Le wu xia pian () est un genre cinématographique du cinéma chinois, s'apparentant au genre littéraire du wuxia. Le terme est généralement traduit par « film de chevalier errant » ou « film de sabre chinois ». C'est le pendant cinématographique des romans d'arts martiaux (wuxia xiaoshuo).

Historique Origines vignette|L'Incendie du monastère du Lotus rouge. Le mythe du chevalier errant, le wuxia, naît durant la période des Royaumes combattants (de -481 à -221) : la noblesse guerrière est peu à peu supplantée par la classe des lettrés, en raison : de la centralisation du pouvoir par la dynastie Zhou, afin d'essayer d'endiguer les guerres entre États ; de l'utilisation de la cavalerie et de l'infanterie, masse de soldats peu entraînés, aux dépens de la noblesse guerrière. Certains nobles deviennent des lettrés et sont employés comme fonctionnaires, mais d'autres refusent d'abandonner leur art de vivre et se retrouvent en marge de la société. Ils deviennent des chevaliers errants.

Les romans wuxia apparaissent sous la dynastie Tang (618-907).

Le wuxiapian apparaît dans le cinéma chinois, sous la République de Chine, dès les années 1920 sous l'influence de la « terreur blanche chinoise » instaurée par Tchang Kaï-chek à partir de 1926. L'un des tout premiers est Li Feifei : une chevalière errante (1925), mais c'est L'Incendie du monastère du Lotus rouge de Zhang Shichuan en 1928, de la Société cinématographique Mingxing qui marque le premier grand succès du genre (il connaîtra dix-sept suites). Le wuxiapian est cependant interdit par le Kuomintang, alors à la tête de la République de Chine, à partir de 1930, mais pas de façon stricte dans les premiers tempsStephen Teo, Chinese Martial Arts Cinema: The Wuxia Tradition, Edinburgh University Press, . Après la fin de la guerre civile et la victoire des communistes, le genre se réfugie à Hong Kong. La qualité inégale et le manque d'originalité des séries lassent progressivement les spectateurs, qui ne s'intéressent à nouveau à ce genre que dans les années 1950. vignette|217x217px|Les Sept Samouraïs.

Âge d'or Au début des années 1960, c'est Hong Kong qui devient le principal producteur de films de ce genre. S'inspirant des films de sabre de l'âge d'or japonais (tels que Les Sept Samouraïs d'Akira Kurosawa, 1954), les studios Shaw Brothers les adaptent à la culture chinoise assurant au cinéma de Hong Kong une renommée mondiale. C'est à ce moment que les combats d'arts martiaux prennent une nouvelle dimension : plus longs, plus chorégraphiés, plus violents.

Renaissance En 1995, le genre est remis à l'honneur avec The Blade de Tsui Hark. Mais le grand public occidental n'a découvert ce genre traditionnel qu'en 2000, avec le succès mondial du film Tigre et Dragon de Ang Lee, avec Chow Yun-fat, Michelle Yeoh, Zhang Ziyi et Chang Chen, puis de Hero de Zhang Yimou, avec Jet Li, Tony Leung Chiu-wai, Maggie Cheung et Zhang Ziyi et Le Secret des poignards volants de Yimou, avec Zhang Ziyi, Andy Lau et Takeshi Kaneshiro.

Contrairement au film de cape et d'épée, snobé par le cinéma d'art et d'essai en Occident, tous les grands auteurs du cinéma chinois et taiwanais se sont un jour intéressés au wu xia pian, chacun dans leur style : Wong Kar-wai avec les enivrantes Cendres du temps en 1994, Tsai Ming-liang avec l'hommage mélancolique Goodbye, Dragon Inn en 2003, Edward Yang avec l'animé The Wind en 2007 (inachevé cause mort du réalisateur), Jia Zhangke avec l'étude sociale contemporaine A Touch of Sin en 2013, Hou Hsiao-hsien avec l'épuré The Assassin en 2015.

Thématique Issu de la littérature classique et populaire, le wu xia pian reprend les thèmes traditionnels : opposition du bien et du mal, du devoir et du désir. Il met fréquemment en scène un chevalier itinérant.

Liste de films notables 1925 : Li Feifei : une chevalière errante 1928 : L'Incendie du monastère du Lotus rouge de Zhang Shichuan 1929 : L'Héroïne rouge (ou Hong Xia la Justicière) de , le plus ancien film de wu xia conservé en Chine 1966 : L'Hirondelle d'or de King Hu 1967 : Dragon Gate Inn de King Hu 1967 : Un seul bras les tua tous de Chang Cheh 1968 : Le Retour de l'Hirondelle d'or (Jin yan zi) de Chang Cheh 1969 : Le Bras de la vengeance de Chang Cheh 1970 : A Touch of Zen de King Hu 1971 : La Rage du tigre (Xin du bi dao) de Chang Cheh 1974 : L'Auberge du printemps de King Hu 1979 : The Butterfly Murders de Tsui Hark 1983 : Duel to the Death (Xian si jue) de Ching Siu-tung 1983 : Zu, les guerriers de la montagne magique de Tsui Hark 1987 : Histoire de fantômes chinois (Sinnui yauwan) de Ching Siu-tung 1990 : Histoire de fantômes chinois 2 (Sinnui yauwan 2) de Ching Siu-tung 1991 : Histoire de fantômes chinois 3 (Sinnui yauwan 3) de Ching Siu-tung 1994 : Les Cendres du temps de Wong Kar-wai 1995 : The Blade de Tsui Hark 2000 : Tigre et Dragon d'Ang Lee 2002 : Hero de Zhang Yimou 2004 : Le Secret des poignards volants de Zhang Yimou 2013 : The Grandmaster de Wong Kar-wai 2015 : The Assassin'' d'Hou Hsiao-hsien

Cinéastes Zhang Shichuan King Hu Chang Cheh Tsui Hark Ching Siu-tung Wong Kar-wai Ang Lee Zhang Yimou Hou Hsiao-hsien

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Kung fu pian Chopsocky Film d'arts martiaux

Liens externes Dossier Shaw Brothers sur DVD Classik Petite histoire du Wu Xia Pian des origines à Tigre et Dragon sur Cinémasie Un bref aperçu du cinéma d'arts martiaux chinois

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