Trophime d'Arles, ou saint Trophime, est un saint chrétien dont l'histoire est mal connue. Il serait le premier évêque d'Arles.

Il est fêté le Nominis : Saint Trophime..

Biographie

Légendes et traditions Une légende dit que saint Trophime serait arrivé à Arles vers 46.

Par ailleurs, Trophime est le nom d'un compagnon de saint Paul, un païen d'Éphèse qui l'accompagne lors de son troisième voyage missionnaire (vers 50-58), et qui tombe malade à Milet en Grèce (2 Timothée 4,20). Le fait qu'il tombe malade à Milet sans continuer de suivre l'apôtre tendrait à invalider la légende.

Jusque dans l'édition de 1960 du martyrologe romain, l'Eglise catholique affirme que Trophime d'Arles est le compagnon de l'apôtre Paul, et l'édition de 2004 est muette sur ce point.

Documents du En 417, le pape Zozime affirmait concernant Trophime, que , en ne pouvant pas ignorer qu'il y avait des martyrs à Lyon et Vienne dès le .

Vers le milieu du , les dix-neuf évêques d'Arles et de ses environs écrivent au pape Léon Ier pour obtenir le rétablissement de leur métropole, argumentant qu'Arles fut la première ville de toute à avoir un évêque : Trophime, envoyé par l'apôtre Pierre.

Selon Grégoire de Tours Selon Grégoire de Tours () : Trophime serait ainsi le fondateur de l'Église d'Arles, au , en tant que premier épiscope.

En réalité, l'Histoire des Francs de Grégoire de Tours amalgame des récits d'origines, de dates et de valeurs différentes, pour raconter l'histoire légendaire de ces sept missionnaires : Martial de Limoges, Gatien de Tours, Trophime d'Arles, Paul de Narbonne, Saturnin de Toulouse, Denis de Paris, Austremoine de Clermont.. De plus, Grégoire de Tours place Saturnin de Toulouse au dans un autre texte..

Hypothèse Numide Cet évêque, peut-être légendaire, pourrait bien avoir existé. En cohérence avec les propos rapportés par Grégoire de Tours, des sources ténues mais fondées sur des documents authentiques (des lettres de l'évêque de Carthage Cyprien, écrites dans les années 250-254) précisent qu'un évêque Trofime a participé aux évènements liés à la persécution de Dèce. En effet, peu après ces évènements, vers 252, une lettre de Cyprien à AntonianusCyprien avait reçu auparavant une lettre de ce même Antonianus blâmant le pape Cornélius d'avoir communiqué avec Trofime., évêque en Numidie (lettre 55Lettre 55 - Cyprien à son frère Antonianus, salut, bibliothèque-monastique.ch.), évoque un Trofime qui, après avoir renié l’église, demande à revenir en son sein.

Pour ce qui est de Trofime, au sujet duquel vous avez exprimé le désir d'avoir des explications, les choses ne sont pas telles que vous les ont présentées des rumeurs vagues ou des mensonges malveillants. Comme l'ont fait souvent nos prédécesseurs, notre frère a tenu compte de ce qu'imposaient les circonstances pour ramener nos frères séparés. Une grande partie du peuple fidèle s'était éloignée avec Trofime. Or, Trofime revenait à l'Église, il donnait satisfaction; il avouait, en demandant pardon, son erreur passée; il satisfaisait encore et montrait une humilité parfaite en ramenant à l'Église les frères qu'il en avait séparés. Aussi a-t-on écouté ses prières, et l'Église a reçu non pas tant Trofime lui-même qu'un très grand nombre de frères qui étaient avec Trofime et qui n'auraient point repris le chemin de l'Église, si Trofime n'avait été avec eux. À la suite d'un conseil tenu là-bas entre plusieurs collègues, on a admis Trofime, pour qui satisfaisaient le retour des frères et le salut rendu à un grand nombre. Trofime d'ailleurs n'a été admis à notre communion qu'à titre laïc, et non pas, quoi qu'aient pu vous en dire des écrits malveillants, avec la dignité épiscopale.

Bien qu’il ne soit pas affirmé que cet évêque soit l’évêque d'Arles, il est impossible de ne pas voir une grande concordance entre ce Trofime et l'évêque d'Arles Trophime. Ce Trofime, dont le patronyme est proche, a été évêque vers 250, à la même époque que celui évoqué par Grégoire de Tours ; il a renié la foi chrétienne lors des persécutions de Dèce, ce que toutefois le récit hagiographique légendaire ne rappelle pas, avec une certaine logique. Ce Trofime semble très connu dans la chrétienté, au point que Cyprien, s'adressant à son interlocuteur, ne juge pas utile de préciser le diocèse dont il est l'évêque L'expression là-bas, utilisée par Cyprien vis-à-vis d'un interlocuteur se situant comme lui en Afrique, signifie toutefois que ce Trofime n'est pas un évêque d'un diocèse africain.. Cyprien nous apprend également que ce Trofime souhaite retourner dans la communauté de l'Église. Ceci suscite des interrogations de la part de ses anciens collègues, tels que cet Antonianus. Or l'évêque de Carthage évoque dans la lettre 68, datée de 254Lettre de Saint-Cyprien (Epistula 68) adressée au pape Étienne., toujours à propos du schisme novatien, l'évêque d'Arles Marcianus qui refuse de réintégrer dans l'Église les chrétiens repentants :

Faustinus, notre collègue de Lyon, m'a écrit à plusieurs reprises, frère très cher, pour me faire connaître (et je sais que la nouvelle vous a été aussi annoncée par mes autres collègues dans l'épiscopat de la même province) que Marcianus d'Arles s'est joint à Novatien, et éloigné de la vérité de l'Église catholique et de l'unanimité de notre corps épiscopal, il a adopté les dures maximes d'une hérésie présomptueuse, qui fermant la porte de l'Église à des serviteurs de Dieu qui regrettent et pleurent leur faute, et y viennent frapper avec des gémissements et des larmes, leur refuse les consolations et les secours de la Bonté de Dieu et de sa paternelle Miséricorde, sans se soucier d'admettre des blessés à soigner leurs blessures, préférant les abandonner à la rapacité des loups et à la rage du diableLettre 68 - Cyprien à Étienne son frère, salut, bibliothèque-monastique.ch.

Enfin, comme le dit la lettre 55, l'un des enjeux de ce pardon papal, c'est de savoir si Trofime retrouve ou non son diocèse. Tous ces éléments expliquent très bien la conduite de Marcianus, élu évêque d'Arles à la place de Trofime, qui ne souhaite pas que Trofime reprenne sa place au sein de l’église arlésienne. Il est donc possible que ce Trofime ne soit qu'une seule et même personne avec Trophime, comme l'admet historien du Wladimir Guettée Wladimir Guettée - Histoire de l'église de France - Jules Renouard et Ce., 1836, page 41 ici.

Culte et patronage Son nom a été donné à la cathédrale de la cité construite au . Initialement appelé Saint-Étienne, l’édifice prend le nom de Trophime au . Il est considéré comme le saint patron de la ville d'Arles.

Le martyrologe romain, dans l'édition de 1960, affirmait au sujet de Trophime le 29 décembre :

L'édition de 2004 du martyrologe déclare à la date du 29 décembre :

Galerie

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Notes et références

Voir aussi

Bilbiographie

Articles connexes Histoire d'Arles à l'époque romaine Archidiocèse d'Arles Liste des archevêques d'Arles Églises dédiées à saint Trophime

Liens externes

Saint Trophime d'Arles, évêque, site Iconographie chrétienne Éléments hagiographiques sur saint Trophime, site Santi Beati Diocèse d'Arles et liste des évêques et archevêques sur le site GCatholic.org

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