L'appellation de Faux Mérovingiens regroupe des personnages qui apparaissent parfois dans certaines généalogies des Mérovingiens, au sujet desquels il existe des controverses ou des doutes portant sur leur existence réelle ou sur leur appartenance à la dynastie mérovingienne.
Princes ou reines inventées au Moyen Âge Au cours du haut Moyen Âge, les lettrés ne se sont pas satisfaits de l'aridité des renseignements contenus dans les premiers récits comme celui de Grégoire de Tours. Aussi les auteurs ont-ils commencé à ajouter des personnes dans leur récits, parfois sans souci de vraisemblance. Tous les personnages de cette section ont ceci en commun qu'ils ne sont cités dans aucun document de leur époque ; en revanche, ils apparaissent dans les textes des années après les événements relatés.
Amalthide, femme de Reolus Amalthilde serait fille de Childéric, roi d'Austrasie, et nièce de saint Nivard, évêque de Reims, et mariée à Rieul, duc de Champagne et futur évêque de Reims (milieu du ).
C'est du moins ce que raconte au Flodoard, dans son Histoire de l'Église de Rheims : et .. Flodoard a probablement interpolé la Vita Nivardi qui dit simplement qu'un roi franc du nom de Childeric avait une fille mariée au comte Réolus et nièce de saint Nivard.. Il a cherché à identifier ce roi Childéric au roi Childéric d'Austrasie, mais se heurte à plusieurs problèmes chronologiques et généalogiques : Selon sa Vita, saint Nivard aurait été éduqué à la cour de ce roi, or son éducation est forcément antérieure à 655, date du début de son épiscopat, alors que ne règne qu'à partir de . La seule femme connue de Chilpéric II est Bilichilde, une fille du roi , ce qui implique que Nivard est un Mérovingien, soit comme fils de , soit comme fils de , ce qui est démenti par le silence des sources.
Ces deux textes mentionnent l'épouse de Reolus sans la nommer. Le nom d'« Amalathilde » et la qualité de fille de Bilichilde figurent dans la préface d'une édition du texte de Flodoard datant de 1854, sans que l'on sache d'où vient cette information..
Gabriel Tikka identifie ce Childéric à un Mérovingien par ailleurs inconnu Chilpéric, roi de Toulouse, fils de , mais sa méthodologie présente de nombreuses failles et ses thèses ne sont pas prises en compte..
Une possibilité est que l'épouse du comte Rieul soit une fille illégitime de et d'une sœur de Nivard. Une autre possibilité est d'y voir la conséquence d'une tradition qui tend à amalgamer des saints et des saintes dans des familles royales.
Références
Ansbert le sénateur
Ansbert serait l'époux de la princesse Blitilde prétendue fille du roi ou . Ils seraient les parents d'un fils nommé Arnold, selon plusieurs documents médiévaux dont le premier d'entre eux est la établie par les scribes de l'évêché de Metz vers . Les premières versions de cette généalogie donnent comme père de Blitilde et c'est vers que l'on voit apparaître comme père.
Personnage probablement réel (Ansbert n'est pas nommé dans les documents contemporains, mais n'apporte rien aux généalogies et comme la racine Ans se retrouve dans Anségisel, on considère son existence comme possible) mais mal relié généalogiquement par les scribes de l'évêché de Metz à la fin du . En effet, ces scribes ont probablement repris des documents authentiques pour établir la généalogie, mais en ont fait des lectures erronées. Même le nom de Blitilde n'est pas forcément faux, c'est sa qualité de maillon entre les Mérovingiens et les Carolingiens qui est suspecte et est rejetée.
Grégoire de Tours donne une liste assez complète des enfants de où Blitilde ne figure pas. Quant à la thèse qui propose Blitilde comme une fille de , c'est une aberration chronologique : Arnould est un contemporain et probablement du même âge que : il s'ensuit que ce dernier ne peut pas être le père d'une grand-mère de ce même Arnould.
Références
Bilichilde Bilichilde serait fille du roi , épouse d'Ansbert et mère d'Arnoul, évêque de Metz.
Bilichilde est une personne qui apparaît dans deux généalogies carolingiennes, la Genealogia domni Karoli, du début du et la Genealogia domni Arnulfi, du . Elle est donnée comme fille du roi (ou selon les documents), épouse d'Ansbert et mère d'Arnoul, évêque de Metz au début du . L'existence d'Arnoul est confirmée par des documents contemporains, au contraire de ses parents. Les deux généalogies sont trop tardives pour avoir une quelconque autorité. La filiation royale de Bilichilde est impossible d'un point de vue chronologique...
Références
Brunulphe Sichilde, la troisième épouse de et sa sœur Gomatrude, première épouse de seraient sœurs d'un Brunulphe et filles d'un autre Brunulphe, comte d'Ardenne et d'une Clotilde.
Brunulphe est cité dans la Gesta Dagoberti I. Regis Francorum, composée vers à l'abbaye de Saint-Denis, qui le qualifie de frère de la reine Sichilde et de l'oncle maternel de Hairbert, frère de . Il n'est pas cité par ailleurs, mais la chronique de Frédégaire, composée en , mentionne un Brodulf, oncle maternel de Charibert. L'hypothèse la plus probable est de considérer Brunulphe comme une mauvaise transcription de Brodulf ainsi que semble montrer la similitude entre les deux passages. :
Au Moyen Âge ont été produites des généalogies qui fournissent des ascendants à cette fratrie. Ainsi, au , Jacques de Guyse donne Brunulphe comme fils d'un comte de Templatum et d'une sœur de sainte Aye, fille de Brunulphe comte de Cambraisis et femme de saint Hidulphe, prince de Hainaut, et lointaine descendante de Clodion le Chevelu.. Joachim Vos, affirme que Brunulphe et Gomatrude sont issus d'un autre Brunulphe, comte d'Ardennes et frère de saint Arnould et de Clotilde, sœur de sainte Aye. Ces productions aboutissent à ce type de généalogie. :
Au regard de la critique moderne, il n'y a cependant pas grand chose à retenir de cette généalogie (seulement ce qui est en trait plein) : Saint Arnould n'est pas le fils d'Arnoald (voir cette section) Auberon n'a jamais existé comme personnage historique Ansbert le sénateur, qui est de race romaine, ne descend pas par les mâles de Clodion le Chevelu, qui est de race franque (voir cette section). les Waubert et les Brunulphe sont inconnus des textes contemporains, à l'exception du frère de Sichilde et de Gomatrude, qui en outre se nommait probablement Brodulphe. Ces ouvrages tardifs ne résistent pas à la critique moderne et aucune de ces données ne peut être retenue.
Cela n'empêche pas certaines publications modernes et grand public de donner Sichilde comme fille d'un comte d'Ardennes..
Références
Childesinde Childesinde, serait la fille du roi de Neustrie (-) et de la reine Audovère (-), née en l'absence de son père. Sa marraine ayant disparu, Frédégonde convainquit Audovère de tenir sa fille sur les fonts baptismaux, lui faisant tenir le rôle de marraine. Frédégonde fit ensuite valoir l'empêchement canonique interdisant le mariage entre le père et la marraine d'un enfant pour faire annuler le mariage du roi.
Personnage introduit en par le Liber Historiae Francorum. Childesinde fait partie de l'épopée connue sous le nom de Chilpéric répudie Audovère. Grégoire de Tours ( † ), pourtant bien renseigné et contemporain des personnes, ne la mentionne pas, pas plus qu'il ne mentionne la cause de la séparation de Chilpéric et d'Audovère. Godefroid Kurth dans son Histoire Poétique des Mérovingiens nous dit que : ..
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Ermenchilde Ermenchilde est le nom de la femme du roi dans un document du : Gesta Episcoporum Tullensis. Ce document est trop tardif pour faire autorité sur la question, mais comme ce renseignement est donné gratuitement sans chercher à asseoir une prétention, il peut être considéré comme valable, l'auteur de la geste ayant pu consulter des chartes aujourd'hui disparues..
Références
Mathilde Mathilde ou MechtildeDans le roman de Gilbert Mercier, Les Étoiles de Sion. serait l'épouse de et la mère de quatre filles : Adèle, Irmine, Rothilde et Ragnetrude.
La Vita Arbogasti, datant du affirme que le roi a épousé une Saxonne nommée Machtildis avant son retour d'Angleterre, qui serait mère d'un fils nommé Sigebert (voir ), d'Adèle, d'Irmine, de Rothilde et de Ragnetrude. Ce témoignage est cependant sujet à caution en raison de son caractère tardif et pourrait s'expliquer soit par une confusion avec Nanthildis, femme de , soit par une allusion à l'impératrice Mathilde, femme de l'empereur , contemporain de l'auteur de la Vita Arbogasti..
Quant aux filles, si Rothilde ne peut être identifiée à une personne connue, Adèle, Irmine et Ragentrude sont des personnes réelles. C'est leur rattachement aux Mérovingiens qui est fautif.
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Pharamond
C'est en qu’apparaît pour la première fois le personnage de Pharamond. Dans le Liber Historiae Francorum il est dit qu'il est le fils de Marcomir et le père de Clodion le Chevelu. Il fut donc par la suite, longtemps considéré comme le premier roi mérovingien. Après l'apparition de l'histoire moderne (fin ), son existence a été reconnue comme légendaire. La raison est la suivante : l'auteur du Liber Historiae Francorum, un moine de Saint-Denis, est le premier à donner la généalogie suivante : Marcomir père de Pharamond, père de Clodion le Chevelu. Voici le passage en question : Regem vero sibi instar ceterarum Franci eligentes nationum, Faramundus Marchomiri filium solio sublimant regio. Cui filius successit Clodio crinitus. (Livre I - chapitre 4). Il semble utiliser comme principale source Grégoire de Tours et il est fortement improbable qu'il découvre après, un personnage de la généalogie des Mérovingiens que Grégoire de Tours ne mentionne pas..
Références
Princes ou reines inventées sous l'Ancien Régime Adalbert de Saxe Adalbert serait le fils de Clodion le Chevelu et d'Argotta.
L'information est citée en dans les Annales de la province et comté d'Haynau, dans une tentative de présenter une lignée de Clodion le Chevelu à Charlemagne.. Cette généalogie est reprise en , Jacques de Guyse et Jean Lefèvre les mentionnent dans leur Histoire du Hainaut..
Jacques Saillot, dans Les fils et petits-fils de Clovis et leurs alliances - thèses et hypothèses donne un Albéricforme diminutive d'Adalbert. (v. 460 † 515) fils du roi Clodebaud de Cologne (donc petit-fils de Clodion le Chevelu) et marié à une Argothe, fille du roi Théodoric des Ostrogoths. Cette affirmation de Jacques Saillot n'est pas plus fondée que la précédente.
Le premier duc de Saxe connu est Widukind (vers 755 - 810)..
Références
Argotta ou Argote Argotta ou Argote serait la femme de Pharamond.
Elle est mentionnée en comme fille du roi des Cimbres, femme de Pharamond et mère de plusieurs enfants..
La France Pittoresque la mentionne également comme femme de Pharamond, mais comme fille de Genebald, l'un des ducs des Francs Saliens, sans donner de sources..
Références
Eustère de Wisigothie Eustère serait une fille d', roi des Wisigoths, épouse du roi et mère du roi .
La date de naissance de n'est pas connue avec certitude. Ce que l'on sait sur la question se résume à deux citations de Grégoire de Tours : (en 511) et (en 515).. Le terme de « fils brave et vaillant » peut aussi bien s'appliquer à un enfant de deux-trois ans qu'à un enfant de dix ans. D'autre part il est arrivé que des enfants mérovingiens de 5 ans mènent nominalement une armée, sous le contrôle de généraux expérimentés. Cependant, les estimations de l'année de naissance de varient entre 499 et 504, selon les historiens.
La seule femme connue du roi est mentionnée par Gréroire de Tours : . Son nom, Suavegothe, n'est connu que par Flodoard (894 † 966) (, , chapitre 1).. La formulation ne permet pas de dater le mariage qui est postérieur à 507, les parents de Suavegothe s'étant mariés en 495..