Un hendécasyllabe (du grec « hendeka », onze, et « sullabê », syllabe) ou endécasyllabe est un vers de onze syllabes.

Usage En poésie française, l'hendécasyllabe reste peu usité mais est employé dans la poésie lyrique jusqu'au , combiné à d'autres mètres plus courts.

La poésie médiévale l'utilise ainsi en hétérométrie dans le genre lyrique, mais son usage disparaît à la fin du , avant une réutilisation de façon épisodique, par exemple dans des chansons au .

À l'instar de l'ennéasyllabe, l'hendécasyllabe connaît surtout un regain d'intérêt dans la première moitié du , comme alternative à l'alexandrin. Marceline Desbordes-Valmore, notamment, l'emploie, considérant qu’il correspond au . Par exemple :Par la suite, Paul Verlaine, les symbolistes et Arthur Rimbaud l'utilisent. Par exemple, chez Rimbaud, dans ses Vers nouveaux, comme Larme, qui commence ainsi :

L'hendécasyllabe est le vers cardinal de la poésie italienne (métriquement parlant, il équivaut au décasyllabe français).

Structure

Avec une césure sur la cinquième syllabe, la structure 5 + 6 de l'hendécasyllabe, la plus fréquente, entraîne un rythme dynamique :Autre exemple : Quant au rythme 6/5, il correspond le plus à un . Par exemple : Verlaine le découpe également en 7/4 : Ou chez Rimbaud, pour le rythme inversé 4/7 : Souvent, l'hendécasyllabe ne comporte cependant pas de césure mais de simples accents syntaxiques : Au , Yves Bonnefoy utilise l’hendécasyllabe en le mêlant à d’autres mètres de dimensions proches, comme le décasyllabe ou l'alexandrin. Par exemple, commençant par une mesure de six syllabes suivie de dans le deuxième hémistiche :

Hendécasyllabe phalécien

L'hendécasyllabe phalécien (hendecasyllabus Phalaeceus) est un vers comportant un spondée, un dactyle (quelquefois remplacé par un spondée) et trois trochées. Il est utilisé chez Sappho, Catulle et Martial ; on le rencontre aussi dans la poésie néo-latine (Giovanni Pontano, Étienne Dolet, Théodore de Bèze, Jean Bonnefons, etc.). Il tire son nom du poète grec Phalaecos (IV ou III siècle av. J.-C.). Ce vers est aussi appelé phaleuque ou phaleuceL'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1 éd., 1751, t. XII, ; wiktionnaire., mais ces termes sont vieillis.

Hendécasyllabe italien Selon le système métrique italien, l'hendécasyllabe est un vers où l'accent est sur la dixième syllabe métrique. De ce fait, lorsque l'accent du dernier mot n'est pas sur la syllabe pénultième, il ne fait pas onze syllabes.

Parmi les vers de la poésie italienne, c'est celui où les places des accents sont les plus variées. Toutefois, dans le cadre de l'épopée, ils sont fixés en sixième ou quatrième position. En raison de sa flexibilité, l'hendécasyllabe a longtemps été le vers favori des poètes italiens, et le plus utilisé. Il est le mètre, enchaîné dans la terzina dantesca, de la Divine Comédie de Dante et le principal mètre de la poésie italienne où il est le plus important dans toutes les formes, telles que la ballade, la chanson, le sonnet…

Bibliographie Yannick Beaubatie, « Georges Fourest et le "spectre de l’impair" », in Histoires littéraires. Revue trimestrielle consacrée à la littérature française des , , janvier-mars 2015, . . . .

Notes et références

Liens externes

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