La Passacaille et Fugue en ut mineur, BWV 582, est une œuvre pour orgue de Johann Sebastian Bach, composée entre 1706 et 1713 et tirée d'un thème d'André Raison.

Historique La date de composition précise de l’œuvre n'est pas connue, mais les sources disponibles s'accordent sur une période comprise entre 1706 et 1713. Il est possible que la pièce ait été composée à Arnstadt peu après le retour de Bach de Lübeck Williams, 182 et Wolff, 94. , ville où Bach aurait étudié les œuvres en ostinato de Buxtehude.

Source

Analyse La passacaille L'ouverture de la passacaille, (une sorte d'ostinato), est un thème de huit mesures dont la première moitié provient d'une messe pour orgue d'André Raison, le Trio en Passacaille de son Premier livre d'orgue..

Ce thème est répété vingt et une fois et est utilisé comme structure pour une série de variations décrites par Robert Schumann comme .

Ces 21 variations se composent de 7 groupes de 3 variations qui symbolisent chacune un temps liturgique : l'attente, la naissance, l'enseignement, la passion, la mort, la résurrection et la vie éternelle. Le chiffre 3, c'est la Trinité que l'on va retrouver dans la fugue. D'ailleurs, la mesure est à 3 temps.

La fugue La fugue est basée sur la première moitié du thème précédent, combiné à deux contre-sujets. Pour G. Hoffman, la fugue . Cette réutilisation du même thème dans le prélude et dans la fugue est rare dans l'œuvre de Bach (bien que l'une des deux Toccata et Fugue en ré mineur, qui lui est attribuée, utilise également cette connexion entre le prélude et la fugue).

Les 3 sujets (sujet principal et 2 contre-sujets) représentent le Père, en valeurs longues, le fils en sujet descendant, et l'Esprit Saint, très mobile. Les trois sujets sont exploités de façon de plus en plus serrée, et le thème du Père embrasse à la fin l'ensemble par une exposition dans l’aigu et dans le grave. Le dernier accord n'utilise que les fondamentales de l'Ut 0.

Transcriptions La passacaille a été transcrite pour orchestre par Leopold Stokowski, Ottorino Respighi, René Leibowitz, Eugene Ormandy, Andrew Davis et Tomasz Golka, mais aussi pour piano par plusieurs compositeurs ou pianistes, parmi lesquels Eugen d'Albert, Georgy Catoire, Max Reger (version pour deux pianos), Fazil Say, Krystian Zimerman et Awadagin Pratt.

Réinterprétations Un arrangement de certaines parties de cette passacaille est présent deux fois dans la séquence du baptême du film Le Parrain, avec d'autres pièces pour orgue, dont la fin du Prélude BWV 532 qui conclut la séquence. Une petite partie d'une transcription pour piano est jouée par Angela Hewitt dans La Vie aquatique. Le compositeur français Michel Colombier a réalisé une adaptation et une transcription orchestrale de ce morceau pour illustrer une musique de ballet dans le film Soleil de nuit de Taylor Hackford.. Une surprenante interprétation de cette œuvre complexe a été enregistrée par le flûtiste Hubert Laws en 1973 dans son album live Carnegie Hall (chez CTI Records) avec la pianiste Bob James et le bassiste solo Ron Carter.

Réception Elle est jugée par l'organiste américain E. Power Biggs comme un travail de logique musical persuasif et raisonné.

Notes et références

Bibliographie

Peter F. Williams. The Organ Music of J. S. Bach. Cambridge University Press, 2003. Christoph Wolff. Johann Sebastian Bach: The Learned Musician. Oxford University Press, 2000.

Voir aussi Articles connexes Liste des œuvres de Jean-Sébastien Bach Fantaisie et fugue en do mineur

Liens externes

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