vignette|Igor Stravinsky Le néo-classicisme ou néoclassicisme, en musique, est un mouvement ayant émergé à la sortie de la Première Guerre mondiale en réaction à l'impressionnisme, au romantisme et à l'expressionnisme.. Ce mouvement fut particulièrement influent durant l'entre-deux-guerres. Il se caractérise d'une façon générale par une référence plus ou moins marquée à la tradition musicale occidentale, en renouant avec des procédés d'écriture anciens, aussi bien harmoniques que contrapuntiques.

Mais la référence à la tradition y est plus large que ne le laisse entendre le terme . Son emploi recouvre, en effet, un ensemble hétéroclite d'approches musicales de l'entre-deux-guerres, ayant en commun de se référer aussi bien à la musique classique., à la musique baroque, qu'aux polyphonistes du Moyen Âge et de la Renaissance.. Comme l'observent de nombreux musicologues, la désignation de en musique reste souvent imprécise et ambiguë. ... Le terme est souvent employé pour désigner des tendances stylistiques de l'époque parfois très différentes les unes des autres. Car, selon Christian Goubault, . La notion du néoclassicisme en musique pose donc de nombreuses difficultés de définition.

Une grande partie des compositions qualifiées de se rattache à une écriture tonale tout en y ajoutant des éléments plus modernes tant au niveau harmonique (réutilisation d'éléments d'écriture modale et polytonale), « modalité » et « polytonalité » ., qu'au niveau orchestral. Mais certaines approches non-tonales, comme celles de l'École de Vienne, dans sa période dodécaphonique, ont également été associées au mouvement néoclassique.. Les œuvres de l'École de Vienne des années 1920 et 30 sont caractérisées en effet par un retour marqué au développement thématique, à l'écriture contrapuntique et aux anciens principes formels de la tradition..

Parmi les compositeurs les plus marquants de ce mouvement on peut citer Igor Stravinsky, Sergueï Prokofiev, Maurice Ravel, Ottorino Respighi, Francis Poulenc, Bohuslav Martinů, Aaron Copland, Paul Hindemith. Dans une acception plus générale de la notion de néoclassicisme, on peut aussi inclure des compositeurs comme Béla Bartók, Arnold Schönberg ou Erik Satie.

Définition Selon le musicologue Christian Accaoui, le terme « néoclassique » est apparu au . Il avait alors . Mais l'emploi s'est répandu surtout au pour désigner principalement un ensemble d'esthétiques musicales qui ont connu leur apogée durant l'entre-deux guerres.. Selon le musicologue Michel Faure, l'emploi spécifique du terme « néoclassique » pour désigner les musiques de cette période est apparu dans les années 1930 sous la plume du compositeur Edgard Varèse - terme qui était, là aussi, entendu au sens péjoratif.. Mais avec le temps, le terme a perdu cette connotation péjorative originelle. Comme l’explique Faure :

De nos jours, le mot « néoclassicisme » est souvent vu comme désignant un style bien défini en rapport avec les musiques des années 1920. Mais nombre de musicologues soulignent l'impossibilité d'en définir les contours stylistiques généraux et considèrent plutôt ce terme comme une catégorie fourre-tout imprécise regroupant des esthétiques très diverses.. Comme le souligne le musicologue Christian Goubault : . Accaoui insiste également sur ce point :

À ce titre, la musicologue Marta Hyde illustre cette ambiguïté en citant la variété hétérogène de compositeurs que les historiens estiment représentatifs du néoclassicisme- compositeurs qui n'ont souvent que très peu de points communs : Stravinsky, Poulenc, Milhaud, Honegger, Strauss, Hindemith, Britten, Tippett, Bartók, Ravel (dans ses œuvres tardives), Schoenberg (dans sa période néoclassique), Debussy (dans ses œuvres tardives), Reger ou encore Prokofiev. Les musicologues s'en tiennent souvent donc à une définition large, consistant à voir le néoclassicisme comme un mouvement hétéroclite ayant en commun de se référer aux styles du passé, non pas seulement au classicisme viennois, mais aussi au baroque, à la musique de la Renaissance, du Moyen Âge, voire aux musiques du début du comme Schubert. Nombre de ces musiques notamment chez Ravel, Milhaud et Stravinsky s'inspirent aussi du jazz. Comme le décrit Accaoui :

Ainsi pour le musicologue Makis Solomos :

Ce mouvement de « retour » a donc souvent été perçu comme un phénomène réactionnaire dans le monde artistique. Comme l'évoquent Accaoui, Solomos et Faure, le néoclassicisme fut assimilé par les avant-gardes à une démarche passéiste, antimoderne. Ainsi le philosophe Theodor Adorno, dans sa Philosophie de la nouvelle musique (1948) porte un regard sévère sur l'esthétique néoclassique, en particulier celle de Stravinsky, qu'il voit comme l'un des principaux acteurs d'une « restauration » (au sens politique du terme) par opposition aux esthétiques progressistes.. De nombreux compositeurs d'avant-garde comme Varèse., Messiaen., Boulez ou Babbitt ont été également très critiques vis-à-vis de ces musiques eu égard à leur caractère jugé conservateur. Accaoui reste toutefois dubitatif vis-à-vis de ce type de lecture politique de la musique, même s'il concède que la . Inversement, les musicologues Michel Faure et Makis Solomos souscrivent à ces critiques et insistent sur le caractère profondément réactionnaire de ces musiques..

Description Le néoclassicisme a vu le jour en même temps qu'un retour général à des modèles rationnels dans les arts en réponse à la Première Guerre mondiale, qui aura engendré un courant de frilosité créatrice, en même temps qu'un puissant besoin de retour aux sources dans la civilisation occidentale, dans tous les arts. D'autre part, et dans le même temps, des formes plus petites, plus équilibrées et organisées furent privilégiés en réponse à la surenchère sentimentale du romantisme, conduisant même jusqu'au minimalisme. Enfin, l'économie favorisait plutôt les petits ensembles. L'idée de faire « plus avec moins » devenait un impératif pratique.

Le néoclassicisme peut donc être vu comme une réaction contre la tendance prédominante du , la musique romantique, qui allongeait les développements au détriment de la structure formelle et du souci de clarté des lignes, ce qui mettait en avant une toute nouvelle expressivité des sentiments, l'expression personnelle primant sur la construction, mais tendait à rompre des équilibres fondamentaux dans les œuvres. Le néoclassicisme revient aux formes équilibrées et aux techniques du classicisme historique de la seconde moitié du et limite les aspects considérés comme des effusions sentimentales excessives. Cependant, le néoclassicisme tire parti des ressources instrumentales modernes de l'orchestre symphonique, qui s'est largement agrandi au cours du . Il a recours à une écriture harmonique plus complexe et plus moderne que celle du , impliquant aussi bien le recours à la modalité aux accords de neuvième, onzième ou treizième, à la polytonalité ou encore aux modulations rapides aux tons éloignés et aux parcours tonals propres à créer la surprise. La notion de consonance y reste donc élargie, comme dans tous les courants de la musique moderne.

Compositeurs marquants Igor Stravinsky, Paul Hindemith, Sergueï Prokofiev, Maurice Ravel, Bohuslav Martinů, Darius Milhaud et Francis Poulenc sont cités comme les compositeurs les plus importants de ce courant. Des compositeurs comme Bartók, Satie et Schönberg, bien qu'ayant une approche stylistique assez différente des compositeurs précédemment cités, ont été également associés, à certains égards au néoclassicisme. Le ballet Parade d'Erik Satie de 1917 sera d'ailleurs souvent considéré comme l'un des tournants qui influencera l'essor de l'esthétique du groupe des six et du néoclassicisme français des années folles ..

Igor Stravinsky fut sans doute l'instigateur de ce mouvement. Parmi les œuvres néoclassiques les plus marquantes de Stravinsky, on cite notamment son ballet Pulcinella., dans lequel il fait usage de nombreux thèmes qu'il pensait avoir emprunté à Giovanni Battista Pergolesi (il s'avèrera plus tard que bon nombre d'entre eux n'étaient pas de Pergolèse mais d'autres de ses contemporains), Apollon musagète dont le style emprunte aux musiques de cour de Jean-Baptiste Lully., ou son concerto Dumbarton Oaks inspiré des Concertos brandebourgeois de Jean-Sébastien Bach. Le néoclassicisme de Stravinsky culmina avec son opéra The Rake's Progress dont le livret fut écrit par le poète moderne Wystan Hugh Auden.

Paul Hindemith est une autre figure importante du néoclassicisme, dont l'opéra Mathis le peintre (1938) est représentatif de sa période néoclassique.

Liste des principaux compositeurs néoclassiques

Confusion du terme dans la musique populaire Bien qu'il soit d'abord associé à la musique savante, le qualificatif de « néoclassique » appliqué à la musique prête parfois à confusion, car il est également employé dans un sens différent dans le contexte de la musique populaire , des approches qui sont très différentes et qui n'ont pas de liens directs avec le mouvement historique.

Articles connexes Danse néo-classique

Bibliographie

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Références

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