Raymond Aimos ou AimosNom de scène créé à partir de son prénom, Raymond, en retirant les lettres R,N,D et en ajoutant le S final., est un acteur français né le à La Fère (Aisne) et mort le dans le 10 arrondissement de ParisArchives de Paris 10e, acte de décès , année 1944 (vue 46/61) et un article dans libération (édition de Paris) du 23 aout 1944.

Aimos a été l'un des plus populaires seconds rôles de l'âge d'or du cinéma français de l'entre-deux-guerres.

Biographie Malgré un avenir tout tracé dans l'horlogerie-bijouterie de son père, Raymond Caudrilliers préfère le spectacle et devenir artiste lyrique sous le nom d'« Aimos ». Selon la légende, il aurait débuté au cinéma à 12 ans, dans un film de Georges Méliès.

Officiellement, il débute dans un film muet de 1910 Pendaison à Jefferson City de Jean Durand.

Mobilisé en 1914, il aurait été très marqué par les combats de la bataille de Verdun en 1916 et serait resté 4 ans dans les tranchées. Bien plus tard, en 1930-31, il joue un soldat dans le film de Raymond Bernard, Les Croix de bois, où il témoigne à sa manière de sa situation de « poilu ».

Cependant, ces affirmations avantageuses sont largement contredites par les indications consignées sur sa fiche matricule militaire. Raymond Caudrilliers y est enregistré comme simple journalier, domicilié lors du conseil de révision à la Colonie pénitentiaire des Douaires, à Gaillon, où l'a fait interner une condamnation pour vol en 1910. Puis il est déclaré insoumis par la justice en pour ne pas avoir obtempéré à son appel au service militaire. Il est toutefois amnistié lors de son engagement volontaire le , dans l'élan de la mobilisation générale. Incorporé au groupe spécial du 43e régiment d'infanterie, le soldat Caudrilliers est réformé temporairement pour tuberculose pulmonaire à Blois le . Reconnu apte au service auxiliaire, il est réaffecté au 113e régiment d'infanterie de Blois en , mais à nouveau réformé pour le même motif dès le mois suivant. Plusieurs commissions maintiennent cette décision par la suite. Réformé à titre définitif en 1923, il obtient même une pension d'infirmité ultérieurement. L'acteur a donc connu le front de manière effective tout au plus jusqu'à Archives de Paris, D4R1 1644, 4e bureau de recrutement de la Seine, classe 1911, Feuillet matricule n°2448 de Raymond Arthur Caudrilliers..

vignette|redresse|gauche|Aimos, rue de Rivoli le 20 août 1944, jour de sa mort lors de la libération de Paris. Sa gouaille de titi parisien et sa silhouette dégingandée lui offrent des rôles mémorables : « La ficelle » dans Chéri-Bibi de Léon Mathot avec Pierre Fresnay, « Quart Vittel » dans Le Quai des brumes de Marcel Carné, « Marche toujours » dans La Route enchantée, « Dix de der » dans Titin des Martigues, « Cupidon » le clochard aux côtés de Raimu dans Monsieur La Souris, « Raymond le raccourci » dans Le mort ne reçoit plus de Jean Tarride et « Tintin » dans La Belle Équipe de Julien Duvivier avec Jean Gabin et Charles Vanel..

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il organise un grand nombre de collectes et de distribution de repas en faveur des plus démunis ou des prisonniers de guerre.

Les circonstances exactes de sa mort ne sont pas connues avec précision. Caporal FFIHomologation de sous-officiers et hommes de troupe à titre posthume. Journal Officiel, 15 mai 1947, p. 4506, à . appartenant au mouvement de résistance Libération Nord, on sait seulement avec certitude qu'il a été abattu à la libération de Paris près de la Gare du Nord dans le X arrondissement, et qu'il a été déclaré mort à l'hôpital Saint-LouisColette Morel, dans un ouvrage autobiographique (Ma vie en rouge, Éditions Cheminements, 2004), évoque les souvenirs de son père (Ange Morel) concernant la libération de Paris et les combats sur le pont de Joinville en ; il témoigne sur la fin d'Aimos. Ange Morel était un résistant communiste vivant à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne) : Voir la plaque commémorative apposée sur la façade de l'immeuble du n° 48, boulevard Sébastopol.. Aimos est pris en photo le jour même de sa mort, le , avec le brassard FFI à son bras gauche.

Selon Bertrand Mathot et la presse de l'époque, Raymond Aimos était avec trois autres personnes à bord d'une Citroën Traction Avant des FFI lorsque le véhicule a été mitraillé par les Allemands, lors de l'insurrection de Paris, et a fini sa course devant le café le Cadran du Nord à l'angle du boulevard Magenta et de la rue rue Saint-Vincent-de-Paul qui mène à l'hôpital LariboisièreLa Guerre des cancres, Bertrand Mathot, page 265. On ne sait pas exactement si leur voiture a été interceptée par un convoi militaire allemand ou s'il s'agit d'une riposte des militaires à une attaque délibérée de leur convoi par les occupants du véhicule FFI. vignette|Annonce pour rechercher le corps d'Aimos Dans la confusion et la précipitation, les corps sont extraits du véhicule et transportés à la morgue de l'hôpital Saint-Louis sans que les familles en aient été informées. Ainsi pendant plus d'une semaine, Renée Lefèvre, la compagne d'AimosRenée Lefèvre (1901-1972) est inhumée à ses côtés à Chennevières., est laissée sans aucune nouvelle et doit lancer un appel à témoins dans la presse. pour pouvoir enfin localiser et récupérer le corps de son conjoint.

Les obsèques ont lieu le suivant en l'église Saint-Antoine-des-Quinze-Vingts en présence d'une foule de plus de personnes. Un détachement de FFI y présente les armes., ce qui confirme qu'Aimos faisait bien partie de leur réseau de résistance.

Mort à l'âge de 53 ans, Aimos était divorcé depuis le de Rosa Kapuralich-Martinich, une artiste italienne d'origine croate qu'il avait épousé quelques mois auparavantActe de mariage n° 55 (vue 11/30) avec mention marginale du divorce. Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil du 11e arrondissement, registre des mariages de 1922., et de Madeleine Pauline Botté depuis le Acte de mariage n° 1476 (vue 6/31) avec mention marginale du divorce. Archives en ligne de la ville de Paris, état-civil du 11e arrondissement, registre des mariages de 1923.. vignette|Acte de mariage d'Aimos et Madeleine Pauline Botté

Il est inhumé au cimetière de Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne) où il s'était fait construire une maison, la Villa Chez Nous, au début des années 1930Adresses demandées. Cinémonde, 11 février 1937, p. 136, à ..

Aimos est le frère du journaliste Robert Caudrilliers (1888-1959).

Filmographie

Bibliographie Aimos, article d'Odile Cambier paru dans la revue Cinémonde du Aimos. Cinémonde, 23 juin 1938, p. 549, à .. . .

Notes et références

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