Hélène Solomon-Langevin, née le à Fontenay-aux-Roses (Seine-et-Oise) et morte le à Sens (Yonne), est une résistante et femme politique française, fille du physicien Paul Langevin. Communiste engagée dans la Résistance au côté de son mari Jacques Solomon, elle est arrêtée et déportée à Auschwitz en 1943.
Revenue des camps, elle est élue députée en octobre 1945 puis réélue en juin 1946, mais les problèmes de santé créés par sa déportation l'incitent à quitter la vie politique et l'empêchent durant des années de reprendre une activité professionnelle à plein temps.
Biographie Jeunesse, mariage Hélène Langevin nait le à Fontenay-aux-Roses« Hélène Solomon, née Langevin épouse Parreaux – 31684 », sur le site Mémoire vive.. Elle est l'un des quatre enfants de Paul Langevin et de Jeanne Desfosses. Elle passe son enfance à Paris où elle fréquente l'école de la rue Monge et fait ses études secondaires au lycée Fénelon..
Elle prépare le certificat d'études physiques, chimiques et biologiques (PNC), puis voyage plusieurs années à l'étranger. Elle passe ensuite un diplôme pour s'occuper d'enfants.
Elle se marie avec Jacques Solomon en 1929. Elle participe dans les années 1930 au Comité mondial des femmes contre le fascisme.. Elle donne son adhésion au Parti communiste français en 1935, un an après son mari, et devient une militante active..
Résistance, déportation Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle entre dans la Résistance avec son mari et travaille à la diffusion du journal clandestin L'Université libre qui parait à partir de ainsi qu'à la revue La Pensée libre. Elle est membre du Front national de lutte pour la libération et l'indépendance de la France. Son mari est arrêté le , à la suite de l'arrestation de Georges Politzer, à un moment où les arrestations se multiplient dans ce réseau de Résistance. L'arrestation d'Hélène Solomon-Langevin a lieu le lendemain, gare Saint-Lazare, lorsqu'elle vient récupérer une valise mise en consigne pour le cas où elle devrait partir d'urgence. Elle est incarcérée du au à la prison de la Santé où elle est détenue au secret, puis elle part au Fort de Romainville d'où elle est déportée à Auschwitz par le convoi du , où elle est tatouée du numéro . Elle peut faire ses adieux à la prison de la Santé à Jacques Solomon avant qu'il soit fusillé le . Elle est dans le même convoi de prisonniers politiques que Marie-Claude Vaillant-Couturier, Charlotte Delbo, Danielle Casanova et Maï Politzer.
À Auschwitz, en , elle est choisie pour être transférée au camp de Rajsko auquel on affecte des chimistes, des botanistes et des biologistes pour travailler à extraire du latex d'une variété de pissenlit.. Elle quitte alors Birkenau avec trois autres déportées de son convoi pour un bâtiment où les conditions de vie sont un peu moins mauvaises (possibilité de se laver, appel qui ne dure que quelques minutes), puis pour le camp de Rajsko en juillet, une fois que la construction du laboratoire où elle va travailler est achevée. Les déportées de Rajsko, où les conditions de vies sont un peu plus supportables (il y a des lits individuels, les déportées ne sentent plus l'odeur des fours crématoires dont elles sont plus éloignées, elles peuvent recevoir des colis et envoyer un peu de courrier), font en sorte que d'autres déportées du même convoi puissent venir comme jardinières pour préparer la culture des pissenlits. Transférée à Ravensbrück avec les autres déportées de Rajsko le , Hélène Solomon-Langevin est envoyée comme infirmière aux usines Bosch, près de Berlin, en octobre de la même année. En , les déportés de ce camp sont transférés à Oranienburg-Sachsenhausen à la suite de bombardements, camp évacué quelques jours plus tard. Les Nazis prennent la fuite le et les prisonnières sont aidées par des soldats français : Hélène Solomon-Langevin rentre par le train jusqu'à Lille puis à la gare du Nord où ses parents viennent la chercher.
Députée, séquelles de déportation Après la Libération, il lui est très difficile de revenir à une vie normale. Elle imagine d'abord pouvoir travailler, reprendre ses études, continuer le militantisme, elle est élue députée communiste de Paris à l’Assemblée constituante en ., puis réélue en juin 1946. Elle compte ainsi parmi les premières femmes députées de l'histoire française. Mais sa santé est trop mauvaise, les séances de nuit à l'Assemblée nationale la fatiguent trop, elle ne se représente pas aux élections de novembre 1946 et doit prendre le temps de se soigner. En 1965, selon Charlotte Delbo, sa santé sera encore très mauvaise, conséquence de sa déportation :
En 1948, elle arrive enfin à reprendre une activité professionnelle : elle devient bibliothécaire au Centre de documentation du CNRS, mais seulement à mi-temps, ne retravaillant à temps plein qu'en 1952. Elle se remarie en 1958 avec André Parreaux, l'un des rédacteurs en chef de La Pensée, et par ailleurs titulaire de la chaire de civilisation anglaise à la Sorbonne. Devenue stérile à la suite de sa déportation, elle adopte plus tard une jeune fille, Michèle Norel (1946-1996). Elle meurt le à Sens.
thumb|right|La plaque commémorative sur l'immeuble du 3, rue Vauquelin (Paris), où vivaient Jacques et Hélène Solomon.
Pour approfondir Bibliographie
Articles connexes Femmes dans la Résistance intérieure française Femmes à l'Assemblée nationale française Convoi des 31 000 Convoi des 45 000 Charlotte Delbo Maï Politzer Danielle Casanova Marie-Claude Vaillant-Couturier Jacques Solomon André Parreaux Paul Langevin
Liens externes
Hélène Solomon, dans le Fonds Paul Langevin de l'ESPCI, sur le site de Paris sciences et lettres.
Notes et références
Catégorie:Naissance en mai 1909 Catégorie:Naissance à Fontenay-aux-Roses Catégorie:Naissance dans le département de la Seine Catégorie:Élève du lycée Fénelon (Paris) Catégorie:Résistante française Catégorie:Résistant communiste français Catégorie:Prisonnier au fort de Romainville Catégorie:Déporté résistant Catégorie:Survivant d'Auschwitz Catégorie:Survivant de Ravensbrück Catégorie:Survivant du camp de concentration d'Oranienbourg-Sachsenhausen Catégorie:Député membre du Parti communiste français Catégorie:Député de la Seine Catégorie:Femme politique française Catégorie:Pionnière française en politique Catégorie:Famille Langevin Catégorie:Membre de l'Assemblée constituante de 1945 Catégorie:Membre de l'Assemblée constituante de 1946 Catégorie:Décès en janvier 1995 Catégorie:Décès à Sens (Yonne) Catégorie:Décès à 85 ans