vignette|Stèle de Meditrina découverte sur le site archéologique de Grand.

Dans la Rome antique, les sont une fête fixée au , après les vendanges. Elle consacre l'opération de bonification du moût issu du pressurage du raisin par l'ajout de vin de l'année précédente. Cette action de traitement du mout, désigné comme vin nouveau, par addition de vin vieux, permet d'assurer sa conservation et d'éviter qu'il n'aigrisse. Par extension, ce mélange qui « soigne » le mout est absorbé par les humains comme une médication. Les se déroulent sous le patronage de Liber, divinité associée aux opérations de viticulture, qui reçoit l'offrande du moût ainsi traité.

Étymologie Varron donne comme explication Varron, De la langue latine, VI, 3, 21 lire en ligne..

Festus Grammaticus donne une étymologie similaire à partir de la racine (« guérir »), (« Je bois du vin vieux, du nouveau, de la vieille maladie, de la nouvelle, je me guéris »)Festus Grammaticus, De la signification des mots, II, MEDITRINALIA, lire en ligne..

Georges Dumézil reprend pour la racine proposée , et lui adjoint le suffixe indo-européen connu *-ina, appliqué au nom de local, pour considérer que *meditrina désigne l'atelier où se fait l'action exprimée par , puis le suffixe -alia, terminaison habituelle des noms de fêtes romaines.

Description

La date des , le , figure sur plusieurs calendriers, dont certains nous sont parvenus, plus ou moins fragmentaires : les Inscriptions trouvées à Rome fragment de calendrier ., les , un calendrier datant du règne de TibèreRéf. épigraphique : ..

Les ont lieu après les vendanges. Les paysans romains traitaient le liquide non fermenté obtenu par le pressurage du raisin, appelé le moût, en y ajoutant du vin « vieux », c'est-à-dire de l'année précédente. Le moût, provenant éventuellement de plants faibles, généralement issu de vendanges tardives, parfois trop dilué par les pluies, risquait d'aigrir et de ne pas se conserver. Le couper avec un vin déjà stabilisé permettait de corriger ces défauts, et de faire en quelque sorte une « médication » du vin par le vin, cette bonification retrouvant le sens étymologique de « guérir » présent dans le nom .

Ayant le sentiment de soigner ainsi leur vin, les Romains récupéraient pour eux-mêmes la vertu curative du mélange « vin vieux, vin nouveauL’appellation « vin nouveau » () est impropre, car le moût n'est pas encore transformé en vin. » en l'absorbant comme une médication tout en prononçant les formules rapportées par Varron et Festus. La consommation effective du vin parvenu à maturité se reportait à l'année suivante, pour la fête printanière des Vinalia.

Les fêtes du vin des de printemps et d'été sont célébrées en l'honneur de Jupiter, la question se pose de son implication lors des . Un seul calendrier l'indique, celui des . Estimant insuffisante cette mention, le philologue récuse cette attribution, Jupiter n'étant pas un dieu artisan de la croissance de la vigne ou de l'élaboration du vin, mais seulement le destinataire du produit final. De son côté, Georges Dumézil penche pour l'implication de Jupiter, tout en reconnaissant le manque d’élément probant. Une autre divinité est explicitement associée aux , Liber, équivalent du Bacchus ou Dionysos grec, qui reçoit l'offrande des prémices du moût nommés : Festus Grammaticus, De la signification des mots, II, SACRIMA, lire en ligne..

Références

Bibliographie .

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