bordure de gueules.

Les seigneurs de Picquigny étaient aussi avoués de l'abbaye de Corbie, vidames d'Amiens, et avoués héréditaires de l'évêché d'Amiens. Par délégation de l'abbaye de Corbie, ils avaient le droit de frapper monnaie.

Il s'agit d'une baronnie primitive du royaume, une seigneurie de franc-aleu, ne mouvant alors de personneChronique de Mathieu d'Escouchy par Mathieu d'Escouchy.

L'importance de cette seigneurie se manifeste notamment par la place occupée par Eustache de Picquigny aux côtés de Guillaume le conquérant, lors de la conquête de l'Angleterre, en 1066, ou encore par la part prise, environ un demi-siècle plus tard, par de Picquigny, dans la protection de Jérusalem et la création de l' Ordre du Temple.

Par la suite, la seigneurie de Picquigny relève de l'évêque d'Amiens, dont le seigneur de Picquigny est le vidame, autrement dit le protecteur des intérêts temporels.

En 1774, la seigneurie de Picquigny comptait sept cents mouvances, y compris cent quarante petits fiefs réunis à de plus importants, et soixante-quatre terres à clocher.

Maison de Picquigny Guermond ou Eudes de Picquigny Il épouse Adèle. Avec elle, il eut quatre fils : Eustache, qui suit ; Jean, archidiacre d'Amiens ; Hubert Guermont, cité en 1069, il suivit Godefroy de Bouillon en Terre Sainte.

Eustache de Picquigny (v.1040/1050 - † 1085) Fils de Guermond (ou Eudes) et Adèle (ou Odile)

En 1066, Eustache fait partie des guerriers que l'on voit figurer parmi les conquérants normands de l'Angleterre, sous le nom de Pinkeney. Il sera récompensé par des terres dans les cantons d'Essex et de Northampton, où il fonda, avec son fils, Ansculf de Picquigny, notamment des monastères.

La présence de sa descendance en Angleterre est enregistrée notamment à Dudley Castle, à Moreton Pinkney.

En 1066, il érige en collégiale l'église de Saint-Martin de Picquigny, et y adjoint un chapitre de huit chanoines pour la desservirNotice sur l'église, le château et la seigneurie de Conty par A. Gabriel Rembault. Jean y est archilévite et Humbert, pair de Picquigny dans l'église de Saint-Martin ou Saint-Jean-BaptisteLettres sur le département de la Somme par François Hyacinthe G. Dusevel.

Il est le premier vidame connu d'Amiens, jusqu'à sa mort (1066-1085).

Arnoul de Picquigny Il est aussi nommé Pierre, par certains.

Il eut pour enfants : Mélissende, qui épousa Guillaume II, châtelain de Saint-Omer Guermond, qui suitRecueil d'actes des en langue romane wallonne du Nord de la France par Eugène François Joseph Tailliar.

Guermond de Picquigny (v.1080 - † v.1131) Fils ou frère d'Arnoul (suivant les sources)

suit Godefroy de Bouillon en terre Sainte. Il devient Patriarche de Jérusalem (1118-1128).

Il convoque puis préside, avec le roi Baudoin II de Jérusalem, le concile de Naplouse, qui s'ouvre en janvier 1120.

Les actes du concile de Naplouse font état d'une société régie à la fois par le Roi et par le Patriarche. Son canon 20 donne naissance à l'ordre des Templiers qui passe de l'obédience du prieur du Saint Sépulcre à celle du Patriarche Latin de Jérusalem, car il montre d'abord que l'autorité ecclésiale est prête à revoir la position de l'église grégorienne, qui visait à créer un corpus de clercs bien séparé des activités mondaines, des armes et des femmes. Par ce canon, le clerc est autorisé à porter des armes pour la défense des routes suivies par les pèlerins. Cet ordre peut devenir un ordre religieux à tous les effets, sous l'obédience du Patriarche Germond de Picquigny.

Le concile de Naplouse entérine la création de la "milice des pauvres chevaliers du Christ et du Temple de Salomon", ayant pour mission de sécuriser la route des pèlerins, entre l'occident et Jérusalem. En 1129, le concile de Troyes approuvera la rédaction de la règle de l'Ordre du Temple.

Les Templiers porteront les armes du patriarche, la croix patriarcale (trésor de la cathédrale Notre-Dame de Paris) au cours des croisades. Cette croix du patriarche sera portée par les Templiers jusqu'à la mort de Picquigny.

Régent du royaume de Jérusalem de 1123 à 1124. Guermond de Picquigny meurt vers 1131

Avec Béatrix de Daours († ), fille de Jean de Daours, seigneur de Daours, il a pour enfants : Gérard , qui suit ; Ingelram ; Beatrix, dame de Daours ; Adèle (Ada) épouse de Dreux de Monchy ; Euphémie épouse de Renault de Bulles. Après son veuvage, elle se fit religieuse à Garinville en 1149 ; Gisla, abbesse du couvent des femmes de l'abbaye de Saint Jean les Amiens.

Gérard de Picquigny (1115 - †1176/1178) Fils de Germond de Picquigny et de Béatrix.

En 1137 ou 1139, il fonde dans le Ponthieu, l'abbaye du Gard, de l'ordre de Clairvaux, à trois lieues d'AmiensDictionnaire... de la Bible par Augustin CalmetMémoires et documents pour servir à l'histoire du commerce et de l'industrie en France par Julien Hayem, sur la rive gauche de la Somme au sud du village de Croy, sur une colline boisée entre la Somme et la route de Picquigny à AirainesŒuvres de Froissart par Jean Froissart, Auguste Scheler, Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. Il y installa les cisterciens de CherlieuPositions des thèses soutenues par les élèves de la promotion... pour obtenir le diplôme d... par école nationale des chartes (France). il fonda aussi près de Picquigny, dans un vallon nommé Temfol, une léproserie. Cet établissement fonctionna jusqu'au . Il contribua aussi à fonder l'abbaye de Saint Jean les Amiens.

Il est inhumé à l'abbaye du Gard en 1176 ou 1178.

Il s'unit par deux fois. Tout d'abord avec Mathilde († 1144) puis avec Béatrix d'Aumale, fille de d'Étienne d'Aumale.

Du premier lit, il eut : Pierre, époux de Béatrix ; Jean, prévôt et chanoine d'Amiens.

Du second lit, il eut : Guermond II, qui suit ; Gérard ; Enguerran ; Thibault ; Willaume, chanoine d'Amiens ; Robert ; Marguerite ; Mathilde ; et Béatrix.

Germond II de Picquigny (v.1145 - † v.1186) right|100px|Blason famille d'AmiensFils de Gérard de Picquigny et Béatrix d'Aumale.

Il épouse Flandrine d'Amiens, fille de Guy d'Amiens et Mahaut de Boves, dont il a: Gérard II, qui suit ; Enguerrand , qui suivra après son frère ; Robert ; Mathilde ; Béatrix.

Gérard II de Picquigny († 1190) Fils de Germond II de Picquigny et de Flandrine d'Amiens Il suit Philippe Auguste en Judée. Il y décédera en 1190 sans postérité. La seigneurie revient à son frère cadet Enguerrand.

Enguerrand de Picquigny (ap.1175 - † 11/1224) right|100px|Blason famille de Ponthieu MontgomeryFils de Guermond II de Picquigny et Flandrine d'Amiens.

Dans les dernières années du , il fait compiler la liste des obligations des vassaux de sa seigneurie de Picquigny, notamment la garde du château, dans un document encore existant aujourd'hui.

En 1211, il fait jurer à ses vassaux et aux bourgeois de ne prêter ni aide ni conseil au comte de Boulogne, à l'Empereur Othon et au roi d'Angleterre, qui venaient de se liguer contre Philippe Auguste et de rester, quoi qu'il arrive, fidèles à ce dernier"Recueil des monuments inédits de l'histoire du tiers état - chartes, coutumes, actes municipaux..." par Louandre, Charles Léopold, 1812-1882, Thierry, Augustin, 1795-1856, Augustin Thierry, États généraux, France, Tiers État.

En avril 1212, Enguerrand donne à l'abbaye de Berteaucourt un millier de harengs à prendre au pont de PicquignyIntroduction à l'histoire générale de la province de Picardie par Pierre Nicolas Grenier, Charles Dufour, Jacques Garnier.

En mars 1218, Enguerrand fixe au commencement de carême des jours de joutes (dies hastiludii) pour Picquigny.

Enguerrand de Picquigny participe aux croisadesLa noblesse de France aux Croisades par Paul André Roger.

Vers 1207, il épouse Marguerite de Ponthieu, fille de Jean de Ponthieu et Béatrix de Saint-Pol. Il en a 4 fils et 5 filles, dont: Gérard III, qui suit ; Renault de Picquigny, qui se croisa contre les Albigeois ; Alix de Picquigny ; Mathilde de Picquigny ; Hélène de Picquigny ; Flandrine de Picquigny.

Gérard III de Picquigny (v.1205 - † 05.1248<06.1249) Fils d'Enguerrand de Picquigny et Marguerite de PonthieuRecherches généalogiques sur la famille des seigneurs de Nemours du au par Émile-Louis Richemond En juillet 1226, Gérard est mentionné dans un traité avec le chapitre d'Amiens. En 1231, Gérard participa à la réconciliation entre Simon de Dammartin et Saint LouisVie de Saint Louis - Roi de France par Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont. Il fut marié 3 fois. Il épouse en Laure de Montfort, fille de Simon de MontfortPetri Vallium Sarnaii monachi Hystoria albigensis par Petrus Sarnensis († av 1227) ; en secondes noces selon les sources, avec Ailis de Tournefay ou Alix de Vierzon, fille d'Hervé de Vierzon, seigneur de Vierzon, mort lors de la cinquième croisade le à Damiette (Égypte) et en troisièmes noces, en 1246, avec Mahaut de Creseques (de Creques). Celle-ci, une fois veuve se remaria avec Jean d'Audenarde. Il eut de sa première union : Matthieu ; Marguerite qui épousa Thomas III de Coucy-Vervins ; Jeanne. De sa deuxième union, naquit : Ailis ou Alix (alias Ide) qui épousa Philippe de Créquy fils de Philippe de Créquy, Seigneur de Torchy, Grand-Bailly de Cambray en 1280, et Blanche de Rosny. De son troisième mariage : Jean , qui suit ; Gérard, chanoine de Saint QuentinMémoires de la Société d'émulation de Cambrai par Société d'émulation de Cambrai.right|100px|Blason famille de Montfortright|100px|Blason famille de Vierzonright|98px|Blason famille de Crecques

Jean de Picquigny right|100px|Blason de BeaumetzFils de Gérard III de Picquigny et Mathilde de Crecques, sa troisième épouse, il est né vers 1248, et décède le en Italie.

Gouverneur de l'Artois (d'Arras).

En avril 1271, Jean de Picquigny confirme au prieuré de Saint Pierre à Gouy, le don d'un millier de harengs à prendre chaque année au pont de Picquigny

Baudouin de Rubempré, seigneur de Rubempré, gouverneur de Guise, épousa Marie de Picquigny, fille de Jean de Picquigny, vidame d'Amiens et de Marie de Molleans. Il vivait en 1289Notice historique et généalogique sur les seigneurs de Tyberchamps par Corneille Stroobant.

En 1301, Jean participa à la commission d'enquête mandé par Philippe le Bel contre Bernard, évêque de Pamiers.

En , il rend à l'évêque d'Amiens, Guillaume de Macon, un dénombrement des fiefs et arrière-fiefs de la baronnie de Picquigny.

Avant 1278, il épousa Marguerite de Beaumetz († 1303), fille de Gilles III de Beaumetz, châtelain de Bapaume. Elle était morte en 1303. Ils eurent pour enfants : Renault, seigneur de Picquigny et vidame d'Amiens, qui suit ; Gérard de Picquigny, seigneur de Bergicourt ; Guillaume de Picquigny, chanoine d'Amiens († ap 1314), il est dit cousin de Jean de Bailleul, roi d'Écosse ; Ferry de Picquigny, seigneur d'Ailly-sur-Somme, qui suivra ; Robert de Picquigny, qui suivra, époux de la fille de Garin, seigneur de Fluy ; right|100px|de gueules, à trois chevrons de vair (dit d'Amiens) Jean de Picquigny, seigneur de Saint-Ouen, il épouse Marthe d'Amiens, dame de Canaples, Saint-Ouen, Outrebois, veuve de Baudouin de Créquy, fille de Gilles d'Amiens. Dont une fille, Jeanne de Picquigny, dame de Canaples, Saint-Ouen, Outrebois, mariée avec Jean II, sire de Créquy, puis avec Henri de Bure, seigneur de Dixmude, en Flandre ; Mahaut de Picquigny, dame de Gouy. En 1281, elle épouse le sieur d'Antoing, de la maison de Melun ; Marguerite de Picquigny. En , elle épouse Mathieu de Roye, sieur de la Ferté-lès-Saint-Riquier ; Marie de Picquigny, épouse du seigneur de Saint-Amand ; Catherine de Picquigny, épouse du seigneur d'Auxy ; Jeanne de Picquigny, épouse de Jean, seigneur de Varennes.

Renault de Picquigny (1304-1315) Fils de Jean de Picquigny et de Marguerite de Beaumetz. Il décède en 1315.