Segré est une ancienne commune française située dans le département de Maine-et-Loire, en région Pays de la Loire. Elle était l'une des sous-préfectures du département.
Elle est depuis le , l'une des 15 communes déléguées de la commune nouvelle de Segré-en-Anjou Bleu.
Géographie Localisation La commune est située dans le Pays segréen, et s'organise autour de l'Oudon, l'Argos et la Verzée.
Dans le département de Maine-et-Loire, Segré se situe à d'Angers, de Cholet et de Saumur.
Dans la région Pays de la Loire, la ville se situe à de Château-Gontier, de Châteaubriant, de Laval, de Nantes et du Mans.
vignette|center|Carte de la commune.
Communes limitrophes
Géologie et hydrographie L'Oudon et son tributaire la Verzée traversent Segré. L'Oudon entre sur le territoire communal depuis le nord pour traverser le bourg du nord vers le sud puis bifurquer vers l'est où il est rejoint par la Verzée avant de continuer vers La Chapelle-sur-Oudon et Louvaines.
La situation de Segré sur ces deux rivières a donné naissance à un dicton dont il existe plusieurs variantes : « Segré ville de renom, deux rivières et deux monts, deux églises et deux ponts, autant de belles filles que de maisons. »
Climat
Réseaux de transport Segré se situe au carrefour des axes Angers-Rennes et Nantes-Laval.
Transport fluvial : Segré possède un port de plaisance, d'une capacité de 30 bateaux environ, sur l'Oudon dont elle est l'origine navigable.
Urbanisme Morphologie et évolution urbaine Le bourg de Segré est construit à la confluence de l'Oudon et de la Verzée, sur un promontoire dominant la rivière. Les habitats anciens se concentrent le long de l'Oudon. Dans la rue Pasteur se trouve encore un exemple d'habitat à pan de bois, inscrit monument historique.. Les édifices anciens ont été modernisés et certains détruits ou endommagés en 1944..
La reconstruction de la ville est rapide après la Seconde Guerre mondiale, notamment sous l'impulsion du maire Fernand Rossignol. Le quartier Saint-Joseph est rénové vers 1990-91. Les premiers lotissements apparaissent en 1955, avec le quartier des « Hauts-de-Saint-Jean », suivi de « La Minière » en 1962. En 1964 est construite la « Zone Nord-Ouest », avec 61 maisons et 284 appartements, puis la « Zone de petites industries » en 1967, avec 11 maisons. Le lotissement « Eventard » est construit en 1971, avec 156 maisons et 117 appartements. Le lotissement du « Bois » en 1977 avec 10 maisons, « Renier » en 1980 avec 90 maisons et 49 locatifs, « Debussy » en 1988 avec 11 maisons, « Flucas » en 1990 avec 2 maisons et 30 locatifs, le lotissement « Renaissance » en 1993-1994 complètent l'urbanisation de la ville..
Logement En 2009 on trouve sur la commune de Segré, dont 90 % sont des résidences principales, pour une moyenne sur le département de 91 %, et dont 48 % des ménages en sont propriétairesInsee, Statistiques locales du territoire de Segré (49), consultées le 5 juin 2013..
Toponymie La première occurrence du nom du lieu se retrouve en 1070, sous la forme latinisée castellum secretum. On retrouve ensuite le nom en tant que Sigredum et Castellum Segredum en 1080 - 1096. ou Segreium en 1080 - 1096., Castellum Segregium 1097, Castellum Segredi en 1121. La forme Segre apparaît dès 1100.
Albert Dauzat et, à sa suite, d'autres auteurs de toponymie rejettent la forme primitive Secretum qui, même si elle convient bien phonétiquement, ressemble pour eux davantage à une latinisation abusive d'après le latin secretum « isolé, écarté » et Castellum Secretum aurait désigné alors un château isolé, une fortification à l'écart, hypothèse discutée.
Certains auteurs y voient une formation toponymique en -acum, suffixe gaulois puis gallo-romain ayant valeur locative, puis de marqueur de la propriété. Il a généralement abouti à une finale -é dans l'ouest de la France.
Segré remonterait à un primitif *Securacum, sur la base du nom de personne latin Securus (porté par un Gaulois) et serait équivalent à Segry (Indre, de Sigriaco 1267) et Segrie (Sarthe, Segreia 1097 - 1125) ou alors plus simplement l'adjectif securus qui a donné le français sûr, d'où le sens de « lieu sûr ».
Selon Pierre-Louis Augereau qui considère Segregium comme étant la forme primitive, ce qui implique le rejet pur et simple de toutes les formes anciennes antérieures, il faudrait chercher une racine celtique seg, « sécurité, sûreté », voir sego, « force ». Cette théorie serait confirmée par l'existence de la place forte construite au-dessus de la confluence entre la Verzée et l'Oudon. Cependant, elle n'explique pas la nature du second élément -regium > ré. En outre, Xavier Delamarre ne mentionne pas, dans son dictionnaire, l'existence d'une racine gauloise seg ayant ce sens. Quant aux Ségur ou Montségur du sud de la France, selon tous les auteurs, ils correspondent aux Montsûrs du nord de la France. L'élément -segur représente l'occitan segur équivalent de sûr en français, tous deux issus du latin securus.
Note : la récurrence des formes anciennes en -etum / -edum (-*ETU / *-EDU, -etum ayant régulièrement abouti à -edum) > -eium (-ei), régulièrement, ne plaident pas en faveur d'un toponyme en -acum. Albert Dauzat ne disposait pas de toutes ces formes anciennes.
Histoire Préhistoire et Antiquité Les plus anciennes preuves de présence humaine à Segré ne sont connues que par les vestiges et objets mobiliers découverts sur la commune. On y trouve un menhir, dans le parc de Bourg-Chevreau, le long de la Verzée. On y a retrouvé également cinq haches en pierre polie, une hache-marteau, une hache en bronze à anneaux et deux haches en bronze à douille. Plusieurs statères, dont ceux des Namnètes, ont été retrouvés.
Moyen Âge Au , le premier comte d'Anjou Foulques le Roux y fait construire un premier château sur l'éperon schisteux qui domine les deux rivières. Ce n'est alors qu'un donjon en bois élevé sur une butte de terre : une motte féodale que l'on peut voir encore aujourd'hui.
Au , la pierre remplace progressivement le bois. À Segré, un nouveau château, doté d'une enceinte fortifiée, est édifié sous le comte Foulque Nerra. Il est pris en 1066 par les troupes de Conan II de Bretagne qui veut reconstituer l'ancienne domination bretonne à l'est (la Bretagne avait jadis contrôlé le Cotentin, l'Avranchin et les terres à l'ouest de la Mayenne ; le duc Conan s'était emparé de Pouancé (livrée par Hervé de Martigné, qui y avait été placé vers 1060 par Martel, le fils de Nerra) et de Segré, puis avait assiégé Château-Gontier avant de mourir à Craon ou Château-Gontier en ). Au , les châtelains puis seigneurs de Segré appartiennent à la Maison de La Jaille-Château-Gontier, remplacée au par la Maison de La Guerche et Pouancé, dont sont issus en lignée féminine les seigneurs de Segré des familles de Brienne de Beaumont () puis de Vendôme (). La terre de Segré est ensuite cédée aux familles d'Espinay (s), Bautru (), Walsh de Serrant, enfin d'Andigné ().
À partir du deuxième tiers du au moins, le château de Segré est aux mains des La Jaille-Château-Gontier. Se succèdent à La Jaille et Segré les descendants d'Yvon (Yves, Ivon), sous la suzeraineté des descendants de Renaud de Château-Gontier, qui leur sont sans doute apparentés de façon proche (dont Renaud III Yvon à la fin du , cité notamment vers 1095) : Yvon II (fl. vers 1030/1040, sous Martel ; fils d'Yvon ), père d'Yvon III et de Geoffroy/Godefroy ; leur sœur Béliarde est abbesse du Ronceray en 1062-1073) ; Yvon III (cité sous le Barbu dès 1052-1069, il serait † en 1100 à Jérusalem : le même que Renaud III ci-dessus ?) ; Yvon IV (actif sous le Réchin, notamment en 1102, il serait le fils de Geoffroy ), père de Geoffroy/Godefroy II († après 1121 et avant 1125/1138), père d'Yvon V...
Or dans le premier tiers du , la Maison de La Guerche et Pouancé est présente juste à l’ouest de Segré, occupant l'honneur de Lourzais qui court de la forêt de Lourzais (à Renazé, Congrier) jusqu’à l’Oudon. À la fin du , la Maison de La Jaille-Château-Gontier a disparu de Segré, remplacée par les seigneurs de La Guerche et Pouancé : l'expansion de cette dernière famille trouve son origine dans l'action de deux proches du duc Conan II, Sylvestre de La Guerche (seigneur châtelain de La Guerche entre 1068 et 1076, évêque de Rennes entre 1076 et sa mort vers 1093 ; père de Guillaume de La Guerche qui est cité entre 1107 et 1121), et Hervé de Martigné et Pouancé (qu'on a rencontré plus haut ; père de Gautier Hai, sgr. de Pouancé cité entre 1090 et 1109, père lui-même de Geoffroy () ― qui se fait moine à Nioyseau ― et d'Emma/Anna de Pouancé).
Puis Emma de Pouancé et Guillaume de La Guerche convolent après 1100, unissant indéfectiblement les deux seigneuries de La Guerche et de Pouancé jusqu'à la Révolution :
Leur fils héritier, Guillaume II, sgr. de La Guerche, Pouancé, Martigné et Segré (fl. de 1127/1145 à 1169) vit en Terre sainte à partir de 1156, où il devient sénéchal du Temple et où il meurt avant/vers 1172. Guillaume II est suivi de son fils Geoffroy († en juillet 1195 ; son frère cadet Hugues de La Guerche épouse Marquise, sœur de Maurice II de Craon), père lui-même de Guillaume III de La Guerche († 1223).
Mais en , Richard Cœur de Lion, comte d'Anjou et roi d'Angleterre, confisque la terre de Segré à Guillaume III pour constituer le douaire de sa femme, Bérengère de Navarre, épousée à Limassol en Chypre. En fait, jamais la reine Bérengère ne tiendra réellement Segré ― dont le seigneur effectif reste bien Guillaume III, jusqu'à sa mort en ― et Philippe Auguste lui donnera Le Mans comme douaire de remplacement.
Marié à Hersende de Sillé, Guillaume III de La Guerche est suivi de son fils Geoffroy II († 1244 ; frère d'Elisabeth/Isabelle de La Guerche, femme de Guillaume de Thouars), père de Geoffroy III († vers 1263 ; frère de Thomasse de La Guerche qui épouse 1° vers 1240 André de Vitré ― la dot de Thomasse est constituée de toutes les terres et revenus familiaux situés au nord de la Seiche ― puis 2° avant 1257 Guy VII de Laval, d'où les Laval d'Attichy). Marié en 1259 à Emma de Château-Gontier, héritière de la famille apparentée aux premiers sires de Segré (elle se remarie en 1263/1264 avec Girard/Gérard II Chabot de Rais), Geoffroy III est le père de Jeanne de La Guerche.
Jeanne de La Guerche, dame de La Gu(i)erche, Martigné, Segré et Pouancé, transmet ses seigneuries à son mari Jean de Brienne de Beaumont (vers 1255-1306) ;
Leur arrière-petite-fille Marguerite de Brienne de Beaumont, dame du Lude, de Segré et de Martigné-Ferchaud, épouse Bouchard de Vendôme, sire de Feillet ou Feuillet(te) et de la Ventrouze († vers/après 1373 ; marié vers 1345/1350), fils cadet du comte Bouchard VI et frère de Jean VI : d'où la suite des Vendôme-Montoire, sires et châtelains de Segré : Pierre († ap. 1383 ; chambellan du roi ; x Jeanne de Chazé et de Bellefontaine) et son fils Pierre II de Vendôme († vers 1407 ; sa sœur Guillemette de Vendôme transmet Feuillet, la Ventrouze et Bellefontaine à son mari Gervais Auvé, † 1415 à Azincourt). La fille de Pierre II, Jeanne de Vendôme, dame du Lude et de Segré, épouse 1° Robert/René de Fontaine(s) et 2° vers 1435/1440 François II de Montb(e)ron († 1476), vicomte d’Aunay, baron de Maulévrier et de Matha, petit-fils du maréchal Jacques de Montberon. Après une cession de Segré en 1407 par les Vendôme à Guy de Laval-Pommerieux († v. 1430 sans postérité ; la terre de Segré retourne alors aux Vendôme), François II de Montberon vend en 1461 à Jacques d'Espinay (1423-1482), évêque de Rennes et de St-Malo.
La famille d'Espinay hérite ensuite de l'évêque Jacques : d'abord son neveu Jacques d'Espinay, sgr. d'Ussé par acquisition en 1485, fils de Richard d'Espinay de la Rivière) ; jusqu'à Madeleine d'Espinay, qui vend le à Guillaume II Bautru, comte de Serrant (1588-1665), diplomate, un fidèle de Richelieu ; en 1635/1636, Guillame Bautru fait ériger sa terre en baronnie de Segré.