Léon François Marie Bellin de La Liborlière, né le à Saint-Martin-de-Saint-Maixent et mort le à Poitiers, est un dramaturge et écrivain et français, auteur de romans gothiques.
Jeunesse vignette|Page de titre du premier tome de Célestine ou les époux sans l'être, Paris, Billois, 1800, 4 vol. in-12. Fils ainé de Catherine-Henriette de la Barre et de Léon-Charles Bellin de la Liborlière, mousquetaire noir, capitaine de cavalerie, chevalier de Saint-Louis., il est éduqué selon son rang par ses parents qui le destinent aux ordres sacrés. Ayant suivi avec distinction les cours du collège de Poitiers, il interrompt ses études au moment de la Révolution française, revint à Saint-Maixent et refuse de chanter au même lutrin que l’évêque constitutionnel des Deux-Sèvres, dont la résidence était dans cette ville. À l’âge de 17 ans, il suit en exil son père, qui souhaite rejoindre les princes sur le Rhin afin de former une armée pour défendre le pays et « sabrer la canaille ».
L’exil vignette|Frontispice du tome premier de Célestine ou les époux sans l'être de Paris, Billois, 8 (1800). 4 vol. in-12. À l’automne de 1791, ils s’installent à Coblence et il quitte l’habit ecclésiastique auquel ne le liait aucun vœu, pour prendre les armes et servir, avec son père, tour-à-tour dans l’armée des princes et dans le régiment anglo-français de Vioménil, auquel il est attaché jusqu’à son licenciement. À l’issue de la bataille de Valmy, ils doivent mettre un terme à leur engagement. Le père de Louis-François-Marie meurt, une semaine plus tard, à Luxembourg. On ne sait si cette mort fait suite à des blessures reçues sur le champ de bataille ; si l’on voulait regagner la France et rentrer en possession de ses biens, il était préférable de ne pas avouer avoir pris les armes contre la République. Le fils quitte l’armée, s’installe à Hambourg, puis à Brunswick, où il travaille dans une imprimerie française, tout en utilisant ses loisirs en s’occupant d’ouvrages littéraires qui attirent l’attention du public. Le premier qu’il publie est une Suite à Candide, de Voltaire, malheureux début condamné à l’oubli.
Le genre sombre, mis à la mode par Ann Radcliffe, lui inspire la pensée d’un roman, publié à Hambourg, en , 4 vol. in-12, sous le titre de Célestine, ou Les Époux sans l’être, ouvrage favorablement accueilli, qui a eu deux éditions à Paris, l’une en , l’autre en , 4 vol. in-12. Ce succès n’éblouit pas le jeune écrivain qui, frappé des défauts de ces sortes de compositions, en fait, peu de temps après, en , une critique très piquante dans un autre roman intitulé : La Nuit anglaise, ou les Aventures jadis un peu extraordinaires, mais aujourd’hui toutes simples et fort communes de M. Dabaud, marchand de la rue Saint-Honoré, ouvrage qui se trouve partout où il y a des souterrains, des moines, des bandits et une tour de l’Ouest (2 vol. in-12, Hambourg, 1799 ; ., Paris, même année). L’intitulé du titre indique, en soi, l’intention satirique de l’auteur.
Le retour Lorsque le Premier Consul Bonaparte proclame en l’an VIII une amnistie générale pour les émigrés, Bellin de La Liborlière rentre en France pour y poursuivre ses travaux littéraires. En , il publie Anna Grenwil, roman historique du temps de Cromwell (3 vol. in-12, Paris) et Voyage dans le boudoir de Pauline (Paris, in-12, ).
Il travailla également pour la scène, faisant jouer avec succès, en , la Cloison, ou Beaucoup de peine pour rien, comédie en un acte et en prose, qui fut représentée au théâtre de l'Odéon. Son nom ne figurait pas sur l’affiche. Après la représentation, le parterre demanda l’auteur ; un acteur s’avança : Malgré cette avanie, qui faillit entraîner une chute, la pièce se soutint, eut plusieurs représentations et resta au répertoire. Mais La Liborlière, rebuté d’une carrière si hasardeuse, ne composa plus pour le théâtre et se livra à des études plus sérieuses.
Après de longues et fastidieuses démarches administratives, il finit par obtenir sa radiation des listes de citoyens prévenus d’émigration et rentre en possession de son patrimoine.
Carrière Pendant son séjour en Angleterre, La Liborlière, qui avait connu de Louis de Fontanes, le revoit à Paris et devient son ami. En 1809, cette liaison et ses talents lui valent d’être nommé, lors de la formation de l’Université impériale, inspecteur de l’Université, avec la mission d’organiser l’académie de Poitiers dont il est nommé recteur en 1815.
Obligé, à cette occasion, de prêter serment et , il rédige, en 1814, il publie une autre ode, intitulée La France régénérée :
Celle-ci dénote bamment de celle qu’il avait rédigée en 1803 :
Il assume avec sérieux, mais non sans une certaine sévérité envers les personnels sympathisants de la Révolution, sa charge de recteur jusqu’en 1830, date à laquelle il s’en démet pour rentrer dans la vie privée. Son attachement à l’instruction de la jeunesse, ses connaissances acquises, son habitude d’écrire, se font remarquer dans les ouvrages sérieux qu’il compose pendant qu’il dirige l’enseignement à Poitiers.
Membre fondateur de la Société d’Agriculture, Belles-Lettres, Sciences et Arts, qui s’organisa à Poitiers en 1818, La Liborlière y occupe, le premier, le fauteuil de la présidence, et fut appelé plusieurs fois, dans la suite, à la même dignité. Il était également associé de la Société des antiquaires de l'Ouest. En 1821, il a reçu pour prix de ses services la croix de la Légion d'honneur.. Appelé à siéger au conseil général de la Vienne en 1824, il est démissionnaire en 1830. En , il est admis à la retraite de l’académie, sur sa demande. Il était membre de la Société des antiquaires de l'Ouest.
Mort , il est inhumé au cimetière de Chilvert de PoitiersCimetières de France et d'ailleurs.
Décoration
Notes
Œuvres Romans Célestine, ou Les époux sans l’être, 4 vol., 1798, , , , . La Nuit anglaise, ou les Aventures de M. Dabaud. Roman comme il y en a trop. Par le R. P. Spectoruini, moine italien (1799). Réédition : Éditions Anacharsis, Toulouse, 2006. Anna Grenwil, roman historique du siècle de Cromwell, 3 vol., 1800. . Voyage de M. Candide fils, au pays d’Eldorado vers la fin du , pour servir de suite aux aventures de M. son Père, 1803. Théâtre La Cloison, ou Beaucoup de peine pour rien, comédie en 1 acte et en prose, Paris, théâtre Louvois, Les Deux Espiègles, comédie-vaudeville en un acte, Paris, théâtre du Vaudeville, Manuels Histoire élémentaire de la monarchie française, depuis Pharamond jusqu’à la mort de Louis XVI, à l’usage des élèves, 1 vol. in-12, Poitiers, 1826. Histoire élémentaire des principaux peuples de l’Europe, 1 vol. in-12, Poitiers, 1828. Vieux Souvenirs de Poitiers d’avant 1789, suivis de notices spéciales sur la Grand-Gueule et l’ancienne Université de Poitiers, Poitiers, 1846, 1 vol. in-8º, rééd. : D. Brissaud, Poitiers, 1983. Articles Rapport sur un crapaud vivant découvert dans un tronc d’arbre, 1826. Mémoire sur l’invention d’une calèche-diligence. Mémoire sur l’église de Saint-Hilaire de Poitiers. Mémoire sur diverses particularités relatives à l’abbaye de Saint-Maixent. Rapport sur des gâteaux de forme particulière qu’on prétendait faire remonter jusqu’aux mystères d’Isis. Notice sur Diane de Poitiers et sur l’appartement que l’on suppose avoir été le sien dans la ville du même nom. Observations sur le tableau des émigrés du Poitou. Notice sur Mellusine.
Sources Cécile Pénichon, Léon François Marie Bellin de La Libordière (1774-1847) : recteur de l’académie de Poitiers, Poitiers, 2000. Maurice Lévy, préface de La Nuit anglaise'', Toulouse, Anacharsis, 2006.
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