Gottfried Feder (Wurtzbourg, – Murnau, ) est un économiste et homme politique allemand.
Il est l’un des premiers membres clés du Parti nazi allemand. Il joua un rôle décisif dans la conception hitlérienne de l'économie et devint le théoricien économique du NSDAP<ref>Ian Kershaw, Hitler, tome 1, </ref>. C'est aussi lors d'une de ses conférences, en , qu'Adolf Hitler fit sa première apparition politique publiqueAdolf Hitler, Mein Kampf, .
Biographie Jusqu’à la Première Guerre mondiale et la fondation du DAP
Gottfried Feder est né à Wurtzbourg, en Allemagne le . Il est le fils du fonctionnaire Hans Feder et de Mathilde Feder (née Luz). Après ses humanités à Ansbach et Munich, il fait des études d’ingénieur à Berlin et Zurich (Suisse). Diplômé, il fonde une entreprise de construction en 1908 qui est par la suite particulièrement active en Bulgarie où elle construit un certain nombre de bâtiments officiels.
À partir de 1917, Feder étudia les sciences politiques et économiques en autodidacte ; durant la Première Guerre mondiale, il développa une hostilité marquée à l’égard des banquiers. En 1918, il proposa en vain ses projets de réforme au gouvernement révolutionnaire bavaroisHitler et la dictature allemande : naissance, structure et conséquences du national-socialisme. De Karl Dietrich Bracher, 1995, ..
En 1919, il rédigea un Manifeste pour la rupture de l’asservissement aux intérêts (). Cet écrit fut rapidement suivi de la fondation d’un groupe dévolu à la poursuite de ces objectifs qui réclamait la nationalisation de toutes les banques et l’abolition des intérêts bancaires, le « ».
La même année, Feder fut également impliqué avec Anton Drexler, Dietrich Eckart et Karl Harrer dans la fondation du Parti ouvrier allemand (Deutsche Arbeiterpartei, DAP), qui allait plus tard se rebaptiser (NSDAP).
Le mentor d'Hitler Adolf Hitler, toujours à l'armée, suivit un cours de Feder en juin 1919 à l'université de Munich, à l'instigation de Karl Mayr. Les théories de Feder jouèrent alors un rôle essentiel dans la construction de sa et Gottfried Feder devint son mentor en matière économique et financière, sujet avec lequel le caporal Hitler avoue qu'il était encore peu familiariséMein Kampf, .. Il fut l’inspirateur de l’opposition marquée par Hitler au « capitalisme et à la finance juive »Ian Kershaw, Hitler: A Profile in Power, Chapter I (London, 1991, rev. 2001)..
Les enseignements que Hitler tire de sa « formation » économique sont déterminants :
Les années 1920
En , avec Adolf Hitler et Anton Drexler, Feder – qui était comme ce dernier un membre de la Société de Thulé – rédigea le Programme en 25 points qui résumait les vues du parti et introduisait ses propres opinions anticapitalistes dans le programme. Certains points, en particulier les articles 11 et 12, portent la marque de la phraséologie de Feder« 11. Abschaffung des Arbeits- und mühelosen Einkommens, Brechung der Zinsknechtschaft 12. Im Hinblick auf die ungeheuren Opfer an Gut und Blut, die jeder Krieg vom Volke fordert, muß die persönliche Bereicherung durch den Krieg als Verbrechen am Volke bezeichnet werden: Wir fordern daher restlose Einziehung aller Kriegsgewinne. ». Quand le document fut présenté le , plus de assistaient à la réunion.
Feder prit part au putsch de la Brasserie en . Après l’arrestation d’Hitler, il resta l’un des dirigeants du parti et fut l'un des 12 élus du NSDAP au Reichstag en 1924Ian Kershaw, Hitler, tome 1, </ref>. Il y resta jusqu’en 1936 et il y réclama notamment le gel des taux d’intérêt et la confiscation des biens des citoyens juifs. Il restait un des dirigeants de l’aile anti-capitaliste du NSDAP et publia plusieurs documents, notamment Bases nationales et sociales de l’État allemand (1920), (« Le programme du NSDAP et la vision du monde sur laquelle il se base », 1927) et (« Que veut Adolf Hitler ? », 1931).
Feder marqua brièvement de son empreinte la politique officielle du NSDAP en matière financière<ref>Ian Kershaw doute de la réalité et de la profondeur de son influence sur le parti, en dehors de son idée obsessionnelle de briser l'esclavage par l'intérêt. (Hitler tome 1, ), mais après qu’il fut devenu président du conseil économique du parti en 1931, ses opinions anti-capitalistes eurent pour effet de tarir en partie le soutien financier des grands industriels allemands. À la suite des pressions exercées par Walther Funk, Albert Vögler, Gustav Krupp, Friedrich Flick, Fritz Thyssen, Hjalmar Schacht et Emil Kirdorf, Hitler décida d’éloigner le parti des opinions économiques de Feder ; lorsqu’il devint en , il désigna Feder comme sous-secrétaire au ministère de l’économie en juillet. Ceci déçut Feder qui avait espéré une fonction plus importante.
Après 1933
Sous le Troisième Reich, Feder continue à rédiger des livres, publiant (« Combat contre la haute finance », 1933) et l’antisémite (« Les Juifs », 1934) ; en 1934, il devint (Commissaire du Reich).
En 1939, il rédigea (« La Nouvelle Cité »). Cet ouvrage peut être considéré comme un essai nazi sur la construction d’une cité-jardin. À cette occasion, il proposa de créer des villes agricoles de divisées en neuf unités autonomes et entourées de surfaces vouées à l’agriculture. Chaque ville devait être complètement autonome et autarcique ; des plans détaillés pour la vie quotidienne et les aménagements urbains étaient pris en considération. Contrairement à d’autres théoriciens de la cité-jardin, il pensait que les régions urbaines pouvaient être réformées en subdivisant l’environnement existant en quartiers autarciques. Cette idée de créer des grappes de quartiers autonomes formant une ville de taille moyenne fut popularisée par Uzo Nishiyama au Japon. Elle serait par la suite appliquée au cours de l’ère construction de nouvelles cités japonaisesCarola Hein, Visionary Plans and Planners. In Japanese Capitals in Historical Perspective (Fiévé, Waley eds.) Routledge Curzon.
Après la Nuit des Longs Couteaux en juin 1934, au cours de laquelle les dirigeants des SA comme Ernst Röhm ou Gregor Strasser sont assassinés, Feder commence à se retirer du gouvernement, pour finir professeur honoraire à la de Berlin en . Il reste en fonction jusqu’à son décès à Murnau am Staffelsee le .
Publications 1919 : An Alle, Alle! Das Manifest zur Brechung der Zinsknechtschaft des Geldes (Manifeste pour la rupture de l’asservissement aux intérêts), réédition 2012 sous le titre Manifeste pour briser les chaînes de l’usure édition Le Retour Aux Sources 1920 : Bases nationales et sociales de l’État allemand ; 1927 : Das Programm der NSDAP und seine weltanschaulichen Grundlagen (Le programme du NSDAP et la vision du monde sur laquelle il se base) ; 1931 : Was will Adolf Hitler? (Que veut Adolf Hitler ?) ; 1933 : Kampf gegen die Hochfinanz (Combat contre la haute finance) ; 1934 : Die Juden (Les Juifs) ; 1939 : Die Neue Stadt (La nouvelle Ville'').
Notes
Bibliographie
Liens externes
Das Manifest zur Brechung der Zinsknechtschaft des Geldes de Gottfried Feder at archive.org Das Programm des NSDAP und sein weltshauliched Grundgedanken de Gottfried Feder at archive.org Programme en 25 points ((de)) : le programme du NSDAP
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