Le régiment Colonel-Général cavalerie est un régiment de cavalerie du royaume de France, créé en 1635, devenu sous la Révolution le de cavalerie puis à partir du Consulat le de cuirassiers.

Création et différentes dénominations 1635 : création à partir d'un régiment de Saxe-Weimar sur le nom régiment de Trefsky-cavalerie : prend le nom de régiment de Flechstein-cavalerie 1649 : renommé régiment de Nimitz-cavalerie : devient régiment de Turenne cavalerie : renommé régiment Colonel-Général cavalerie : renommé de cavalerie 24 septembre 1803 : transformé en cuirassiers, le de cuirassiers

Colonels et mestres de camp Colonels généraux : Henri de La Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne : Frédéric-Maurice de La Tour d'Auvergne, comte d'Auvergne : Louis Henri de La Tour d'Auvergne comte d'Evreux : Godefroy Charles Henri de La Tour d'Auvergne : Armand Louis de Béthune

Mestres de camp-lieutenants et colonels : N. Trefski : N. Flechstein 1649 : N. Nimitz : Henri de La Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne : N. de Philip, marquis de Saint-Viance : Jean Jacques marquis de RentyJean Jacques marquis de Renty fut nommé brigadier le , maréchal de camp le , lieutenant général des armées du roi le , † : N. de Musse 168? : N. de Quémadeuc : Guillaume Le Brun marquis de Dinteville.. 1711 : N. comte d’Élèvemont 1717 : N. comte de Biouli : Léon François Le Gendre de Lormoy, comte d'Ons-en-BrayBrigadier le , déclaré maréchal de camp en par brevet du , déclaré lieutenant général des armées du roi en par pouvoir du : Jérôme Laurent d'Éon, marquis de SoisyBrigadier le , maréchal de camp le : Charles, comte d'Ourches 1758 : Bon Guy Doublet, chevalier de Persan : Anne Jacques Dubois, marquis de La Rochette : Jean François Drouhin d'Arquery, vicomte de Lhuys : Joseph Moulins Brunet, marquis d'Évry : Louis Zacharie, marquis de Vassan : Charles Louis David Lepelletier d'Aunay, comte de Rosambo. Il y a là une "coquille" les et les sont deux branches distinctes. Le Peletier d'Aunay ne pouvait pas être comte de Rosanbo (cf: Archives Rosanbo fonds le Peletier, 259 AP, Archives Nationales 1993). : Stanislas Marie Adélaïde, comte de Clermont-Tonnerre : Jacques Antoine Deschamps de La Varenne : Claude Louis Doncourt : Jean Maillard : Jacques Séverac : Jean Juignet : Pierre Margaron : Marie Adrien François Guiton : Sigismond Frédéric de Berckheim : Antoine Marguerite Clerc : Philippe Christophe, baron de La Mothe-Guéry : Michel Ordener

Historique des garnisons, combats et batailles du régiment Origines On s'est trompé sur l'origine de ce régiment, en le confondant avec le régiment français organisé en 1635 sous le titre de « Colonel général ». Celui-ci appartenait au duc d'Angoulême, Charles ou plutôt à son fils le comte d'Alais, Louis-Emmanuel, qui exerçait à cette époque, en survivance de son père, la charge de « colonel général de la cavalerie légère ». La permanence n'était pas encore acquise aux régiments ; ils suivaient la fortune de leurs chefs et ce premier régiment Colonel général perdit son titre et ses privilèges au moment où la charge de colonel général sortit de la famille de Valois-Angoulême pour passer dans la maison de La Tour d'Auvergne.

En fait, les choses se passèrent ainsi : le duc de Joyeuse, Louis de Guise, gendreLouis de Guise-Joyeuse est marié à Marie-Françoise d'Angoulême du comte d'Alais, Louis-Emmanuel et titulaire de la charge à son tour, meurt en 1654 devant Arras. Turenne, qui en avait sans doute fait une des conditions de sa rentrée dans le devoir, est nommé colonel général, mais Mazarin refuse de le déclarer parce que Turenne est protestant et recule devant une abjuration. Il ne se décide qu'en 1657. Pendant ce temps, l'ancien régiment Colonel général, qui servait en Flandre, est envoyé au fond de l'Italie, sous les ordres de M. du Vignau, son premier capitaine, et il y est obscurément licencié à la fin de 1656. Turenne avait-il exigé ce licenciement pour éviter toute contestation ? C'est probableLouis Susane : Histoire de la cavalerie française Volume 2 .

Quoi qu'il en soit, le maréchal, balancé entre ses opinions religieuses et ses intérêts, bien chapitré par les prélats de cour et encouragé par les dames qu'il aimait fort, finit par imiter Henri IV, et fut déclaré colonel général en cessant d'être protestant.

Le régiment de Turenne, qui devint le régiment Colonel général et qui a conservé ce titre depuis le jusqu'au , était un régiment weymarien, le seul qui ait survécu après la paix des Pyrénées des 16 régiments de cavalerie cédés à Louis XIII par le duc de Saxe-Weymar, et, suivant toute probabilité, il a dû être levé en 1631 par ce prince au moment où Gustave-Adolphe intervint les armes à la main dans les affaires d'Allemagne. Après la mort du roi de Suède, tué en 1633, à Lützen, Richelieu devint le véritable directeur de la guerre et s'attacha le duc de Weymar, dont il finit par acheter les troupes en vertu d'un traité signé en 1639. Elles étaient depuis le à la solde de la France.

Régiment de Trefsky-cavalerie (1635-1641) Guerre de Trente Ans En 1636, sous les ordres du colonel Trefski, on rencontre pour la première fois le régiment de Trefsky-cavalerie à l'armée de Lorraine.

Les années suivantes il est sur le Rhin.

En 1640, il occupe Pont-à-Mousson.

Régiment de Flechstein-cavalerie (1641-1649) Guerre de Trente Ans En 1641, il retourne en Allemagne, et devint le la propriété du colonel Flechstein.

Sous ce nouveau nom, il est cité en 1643 à la bataille de Tuttlingen.

En 1645 le régiment participe aux batailles de Mariendal et de Nordlingen.

En 1647, le régiment de Flechstein-cavalerie est à l'armée de Flandre.

Il retourne en Allemagne en 1648, revient en Flandre en 1649 et il est donné au colonel Nimitz. Il était alors, et depuis le , complètement assimilé aux régiments français, se recrutant comme eux et roulant avec eux en toutes circonstances.

Régiment de Nimitz-cavalerie (1649-1651) La Fronde Pendant les troubles de la Fronde, Nimitz fut appelé en Picardie.

Régiment de Turenne cavalerie (1651-1657) La Fronde Ce fut le que, devenu la propriété de l'illustre maréchal, il prit le nom de régiment de Turenne cavalerie. Il était alors par l'ancienneté de son chef comme mestre de camp, et par suite des réformes et des destructions survenues dans la tête de la cavalerie, le onzième des régiments de cavalerie en service. Le maréchal de Turenne, qui se faisait un peu payer sa soumission par Mazarin, obtint d'abord de reconstituer le régiment sur le pied de 6 compagnies, et le suivant il fut autorisé à le porter à 12. Il servit cette même année en Lorraine et assista à la prise de Chasté.

En 1652, la guerre civile l'appela sur la Loire, et on le trouve à Gergeau, à Bléneau, à la bataille et au siège d'Étampes, au combat du faubourg Saint-Antoine et à la poursuite des Lorrains.

Guerre franco-espagnole En 1653, dans le cadre de la guerre franco-espagnole, il contribue à la prise de Rethel, de Mouzon et de Sainte-Menehould.

En 1654, il est en Flandre, aux sièges de Stenay, d'Arras, du Quesnoy et de Binche.

En 1655, il participe au ravitaillement du Quesnoy, de Landrecies, de Condé et de Saint-Ghislain

En 1656 le régiment est devant Valenciennes et La Capelle.

Régiment Colonel-Général cavalerie Turenne ayant enfin été déclaré colonel de la cavalerie légère, son régiment prit, le , le titre de régiment Colonel-Général cavalerie, titre qui entraînait deux conséquences importantes : sa première compagnie reçut en dépôt la cornette blanche il prit de droit le premier rang dans la cavalerie, conformément à l'ordre royal du qui avait accordé la préséance aux régiments des officiers de l'état-major de la cavalerie. Cette mesure avait été prise par Anne d'Autriche pour en finir avec les réclamations du régiment Royal cavalerie qui, formé le , disputait le pas au régiment du duc d'Angoulême, Charles organisé le

Guerre franco-espagnole Le marquis de Saint-Viance, placé par Turenne à la tête de son régiment en qualité de mestre de camp commandant, conduisit celui-ci en 1657 à la prise de Montmédy, de Cambrai, de Saint-Venant, de Waters, Bourbourg, La Motte-aux-Bois et Mardyck.

En 1658, le régiment Colonel-Général cavalerie participe à la victoire des Dunes, et demeure cantonné dans les Flandres, où il subit le la réforme ordonnée par Louis XIV. Il n'en resta sur pied que la compagnie colonelle.

Guerre de Dévolution Rétabli le et placé sous les ordres de Jean Jacques marquis de Renty, il assista en 1667, dans le cadre de la guerre de Dévolution à la prise de Tournai, de Douai et de Lille.

On le trouve en 1668 en garnison à Audenarde, fort de 9 compagnies, et celles de ces compagnies qui échappèrent aux réformes de cette année demeurèrent dans cette place.

Les régiments appartenant aux officiers généraux de la cavalerie, au roi et aux princes de sa famille étant devenus permanents à partir de l'année 1671, comme l'étaient déjà les régiments de l'infanterie, le rang et les privilèges du corps se trouvèrent fixés. Le régiment Colonel-Général cavalerie est resté jusqu'à la fin et « Colonel général », et sa eut, à l'exclusion de toute autre troupe de cavalerie légère, droit à l'enseigne blanche, entièrement blanche, ainsi qu'à l'emploi de chevaux gris. Toute la cavalerie légère devait le salut à la cornette blanche, et celle-ci ne le devait qu'aux princes de sang, au général commandant la cavalerie de l'armée où elle se trouvait, et au général en chef de cette armée.

Guerre de Hollande En 1672, le régiment Colonel-Général cavalerie, rétabli sur le pied de 6 compagnies, fait partie de l'armée du roi en Hollande. Il passe l'hiver dans la province d'Utrecht.

Il assiste en 1673 au siège de Maastricht et rallie ensuite l'armée que commandait Turenne sur le Rhin.

Il combat avec le maréchal en 1674 à Seintzheim, où son glorieux chef charge à la tête de ses escadrons, à Entzheim et à Mulhouse.

En 1675, on le voit aux batailles de Turckheim et d'Altenheim, et au secours d'Haguenau et de Saverne. Il ne paraît pas s'être trouvé à la bataille de Sasbach, où Turenne fut tué d'un coup de canon.

Pendant les campagnes suivantes, on ne voit plus figurer le régiment Colonel-Général cavalerie dans les grandes armées d'opérations. Fut-ce par suite du sourd mécontentement éprouvé par Louis XIV après le refus fait par Frédéric-Maurice, comte d'Auvergne de céder sa charge au duc du Maine, Louis-Auguste de Bourbon ? Faut-il attribuer l'oubli dans lequel a vécu le régiment pendant plusieurs années à l'obscurité des mestres de camp par lesquels il convint au comte d'Auvergne de se faire représenter ? Il est impossible de le dire.

Guerre de la Ligue d'Augsbourg Toujours est-il que le régiment ne reparaît nettement qu'en 1688, durant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, au siège de Philippsbourg, à celui de Namur en 1692, et aux combats d'Heidesheim et de Steinbach (). Il demeura probablement sur le Rhin les dernières années de cette guerre, et il ne s'y passa rien de remarquable.

Guerre de Succession d'Espagne La guerre de Succession d'Espagne lui fut plus favorable. Envoyé en Italie, il prit part, en 1702, à la victoire de Luzzara, à l'expédition dans le Trentin, en 1703, et aux sièges de Verceil, d'Ivrée et de Verrue Plan de Verrue, attaquée par l'armée du roy commandée par le duc de Vendosme.

À Calcinato, le , il gravit résolument une montagne fort rude, surprit et défit l'aile droite de l'ennemi.

Appelé à l'armée de Flandre, après la perte de la bataille de Turin et l'évacuation de l'Italie, il se trouva en 1708 à la bataille d'Audenarde, en 1709 à celle de Malplaquet et en 1712 à celle de Denain, suivie de la prise de Douai, du Quesnoy et de Bouchain.